MISSION BOCAGE (version longue), par Maxime Livenais
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Message de Maxime, réalisateur de la série Le Goût du Rêve :
Bonjour à toutes et à tous
Tout d'abord, je tiens à remercier les personnes qui soutiennent mon projet et mes donnateurs.rices Tipeee. Je trouve cela vraiment gratifiant et encourageant en ces temps qui pour ma part sont assez complexe à gérer et ou l'insécurité financière prend une place importante dans ma vie. Le fait de voir que ce projet est porteur de sens pour beaucoup de gens m’encourage réellement à poursuivre l'aventure ! :)
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Après avoir fait le tour de plusieurs fermes chez qui les porteurs.euses de projets ont suent mettre en place des aménagements agroforestiers, j'ai décidé d'aller à la rencontre de personnes qui - sans être paysans ou fermier - ont fait de l'agroforesterie leur métier...
On se retrouve aujourd'hui à Beaupréau-en-Mauges (49023) au sein d'une des plus anciennes structures agroforestière de France : Mission Bocage
Mission Bocage est née en décembre 1991 à l’initiative du Comité Régional de Développement Agricole des Mauges et du Carrefour des Mauges (aujourd’hui CPIE Loire Anjou). L’objectif initial était de faire un état des lieux quantitatif, qualitatif et géographique du bocage des Mauges.
Au fil de cette démarche, un certain nombre de demande de replantations de haies ont été formulées, un service technique d’accompagnement s’est mis en place. Puis, plusieurs services se sont développés pour aujourd’hui répondre aux attentes les plus larges sur ce sujet. Les collectivités locales se sont soudées à ces préoccupations et font désormais parti des partenaires essentiels de Mission Bocage. L’association est désormais impliquée dans les travaux d’aménagement du territoire et dans la réalisation de plans locaux d’urbanisme (PLU). Un nombre croissant de particuliers, mais aussi des entreprises font désormais appel à leurs services.
Depuis 1991, Mission Bocage a planté plus d’ 1 000 000 d’arbres dans les Mauges et le Choletais, et contribue activement à la valorisation de l’arbre champêtre sur le territoire.
MUSIQUE D’AMBIANCE :
MERCI à Akeikoi - DJ Quads - Terakaft - Joakim Karud - Isolated - Sahad and Natal patchwork
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À Bientôt pour de nouvelles aventures !
Une agriculture extraordinaire… et une provocation
Maxime Livenais ouvre son propos de façon volontairement provocatrice : dire que l’agriculture actuelle en France est « extraordinaire et magnifique » peut devenir une provocation. Selon lui, cette provocation sert surtout à questionner nos certitudes. Après la journée passée sur le terrain, il estime qu’on n’est pas sur des idées abstraites ou sorties de l’esprit : les anciens, avec leurs outils, leur contexte et leurs formes d’organisation, faisaient largement autant que nous, et parfois même beaucoup plus loin.
Ce qui a été montré au cours de la journée renvoie à des dimensions essentielles :
- les relations entre les êtres vivants ;
- le fonctionnement des systèmes ;
- les liens au vivant ;
- les démarches concrètes issues du terrain.
Pour Maxime Livenais, tout cela est une évidence : beaucoup de réponses existaient déjà dans les pratiques anciennes, notamment dans la manière d’intégrer l’arbre dans les paysages et les systèmes agricoles.
Les motivations personnelles de Maxime Livenais
Les motivations qui ont conduit à la création de Mission bocage viennent d’un constat fait sur le territoire où il est né et a grandi. Il observait deux choses :
- une absence de prise en compte des arbres dans l’agriculture, dans la gestion du développement, dans les aménagements routiers, dans l’urbanisme, et plus généralement partout ;
- une maltraitance des arbres, qui le révoltait profondément.
