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Pluriactivité : réduire le temps de travail en couvert permanent
Bertrand Leroux-Coyau
Grandes cultures

Grandes cultures Grandes cultures

Page en cours de rédaction

Bertrand Leroux-Coyau, fiscaliste de profession et agriculteur pluriactif dans la Sarthe, en Agriculture de Conservation des Sols (ACS) est installé en 2019 sur la commune de Ballon-Saint-Mars à la suite du décès de son père. Il est la 5ème  génération sur cette exploitation familiale de 95 hectares. Historiquement en polyculture élevage (lait et volailles), la ferme s'est spécialisée en grandes cultures au début des années 2010. Bertrand a fait une transition rapide vers le semis direct intégral pour concilier ses deux activités professionnelles tout en restaurant la fertilité de ses sols limono-sableux. Nous allons voir comment il utilise les couverts permanents de lotier et le semis direct pour optimiser son temps de travail et réduire ses charges de mécanisation.

Contexte de la ferme

  • Exploitant : Bertrand Leroux-Coyau.
  • Localisation : Ballon-Saint-Mars (Sarthe).
  • SAU : 95 hectares.
  • UTH : 0,5 (Bertrand travaille seul, sauf pour la moisson réalisée par un prestataire).
  • Type de sol : Terres limono-sableuses peu profondes (60-70 cm) sur un socle rocheux.
  • Ateliers : Grandes cultures (Blé, Orge, Colza, Maïs grain, Tournesol, Féverole, Avoine, seigle, Luzerne).
  • Points clés : Semis Direct (SD), Semis sous Couvert Permanent, réduction des doses (bas volume).
  • Partenaires techniques : Groupe "En route vers l’agriculture de conservation des sols" animé par la Chambre d'Agriculture de la Sarthe.

Spécificités

  • Pluriactivité : Gestion de l'exploitation en parallèle d'un métier de fiscaliste à plein temps.
  • Système en Semis Direct Intégral : Transition achevée en 2023.
  • Couverts Permanents : Implantation de lotier comme couvert vivant sous les cultures principales.
  • Autonomie matériel : Parc de matériel d'occasion détenu en propre pour garantir la réactivité.
  • Échange Paille-Fumier : Partenariat avec un voisin pour compenser l'absence d'élevage sur site.

Étapes de transition

La transition a été rapide pour répondre aux contraintes de temps de l'exploitant :

  • Système initial (Père) : Labour systématique avant céréales et cultures de printemps.
  • 2019-2023 : Passage en TCS (Techniques Culturales Simplifiées) avec 2 à 3 déchaumages pour gagner du temps.
  • 2024 :  Bascule vers le Semis Direct (SD) avec l’acquisition d'un semoir Horsch CO d'occasion, permettant le semis direct sous couvert permanent.

Objectifs globaux

  • Optimisation du temps de travail : Lisser la charge pour l'adapter aux congés et aux fenêtres météo courtes.
  • Restauration de la fertilité : Relancer la vie biologique du sol dégradée par l'arrêt de l'élevage laitier.
  • Maîtrise des charges : Réduire la consommation de GNR et les doses de fongicides/insecticides via le "bas volume". Réduction des engrais azotés avec d’une part l’introduction des légumineuses en pur (luzerne, féverole et lotier)ou associé avec le colza et d’autre part l’introduction de cultures à faibles intrants (seigle, avoine, tournesol)

Contexte pédoclimatique

  • Pluviométrie : 700 à 800 mm/an avec une concentration hivernale et des étés secs.
  • Facteurs limitants : Stress hydrique pouvant parfois être précoce (dès le printemps)et faible profondeur de sol (60-70 cm).
  • Type de sol : Terres limono-sableuses, hétérogènes et peu profondes (environ 60-70 cm) sur un socle rocheux d'agrégation de sable et de ciment.
  • Taux de Matière Organique : En baisse depuis l’arrêt de l’élevage, oscillant entre 1,5 % et 2,3 % selon les parcelles.
  • pH : 6,4 à 6,5.
  • Drainage : 25-30 ha

Analyse de sol

Bertrand effectue des analyses régulières (dernières en 2023) pour piloter son changement de pratiques. Bien que les sols soient vivants (retour des turricules de vers de terre et champignons), il observe une semelle à 30 cm de profondeur. Il envisage donc un décompactage très localisé avec une dent descendant à 50 cm dans des conditions sèches pour ne pas perturber la structure biologique.

