Webinaire ADOPTAÉ Couverts végétaux n°3 / Couverts & régulation des adventices - Biofumigation

De Triple Performance
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Ce troisième webinaire du projet ADOPTAÉ, animé par Stéphane Cordeau (INRAE) et Vincent Michel (Agroscope), s'est penché sur le rôle des couverts végétaux dans la régulation des adventices. Stéphane Cordeau a souligné que les couverts végétaux agissent principalement par compétition pour les ressources (eau, azote, lumière). Il a précisé qu'ils ne constituent pas une solution miracle, leur efficacité dépendant fortement du contexte pédoclimatique et de la gestion systémique. Vincent Michel a ensuite exploré la biofumigation, technique basée sur les propriétés biocides des crucifères et des sorghos (libération d'isothiocyanates ou de cyanure d'hydrogène). Il a insisté sur l'importance du choix variétal, de la qualité des semences et d'un broyage/enfouissement rigoureux pour maximiser l'efficacité. Les intervenants ont conclu que ces pratiques doivent s'intégrer dans une approche globale de la rotation culturale, plutôt que d'être considérées comme une simple substitution aux désherbants chimiques, les effets à long terme restant complexes à démontrer.

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Résumé
Ce troisième webinaire du projet ADOPTAÉ, animé par Stéphane Cordeau (INRAE) et Vincent Michel (Agroscope), s'est penché sur le rôle des couverts végétaux dans la régulation des adventices. Stéphane Cordeau a souligné que les couverts végétaux agissent principalement par compétition pour les ressources (eau, azote, lumière). Il a précisé qu'ils ne constituent pas une solution miracle, leur efficacité dépendant fortement du contexte pédoclimatique et de la gestion systémique. Vincent Michel a ensuite exploré la biofumigation, technique basée sur les propriétés biocides des crucifères et des sorghos (libération d'isothiocyanates ou de cyanure d'hydrogène). Il a insisté sur l'importance du choix variétal, de la qualité des semences et d'un broyage/enfouissement rigoureux pour maximiser l'efficacité. Les intervenants ont conclu que ces pratiques doivent s'intégrer dans une approche globale de la rotation culturale, plutôt que d'être considérées comme une simple substitution aux désherbants chimiques, les effets à long terme restant complexes à démontrer.

Replay du 3ème webinaire ADOPTAÉ #les couverts végétaux, du 19 octobre 2023, destiné aux conseillers de Nouvelle-Aquitaine et Occitanie :

Résumé

La biofumigation est une méthode naturelle et efficace pour lutter contre les adventices et les pathogènes du sol en utilisant des plantes riches en glucosinolates.

Highlights

  • La compétition entre les plantes pour les ressources est importante en présence d’azote. 🌱
  • L’allélopathie peut réduire la présence des adventices dans les cultures. 🌿
  • Les couverts temporaires peuvent être efficaces pour gérer le chiendent en choisissant des espèces compétitives. 🌾
  • La biofumigation utilise des plantes riches en glucosinolates pour produire des gaz toxiques dans le sol. 🌱
  • La profondeur de destruction des couverts végétaux est essentielle pour une efficacité optimale de la biofumigation. 🌿
  • La température du sol doit être d’au moins 15°C pour une transformation efficace des glucosinolates en ITC. 🌾
  • L’effet de la biofumigation sur les pathogènes est large mais non spécifique, nécessitant une combinaison d’effets chimiques et biologiques. 🌱

Key Insights

  • La compétition entre les plantes pour les ressources, en particulier en présence d’azote, est un élément clé à considérer pour une gestion efficace des adventices dans les cultures. 🌱
  • L’allélopathie, un mécanisme peu étudié au champ, peut jouer un rôle important dans la réduction des adventices, soulignant l’importance de mieux comprendre ce processus. 🌿
  • Le choix d’espèces compétitives pour les couverts temporaires est crucial pour limiter le développement des mauvaises herbes comme le chiendent, mettant en avant l’importance de la sélection des plantes. 🌾
  • La biofumigation est une technique naturelle de lutte contre les nuisibles du sol qui repose sur la production de gaz toxiques par les glucosinolates des plantes, soulignant l’importance de choisir les bonnes variétés pour garantir le succès de la méthode. 🌱
  • La profondeur de destruction des couverts végétaux et la température du sol sont des facteurs déterminants pour une biofumigation efficace, mettant en évidence l’importance de ces paramètres pour obtenir des résultats optimaux. 🌿
  • L’effet de la biofumigation sur les pathogènes du sol est large mais non spécifique, nécessitant une approche combinée d’effets chimiques et biologiques, soulignant la complexité de cette technique et la nécessité d’une compréhension approfondie de son fonctionnement. 🌾
  • La participation aux ateliers et webinaires sur la biofumigation est recommandée pour approfondir ses connaissances et optimiser l’application de cette méthode de lutte contre les nuisibles du sol, soulignant l’importance de l’apprentissage continu dans ce domaine. 🌱

Plus d'infos sur le projet : https://agriconnaissances.fr/ (rubrique Couverts végétaux)



Couverts végétaux et régulation des adventices : gestion et biofumigation

Ce webinaire, organisé dans le cadre du projet ADOPTAÉ (Accompagner la DÉmultiplication de Pratiques Agroécologiques Éprouvées), constitue le troisième et dernier volet d’un cycle dédié aux couverts végétaux, destiné aux conseillers agricoles de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Les interventions se sont articulées autour de deux axes majeurs : la régulation biologique des adventices par les couverts et la technique de la biofumigation.

