Table ronde finale, animée par Raymond Reau – INRAE
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Pour en savoir plus sur le Comifer : https://comifer.asso.fr/evenements/#rencontres-cg Pour voir tout les Actes de la JT 2024 : https://comifer.asso.fr/actes-des-journees-thematiques-2024/ 1er février 2024 : Journée Thématique du Comifer organisée au FIAP Jean Monnet (Paris 14è) sur le thème « Quelles pratiques de fertilisation pour accompagner la diversité des systèmes de culture ? » Autour d’un programme construit en 3 parties : - État des lieux sur la diversité des pratiques de fertilisation - Premiers enseignements pour la gestion de la fertilisation tirés de dispositifs expérimentaux mobilisant des leviers agroécologiques - Nouvelles mesures, méthodes et indicateurs pour raisonner la fertilisation face à la diversité des systèmes de culture Cette JT présente et analyse la capacité des méthodes actuelles de raisonnement de la fertilisation à couvrir la diversité des systèmes de culture existant et propose, sur la base de résultats d'essais, des évolutions de méthodes et d'outils afin de répondre aux besoins de la profession.
Table ronde finale et conclusions
La table ronde, animée par Raymond Reau (INRAE), a permis de réunir trois experts et agriculteurs : Loïc, Frédéric Thomas et Bertrand. Ces derniers partagent une approche intégrée de l’agronomie, combinant expérimentation, conseil et pratique agricole. L’objectif était d’ouvrir le débat sur l’évolution nécessaire des pratiques de fertilisation et le rôle du COMIFER face aux nouveaux enjeux agroécologiques.
Vers une vision globale de la fertilité des sols
Le constat initial est que la fertilisation ne peut plus être abordée uniquement sous l’angle de l’apport d’engrais de synthèse (azote, phosphore, potasse). Les demandes actuelles poussent à une réflexion plus large sur :
- La gestion des éléments nutritifs dans toutes leurs formes (disponibles et organiques).
- La dynamique des sols, incluant l’activité biologique, la structure et la capacité de stockage de l’eau.
- L’approche système : les couverts végétaux, les rotations et la gestion des bioagresseurs sont indissociables d’une fertilisation raisonnée.
Priorités des systèmes agricoles
Les intervenants ont souligné que si l’alimentation des cultures reste la priorité pour assurer la production, d’autres enjeux deviennent critiques :
- Qualité de l’eau : limiter les fuites de nitrates et la pollution liée à la minéralisation automnale.
- Atténuation du changement climatique : stockage de carbone dans les sols et réduction de l’empreinte carbone (via une meilleure efficience azotée).
- Biodiversité et autonomie : réduire la dépendance aux intrants extérieurs.
Les intervenants ont insisté sur le fait que la “précision” à tout prix peut parfois être un piège si elle occulte les variables biologiques et climatiques. La réussite réside dans une approche systémique où les performances agronomiques, économiques et environnementales sont co-construites.
Le rôle du COMIFER et des références agronomiques
Le débat a mis en évidence le besoin de faire évoluer le COMIFER vers des problématiques plus transversales :
- Intégration des associations de cultures : une voie prometteuse pour optimiser l’alimentation des plantes et limiter les pressions parasitaires.
- Diagnostics de minéralisation : il est nécessaire de développer des outils permettant de mieux piloter la fertilité biologique, plutôt que de se focaliser uniquement sur des bilans minéraux simplistes.
- Reconnaissance de la diversité : Il n’existe pas un modèle d’agriculture unique. Le succès repose sur la capacité à être performant au sein de chaque système (Bio, Conservation des sols, Agriculture intégrée) et sur l’hybridation des pratiques.
Conclusion de la journée
Raymond Reau a conclu en rappelant l’importance de maintenir l’exigence scientifique à travers des essais de longue durée, tout en soulignant le besoin de nouveaux essais “transversaux”. Ces derniers doivent répondre aux attentes actuelles des professionnels en matière de durabilité.
Il a salué le travail de collaboration entre chercheurs, instituts techniques et agriculteurs, et a encouragé le public à s’impliquer davantage dans les groupes de travail du COMIFER. L’enjeu est de transformer les résultats de recherche en solutions concrètes pour le terrain, en acceptant la complexité et la diversité des situations locales.