Foncier agricole : l'épreuve de l' installation
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Camille s'est installée en février 2021 et est à la recherche de foncier agricole. Après son BTS agricole et ses démarches d'installation, la jeune éleveuse m'explique que trouver un terrain est l'épreuve la plus dure pour débuter son activité en agriculture.
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Pour le foncier agricole, l’interlocuteur, c’est la Safer : la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural.
Dans chaque département, une société anonyme de droit privé, sous tutelle de l’Etat et dont les actionnaires sont les organisations professionnelles agricoles et les collectivités.
Son but : préserver la vocation agricole des terrains, notamment en permettant aux jeunes agriculteurs de s’y installer.
J'ai contacté le directeur de la Safer des Bouches-du-Rhône, le département de Camille, pour mieux connaître la situation locale en matière de foncier agricole. Christophe Campanelli m'a confié que la Safer départementale était celle qui intervenait le plus souvent en France pour réguler les prix. Rien qu’en 2020, elle a constitué 160 dossiers de révision de prix.
Dans la Crau, l'attractivité du foin de Crau AOP fait aussi monter les prix de l'hectare de terrain que la Safer tente de maintenir autour de 20 000 euros.
Cette vidéo fait partie de la série de portraits d'installations que j'ai commencée. En vous abonnant à la chaîne, vous rejoignez aussi la communauté de celles et ceux qui savent que l’agriculture est porteuse de solutions, pas seulement de problèmes.
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0:00 L'installation agricole de Camille Maureau
0:57 Recherche de foncier agricole
1:59 L'exemple de l'élevage de juments Camargue
4:23 Difficultés de l'installation agricole
5:10 La Safer, l'interlocuteur foncier
6:47 La spécificité des Bouches-du-Rhône
7:16 Le projet de Camille Maureau
8:03 Le choix du métier d'éleveuse
9:12 Transformation et vente directe
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L’épreuve de l’installation agricole : le témoignage de Camille et Caroline
À 22 ans, Camille réalise son rêve : s’installer en agriculture. Tout a commencé à ses 20 ans, lorsque son père lui a offert neuf chèvres et un bouc. Issue du milieu agricole, Camille a pourtant conscience que l’aventure est loin d’être facile. Son histoire est représentative d’une nouvelle génération d’éleveurs qui doit faire face à des défis fonciers majeurs.
Le défi du foncier et de l’espace
Actuellement, Camille élève ses chèvres sur deux hectares pour lesquels elle verse un loyer. Pour pérenniser son activité et développer sa sélection, elle a besoin de s’agrandir. L’objectif est clair : trouver des terres et pouvoir s’installer durablement sur place pour assurer un suivi quotidien et rigoureux de son cheptel, une condition indispensable à la qualité de sa production.
Elle suit en cela l’exemple de sa grande sœur, Caroline, installée en 2016. Caroline a su construire son exploitation au fil des années. Aujourd’hui, elle dispose de 14 hectares, acquis progressivement grâce au développement de son activité.
Une voie atypique : l’élevage de chevaux et la valorisation du lait
Caroline a choisi une spécialisation singulière : la production de lait de jument, qu’elle valorise à travers une gamme de cosmétiques, des glaces et des caramels. Pour elle, le bien-être animal est la priorité absolue. Elle pratique une reproduction naturelle en liberté et a conservé la traite manuelle, adaptant son rythme à celui de ses juments. Elle est avant tout éleveuse, le lait étant une production secondaire qui ne doit jamais entraver la croissance du poulain.
La complexité de l’accès à la terre
Le parcours des deux sœurs met en lumière la difficulté d’accéder au foncier, particulièrement dans certaines zones comme celle du foin de Crau. Avec des prix pouvant atteindre 20 000 euros l’hectare (et des risques de spéculation plus élevés encore), le démarrage est un véritable parcours du combattant.
Dans ce contexte, la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) joue un rôle central de régulateur dans les Bouches-du-Rhône, examinant les dossiers et limitant la flambée des prix. Malgré la concurrence rude, Caroline a su convaincre en présentant un projet solide et en s’appuyant sur les aides aux jeunes agriculteurs pour remettre en culture des terres en friche.
Une nouvelle vision de l’élevage
Malgré les doutes et la pression foncière, Camille garde le cap. Son métier est une passion viscérale. Elle porte un regard neuf sur son élevage, considérant ses chèvres davantage comme des collaboratrices que comme de simples outils de production. Pour elle, le respect de l’animal est le fondement même de la réussite : si les bêtes ne sont pas dans de bonnes conditions, la qualité du fromage ne peut être au rendez-vous.
L’agriculture d’aujourd’hui exige de savoir avancer sans certitudes, avec une résilience face aux aléas climatiques et économiques. Cette nouvelle génération d’éleveurs continue d’innover et de valoriser ses produits localement, en circuit court, tout en questionnant les modèles de production traditionnels pour construire une agriculture plus durable.