Mise en place des couverts

Stratégies et gestion des couverts végétaux

Sur l'exploitation, la gestion des couverts est devenue le moteur de la restauration de la fertilité des sols limono-sableux depuis l'arrêt de l'élevage. Bertrand utilise deux leviers complémentaires : le couvert permanent pour la résilience climatique et les couverts temporaires pour la structuration et l'apport d'azote à court terme.

Les Couverts permanents (Semis direct sous douvert permanent)

L'intérêt pour cette pratique est né d'un constat climatique : les couverts d'interculture classique peuvent échouer en étés secs. En revanche, le couvert permanent, déjà enraciné, redémarre immédiatement après la moisson en utilisant l'humidité résiduelle.

Composition et implantation :
  • Espèce pivot : Le lotier. Il est privilégié pour son démarrage très lent la première année, ce qui évite toute concurrence avec la culture de rente.
  • Densité de semis : Initialement testé à 5-6 kg/ha pour réduire les coûts (env. 50-60 €/ha), Bertrand recommande aujourd'hui de monter à 10 kg/ha (100 €/ha) pour garantir une pérennité sur 5 ans.
  • Méthode : Semé simultanément au colza fin août avec le semoir Horsch CO. Les deux graines étant de taille similaire, le mélange reste homogène dans la trémie.
  • Durée en place : Prévu pour rester 3 à 5 ans.
Gestion et régulation technique :
  • Régulation printanière : En mars-avril, à la reprise de végétation, le lotier est freiné par une dose ultra-faible de sulfonylurée (Allié) à hauteur de 5 à 10 g/ha. Cette dose "régulatrice" bloque sa croissance sans le détruire.
  • Régulation mécanique : Si la biomasse est trop importante avant le semis de la céréale suivante, un passage de broyeur à marteaux est effectué fin août/début septembre. Une valorisation en fourrage est aussi étudiée pour l’été 2026.
  • Sélectivité herbicide : Le couvert permanent est banni des parcelles sales en dicotylédones (type géraniums ou sanves), car les produits nécessaires à leur destruction élimineraient aussi le lotier.

Les Couverts Temporaires d'interculture

Ces couverts sont implantés systématiquement entre deux cultures de vente lorsque le couvert permanent n'est pas présent, pour maintenir le sol vivant et produire de la biomasse.

Compositions et Doses :
  • Mélange standard : Association Féverole (semence fermière) et Phacélie.
  • Quantités : La féverole est semée à 100-120 kg/ha et la phacélie à 3 kg/ha.
  • Variantes testées : Mélange Sarrasin, Phacélie et Trèfle qui montre tout son intérêt en culture courte. Mélange aussi testé : Niger, trèfle d’alexandrie, Phacélie, radis chinois et moutarde d’abyssinie.
  • Chaque année, de la moutarde est faite en pur pour la chasse.
Aspects techniques et Implantation :
  • Implantation : La féverole est semée en profondeur au semoir à dents  pour assurer sa levée, tandis que la phacélie est semée à la volée devant le tracteur et rappuyée par les roues ou un rouleau.
  • Couverts associés (Plantes compagnes) : Dans le colza, Bertrand sème systématiquement de la féverole fermière à 100 kg/ha. Elle sert de plante compagne pour limiter les insectes d'automne et apporter de l'azote. Elle est ensuite détruite par le gel ou par l'herbicide d'hiver (Kerb/Yago).

Destruction :

  • Destruction naturelle : Par le gel est recherchée pour sa simplicité.
  • Rattrapage chimique : Si le couvert ou les adventices persistent en sortie d'hiver, un passage de Glyphosate (2 L/ha) avec un correcteur d'acidité et de l'adjuvant (huile végétale de type mix in) est effectué avant le semis de la culture de printemps.

Gestion de l'enherbement

  • Adventices : Forte pression de vulpins. La solution passe par l'alternance cultures d'automne/printemps et le futur pâturage. Bertrand bannit le couvert permanent dans les parcelles infestées de dicotylédones car les herbicides pour les gérer détruiraient le couvert.
  • Compatibilité avec les graminées : Le couvert permanent ne gêne pas la gestion des graminées (vulpins), car les produits antigraminées classiques (type Kerb ou Yago) respectent les légumineuses comme le lotier.
  • Effet barrière : Bien qu'il n'ait pas d'effet miracle immédiat, le couvert participe à terme à l'étouffement des levées estivales.
  • Amendements : Apport de fumier (10-15 t/ha) sur 15 hectares avant les cultures de printemps, stocké en bout de champ et épandu sur le couvert.

