La nématofaune, copilote de la fertilité biologique des sols
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Véritable miroir de la microchaîne alimentaire des sols, l’analyse des communautés de nématodes offre désormais un diagnostic opérationnel pour évaluer la fertilité
et la résilience d’une parcelle, permettant aux agriculteurs de piloter le compromis entre fertilité biologique, santé des cultures et résilience de leur système de culture. La nématofaune, copilote de la fertilité biologique des sols
Vers microscopiques omniprésents sous nos pieds, les nématodes ne se limitent plus à leur seule réputation de ravageurs des cultures. En réalité, le sol est peuplé d’une multitude de nématodes bénéfiques : ces alliés précieux ne parasitent pas les plantes et sont indispensables au bon fonctionnement biologique des sols. ©Elisol Environnement
Le prélèvement de terre pour l’analyse de la nématofaune se réalise à la tarière dans la strate de sol de 0 à 20 cm de profondeur. 500 g de sol frais sont utilisés pour réaliser l’extraction des nématodes. L’échantillon doit être traité rapi-dement car les nématodes sont extraits vivants, permettant l’étude de l’activité biologique réelle du sol. ©Elisol Environnement
| A des « ennemis », c’est réa-todes, ce n’est pas seulement compter nalyser les commu-nautés de néma- | de premier ordre : là où il | global du sol et renseigne | trophique, les nématodes |
|---|---|---|---|
| y a du sol, il y a des néma- | sur les fonctions qu’il assure. | prédateurs sont des indi- | |
| todes, et leur communauté | En effet, la nématofaune | cateurs de la stabilité du | |
| raconte fidèlement son | (l’ensemble des nématodes | milieu. Sensibles aux per- | |
| histoire. Contrairement aux | du sol) se divise en plusieurs | turbations physiques (labour) | |
| liser un véritable audit de | vers de terre, mobiles et | groupes trophiques qui | ou chimiques (pollutions), |
| fonctionnement du sol pour | saisonniers, les nématodes | renseignent chacun sur une | leur présence témoigne |
| ajuster ses pratiques, avec une | présentent une stabilité de | fonction précise du sol : | d’un sol résilient capable de |
| rigueur scientifique jusqu’ici | population et une fidélité | - Fertilité biologique : les | s’autoréguler. |
| réservée aux laboratoires de | spatiale qui renforcent la | nématodes bactérivores et | - Pression parasitaire : les |
| recherche. | fiabilité des diagnostics. | fongivores sont les régulateurs | nématodes phytophages |
| Les nématodes sont les | Ils ne sont pas de simples | du compartiment microbien. | (consommant des racines |
| organismes pluricellulaires | acteurs du sol ; ils sont le | En se nourrissant de bacté- | vivantes) renseignent sur |
| les plus abondants sur | reflet du fonctionnement | ries et de champignons, ils | l’état de la couverture vé- |
| terre avec en moyenne plus | biologique du sol dans son | stimulent le métabolisme | gétale et le risque de perte |
| d’un million d’individus par | ensemble. | microbien. Ils informent | de rendement. |
| mètre carré dans les vingt | CE QUE LES NÉMATODES | sur l’intensité des flux de | Le prélèvement de sol pour |
| premiers centimètres de sol. | nutriments et la voie de | une analyse de la nématofaune | |
| Leur ubiquité et leur position | RÉVÈLENT DES SOLS | décomposition de la matière | est simple : il est réalisé avec |
| centrale dans la microchaîne | Parce qu’ils occupent tous | organique majoritaire (plutôt | une tarière dans l’horizon |
| alimentaire des sols (ou mi- | les étages du microréseau | bactérienne ou fongique). | 0-20 cm sur un sol frais, |
| croréseau trophique) en fait | trophique, leur étude permet | - Résilience du sol : situés | ressuyé et non gelé. Environ |
| des sentinelles écologiques | d’évaluer l’état biologique | au sommet du microréseau | 500 g de terre fraîche sont |
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| s | nécessaires pour l’extraction | LES PHYTOPARASITES : UN RISQUE | que la fertilisation mixte | ||
