Mettre en place des couverts végétaux hivernaux en interrang de lavandin

Le GIEE Essen‘Sol a mis en place depuis 2020 des essais de couverts végétaux en inter-rang de leurs parcelles de lavandin. Après 6 années d’essais, il est l’heure du bilan !
Il existe plusieurs types de couverts végétaux inter-rangs en lavanderaie :
· Les couverts naturels se développent spontanément à partir de la flore présente. Ils sont permanents (non détruits sur plusieurs années).
· Les couverts semés sont annuels : semés puis détruits après une saison (en été ou hiver).
Les essais mis en place par le GIEE Essen’Sol concernent des couverts semés : le couvert est implanté sur environ 60 cm de largeur dans l’inter-rang, afin d’assurer une couverture importante du sol tout en évitant qu’il ne se développe trop proche du pied des plants de lavandin (problématique de désherbage et de concurrence).
Les avantages des couverts végétaux en inter-rang
Amélioration de la fertilité du sol
· Restitution de matière organique
· Amélioration de la capacité d’échange cationique
· Optimisation de la fertilisation par la captation des reliquats azotés pour limiter les pertes
Bénéfices pour la biodiversité et le sol
· Création d’un écosystème favorable aux auxiliaires de culture
· Amélioration de la vie du sol
· Stimulation de la poussée racinaire des jeunes plants de lavandin, qui peuvent aller chercher l’eau plus profondément, notamment avec des couverts estivaux
· Réduction de l’érosion du sol (lorsque le couvert est vivant)
Gestion des adventices et des ravageurs
· Réduction de la pression des adventices grâce à la concurrence et à la couverture du sol
· Réduction du vol des cicadelles, vectrices du phytoplasme, avec des couverts présents l’été
· Réduction des impacts des ravageurs comme la cécidomyie.
Itinéraires techniques culturaux des couverts en inter-rang de lavanderaie

Implantation de couverts végétaux estivaux
Les couverts estivaux sont semés en hiver, dès la plantation du lavandin, afin d’assurer une couverture immédiate du sol. Dans la majorité des cas, ce sont des céréales qui sont utilisées.
Les essais d’implantation de triticale montrent une réduction significative de la pression des adventices, ce qui diminue d’autant le besoin en passages de bineuse ou en traitements herbicides. Par ailleurs, en créant une barrière physique pendant la période de vol de la cicadelle, le couvert estival limite la propagation du phytoplasme de Stolbur, et donc le dépérissement du lavandin (résultats d’essais menés par le CRIEPPAM).
Implantation de couverts végétaux hivernaux
Choix des espèces
Chaque espèce possède des caractéristiques agronomiques spécifiques qui permettent de répondre à différents objectifs : amélioration de la structure du sol, limitation des adventices, apport de matière organique ou encore gestion de l’azote.

Les Crucifères ou Brassicacées :
Les Brassicacées, comme la moutarde, se développent rapidement et ont une forte capacité de couverture du sol. Elles limitent ainsi le développement des adventices grâce à une levée rapide et à une occupation importante de l’espace.
Ces espèces produisent également une biomasse riche en azote et jouent un rôle de piège à nitrates lorsque qu’il y a des résidus d’azote de culture dans le sol. Elles limitent les pertes par lessivage tout en assurant une bonne protection du sol.

Les Graminées ou Poacées :
Les Poacées, comme le seigle, possèdent un système racinaire fasciculé très développé qui favorise la structuration du sol, sa décompaction et sa fissuration en profondeur. Leur rapport carbone/azote (C/N) élevé, favorise l’apport de matière organique stable.
Les Légumineuses ou Fabacées :
Les Fabacées telles que la vesce ou le pois réalisent une symbiose avec des bactéries présentes dans des nodosités au niveau des racines. Ces bactéries sont capables de fixer l’azote atmosphérique et de le rendre disponible pour la plante. Elles sont donc riches en azote et le restituent en partie au sol et à la culture suivante.
Semis du couvert
Le semis doit être réalisé le plus tôt possible après la récolte du lavandin : à partir de la mi-août et au plus tard jusqu’à la mi-septembre (recommandations pour les exploitations situées sur le plateau de Valensole).
Si le semis ne peut être réalisé assez tôt, il vaut mieux garder les semences pour l’année d’après car les risques de mauvais développement sont très élevés.