Gestion des amendements

Mesure de la biomasse via la méthode MERCI

Bertrand Leroux-Coyau pratique systématiquement des pesées biomasse pour évaluer le développement de ses couverts.

  • Résultats constatés : Pour un couvert composé de féverole et de phacélie (avant une culture de tournesol), les relevés indiquent une production d'environ 5 tonnes de matière sèche par hectare.
  • Observations sur les espèces : Dans les mélanges multi-espèces (type sarrasin, phacélie et trèfle), Bertrand observe souvent qu'une espèce prend le dessus, comme le sarrasin, ce qui modifie les caractéristiques du couvert et sa vitesse de décomposition.

Évaluation de l'apport et impact sur la culture suivante

L'apport du couvert n'est pas uniquement considéré sous l'angle du gain d'azote, mais également à travers les risques de concurrence et de remobilisation des nutriments.

  • Bénéfices biologiques et structuraux : Les pesées et l'observation des profils de sol confirment un effet très positif sur la structure (porosité) et la vie biologique, marquée par une présence accrue de champignons et de turricules de vers de terre.
  • Le risque de "faim d'azote" : L'exploitant souligne un point de vigilance majeur en semis direct intégral : la décomposition d'une biomasse importante (résidus végétaux) en sortie d'hiver peut consommer l'azote disponible dans le sol au détriment de la culture de rente.
  • Effet dépressif observé : Bertrand a constaté qu'un couvert de sarrasin trop développé entre un blé et une orge avait un effet dépressif sur l'orge suivante, celle-ci étant nettement moins vigoureuse que derrière un maïs grain. Ce phénomène est attribué à la forte consommation d'azote nécessaire pour décomposer les résidus carbonés du sarrasin.

Adapter la stratégie de fertilisation

Face à ces évaluations, plusieurs leviers sont mobilisés pour sécuriser l'apport nutritif :

  • Anticipation des apports : Bertrand préconise d'anticiper les premiers apports d'engrais minéraux pour compenser le manque d'azote lié à la décomposition des couverts.
  • Localisation de l'engrais : Dans l'idéal, Bertrand envisage de fertiliser directement dans la ligne de semis (engrais starter) pour aider la culture à démarrer malgré la présence massive de résidus en surface.
  • Pilotage par reliquats : Bien que les reliquats azotés de sortie d'hiver soient souvent faibles en raison de l'absence d'élevage et de la consommation par les couverts, ils restent un outil indispensable pour ajuster le premier apport.

Gestion de la fertilité organique : l'échange paille-fumier

L’arrêt de l’élevage sur la ferme a entraîné une baisse du taux de matière organique (descendu à 1,5 % dans certaines parcelles). Pour compenser ce déficit, Bertrand a mis en place un partenariat avec un voisin éleveur :

  • Source : Échange de 50 à 60 tonnes de paille contre du fumier de bovins et de taurillons.
  • Volume : Environ 15 hectares sont amendés chaque année, soit environ 15 % de la SAU.
  • Pratique : Épandage de 10 à 15 t/ha de fumier avant les cultures de printemps (maïs ou tournesol). Le fumier est stocké en bout de champ pendant l'hiver et épandu sur couvert, puis parfois très superficiellement incorporé au disque avant le semis.

Pilotage de la fertilisation minérale

  • Reliquats azotés : Réalisés systématiquement en sortie d'hiver. Bertrand note que les reliquats sont souvent faibles en raison de l'absence d'effluents historiques et de la consommation par les couverts.
  • DAP 18-46 : Utilisé systématiquement en premier apport pour l'effet "starter" du phosphore, particulièrement important dans des sols froids et non travaillés.
  • un pulvérisateur léger : Bertrand utilise un pulvérisateur automoteur léger (Spra-Coupe) qui permet une grande réactivité pour les apports foliaires (oligo-éléments sur colza) tout en limitant le tassement car il est plus petit qu’un automoteur classique.

Système actuel : "Nourrir le sol"

Assolement  2026


Rotation : Une gestion culturale optimisée

La stratégie de Bertrand repose sur l'allongement de la rotation pour atteindre 6 à 8 cultures différentes avec un délai de retour de 4 ans en moyenne, ce qui permet de briser le cycle des adventices et de limiter les résistances. L'implantation est désormais réalisée sans aucun travail du sol préalable. Enfin, il suit les conseils d’un technicien de Agri Négoce comme aide au pilotage de la rotation.

