Technique d'implantation et levée des couverts d'interculture

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Cette vidéo présente une expérimentation sur les techniques d'implantation des couverts d'interculture. L'objectif est d'atteindre une levée optimale et une biomasse supérieure à deux tonnes de matière sèche par hectare. Les essais comparent plusieurs méthodes : du déchaumage suivi d'un semis, au semis direct à disques ou à dents en un seul passage. Les résultats démontrent qu'une intervention rapide après la moisson est cruciale pour maximiser la durée de présence du couvert et préserver l'humidité du sol. Le travail minimal du sol, notamment via le semis direct, s'avère avantageux pour limiter la concurrence des repousses de céréales et réduire les coûts de mécanisation. Un mélange équilibré d'espèces (radis, vesce, tournesol, phacélie) est recommandé, tout en soulignant l'importance d'un semis précoce avant le 15 août pour assurer le développement des légumineuses. En conclusion, privilégier le semis direct ou simplifié permet de concilier performance agronomique, gestion des repousses et rentabilité économique.

auto_awesome
Résumé
Cette vidéo présente une expérimentation sur les techniques d'implantation des couverts d'interculture. L'objectif est d'atteindre une levée optimale et une biomasse supérieure à deux tonnes de matière sèche par hectare. Les essais comparent plusieurs méthodes : du déchaumage suivi d'un semis, au semis direct à disques ou à dents en un seul passage. Les résultats démontrent qu'une intervention rapide après la moisson est cruciale pour maximiser la durée de présence du couvert et préserver l'humidité du sol. Le travail minimal du sol, notamment via le semis direct, s'avère avantageux pour limiter la concurrence des repousses de céréales et réduire les coûts de mécanisation. Un mélange équilibré d'espèces (radis, vesce, tournesol, phacélie) est recommandé, tout en soulignant l'importance d'un semis précoce avant le 15 août pour assurer le développement des légumineuses. En conclusion, privilégier le semis direct ou simplifié permet de concilier performance agronomique, gestion des repousses et rentabilité économique.

Présentation des résultats d'essais sur la technique d'implantation et levée des couverts d'interculture.


Intervenant : Pierre-Alban Jacquet (Cérésia)


Vidéo produite dans le cadre du projet "Multifonctionnalité des couverts d'interculture" piloté par Agro-Transfert Ressources et Territoires avec le soutien financier de l'Union Européenne (Feder) et du Conseil régional des Hauts-de-France.


Tournage réalisé à Saint-Pierre-Aigle (02) sur la plateforme d'essais "couverts d'interculture, apprendre à cultiver les services" par Pascal Bourson



Enjeux de l’implantation des couverts d’interculture

L’implantation réussie d’un couvert d’interculture repose sur plusieurs piliers fondamentaux. Le premier objectif est d’obtenir une terre fine avec un minimum de résidus de culture précédente dans le sillon. Cela garantit le meilleur contact sol-graine possible, favorisant ainsi une levée homogène.

Le deuxième point crucial est la durée de présence du couvert. Il est recommandé de semer le plus tôt possible après la moisson pour maximiser la période de pousse en bénéficiant des journées d’été, qui sont les plus longues et les plus propices au développement végétal.

Toutefois, il faut arbitrer avec la gestion des repousses de la culture précédente. Deux stratégies s’opposent :

  • Semer au plus près de la récolte : Cela permet de mettre les graines du couvert et les repousses au même stade de départ, tout en préservant l’humidité du sol en évitant le dessèchement lié à un travail du sol trop intense.
  • Pratiquer des faux-semis par déchaumage : Cette technique réduit la pression des repousses mais présente l’inconvénient de retarder l’implantation du couvert de deux à trois semaines, réduisant d’autant sa durée de présence et sa biomasse finale.

Analyse des techniques de semis

L’essai a porté sur des parcelles de limon avec pailles broyées et restituées. Plusieurs techniques de semis ont été comparées :

  1. Déchaumage suivi d’un semis sur déchaumeur : La méthode la plus classique mais la moins productive en termes de biomasse.
  2. Double déchaumage suivi d’un semis (au semoir rapide ou à la volée) : La technique la plus onéreuse (environ 80 €/ha de coûts de mécanisation contre 24-30 €/ha pour un semis direct).
  3. Semis en un seul passage (Semis direct à dents ou à disques) : Ces techniques permettent de limiter le travail du sol et de préserver l’eau.

Le mélange utilisé était composé de 5 espèces (radis, phacélie, vesce commune, tournesol) pour un total de 20 kg/ha.

Résultats sur la levée et la gestion des repousses

  • Taux de levée : Les semis à la volée montrent des taux de levée décevants (jusqu’à 60 % de pertes). À l’inverse, l’usage d’un semoir adapté permet d’atteindre des taux de levée très satisfaisants, entre 60 % et 100 % pour la plupart des espèces (la phacélie restant naturellement plus faible, autour de 35 %).
  • Gestion des repousses : Le travail du sol est directement proportionnel au nombre de repousses. En semis direct (peu de terre déplacée), on observe environ 40 plants de repousses par m², contre 80 plants par m² en situation de TCS où toute la surface du sol est travaillée.

Analyse de la biomasse produite

Pour être efficace, un couvert doit atteindre au minimum 2 tonnes de matière sèche par hectare.

  • Les techniques avec double déchaumage peinent à dépasser 1 tonne de biomasse (dont une forte part de repousses).
  • Le semis en un seul passage, notamment le semis direct à dents ou à disques, permet de dépasser les 2 tonnes de matière sèche, avec une proportion de repousses nettement plus faible (environ 10 %).

Il est à noter que les légumineuses sont peu présentes dans ces mélanges, probablement à cause d’une date de semis trop tardive : pour être efficaces, elles doivent impérativement être implantées avant le 15 août.

Conclusion

Pour réussir l’implantation d’un couvert, la stratégie gagnante consiste à :

  • Minimiser le travail du sol au moment du semis pour préserver l’humidité et limiter le développement des repousses.
  • Privilégier le semis direct (à disques ou à dents) qui offre de meilleurs résultats techniques et économiques.
  • Semer le plus tôt possible après la moisson pour maximiser la production de biomasse et le bénéfice agronomique du couvert.