|---|---|---|---|---|---|
| des nématodes, tandis que | (organique et minérale) | ||||
| À GÉRER AU CAS PAR CAS | |||||
| d’autres sous-échantillons | constituent les leviers les plus | ||||
| prélevés simultanément | Il est crucial de distinguer | puissants pour augmenter | |||
| peuvent être utilisés pour | les nématodes « libres » | la fertilité biologique d’un | |||
| des analyses complémen- | (bénéfi ques) des nématodes | sol. En stimulant l’activité | |||
| taires (physico-chimique, | « phytoparasites ». | des nématodes bactérivores | |||
| organo-biologique, micro- | Ces derniers exploitent | (+ 113 %) et des fongivores | |||
| des racines vivantes | |||||
| biologique…). | (+ 141 %), ces apports favo- | ||||
| pour réaliser leur | |||||
| Les référentiels d’interpré- | risent des fl ux de nutriments | ||||
| cycle biologique. Certains | |||||
| tation développés à partir | dynamiques dans les sols. | ||||
| sont très spécialisés, | |||||
| de larges jeux de données, | comme Heterodera carotae | L’allongement des rotations | |||
| comme ceux de la base | qui ne s’attaque qu’à la | et l’implantation de couverts | |||
| Elipto proposée par Elisol | carotte. D’autres sont | végétaux sont également très | |||
| environnement, permettent | généralistes, comme les | favorables pour soutenir la | |||
| nématodes à galles du | |||||
| aujourd’hui de structurer | fertilité biologique. | ||||
| genre meloidogyne qui | |||||
| des résultats en scores | Pour ce qui est de la diver- | ||||
| parasitent des centaines d’espèces. Un sol peut héberger des parasites sans qu’il y ait de dégâts, si la plante en place est résistante ou si le sol | Exemple de symptômes sur les racines liés à la présence du nématode à galle meloidogyne.
©Elisol Environnement | ||||
| synthétiques allant de 0 | sité des organismes et de | ||||
| à 10. Les diagnostics sont | la résilience du sol, le levier | ||||
| donc accessibles pour les | majeur est la réduction du | ||||
| non-spécialistes. Cette ana- | temps de sol nu. En limitant | ||||
| lyse peut être déployée dans | l’érosion et en fournissant | ||||
| est « suppressif », un | (nématodes à kystes, à | ||||
| une démarche de conseil, | une ressource continue | ||||
| mécanisme encore peu | galles, ectoparasites, | ||||
| d’expérimentation ou de | aux organismes du sol, les | ||||
| expliqué qui limite l’action | endoparasites…), ce qui | ||||
| suivi agroécologique d’une | couverts végétaux d’inter- | ||||
| des phytoparasites sur | oblige des diagnostics au | ||||
| parcelle agricole, mais éga- | les cultures. Cette | cas par cas. Ainsi, le suivi et | culture augmentent de 80 % | ||
| lement de milieux naturels, | « suppressivité » s’observe | l’identifi cation des genres et | l’abondance des nématodes | ||
| industriels ou urbains. | en majorité dans des sols | des espèces de nématodes | prédateurs, renforçant ainsi | ||
| PILOTER LE COMPROMIS | en bon état biologique. | présents dans les sols et les | la stabilité et la structure du | ||
| Il existe une immense | racines des cultures sont | ||||
| microréseau trophique du | |||||
| diversité d’espèces de | les premiers éléments à | ||||
| ENTRE FERTILITÉ ET | sol. La fertilisation organique | ||||
| nématodes phytoparasites | partir duquel une stratégie | ||||
| DIVERSITÉ | et les rotations longues par- | ||||
| avec diverses stratégies | de lutte intégrée pourra | ||||
| Un sol peut être biologi- | de parasitisme | être mise en place. | ticipent également à cette | ||
| quement très actif mais | nutriments dépassant les | Il est donc nécessaire d’avoir | dynamique positive. | ||
| fonctionner de manière | Enfi n, l’étude souligne que | ||||
| déséquilibrée. Par exemple, | l’utilisation de pesticides | ||||
| des apports importants | besoins des cultures, tout | des indicateurs permettant | (dont les nématicides), du | ||
| d’azote sous forme minérale | en perdant sa capacité de | de statuer sur ce compromis | labour conventionnel et de la | ||