Adaptation au salissement :

Bertrand n'hésite pas à être opportuniste ; par exemple, il peut enchaîner deux années de maïs grain consécutives pour réduire un stock semencier de vulpins trop important avant de réintroduire une céréale à paille.

Succession type  pour l’année 2025 -2026 : Maïs grain → Blé → Orge (ou Avoine) → Colza (avec lotier) → Blé → Tournesol.


Enjeux, problématiques à résoudre

  • Gestion des graminées : La pression des vulpins est l'un des points de vigilance majeurs depuis l'arrêt du labour. La solution passe par l'introduction de cultures de printemps (maïs, tournesol) et le projet de réintroduire le pâturage.
  • Fertilité biologique : Depuis l'arrêt de l'élevage, Bertrand a constaté une baisse du taux de matière organique et de la fertilité globale, ce qui a motivé son passage à l'Agriculture de Conservation des Sols (ACS).
  • Stress hydrique : Le manque de précipitation à partir de mars/avril sur des sols peu profonds (60-70 cm) limite le potentiel de rendement.
  • Organisation du travail : Concilier son métier de fiscaliste avec l'exploitation impose une mécanisation rapide et efficace.

La lutte contre les maladies

Bertrand mise aussi sur une réduction des doses grâce à la pratique du bas volume.

  • Mélanges variétaux : En blé, il utilise des mélanges de 4 à 5 variétés, incluant des variétés barbues qui ont un effet répulsif sur les pucerons.
  • Observation : Les interventions fongicides ne sont jamais systématiques mais raisonnées à la parcelle après observation hebdomadaire. Il utilise souvent des quarts de dose pour les traitements T1 et T2. L’impasse est souvent faite sur le T3 (fusariose) si le blé n’est pas implanté derrière un maïs grain.
  • Plantes compagnes : L'association de féveroles avec le colza permet de limiter la pression des insectes d'automne, évitant ainsi l'usage d'insecticides.

Équipements

Bertrand étant double actif, le matériel doit être disponible, lorsque son emploi du temps le permet, ce qui rend difficile de s’adapter à un planning de CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole). Il mise donc sur du matériel d'occasion pour préserver son autonomie et sa trésorerie :

  • Semoir Horsch CO : Équipé de plusieurs types de  dents, idéal pour le semis direct.
  • Pulvérisateur Spra-Coupe :
    • L’équipement : Un pulvérisateur automoteur, acheté d'occasion en 2022 pour 20 000 €. Il y a ajouté un système d'autoguidage pour un coût de 4 500 à 5 000 €.
    • Les points forts : Avec une cuve de 1 500 litres, l'appareil est extrêmement léger, ce qui limite drastiquement le tassement du sol, un enjeu majeur en semis direct. "L'automoteur c'est très pratique parce qu'il est toujours prêt à partir", explique l'exploitant.
    • La stratégie "Bas Volume" : Ce matériel permet de descendre fortement en volume d'eau par hectare, ce qui augmente la concentration du produit et son efficacité. Cette technique est un des principaux leviers de baisse des IFT sur la ferme.
  • Kuhn Axis : Distributeur d'engrais.
  • Gestion des résidus : Un broyeur à marteaux en copropriété est utilisé ponctuellement pour réguler les couverts permanents avant semis.

Produits phytos et bas volume

Stratégie bas volume : L’utilisation de doses réduites, souvent à hauteur d’un quart (1/4) de la dose homologuée pour les traitements T1 et T2 sur céréales, est la règle. Sur orge, les doses varient entre 1/4 et 1/2 dose selon la pression.

Impasse raisonnée : Les interventions ne sont jamais systématiques. Sur blé, Bertrand fait régulièrement l'impasse sur le traitement T3 (fusariose) si les conditions climatiques le permettent. De même sur colza, le traitement à la pleine floraison peut être évité en cas de printemps sec.

Adjuvants et sécurisation : Pour garantir l'efficacité de ces faibles volumes, l'ajout d'adjuvants est systématique. Il utilise notamment le Silwett (0,1 % du volume)  ou le Mixin (huile de colza) pour fixer le produit sur la feuille et optimiser la pulvérisation.

