La myciculture, un enjeu pour le développement de l'Afrique sub-saharienne par Alpha Sow

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Dans cette conférence, Alpha Sow raconte comment son travail au Sénégal, d’abord centré sur des jardins communautaires, l’a conduit vers la myciculture. Confronté au manque d’eau, au coût des intrants et à l’exiguïté des espaces urbains, il découvre dans les champignons — et surtout dans le mycélium — un levier de développement bien plus large que la seule production alimentaire. Il montre comment le mycélium peut répondre à plusieurs défis d’Afrique subsaharienne : malnutrition, emploi des jeunes, agriculture durable, traitement de l’eau, valorisation des résidus agricoles, alimentation animale, voire matériaux de construction. À partir d’exemples concrets menés au Sénégal, comme une farine infantile enrichie aux champignons ou des champignonnières rustiques à faible coût, Alpha Sow plaide pour un changement de paradigme fondé sur la recherche appliquée, la formation, les partenariats, l’engagement politique et des modèles coopératifs adaptés aux réalités locales.

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Résumé
Dans cette conférence, Alpha Sow raconte comment son travail au Sénégal, d’abord centré sur des jardins communautaires, l’a conduit vers la myciculture. Confronté au manque d’eau, au coût des intrants et à l’exiguïté des espaces urbains, il découvre dans les champignons — et surtout dans le mycélium — un levier de développement bien plus large que la seule production alimentaire. Il montre comment le mycélium peut répondre à plusieurs défis d’Afrique subsaharienne : malnutrition, emploi des jeunes, agriculture durable, traitement de l’eau, valorisation des résidus agricoles, alimentation animale, voire matériaux de construction. À partir d’exemples concrets menés au Sénégal, comme une farine infantile enrichie aux champignons ou des champignonnières rustiques à faible coût, Alpha Sow plaide pour un changement de paradigme fondé sur la recherche appliquée, la formation, les partenariats, l’engagement politique et des modèles coopératifs adaptés aux réalités locales.

Passionné de champignons, Alpha est devenu un acteur incontournable de la myciculture au Sénégal et sur le continent africain, il expliquera en quoi il considère que la culture des champignons peut-être un enjeu crucial pour aider au développement de l'Afrique sub-saharienne, qu’il s’agisse d’agriculture, mais aussi d’un point de vue économique et social.



Parcours d’Alpha Sow vers la myciculture

Alpha Sow commence par expliquer ce qui l’a amené dans le monde des champignons. Lorsqu’il était au Sénégal, il a développé un projet autour de deux jardins communautaires. L’idée était de créer un espace de partage, de rencontre et de convivialité, tout en mettant en place un modèle utile pour des femmes ayant des enfants scolarisés.

L’objectif était de contribuer à résoudre deux problèmes à la fois :

  • permettre à ces femmes d’avoir des revenus ;
  • améliorer l’alimentation des enfants, afin de limiter les effets de la malnutrition et de favoriser leur concentration à l’école.

Le fonctionnement reposait sur une forte mobilisation communautaire. Le jardin était ouvert, et Alpha Sow s’occupait surtout d’inviter les gens à venir travailler ensemble, à condition que les pratiques restent biologiques. Des volontaires de différents pays, notamment de France, des États-Unis et du Canada, se sont aussi impliqués. L’ambiance était positive et le projet fonctionnait bien.

Cependant, un problème majeur est apparu : l’eau. Au Sénégal, l’accès à l’eau est difficile, et l’arrosage d’une petite surface demandait déjà énormément d’eau et d’argent. Alpha Sow a alors constaté que ce modèle n’était pas reproductible pour des femmes pauvres vivant à Dakar, où l’espace est limité et où l’eau coûte cher. À partir de ce moment, il a cherché une autre activité, plus accessible, susceptible de générer des revenus sans nécessiter beaucoup d’eau. C’est ainsi qu’il s’est progressivement tourné vers les champignons.

Pourquoi parler du mycélium plutôt que seulement des champignons

Alpha Sow insiste sur un point central : il préfère parler du mycélium plutôt que seulement des champignons. Selon lui, le champignon visible n’est qu’une petite partie de l’ensemble. Le mycélium, qui constitue la partie végétative du champignon, est la véritable base, et c’est là que résident les plus grandes potentialités.

À ses yeux, il faut dépasser la seule logique de production et de consommation de champignons. En Afrique, la culture des champignons commence à se développer, notamment chez des jeunes qui y voient une activité économique. Mais cette approche reste souvent limitée à la vente de champignons frais. Pour Alpha Sow, il faut aller beaucoup plus loin et considérer le mycélium comme un levier de développement durable, soutenu et harmonieux.

