Effet de la parcelle sur la disponibilité en azote pour les couverts

De Triple Performance
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Cette vidéo traite de la gestion de l'azote par les cultures intermédiaires multiservices (CIMS), communément appelées couverts. Au-delà de leur rôle de pièges à nitrates, ces cultures assurent diverses fonctions comme la protection des sols, le maintien de la biodiversité ou l'amélioration de la structure du sol. Le choix de l'espèce ou du mélange à implanter dépend fortement du contexte de la parcelle et de la disponibilité en azote. Les essais menés montrent que dans des situations riches en azote, les espèces non légumineuses sont avantagées par leur développement rapide. À l'inverse, l'introduction de légumineuses est pertinente dans des contextes plus pauvres pour leur capacité de fixation symbiotique. L'agriculteur est invité à réaliser un bilan prévisionnel de l'azote (minéralisation, apports, reliquats) pour ajuster ses choix de semis et de destruction. Cette stratégie permet d'optimiser le recyclage de l'azote et de limiter les coûts en sélectionnant les mélanges les plus adaptés.

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Résumé
Cette vidéo traite de la gestion de l'azote par les cultures intermédiaires multiservices (CIMS), communément appelées couverts. Au-delà de leur rôle de pièges à nitrates, ces cultures assurent diverses fonctions comme la protection des sols, le maintien de la biodiversité ou l'amélioration de la structure du sol. Le choix de l'espèce ou du mélange à implanter dépend fortement du contexte de la parcelle et de la disponibilité en azote. Les essais menés montrent que dans des situations riches en azote, les espèces non légumineuses sont avantagées par leur développement rapide. À l'inverse, l'introduction de légumineuses est pertinente dans des contextes plus pauvres pour leur capacité de fixation symbiotique. L'agriculteur est invité à réaliser un bilan prévisionnel de l'azote (minéralisation, apports, reliquats) pour ajuster ses choix de semis et de destruction. Cette stratégie permet d'optimiser le recyclage de l'azote et de limiter les coûts en sélectionnant les mélanges les plus adaptés.

Présentation des résultats d'essais sur l'effet de la parcelle sur la disponibilité en azote pour les couverts.


Intervenants : Nicolas Beaudoin (INRAE) Romain Crignon (Agro-Transfert RT)


Vidéo produite dans le cadre du projet "Multifonctionnalité des couverts d'interculture" piloté par Agro-Transfert Ressources et Territoires avec le soutien financier de l'Union Européenne (Feder) et du Conseil régional des Hauts-de-France.


Tournage réalisé à Saint-Pierre-Aigle (02) sur la plateforme d'essais "couverts d'interculture, apprendre à cultiver les services" par Pascal Bourson



Introduction aux cultures intermédiaires multiservices (CIMS)

Le terme de “couverts” cache une réalité agronomique complexe : les cultures intermédiaires multiservices (CIMS). Ces cultures ne se contentent pas de couvrir le sol ; elles remplissent de multiples fonctions :

  • Piégeage des éléments nutritifs pour la culture suivante.
  • Protection du sol contre l’érosion.
  • Préservation de la biodiversité (habitat pour les insectes).
  • Stimulation de l’activité biologique du sol.
  • Restructuration du profil de sol.

L’agriculteur doit arbitrer ces services en fonction de ses choix techniques, avec un défi majeur : la gestion de l’azote.

Le défi de la gestion de l’azote en interculture

L’azote est indispensable à la nutrition des végétaux, des animaux et des humains, mais sa gestion est complexe en milieu ouvert. L’agriculteur doit limiter les pertes vers l’atmosphère ou les nappes phréatiques. Pour cela, il agit sur :

  • Les doses et la nature des apports.
  • La succession des cultures pour optimiser le recyclage de l’azote.
  • La gestion de l’interculture, qu’elle soit courte (ex: entre blé et orge d’automne) ou longue (ex: entre blé et betterave/maïs).

L’enjeu est de valoriser cette période d’interculture via une CIMS capable de piéger les nutriments tout en activant la vie microbienne. Le choix du couvert dépend alors de la date de semis, de la date de destruction et de la composition du mélange (intérêt des mélanges bispécifiques).

Dynamique des couverts et disponibilité azotée

Des essais conduits dans le cadre du projet « Multifonctionnalité des couverts d’interculture » ont montré que l’intérêt des mélanges bispécifiques (ex: phacélie + vesce) varie fortement selon le contexte de la parcelle :

  • Contexte riche en azote : La plante non-légumineuse (ex: moutarde ou phacélie) est fortement favorisée. Le gain de biomasse est limité par rapport à une culture pure, et les légumineuses sont concurrencées et freinées dans leur développement.
  • Contexte pauvre en azote : Les légumineuses tirent leur épingle du jeu en fixant l’azote atmosphérique. Le mélange apporte ici un gain de biomasse significatif (entre 0,5 et 1 tonne de matière sèche supplémentaire).

Il est donc pertinent d’identifier a priori le niveau de disponibilité en azote pour ajuster la composition du mélange et optimiser l’investissement en semences.

Raisonner le choix du couvert selon le bilan azoté

L’agriculteur peut utiliser un outil de calcul prévisionnel pour évaluer les différents postes du bilan azoté de l’interculture :

  1. Azote laissé par la culture précédente : Souvent autour de 50 kg/ha, mais peut être plus élevé en cas d’accident végétatif.
  2. Minéralisation de l’humus : Phénomène naturel dépendant de la chaleur et de l’humidité (50 à 150 kg d’azote/ha selon les sols).
  3. Minéralisation des résidus de culture : Si les résidus (ex: pailles) sont pauvres en azote, ils peuvent au contraire immobiliser l’azote minéral du sol pour leur décomposition.
  4. Apports divers : Effluents, fumiers, ou arrière-effets (ex: retournement d’une prairie).

Stratégie de décision :

  • Si les quantités à piéger sont importantes : Privilégier des cultures “pièges” simples (moutarde, graminée, phacélie).
  • Si le contexte est pauvre en azote : Associer des légumineuses. Le mélange offre une “plasticité” : s’il y a peu d’azote, la légumineuse se développe ; s’il y en a beaucoup, la culture piège prend le dessus. Dans les deux cas, le reliquat d’azote à la fin de l’automne reste équivalent.

En conclusion, la réussite de l’interculture repose sur la combinaison du choix de l’espèce, de la date de semis et de la date de destruction. Les mélanges apportent une souplesse précieuse, permettant un compromis entre la restitution d’azote (via la légumineuse) et l’effet de piégeage des cultures pures.