| ou un travail profond du sol | régulation naturelle contre | entre fertilité et diversité | fertilisation minérale stricte | ||
| vont favoriser les nématodes | les pathogènes et en géné- | afi n de mettre en place des | sont les pratiques les plus | ||
| bactérivores et donc l’activité | rant des fl ux de CO2 néfastes pour le climat. À l’inverse, | mesures correctives avant que les sols ne soient en | déterminant sur la fertilité | ||
| biologique du sol. Si l’activité | biologique et la diversité des | ||||
| des nématodes bactérivores | l’agroécologie cherche les | mauvais état de santé glo- | organismes du sol. | ||
| stimule la minéralisation | pratiques qui permettent | bale. C’est là que l’analyse de | Cette hiérarchisation permet | ||
| à court terme, et donc les | de stabiliser ce réseau et | la nématofaune apporte des | aux agriculteurs d’entrer | ||
| fl ux de nutriments, elle se | de maintenir l’ensemble des | résultats probants. | dans une stratégie de pra- | ||
| fait dans ces situations au | fonctions du sol sur la durée. | tiques compensatoires pour | |||
| détriment de la diversité | Néanmoins le travail du sol | ENSEIGNEMENTS D’UNE | développer des systèmes de | ||
| globale, de la structure du | et la fertilisation azotée sont | MÉTA-ANALYSE MONDIALE | culture durables. Par exemple, | ||
| réseau trophique et donc | parfois nécessaires pour la | Une méta-analyse réalisée | si un labour du sol est jugé | ||
| des autres fonctions du | productivité des cultures, | en 2021 par Puissant et al., | nécessaire, son impact négatif | ||
| sol comme la transformation | mais ces pratiques peuvent | compilant plus de 1 300 | sur la résilience du sol et la | ||
| du carbone, les régulations | être réalisées avec modération | observations à l’échelle mon- | diversité des organismes | ||
| biologiques ou encore la | (c’est-à-dire fractionnement | diale, a permis de quantifi er | peut être compensé par | ||
| stabilité structurale du sol. Le | des apports, fréquence du | l’impact des choix tech- | l’implantation d’un couvert | ||
| risque ? Un sol qui « brûle » | travail du sol, profondeur) | niques sur la vie du sol. Les | végétal ou un amendement | ||
| sa matière organique trop | et surtout être compensées | résultats confi rment que la | organique. L’étude souligne | ||
| vite, générant des fl ux de | par d’autres pratiques. | fertilisation organique, ainsi | d’ailleurs un « combo per- | ||
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| ELISOL ENVIRONNEMENT : L’EXPERTISE AU SERVICE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE | La gestion ne passe plus par le « vide sanitaire » chimique, souvent contre-productif car il favorise le retour rapide des parasites dans un milieu sans prédateurs. La lutte intégrée privilégie désormais des leviers agronomiques et biologiques visant à limiter le développement de ces organismes.
Parmi les solutions les plus utilisées fi gurent la rotation des cultures, l’introduction de plantes non-hôtes et l’utilisation de variétés ré-sistantes. Certains couverts végétaux, comme la mou-tarde ou le radis fourrager, possèdent également un effet nématicide grâce à la biofumigation, tandis que les « plantes pièges » limitent leur reproduction. D’autres méthodes, comme la solarisation en maraîchage ou le recours à des agents de biocontrôle (champignons, bactéries, prédateurs natu-rels), complètent ces straté-gies. Enfi n, l’amélioration de la santé du sol constitue un levier essentiel : matière or-ganique, couverture végétale et réduction du travail du sol favorisent la biodiversité et les régulations naturelles. Un sol vivant est généralement plus résistant aux attaques de nématodes phytopara-sites. Camille Chauvin, Elisol environnement CÔTÉ BIBLIO Puissant, J., Villenave, C., Chauvin, C., Plassard, C., Blanchart, E., Trap, J. 2021. Quantifi cation of the global impact of agricultural practices on soil nematodes : A meta-analysis. Soil Biology and Biochemistry 2021.108383. doi : 10.1016/j. soilbio.2021.108383 | |||||||||||||||||||||