Les défis des communautés africaines

Pour situer son propos, Alpha Sow prend comme référence une communauté africaine type, qu’elle soit urbaine, périurbaine ou rurale. Il rappelle qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, mais d’un ensemble de défis récurrents :

  • la forte croissance démographique, en particulier chez les jeunes ;
  • le manque d’emplois pour cette jeunesse ;
  • les difficultés d’accès à l’eau potable ;
  • l’exode rural ;
  • l’absence de relève dans des communautés très largement agricoles ;
  • la dépendance aux importations, souvent de mauvaise qualité ;
  • le manque d’infrastructures, notamment routes et logements ;
  • les coûts élevés des intrants agricoles comme les engrais et pesticides ;
  • les coûts élevés des aliments pour l’élevage et la pisciculture ;
  • la pollution liée à certaines industries extractives ;
  • les effets des changements climatiques.

Il introduit aussi la question du sable, qu’il présente comme une problématique importante. Il rappelle que le sable est la deuxième ressource la plus consommée après l’eau. Cette prise de conscience lui est venue lorsqu’il accompagnait, en 2016, un maire sénégalais ambitieux souhaitant transformer sa commune rurale en commune émergente. Lors d’une conférence économique à laquelle Alpha Sow participait pour représenter ce projet, une question lui a été posée : d’où viendrait tout le sable nécessaire à la réalisation de ces ambitions ? Depuis, il considère la question du sable comme un enjeu stratégique.

Le mycélium comme réponse à des problèmes systémiques

Selon Alpha Sow, le mycélium peut constituer une piste de solution crédible à de nombreux problèmes systémiques. Il souligne que, dans de nombreux secteurs, le mycélium est déjà utilisé ou en voie de l’être :

  • construction ;
  • travaux publics ;
  • pharmacie ;
  • agroalimentaire ;
  • textile ;
  • informatique ;
  • aérospatiale ;
  • traitement de l’eau ;
  • industrie chimique ;
  • industrie automobile ;
  • énergie et électricité.

Il estime que le mycélium est déjà omniprésent, même si on ne s’en rend pas toujours compte, et qu’il occupera une place de plus en plus importante dans l’avenir. Pour lui, cette évolution est inévitable.

L’exemple qu’il met particulièrement en avant est celui de la construction. Face à la pression sur le sable, il évoque la possibilité d’utiliser le mycélium pour fabriquer des briques et d’autres matériaux. Il mentionne également son usage pour des emballages et des matériaux de conservation.

Une approche de développement communautaire

Alpha Sow explique que son approche consiste à partir des besoins réels des communautés, à les écouter, puis à établir des partenariats solides pour explorer les potentialités du mycélium de manière appliquée.

Au Sénégal, il avait déjà travaillé dans le domaine de la nutrition et connaissait bien les problèmes de malnutrition. Il a donc orienté ses recherches dans cette direction. Cela l’a conduit à développer une farine infantile à base de champignons, en s’appuyant sur plusieurs partenaires.

Il précise que ce type de travail exige de la recherche et développement, donc du temps, de la rigueur et des moyens. Pour avancer, il s’est appuyé sur :

  • deux laboratoires chargés des tests ;
  • des personnes compétentes en mycologie ;
  • de la documentation scientifique ;
  • un travail de validation à partir de publications et d’analyses.

Cette démarche lui a permis de mettre au point un complément alimentaire local à base de moringa et de champignons. Il insiste sur le fait qu’il s’agit de recherche appliquée orientée vers l’impact, avec l’objectif de résoudre des problèmes communautaires concrets.

Nutrition, qualité et acceptabilité

Alpha Sow souligne qu’en Afrique, les populations connaissent généralement mieux les champignons comestibles que l’ensemble des usages possibles des champignons. Pour que des produits alimentaires à base de champignons soient acceptés, il est donc nécessaire de respecter des exigences strictes de qualité.

Avant de diffuser ses produits, il a pris soin de passer par les agences gouvernementales concernées pour obtenir la documentation et les validations nécessaires, afin de démontrer que les aliments proposés répondaient bien aux normes de qualité établies par l’État sénégalais.

Il cite aussi l’exemple de poudre de champignons pouvant être utilisée dans différents plats ou ajoutée à l’alimentation des enfants.

Valorisation des substrats et économie circulaire

Un des points les plus développés par Alpha Sow concerne la valorisation du substrat usé après culture des champignons. Il s’appuie sur une étude du Dr David Grim, qui montre les multiples usages possibles de ce substrat.

Au lieu de considérer la paille ou d’autres résidus comme des déchets, il propose de les inscrire dans une logique circulaire :

  1. utiliser la paille ou un autre résidu agricole comme substrat pour cultiver des champignons ;
  2. vendre ou consommer les champignons produits ;
  3. utiliser ensuite le substrat restant comme compost ;
  4. ou l’utiliser pour nourrir les poissons ;
  5. ou encore comme amendement agricole ;
  6. ou comme ressource pour l’alimentation animale.