Il explique avoir un attachement personnel très fort aux arbres, sans doute transmis par ses parents, qui l’ont rendu sensible à la nature et au vivant. Sur son territoire, il voyait des pratiques qui n’étaient peut-être pas pires qu’ailleurs, mais qui allaient malgré tout dans le mauvais sens : tailles brutales, broyage des bords de route, absence de réflexion globale.
Il ne voulait pas rester inactif. Pour lui, le territoire disposait d’arbres et avait besoin des arbres pour tout ce qui s’y faisait, aussi bien en agriculture que dans les autres activités. Pourtant, les arbres n’étaient pas intégrés à la réflexion : on ne se demandait pas assez ce qu’on pouvait faire avec eux, comment les faire évoluer ou les transformer dans les projets. Quand on faisait une route, par exemple, les arbres devenaient un obstacle dont il fallait se débarrasser.
De par sa formation de forestier, Maxime Livenais connaissait les services rendus par les arbres. Il savait que ces services étaient nécessaires localement, mais constatait que personne ne les défendait ni ne les prenait réellement en compte.
Faire connaître les intérêts de l’arbre
À partir de ce constat, s’est imposée la question du partage : comment faire connaître ce savoir ? Fallait-il agir seul, ou dans un cadre collectif ? Le choix d’une forme associative s’est imposé comme plus cohérent, plus logique et plus sympathique.
L’objectif était de faire connaître tous les intérêts de l’arbre :
- les intérêts techniques ;
- le rôle de brise-vent ;
- la capacité à produire de l’énergie ;
- la production de biomasse ;
- le stockage du carbone.
Maxime Livenais insiste sur un point : on a énormément maltraité les arbres par le passé, et lorsqu’on a ensuite eu besoin de biomasse, on ne l’avait plus. En broyant systématiquement une haie ou une lisière pendant vingt ans, on la maintient dans un très petit volume, et vingt ans plus tard elle n’a rien produit. À l’inverse, si l’on avait accepté de laisser un mètre de plus en épaisseur et de ne pas broyer, on aurait pu obtenir environ 200 m³ de bois au kilomètre, sans travail supplémentaire.
Cette biomasse représente :
- une richesse ;
- une valeur économique ;
- du carbone stocké.
Aujourd’hui, tous ces besoins existent, et même de façon accrue. Il devenait donc impératif de sensibiliser, de diffuser l’information, mais aussi d’observer la réceptivité à ce type de message.
Des débuts dans un contexte d’intensification agricole
Mission bocage naît dans un contexte où domine encore une logique très productiviste. L’agriculture est alors engagée dans un mouvement d’intensification. Les arbres ne sont tolérés qu’à condition de ne pas gêner. À chaque fois, on trouve une bonne raison pour dire que l’arbre dérange.
Malgré cela, certains agriculteurs, même s’ils n’étaient pas majoritaires, ont commencé à percevoir rapidement les effets de la suppression ou de la dégradation des haies et des arbres :
- sur l’érosion des sols ;
- sur le vent et la protection des cultures ;
- sur le fonctionnement global des parcelles.
Des agriculteurs et des habitants du territoire ont compris qu’il fallait faire quelque chose. C’est ainsi que Mission bocage est passée d’une logique de sensibilisation à une logique d’accompagnement de l’action.
Passer de la sensibilisation à l’action
Pour Maxime Livenais, il était essentiel de ne pas rester dans l’incantation. Il ne s’agissait pas seulement de dire « il faudrait » ou « ce serait bien », mais de passer rapidement à une démarche directe, pratique et pragmatique.
Quand il y a besoin d’arbres, il faut en remettre :
- là où les sols doivent être fixés ;
- là où les pentes nécessitent une protection ;
- là où un effet brise-vent est nécessaire.
Les premières demandes, notamment du côté des agriculteurs, concernaient surtout de larges plantations.
Mission bocage : une structure au service des arbres ruraux
Maxime Livenais présente Mission bocage comme une structure qui propose différents services autour :
- de la replantation de haies ;
- de l’:Catégorie:Agroforesterie