DIGESTAT : Top fertilisant ou compaction pour les sols ? Nicolas Bosle
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L'intervenant souligne que le potentiel d'un sol repose sur trois piliers indissociables : la physique, la chimie et la biologie. Si la fertilité chimique (pH, CEC, nutriments) est un socle prioritaire, la structure physique influence directement l'enracinement et la réserve utile en eau.
Nicolas Bosle insiste sur la nécessité de réaliser des analyses de sol et de digestat, car leur composition varie fortement selon les intrants du méthaniseur. Il met en garde contre les risques de tassement liés aux engins agricoles, qui réduisent la porosité et freinent le développement racinaire, même en présence de couverts végétaux. Enfin, il rappelle qu'un épandage raisonné, idéalement enfoui pour limiter la volatilisation, est crucial pour optimiser la fertilisation et préserver l'environnement.Nicolas Bolse du CNA nous fait part ici de son travail sur la fertilisation au digestat, en lien avec le risque de compaction des sols.
Cette vidéo a été réalisée par le Centre National d'agroécologie (CNA) https://centre-national-agroecologie.fr/ dans le cadre du projet NBsoil, financé par l'union européenne.
Les opinions exprimées sont uniquement celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de l’Union européenne ni de l’Agence exécutive pour la recherche (REA)
This video was made as part of the NBSoil project co-funded by the European Union.
Website: https://nbsoil.eu/ - LinkedIn: https://www.linkedin.com/company/87979294/
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Digestat : Top fertilisant ou compaction pour les sols ?
Dans cette présentation, Nicolas Bosle de l’équipe Agro CNA explore les enjeux liés à l’utilisation des digestats en grande culture, en abordant la fertilité des sols et les risques de tassement.
Rappel sur la fertilité et la structure des sols
La fertilité d’un sol est le résultat de l’altération de la roche mère, influencée par le relief, le climat, l’activité biologique et le temps. Le potentiel d’un sol repose sur trois piliers indissociables :
- Fertilité physique : Définie par la texture (argile, limon, sable), la structure, la porosité et la réserve utile (RU). La macroporosité, influencée par l’activité biologique et le travail du sol, est essentielle pour la circulation de l’eau et le développement racinaire.
- Fertilité chimique : Le pH (visé autour de 6,5 à 7,5) est un facteur clé, tout comme la Capacité d’Échange Cationique (CEC) et le taux de saturation. Une chimie équilibrée est indispensable pour permettre au sol de se restructurer naturellement.
- Fertilité biologique : Elle dépend du “moteur” (abondance microbienne), du “carburant” (matière organique disponible) et de la “vitesse” (minéralisation).
Nicolas Bosle souligne que la fertilité chimique agit souvent comme le facteur limitant influençant la physique et la biologie.
Gestion de la matière organique et minéralisation
La matière organique fonctionne selon un équilibre entre entrées (restitutions) et sorties (minéralisation).
- Le cycle du carbone : Un sol tend vers un équilibre. Des apports massifs et irréguliers peuvent “emballer” le système et provoquer une surminéralisation. Lorsque les apports cessent, l’activité biologique peut puiser dans le stock initial, entraînant une diminution du taux de matière organique.
- Spécificité des digestats : Le digestat est issu d’une méthanisation anaérobie. Ce processus consomme les fractions de carbone les plus facilement dégradables (sucres, cellulose). Le reliquat qui retourne au champ possède donc une signature différente d’un compost ou d’un fumier.
- Analyse indispensable : Puisque la composition d’un digestat varie énormément selon les intrants du méthaniseur (lisier, résidus de culture, graisses), il est crucial de réaliser des analyses régulières pour ajuster précisément la fertilisation.
Risques de volatilisation et efficience de l’azote
Le digestat contient une part importante d’azote sous forme ammoniacale (NH4+), ce qui le rend sensible à la volatilisation gazeuse, particulièrement par temps chaud et venteux.
- Optimisation des apports : L’enfouissement immédiat après l’épandage est le levier principal pour limiter les pertes (parfois divisées par deux ou plus selon les conditions).
- Coefficient d’équivalence (KQ) : L’injection permet d’augmenter significativement l’efficience de l’azote par rapport à un épandage en surface (pendillard), réduisant ainsi le besoin d’engrais minéraux complémentaires.
Enjeux du tassement des sols
Le tassement réduit l’espace poral, diminuant la réserve utile en eau et freinant le développement racinaire.
- Limites technologiques : Si le passage à des pneus plus larges réduit la compaction superficielle (0-30 cm), il n’atténue pas la compaction profonde (30 cm à 1 m). La solution réside avant tout dans la gestion des charges.
- Logiciels d’aide : Des outils comme Teranimo permettent de simuler l’impact des pneumatiques et des charges.
- Diagnostic terrain : Nicolas Bosle insiste sur l’observation directe. Un trou à la bêche en hiver permet de visualiser l’enracinement : si les racines partent à l’horizontale à 20 cm de profondeur, c’est le signe d’une structure dégradée nécessitant une intervention.
En conclusion, l’utilisation du digestat doit être raisonnée par une connaissance fine de la composition du produit, une gestion rigoureuse des dates et des méthodes d’épandage, et une attention constante à la structure physique du sol pour maintenir son potentiel de production sur le long terme.