Le champ des Mêlés
Ferme en maraîchage diversifié
Garibal Manon et Berneau Pablo

Manon s’est installée en 2019 en entreprise individuelle, avec Pablo comme conjoint collaborateur à temps plein depuis le début. Iels se sont installé-es en GAEC en 2025.
La ferme a été achetée en 2016. Les terres étaient en prairie depuis 2012. La surface totale est aujourd’hui de 23 ha, obtenue progressivement, avec un premier achat de 4 ha puis plusieurs agrandissements, notamment suite au départ en retraite d’un voisin en 2018 et à un rachat via la SAFER. Les parcelles ont été réparties entre voisin-es, et le projet d’agrandissement a été justifié par des perspectives de développement en arboriculture, apiculture et l’installation de Pablo.
La surface actuelle comprend : - 2 ha de maraîchage - 17 ha de prairies permanentes (dont 2 ha prêtés à un voisin) - 4 ha de forêt et taillis
Historique des parcelles
Les parcelles étaient en prairie depuis 2012 avant l’achat en 2016. Le sol est composé d’environ 50 % de sable, 30 % de limon et 20 % d’argile. Le terrain est très caillouteux, avec présence de micaschiste et de gneiss. Le pH était de 6 à l’installation et est monté progressivement à 6,5 après plusieurs années d’apports organiques.
Les cailloux constituent une contrainte importante pour le travail du sol et le semis.
Organisation des surfaces maraîchères
| Type | Dénomination | Dimensions | Nombre | Surface totale |
|---|---|---|---|---|
| Plein champ | Planches cultivées | 22 m × 0,80 m | 130 | 2300 m² |
| Serres semis | Serre semis | 9 × 9 | 1 | 81 m² |
| Serres semis / stockage | Serre semis / stockage | 6 × 13 | 1 | 78 m² |
| Serres culture | Petite serre 1 | variable | 6 | 812 m² |
Objectif à l'installation
Mettre en place un système sans travail du sol. Être autonome en matière organique grâce aux surfaces en prairie. Limiter les charges et l’endettement. Construire un système viable à deux.
Gestion de la fertilité des sols
Aucun travail du sol depuis l’installation. Apports importants de matière carbonée, principalement paille et foin. Le sol minéralise peu, ce qui limite la vigueur de certaines cultures (ex : aubergines). Le compost vert acheté en 2024 a apporté beaucoup d’adventices (liseron, pourpier), ce qui a été jugé décevant. Pas d’utilisation de bâches ni de toiles tissées, ce qui limite la précocité au printemps.
| Type | Objectif | Prix | Quantité |
|---|---|---|---|
| Paille | Paillage, fertilité | 70 €/t | |
| Paille + Foin | Paillage, fertilité | Foin à façon, paille 70€/T | 60T, pas tous les ans |
| Compost vert | Semis direct | 22 €/m³ | 18 m³ |
| Corne broyée | Fertilisation azotée | sac de 25kg = 26€ HT | 20 kg |
Irrigation
Pas de système d’irrigation entièrement satisfaisant.
Actuellement : - eau du réseau - entre 1000 et 2000 m³/an - environ 0,75 €/m³ - jusqu’à 1500 € d’eau certaines années
Projet : - forage (eau à environ 100 m) - devis ≈ 10 000 € - récupération d’eau de pluie sur les toitures
Matériel
Matériel et outils
| Dénomination | Détails | Autoconstruction / Occasion / Neuf | Avantages | Contraintes |
|---|---|---|---|---|
| Tracteur Kubota 19 cv | Travail général, bennette, gyro, tondeuse | Occasion | Polyvalent, léger, adapté petites surfaces | Manque de puissance pour charges lourdes |
| Motoculteur Kubota + remorque | Travail léger, transport | Occasion | Maniable, utile sur petites planches | Limité en capacité |
| Triporteur électrique | Transport sur la ferme | Neuf | Très utilisé, gain de temps important | Autonomie limitée |
| Tondeuse | Gestion de l’herbe | Occasion | Simple et efficace | |
| Semoir Sembner | Semis plein champ | Occasion | Passe bien dans les sols caillouteux | Manque de précision |
| Semoir JP1 | Semis précis (carotte, radis) | Neuf | Très précis | Plus lent |
| Tarière sur perceuse | Plantation, piquets | Neuf | Gain de temps | |
| Outils manuels Sneeboer | Travail manuel | Neuf | Robustes, précis | Coût élevé |
Le triporteur électrique est devenu l’outil principal pour les déplacements sur la ferme.
Stratégie commerciale
La commercialisation se fait principalement en vente directe à la ferme, d’avril à décembre.
Deux créneaux de vente sont actuellement ouverts : - mercredi de 17h à 20h - vendredi de 17h à 20h - samedi de 10h à 12h
La vente se fait sous forme de paniers à prix fixe (12 €), ou par vente à l’étal. Une partie de la production est transformée (lactofermentation, déshydratation), ce qui permet de valoriser les surplus et de lisser les volumes.
Le choix de la vente à la ferme permet de limiter le temps de déplacement et de garder un lien direct avec la clientèle, mais demande une présence régulière et limite le volume de vente.
Contraintes principales
La principale contrainte du système est l’irrigation. La ferme ne dispose pas d’un système d’irrigation autonome, et dépend actuellement de l’eau du réseau. La consommation varie entre 1000 et 2000 m³ par an, pour un coût pouvant atteindre environ 1500 € certaines années. Un projet de forage est en cours d’étude, mais l’eau se situe à environ 100 mètres de profondeur, ce qui représente un investissement important.
Le sol est très caillouteux, avec présence de micaschiste et de gneiss. Cela complique le travail du sol, le semis et certaines implantations. L’absence de travail du sol rend le système cohérent avec leurs objectifs, mais limite aussi la minéralisation, ce qui peut entraîner des cultures peu vigoureuses, notamment sur les légumes exigeants.
Le système repose fortement sur les apports de matière organique, principalement paille et foin. Une partie de ces apports dépend d’échanges avec un voisin, ce qui crée une certaine dépendance. L’achat de compost vert a permis de sécuriser certains semis, mais a aussi apporté des adventices.
Le choix de ne pas utiliser de bâches plastiques ni de toile tissée limite la précocité des cultures au printemps et demande plus de travail de désherbage.
Points forts du système
Le système repose sur une forte autonomie en matière organique, rendue possible par la surface importante en prairies autour des parcelles maraîchères. Cette autonomie permet de maintenir un système cohérent avec le non travail du sol et de limiter les achats d’intrants.
L’organisation en planches permanentes facilite le travail et limite le tassement du sol. Le matériel est volontairement simple et peu coûteux, ce qui permet de maintenir des charges faibles.
Le triporteur électrique est devenu un outil central dans l’organisation quotidienne, permettant de gagner du temps et de réduire la pénibilité.
Le système est construit pour rester évolutif. L’objectif n’est pas de maximiser la production mais de maintenir un équilibre entre efficacité, autonomie et conditions de travail.
Perspectives
Un projet de forage est en cours pour sécuriser l’irrigation, ainsi qu’un système de récupération des eaux de pluie sur les toitures.
Achat-revente (pommes de terre, fruits, fruits exotiques) pour avoir une boutique de vente à la ferme plus complète.
Diversifier la commercialisation, avec un gros marché hebdomadaire.
Moins diversifier, continuer à faire des choses qui font plaisir dans son métier (planter des capucines et des cosmos, par exemple !).
La stratégie reste de conserver un système autonome, peu mécanisé et peu endetté, tout en améliorant progressivement le confort de travail.