Il insiste sur le fait qu’à partir d’une seule ressource de départ, on peut multiplier les usages et donc augmenter les revenus d’une famille. Cela permet :

  • de créer plus de richesse ;
  • de développer de petites activités économiques ;
  • de fixer davantage les jeunes dans les territoires ;
  • de lutter contre l’exode rural et les migrations ;
  • d’améliorer la nutrition ;
  • de réduire les effets de la malnutrition chez les enfants ;
  • de renforcer, à long terme, les capacités de concentration et d’apprentissage à l’école.

Selon lui, il ne s’agit pas de créer de nouvelles ressources, mais simplement de changer les manières de faire en se focalisant sur le durable.

Le mycélium comme base d’un nouveau modèle agricole

Alpha Sow estime que si les pays africains s’engageaient réellement dans un modèle de développement fondé sur le mycélium, ils pourraient transformer profondément leur agriculture et leur agroalimentaire.

Il critique les politiques qui parlent beaucoup d’agriculture ou d’agrobusiness, mais qui reposent en pratique sur l’importation d’engrais, de machines et d’intrants, souvent grâce à des subventions. Pour lui, cela ne constitue pas un modèle durable.

À l’inverse, le mycélium permettrait de bâtir une chaîne de valeur locale intégrée. Il évoque notamment des usages dans :

  • la construction de maisons ;
  • la fabrication de matériaux ;
  • la nutrition humaine ;
  • la nutrition animale ;
  • la fertilité des sols ;
  • la gestion de résidus agricoles ;
  • la production de biostimulants ;
  • le traitement des eaux.

Il estime que cela changerait complètement le paradigme actuel.

Les conditions préalables à un tel développement

Pour qu’un tel changement soit possible, Alpha Sow identifie plusieurs conditions préalables.

L’engagement politique

Selon lui, tout commence par un engagement politique fort. Il faut des dirigeants visionnaires, capables de prendre des décisions structurantes et de créer les conditions favorables à long terme.

La formation

La formation est pour lui fondamentale. Il faut expliquer aux populations en quoi le mycélium peut changer leur vie et transformer les économies locales. Sans compréhension des enjeux, aucun changement profond n’est possible.

Le financement

Il faut également mettre des moyens à disposition, en particulier pour la recherche. La recherche est longue et coûteuse, mais elle est indispensable si l’on veut adapter les solutions aux réalités locales.

Alpha Sow insiste sur ce point : la littérature existante sur la production de champignons concerne souvent des milieux contrôlés, avec des niveaux d’investissement élevés, dans des contextes occidentaux. Or, en Afrique, il faut tester, adapter et valider localement.

Les partenariats

Il insiste aussi sur la nécessité de partenariats entre :

  • institutions de recherche ;
  • structures de formation ;
  • acteurs de terrain ;
  • financeurs ;
  • organismes publics.

Des expérimentations locales, simples et rustiques

Pour montrer que cela est possible, Alpha Sow présente son propre parcours expérimental à Dakar. Il explique avoir commencé très modestement, d’abord dans son salon, puis sur son balcon, avec des installations simples et rustiques. L’objectif était de tester ce qui fonctionne dans les conditions locales, notamment en tenant compte des températures de Dakar et des besoins en humidité.

Il montre qu’il a pu obtenir de très beaux champignons avec peu de moyens, sans recourir à de grands investissements. Pour lui, cela prouve qu’il est possible de produire en Afrique dans des conditions accessibles, à condition de faire de la recherche et développement adaptée au terrain.

Une opportunité particulière pour les jeunes

Alpha Sow considère que le développement de la myciculture peut offrir des perspectives importantes aux jeunes. Il rappelle qu’au Sénégal, dans le cadre d’un projet sur l’entrepreneuriat des jeunes, trois obstacles revenaient sans cesse dans l’agriculture :

Or, selon lui, les champignons permettent de contourner en partie ces trois obstacles :

  • la formation peut être relativement courte pour démarrer ;
  • l’investissement initial peut rester limité ;
  • il n’est pas nécessaire de disposer de grandes surfaces de terre.

La production de champignons demande surtout du substrat : paille, carton, résidus agricoles divers. Ces ressources existent en abondance dans de nombreux territoires africains.

Une chaîne de valeur complète

Alpha Sow insiste sur le fait que la myciculture ne se limite pas à produire des champignons. Elle peut structurer une chaîne de valeur complète et créer de nombreux métiers.

Production de céréales pour le mycélium

Pour fabriquer son mycélium, il a développé un support à base de sorgho. Pour cela, il achetait ses céréales à des femmes ayant des enfants scolarisés. Il explique qu’au Sénégal, au moment de la rentrée scolaire, beaucoup de familles rurales n’ont pas encore vendu leurs récoltes. Cette période est parfois appelée celle du groupe des termites, parce que les enfants arrivent à l’école sans fournitures adéquates.