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| Elisol environnement est le premier laboratoire |
Les six scores du fonctionnement biologique d’un sol
Votre échantillon | |||||||||||||||||||||
| du sol. Installée dans le | État biologique altéré | État biologique limité | Bon état biologique | |||||||||||||||||||
| Gard, cette entreprise innovante s’appuie sur | Niveau d’activité biologique | |||||||||||||||||||||
| une équipe d’experts pour | Pression parasitaire |
10 8 |
Intensité des flux de nutriments | |||||||||||||||||||
| transformer des données | ||||||||||||||||||||||
| biologiques en outils de | ||||||||||||||||||||||
| pilotage opérationnels pour les agriculteurs et | 2 0 | |||||||||||||||||||||
| gestionnaires de sols. Le | Voies de décomposition de la matière organique | Stabilité du milieu, assurance écologique | ||||||||||||||||||||
| cœur du savoir-faire de | ||||||||||||||||||||||
| l’entreprise repose sur Elipto, | ||||||||||||||||||||||
| Diversité | ||||||||||||||||||||||
| une base de données unique | ||||||||||||||||||||||
| Source : Elisol environnement | ||||||||||||||||||||||
| qui centralise plus de 10 000 | ||||||||||||||||||||||
| analyses de terre. Cette | ||||||||||||||||||||||
| base croise les données | surveiller ou satisfaisant) est | scientifi que et technique | ||||||||||||||||||||
| biologiques avec le contexte | évalué à partir de six scores : | dans les projets de gestion | ||||||||||||||||||||
| pédoclimatique (texture, | activité biologique, intensité | des sols et épaule les | ||||||||||||||||||||
| pH, carbone, coordonnées | des fl ux de nutriments, | porteurs de nouvelles | ||||||||||||||||||||
| géographiques) et l’usage | assurance écologique, voies | solutions (biostimulants, | ||||||||||||||||||||
| du sol pour un système de | de décomposition de la | bionématicides, nouveaux | ||||||||||||||||||||
| notation adapté à chaque | matière organique, diversité | types de fertilisants | ||||||||||||||||||||
| usage (grandes cultures, | et pression parasitaire. | organiques…) dans | ||||||||||||||||||||
| vigne, maraîchage, forêt, | Au-delà de la mesure, Elisol | l’évaluation de leur effi cacité | ||||||||||||||||||||
| prairie). Le fonctionnement | environnement assure un | et de leur innocuité pour | ||||||||||||||||||||
| biologique d’un sol (altéré, à | véritable accompagnement | l’environnement. | ||||||||||||||||||||
Podium des effets positifs de différentes pratiques sur les paramètres
| ||||||||||||||||||||||
| dant » pour la santé du | le plus élevé sur l’ensemble | phytoparasites. Les pertes | ||||||||||||||||||||
| sol : le labour conventionnel | des indicateurs nématofau- | de rendement liées à ces | ||||||||||||||||||||
| suivi d’une période de sol nu | niques. Ces effets positifs | organismes sont estimées | ||||||||||||||||||||
| prolongée sous fertilisation | permettent en partie de | à 100 milliards de dollars | ||||||||||||||||||||
| minérale stricte, une situation | compenser l’impact négatif | par an dans le monde. En | ||||||||||||||||||||
| qui ne favorise ni la résilience | de l’usage de pesticides sur | grandes cultures, ces dégâts | ||||||||||||||||||||
| ni la fertilité à long terme. | la santé des sols dans ces | sont souvent sous-estimés | ||||||||||||||||||||
| Enfi n, l’agriculture de conser- | systèmes. | car ils se manifestent par des | ||||||||||||||||||||
| vation des sols (ACS) addi- | symptômes peu spécifi ques : | |||||||||||||||||||||
| tionne les leviers favorables | GÉRER LA MENACE | jaunissements, fl étrissements | ||||||||||||||||||||
| (moindre travail du sol, rotation | DES PHYTOPARASITES | ou retards de croissance que | ||||||||||||||||||||
| longue, fertilisation mixte) et | Certains nématodes restent | l’on confond souvent avec | ||||||||||||||||||||
| montre l’effet positif moyen | des ennemis redoutables : les | des carences azotées. | ||||||||||||||||||||
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