Les Serres de Marcel : La quintuple Chapelle
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Ver de Terre Production se lance dans un projet de Maraîchage sur Sol Vivant. Dans cette série de vidéos nous vous emmenons à la découverte des Serres de Marcel.
Présentation de la quintuple chapelle
Bonjour à tous, et bienvenue dans cette deuxième vidéo de présentation des Serres de Marcel.
Dans cette vidéo, il est précisé que les ouvrants automatiques se mettent en route pendant le tournage. Cela fait partie du fonctionnement normal de la serre, avec des ouvertures et fermetures fréquentes, et l’équipe choisit de ne pas couper cela au montage.
L’objectif annoncé pour la série de vidéos de l’été est de présenter tous les outils de production des Serres de Marcel. Cette vidéo commence par une serre décrite comme une très jolie quintuple chapelle, avec des travées de huit mètres. Il s’agit d’une quintuple chapelle en pied droit, équipée d’ouvrants automatiques.
Équipements de la serre
Cette serre est dotée de plusieurs équipements techniques déjà en place :
- des ouvrants automatiques sur les trois chapelles centrales ;
- des ouvrants latéraux automatiques ;
- une irrigation automatisée.
Deux systèmes d’irrigation différents sont présents :
- une aspersion intégrale ;
- des arrivées en basse pression pour le goutte-à-goutte ou pour différents systèmes de capillaires.
La serre est aussi présentée comme étant relativement bien aménagée du point de vue de l’ergonomie. Toutes les chapelles disposent d’une petite allée centrale bétonnée. Cet aménagement est jugé extrêmement pratique, notamment pour gagner en confort au moment de la récolte des légumes.
Toutes les serres du site sont également équipées de systèmes de ferti-irrigation. On y trouve des pompes doseuses, qui seront sans doute utilisées pendant la première année, ou peut-être la deuxième, durant la phase de reconstruction biologique des sols. L’idée est de pouvoir assurer la production pendant que les sols retrouvent progressivement leur vie biologique.
La serre comprend aussi tous les systèmes d’automatismes nécessaires :
- programmation des ouvrants automatiques ;
- programmation de l’irrigation.
Sur le site des Serres de Marcel, beaucoup de serres sont aménagées avec des doubles parois gonflables, avec des souffleries et des renvois d’air dans les différentes chapelles. Une bonne partie des serres est également équipée de chauffages au gaz, qui permettent de chauffer ou au moins de maintenir les serres hors gel.
Une contrainte majeure : l’apport de matière organique
Une des questions jugées les plus complexes dans la mise en culture de cette serre concerne l’apport de matières organiques. En effet, les portes n’ont pas été conçues à l’origine pour permettre l’entrée et la sortie de tracteurs.
Le site est issu d’une activité de production de plants. De ce fait, il y a très peu de matériel mécanisé. Un tracteur est bien présent, mais il sert peu. L’essentiel du travail se fait en transportant les mottes et les plants sur des rolls, justement le long des allées bétonnées à l’intérieur de la serre.
Cela pose un problème pratique pour faire entrer un tracteur et un épandeur afin d’amener de la matière organique. La solution envisagée n’est donc pas de réaliser un apport massif, mais plutôt une reconstruction progressive du sol.
Reconstruction progressive du sol
Dans cette serre, l’idée est de remplir les zones entre les allées bétonnées avec cinq à dix centimètres de compost et de branches broyées, puis de laisser les vers de terre revenir progressivement.
Comme il s’agit d’une serre, il est considéré possible de continuer à produire tout en laissant l’activité biologique se redévelopper petit à petit. L’objectif est de reconstruire biologiquement les sols sans interrompre la production.
Il est expliqué que, si un apport massif devait être réalisé dans une serre de ce type, cela paraîtrait techniquement compliqué. Les risques d’abîmer la structure, par exemple en accrochant un poteau avec un tracteur, semblent trop importants.
Le choix sera donc de se contenter — ce qui constitue déjà une opération délicate — d’apporter partout dans la serre cinq à dix centimètres de matières organiques, de bien maintenir l’irrigation pour permettre aux plants de s’enraciner, puis de laisser les vers de terre faire leur travail : se multiplier, se développer et remettre les sols en vie.