La régulation biologique des adventices par les couverts

Stéphane Cordeau, agronome à l’UMR Agroécologie (INRAE Dijon), a rappelé que la gestion des adventices ne peut être abordée de manière uniforme, compte tenu de la grande diversité biologique et fonctionnelle de cette flore.

Concepts clés de la régulation

  • Dynamique des populations : 70 à 80 % des espèces des champs sont annuelles et doivent produire des graines pour se maintenir. La majeure partie du potentiel semencier d’une parcelle se situe dans le stock semencier du sol (90 %), tandis que la flore levée n’en représente qu’une fraction. L’objectif des couverts est donc de réduire la biomasse des adventices levées pour limiter le retour au sol des graines.
  • La compétition : C’est le levier majeur. La compétition pour les ressources (lumière, eau, azote) est d’autant plus intense que celles-ci sont limitantes. Pour être efficace, le couvert doit s’installer rapidement afin de préempter les ressources avant les adventices.
  • La nitrophilie : Les espèces adventices cultivées sont majoritairement nitrophiles. Leur caractéristique n’est pas seulement de se développer avec l’azote, mais de modifier leur architecture (plus de biomasse aérienne) en présence d’azote, augmentant ainsi leur capacité à concurrencer les cultures pour la lumière.
  • L’allélopathie : Bien que souvent évoquée, son existence au champ est extrêmement difficile à démontrer et à décorréler de la compétition. Il existe peu de preuves scientifiques robustes sur son efficacité réelle pour la gestion des adventices dans les conditions agricoles courantes.
  • Microclimat : La modification du microclimat à la surface du sol par les couverts peut réduire les germinations d’environ 15 % en moyenne, en jouant notamment sur la qualité de la lumière. Toutefois, cet effet est limité aux espèces photosensibles.

Enseignements pratiques

  • Diversité des couverts : Maximiser la diversité des espèces dans un mélange n’augmente pas nécessairement l’effet suppressif. La priorité doit être donnée à la densité et à l’adaptation des espèces à la période de semis.
  • Fertilisation : Fertiliser un couvert augmente sa biomasse, mais ne réduit pas la biomasse des adventices.
  • Vision systémique : Les couverts ne sont pas une méthode de substitution au [[désherbage chimique]] ou mécanique. Ils doivent s’intégrer dans une approche systémique globale, car sur le long terme, le travail du sol et le désherbage chimique restent les leviers dominants de contrôle de la flore.

La biofumigation : principes et mise en œuvre

Vincent Michel, chercheur à l’Agroscope (Suisse), a présenté la biofumigation comme une technique de désinfection naturelle du sol visant à limiter certains pathogènes.

Fonctionnement technique

La biofumigation repose sur la dégradation de plantes (principalement des crucifères) contenant des glucosinolates. Lors de leur broyage et enfouissement, la rupture cellulaire libère des isothiocyanates, des composés gazeux aux propriétés biocides.

  • Espèces et variétés : La moutarde brune est l’espèce la plus utilisée, mais les variétés diffèrent grandement par leur teneur en glucosinolates. Le sorgho, riche en durrine (précurseur de cyanure), est une alternative intéressante pour les régions plus chaudes.
  • Conditions de réussite :
  • Broyage fin : Indispensable pour maximiser la libération des substances actives.
  • Température et eau : Une température minimale du sol (au-dessus de 15°C) et une humidité suffisante sont nécessaires pour la transformation chimique.
  • Enfouissement : Le tassement du sol après enfouissement est crucial pour limiter la volatilisation trop rapide des gaz.

Limites et recommandations

  • Non-spécificité : L’action est large et peut nuire également à la microfaune bénéfique (vers de terre, champignons comme Trichoderma).
  • Homologation : Attention au statut des produits de biofumigation commercialisés, qui ne sont pas toujours homologués comme produits phytosanitaires.
  • Intégration en rotation : La biofumigation diminue la pression des pathogènes (ex: verticiliose), mais ne constitue pas une “baguette magique”. Elle doit être envisagée sur le long terme.
  • Qualité des semences : Il est impératif d’utiliser des lots certifiés et de réaliser des tests de germination, car la compétitivité du couvert peut être compromise par un mauvais taux de levée.

En conclusion, ces deux techniques constituent des leviers agronomiques précieux mais complexes. L’approche doit rester raisonnée, intégrée à la rotation et adaptée aux spécificités locales de chaque exploitation.