En achetant des céréales à ces familles avant la rentrée, il leur permettait d’avoir un peu de revenu à un moment crucial, afin d’acheter les fournitures scolaires.

Préparation des céréales

Il note aussi qu’au départ, les céréales achetées sur les marchés contenaient souvent du sable et des cailloux, ce qui compliquait la fabrication du mycélium. Il a donc fallu identifier des personnes capables de faire ce travail préliminaire de tri et de préparation. Cela constitue déjà une activité économique spécialisée.

Production de mycélium

D’autres acteurs peuvent ensuite se spécialiser dans la production du mycélium lui-même, qui est une étape technique essentielle et stratégique.

Fabrication de champignonnières

Il faut aussi des personnes capables de construire des champignonnières adaptées, même de manière simple, afin de mieux contrôler température et humidité.

Transformation agroalimentaire

Une fois les champignons récoltés, d’autres activités sont possibles :

  • séchage ;
  • fabrication de poudres ;
  • production d’épices ou de compléments alimentaires ;
  • transformation en produits à plus forte valeur ajoutée.

Valorisation des résidus

Enfin, les résidus peuvent encore être valorisés pour le compost, l’alimentation animale, l’amélioration des sols ou d’autres usages.

Pour Alpha Sow, cette succession d’activités montre que la myciculture peut devenir une véritable filière économique.

Recherche appliquée et nouvelles pistes

Alpha Sow évoque plusieurs chantiers de recherche sur lesquels il travaille ou qu’il souhaite développer.

Biostimulants fongiques

Il s’intéresse à la mise au point de biostimulants fongiques. Il explique que les biostimulants actuellement disponibles sur le marché sont souvent à base d’algues, et que leur production peut aussi avoir un impact sur les écosystèmes. Il voit donc dans les solutions fongiques une alternative intéressante, notamment pour aider les plantes à faire face aux stress abiotiques liés aux changements climatiques.

Nutrition humaine et animale

Il poursuit également des travaux sur la nutrition humaine et animale, dans la continuité de ses recherches sur les compléments alimentaires à base de champignons.

Traitement de l’eau

Il mentionne aussi l’utilisation du mycélium pour le traitement des eaux, qu’il s’agisse :

  • d’améliorer l’accès à l’eau potable ;
  • de traiter des eaux polluées, par exemple par des activités minières.

Pour lui, cela ouvre là encore des perspectives de recherche, d’innovation et d’emploi pour des jeunes qualifiés en région.

Changer de paradigme

Alpha Sow insiste fortement sur la nécessité de changer de manière de penser. Il estime qu’il faut de l’audace, de la formation et une capacité à travailler d’abord sur les ressources humaines plutôt que de se focaliser immédiatement sur l’argent.

Selon lui, la plus grande ressource de l’Afrique, ce sont ses ressources humaines. Si les personnes sont bien formées et bien accompagnées, le reste peut suivre.

Il défend une démarche partant du plus petit échelon, celui de la communauté. Il faut d’abord écouter sa communauté, identifier ses problèmes, déterminer ce que l’on veut explorer avec le mycélium, puis construire des partenariats et des projets ciblés.

Le mycélium doit être vu comme un outil d’exploration permettant de trouver des solutions à des problèmes systémiques.

La solidarité et le modèle coopératif

En conclusion, Alpha Sow rappelle que les sociétés africaines se sont toujours appuyées sur la solidarité. Pour lui, cette tradition doit être mobilisée dans le développement d’un modèle économique fondé sur la myciculture.

Il estime qu’un développement basé sur les champignons et le mycélium devrait s’appuyer sur :

  • la coopération ;
  • la mutualisation des forces ;
  • la formation ;
  • l’accès au financement ;
  • des filières bien structurées.

Le modèle coopératif lui paraît particulièrement pertinent pour permettre aux populations de mettre en commun leurs ressources, leurs compétences et leurs efforts.

Enfin, il évoque aussi l’importance des nouvelles technologies, qui peuvent contribuer à accélérer les transformations à venir.

Idée générale de l’intervention

Dans cette intervention, Alpha Sow présente la myciculture non pas simplement comme une activité de production de champignons, mais comme un levier beaucoup plus large de développement pour l’Afrique subsaharienne. À partir de son expérience au Sénégal, il montre comment le mycélium peut être mobilisé pour répondre à des défis liés à l’emploi des jeunes, à la nutrition, à l’agriculture, à la gestion des déchets, à l’eau, à la construction et à l’innovation locale.

Son message central est qu’il faut sortir d’une vision limitée de la culture des champignons, investir dans la formation, la recherche appliquée et les partenariats, et oser construire un nouveau modèle de développement plus durable, plus local et plus solidaire.