Paturage extensif dans la Bassée - Patrice Boudignat
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Patrice Boudignat, agriculteur dans la Bassée (Seine-et-Marne) présente un projet de développement d'une production haut de gamme de viande bovine rustique en agroforesterie afin de promouvoir zones et humides et boisées. Réunion du 20 janvier 2015, Melz-sur-seine (77)
Pâturage extensif dans la Bassée - Patrice Boudignat
La commune présentée par Patrice Boudignat se distingue par sa configuration géographique particulière. Avec une façade de 150 mètres sur la Seine, elle s’étend sur les cantons du secteur de la Bassée, offrant une vallée humide et un paysage qui a conservé une morphologie relativement stable au fil du temps.
Évolution paysagère et historique
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, le paysage était principalement composé de grands pâturages gérés de manière commune, structurés en îlots de 40 à 50 hectares, agrémentés de rideaux d’arbres (notamment du Grisard) destinés à fournir des bois de charpente.
Après la Première Guerre mondiale, face à une pénurie de main-d’œuvre et à la difficulté de gérer ces espaces agricoles, des peupliers ont été plantés massivement pour occuper les terres. Plus tard, à partir des années 1960, la culture du maïs s’est développée, entraînant le retournement de nombreuses prairies humides. Patrice Boudignat souligne aujourd’hui l’impact environnemental de ces mises en culture intensives (engrais, traitements, lessivage des sols) et plaide pour une gestion plus prudente de ces zones fragiles.
Un projet de filière bovine et valorisation du territoire
Face à la faible rentabilité de l’agriculture classique dans ce secteur, le projet de Patrice Boudignat s’oriente vers une valorisation globale du territoire :
- Extensivité et qualité : L’objectif est de produire une viande de haute qualité, commercialisée en circuit court auprès de bouchers et restaurateurs parisiens, afin de générer une plus-value supérieure.
- Agroforesterie et pluralité : La rentabilité doit passer par une diversification des revenus : bois, élevage, et valorisation touristique grâce à un paysage préservé et entretenu.
- Communication : L’usage de races rustiques, adaptées au milieu et esthétiquement valorisantes, constitue un atout de communication important pour l’image du territoire, comme l’a démontré l’accueil positif des troupeaux dans le paysage local.
Les défis de l’exploitation
Le projet fait face à deux contraintes majeures :
- Le morcellement foncier : Avec des parcelles d’une moyenne de 0,5 hectare, la gestion logistique (clôtures, accès) devient complexe et inefficace.
- La variabilité nutritionnelle des pâturages : Les zones inondables (tourbières) offrent des ressources différentes des zones calcaires, nécessitant une réflexion technique sur le mode d’élevage (engraissement versus mode extensif naturel).
Conclusion et vision d’avenir
Patrice Boudignat insiste sur la nécessité pour le monde agricole de proposer lui-même des réflexions sur la préservation des zones humides. Il est convaincu que le modèle agricole de demain ne pourra plus reposer sur un segment unique, mais devra articuler la pluralité des intérêts — économiques, écologiques et paysagers — pour être durable et attractif. La zone, de par sa proximité avec le marché parisien, dispose d’un potentiel réel, à condition d’être délimitée et valorisée comme une appellation de qualité.