Réglage du climat sous serre
L’utilisation d’une serre comme celle-ci demande aussi une réflexion approfondie sur la manière de réguler :
- l’irrigation ;
- l’ouverture des ouvrants ;
- les effets du vent ;
- l’ensoleillement ;
- la pluie.
Dans ces serres, il est nécessaire d’utiliser au mieux le soleil. Cela signifie qu’il ne faut pas seulement raisonner en termes de température. Il peut y avoir des moments où la serre est relativement chaude, mais avec peu d’ensoleillement. Dans ces situations, il n’est pas forcément souhaitable de laisser monter la température.
Il faut trouver un équilibre entre ensoleillement et température. Si cette balance est mal régulée, les plantes peuvent se retrouver dans une atmosphère chaude mais avec une lumière insuffisante.
La conséquence peut être que la plante se situe en dessous de son point de compensation. Elle est dans un environnement confortable du point de vue thermique, mais elle ne reçoit pas assez de lumière pour faire suffisamment de photosynthèse. Dans ce cas :
- la chaleur stimule la respiration de la plante ;
- la plante consomme ses sucres ;
- mais le manque de lumière ne lui permet pas de compenser cette consommation par la photosynthèse.
L’équipe devra donc apprendre à utiliser cette serre et à régler finement les automatismes afin de garantir :
- une bonne croissance ;
- une bonne production ;
- une bonne santé des plantes.
Ce travail d’apprentissage est présenté comme un enjeu de la première saison de culture dans cette quintuple chapelle.
Réflexion sur les techniques de semis et de repiquage
Une autre problématique importante de la première année concerne les techniques de semis et de repiquage qui seront mises en œuvre aux Serres de Marcel.
L’objectif est clairement d’obtenir une efficacité et un rendement de travail maximum, tout en passant le moins de temps possible à désherber. Il est même dit que tout sera mis en œuvre pour essayer d’atteindre le zéro désherbage.
À ce stade, la réflexion s’oriente principalement vers la pose de mottes. L’idée est de remplir tous les espaces entre les dalles bétonnées avec de la matière organique, puis de mettre rapidement la serre en culture grâce à la pose de mottes.
Il est probable que la serre soit remplie principalement avec du compost, peut-être avec un peu de BRF, même si cela reste à tester. Différents essais seront menés. L’option envisagée comme la plus simple pour démarrer consiste à :
- remplir toute la serre avec du compost ;
- mettre en culture par pose de mottes.
Cette stratégie est rendue possible par la présence d’un système d’irrigation par aspersion programmable, efficace et fonctionnel. Grâce à lui, il est envisageable d’implanter les cultures sans réellement les planter une à une, mais simplement en posant rapidement les mottes sur le compost et en les laissant s’enraciner grâce à l’aspersion.
Pistes envisagées pour les semis
Concernant les semis, plusieurs pistes seront essayées.
Il est d’abord question du semis classique dans le compost avec un semoir. Mais l’équipe envisage aussi d’utiliser le Paperpot qu’elle connaît bien, en particulier pour certaines productions comme :
- les mescluns ;
- les radis ;
- d’autres cultures nécessitant un semis de grande précision.
Ces cultures sont parfois difficiles à implanter avec précision dans des lits de compost à l’aide de semoirs classiques. C’est pourquoi il est annoncé que le Paperpot sera sans doute largement utilisé pour réaliser ce type de cultures.
Orientation générale pour la première saison
Dans cette première saison de mise en culture de la quintuple chapelle, plusieurs lignes directrices se dégagent :
- utiliser au maximum les équipements déjà présents ;
- reconstruire progressivement la fertilité biologique des sols ;
- éviter les interventions lourdes et risquées pour la structure ;
- rechercher des implantations rapides des cultures ;
- limiter au maximum le désherbage ;
- apprendre à piloter finement le climat de la serre.
Cette serre apparaît donc à la fois comme un outil de production déjà très bien équipé et comme un espace d’expérimentation où il faudra ajuster progressivement les pratiques culturales, l’irrigation, les automatismes et les techniques d’implantation pour parvenir à une production efficace tout en régénérant les sols.