L'efficacité du glyphosate est fortement dépendante de la qualité de l'eau utilisée pour la bouillie. Bertrand utilise systématiquement un correcteur d'acidité pour préparer son eau avant l'incorporation de la matière active.

Bilan et effets constatés

  • Environnemental : Amélioration flagrante de la structure du sol. Retour massif des turricules de vers de terre et apparition de champignons (vie biologique).
  • Économique : Économie directe de 25 litres de GNR par hectare sur le blé. Rendements stables (95 qtx en blé, 80 qtx en orge) sauf accident hydrique.
  • Social : Gain de temps majeur. Un semis de blé prend 20 min/ha contre 2h auparavant (labour et semis). Ce temps est réalloué à l'observation approfondie des parcelles.
  • Au niveau agronomique : Meilleure structure du sol et résilience face à l'érosion. Le lotier permanent s'implante bien sous colza et assure une couverture immédiate après récolte.

Stockage et Commercialisation

  • Stockage : Bertrand utilise une ancienne fumière bétonnée pour transférer les céréales lors de la moisson, ce qui permet de gérer les flux seul sans main-d'œuvre supplémentaire.
  • Commercialisation : La production est vendue à un négoce local (Agri Négoce). Les ventes sont échelonnées au cours de l'année en fonction de l'évolution des marchés et des besoins de trésorerie.

Une certaine autonomie en semence

Bertrand produit et multiplie ses propres semences pour le blé, l'orge et la féverole, en achetant l’année précédente de la semence certifiée pour l’année d’après.

  • Pour le blé, il multiplie des mélanges de 4 à 5 variétés, en intégrant systématiquement des variétés barbues pour leur effet répulsif naturel contre les pucerons.
  • Qualité et technologie de semence : Les semences de blé et d’orge sont triées et traitées (Celest et Vibrance) pour sécuriser la levée. Pour la féverole qui est seulement triée, un point de vigilance crucial est le traitement en végétation contre la bruche afin de préserver la faculté germinative.
  • Diversification : L'exploitant envisage de multiplier prochainement ses propres semences de seigle fourrager pour ses couverts. Seules les cultures hybrides ou spécifiques comme le colza (variété Hemotion), le maïs et le tournesol restent achetées à l'extérieur.

Perspectives d'évolution

L'objectif à long terme de Bertrand Leroux-Coyau est de réintroduire l'élevage sur l'exploitation afin de parachever la restauration de la fertilité de ses sols. Pour l'exploitant, l'intégration des animaux est le levier indispensable pour dynamiser et accélérer le cycle biologique du sol. Le pâturage des couverts végétaux permettrait de transformer la biomasse en déjections animales, assurant ainsi une restitution des nutriments sous forme minérale de manière quasi instantanée.

Cette évolution présente plusieurs avantages :

  • Accélération de la fertilité : Le passage de l'animal permet de "boucler la boucle" du cycle de l'azote et de la matière organique plus rapidement qu'une simple décomposition des résidus en surface.
  • Autonomie en intrants : En produisant sa propre fertilisation organique, la ferme réduirait sa forte dépendance actuelle aux engrais minéraux, dont les prix sont très sensibles aux variations du coût de l'énergie.
  • Levier agronomique : L'élevage offre une solution pour gérer les impasses techniques, notamment le salissement des parcelles par les graminées adventices (vulpins) ; la fauche ou le pâturage des couverts pendant plusieurs années permet d'assainir le stock semencier. Ce sera aussi l'occasion d’intégrer de nouveaux couverts destinés aux pâturages (sorgho).
  • Résilience économique : La diversification des revenus via un nouvel atelier de production animale sécuriserait l'exploitation face à un contexte de marché des grandes cultures de plus en plus complexe.

Conseils pour se lancer

  • Connaître son sol : Faire des profils et ne pas forcer le semis direct sur des sols "pris en masse".
  • Formation continue : Utiliser les ressources internet, bibliographiques et intégrer des groupes d'échange, groupe d'agriculteurs de la Chambre d'Agriculture (ex: WhatsApp ACS) pour partager échecs et réussites.
  • Pragmatisme : Ne pas être dogmatique. Accepter de retravailler le sol ou de labourer exceptionnellement si une impasse technique (salissement) survient.
  • Simplicité : Commencer par des mélanges simples et des outils robustes avant de complexifier le système.

Sources : Entretiens menés le 05/03/2026.