Berger sans terre, pâturage ovin de céréales et de couverts végétaux, D. Fessard et S. Foubert
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Merci à Dominique Fessard et Samuel Foubert pour ces entretiens !
Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet CoAgroEco, avec le soutien de la région Normandie et de l'Union Européenne.
Voir aussi :
- Élevage d'ovins en plein air et sans terre
- Pâturage des ovins dans les céréales
- Pâturage des ovins dans les repousses de colza pour faire face à la sécheresse
- Pâturage du triticale par des ovins
Chapitrage :
- 00:00 Zapping d'introduction
- 01:01 Présentation des agriculteurs et cheminement vers l’association céréalier – berger
- 05:59 Pâturage d’une céréale par les ovins : quel chargement ? quel stade cultural ? combien de temps ? quels résultats ?
- 10:32 Fonctionnement de la collaboration céréalier - éleveur ovin
- 12:52 Pâturage de prairie temporaire avant retournement
- 14:28:18 Pâturage de couverts végétaux
- 18:21 Quelle race de mouton choisir ?
- 19:26 Etre berger sans terre : avantages et inconvénients
- 21:45 Investissements
- 22:52 Commercialisation
- 24:39 Conseils pour se lancer
- 26:43 Perspective : essai de pâturage de vigne
Berger sans terre, pâturage ovin de céréales et de couverts végétaux
Cet article présente le témoignage croisé de Dominique Fessard, agriculteur en polyculture-élevage, et de Samuel Foubert, éleveur ovin sans terre, sur la pratique du pâturage ovin sur céréales et couverts végétaux.
Une synergie entre élevage et culture
Dominique Fessard, exploitant en polyculture-élevage à Rougemontier (125 hectares, production laitière), s’est intéressé au pâturage des blés par les moutons après avoir observé cette pratique dans d’autres régions. L’objectif est double : améliorer la rentabilité globale en réduisant l’usage des pesticides tout en bénéficiant de l’effet fertilisant du piétinement et des déjections animales.
De son côté, Samuel Foubert, éleveur de moutons sans foncier propre (il a commencé il y a 5 ans et possède aujourd’hui un troupeau composé principalement de Roussins de la Hague et de brebis Rava), utilise les couverts végétaux et les céréales d’autres exploitations pour nourrir ses animaux. Ce système en pâturage tournant dynamique permet de valoriser des ressources “sur pied” gratuites tout en rendant service aux céréaliers par l’entretien des parcelles.
Le pâturage des céréales : une technique culturale
Le pâturage du blé ou du triticale au stade tallage, généralement en février, permet de :
- Réduire le recours aux produits phytosanitaires : Le décalage de la date de semis (début novembre au lieu de début octobre) permet de limiter les pressions d’insectes.
- Supprimer le premier apport d’azote : Le piétinement et la consommation des premières feuilles favorisent le tallage de la céréale, remplaçant ainsi le travail mécanique du rouleau ou l’apport d’engrais chimique précoce.
- Améliorer la santé de la culture : Les parcelles pâturées présentent souvent un meilleur état sanitaire et une couleur plus soutenue, témoignant d’une meilleure assimilation de la [[matière organique]] digérée restituée par les brebis.
Gestion des couverts végétaux
Samuel Foubert insiste sur l’évolution vers des couverts de plus en plus diversifiés (radis fourrager, vesce, féverole, trèfle, avoine, phacélie, tournesol). Cette diversité offre une alimentation plus équilibrée et permanente : si certaines plantes gèlent (comme la féverole), d’autres assurent le relais.
Pour le sol, cet apport d’humus par le piétinement et la décomposition naturelle constitue un stockage d’eau précieux, essentiel face au changement climatique. La gestion se fait en pâturage tournant dynamique, avec des parcelles déplacées régulièrement (toutes les 24 à 72 heures) pour maximiser le piétinement et optimiser la repousse.
Organisation et contraintes du système
Le modèle repose sur une entente orale entre l’éleveur et le céréalier, sans contrat formel, mais avec une communication étroite sur les dates d’intervention.
Avantages :
- Absence de bâtiment et de litière : Réduction des coûts fixes et de la pénibilité liée à la gestion du fumier.
- Sélection naturelle : L’élevage en plein air favorise la rusticité des brebis, avec une mortalité faible si la sélection est adaptée.
- Déparasitage naturel : Le changement fréquent de parcelles limite la pression parasitaire.
Inconvénients et défis :
- Dépendance à la météo : La gestion de l’eau sur les parcelles peut être compliquée en hiver.
- Investissement matériel : Le coût des clôtures mobiles, du parc de tri mobile et de la cage de retournement est significatif pour un éleveur sans terre.
- Aléas : Le système dépend de la disponibilité des surfaces offertes par les céréaliers, qui varie d’une année à l’autre.
Commercialisation et avenir
Samuel Foubert commercialise sa production en vente directe (colis de demi-agneaux). Il envisage d’élargir sa gamme (plats cuisinés, charcuterie) pour mieux valoriser la viande. Le décalage de la période d’agnelage est également à l’étude pour étaler la période de vente et mieux correspondre à la pousse de l’herbe.
En conclusion, cette pratique demande une montée en puissance progressive. Comme le souligne Dominique Fessard, il est recommandé de débuter sur de petites surfaces pour valider les résultats agronomiques avant de généraliser la méthode, le bénéfice principal restant la réduction des charges chimiques et la gestion durable du sol.