Points importants lors du semis :
· L’inter-rang doit être désherbé. Un binage peu de temps avant le semis permet d’ameublir le sol afin de créer un lit de semence favorable à la germination.
· Semis à une profondeur de 2-3 cm pour un mélange diversifié.
· Pour assurer le contact sol-graine il faut que la terre soit suffisamment rappuyée derrière la ligne de semis. En fonction de l’outil utilisé, des chaines ou des roues de rappuie indépendantes sont efficaces.
· Le contrôle de la densité de semis est important pour qu’il y ait une bonne levée et une bonne couverture du sol.
Outils pour le semis et la préparation du lit de semence :
· Une bineuse pour désherber et avoir un lit de semence favorable à la germination
· Un semoir :
- Sur les jeunes plantations, un semoir à blé classique dont on retire les disques au niveau du rang peut suffire
- Sur des plants plus grands, une bineuse modifiée avec une trémie de type Delimbe (penser à mettre un système de rappuyage des lignes de semis)
Entretien du couvert

Le couvert hivernal ne nécessite pas d’intervention durant l’hiver, sauf s’il devient trop haut et dense, ou qu’au contraire il ne s’est pas bien développé et ne couvre pas suffisamment le sol, laissant place aux adventices.
Méthodes d’intervention en cas de fort développement :
· Broyage à 20-30 cm de hauteur, attention à ne pas broyer trop bas pour que le couvert puisse reprendre en fin d’hiver.
· Roulage avec un rouleau hacheur (cassage des tiges ligneuses).
· Désherbage dans le rang (binage ou chimique).
Outils :
· Broyeur spécifique pour inter-rang de lavandin, ou broyeur classique si jeunes plants.
· Bineuse pour travailler uniquement le rang de lavandin (matériel auto-construit ou bineuse modifiée).
· Pulvérisateur réglé pour l’inter-rang ou le rang (en fonction du désherbage nécessaire).
Destruction du couvert
La méthode de destruction du couvert végétal dépend des objectifs et du niveau de développement du couvert, ainsi que du matériel disponible :


Mécanique :
Réalisée par un ou deux passages de bineuse dans l’inter-rang précédé d’un broyage. Cela permet une incorporation de la biomasse sur les 10 premiers cm qui favorise sa minéralisation.
Chimique :
Avec un pulvérisateur modifié permettant de traiter uniquement le rang ciblé, sans dérive sur les plants de lavandin. Une attention particulière doit être portée au choix du produit et au dosage appliqué afin de limiter au maximum les risques de phytotoxicité sur la culture.
NB : même ciblé sur le rang de lavandin, le désherbant peut impacter la survie du couvert (dérive).
Pâturage :
Le pâturage constitue une alternative intéressante pour détruire ou réguler le couvert végétal. Il nécessite une bonne maîtrise technique du berger ou de l’éleveur.
Après le pâturage, un passage de bineuse peut être nécessaire afin de détruire ce qui n’aura pas été mangé.
Cette pratique présente plusieurs avantages : réduction du nombre de passages de tracteur et valorisation du couvert comme ressource alimentaire pour les animaux.
Choix de la date de destruction :
Un compromis est à trouver entre maximisation de la biomasse du couvert (destruction tardive) et maximisation du rendement du lavandin (destruction plutôt précoce) – voir résultats des essais sur l’optimisation de la date de destruction ci-dessous.
Si le couvert est détruit tôt :
La concurrence pour l’eau et les éléments minéraux sera moins forte au moment de la reprise végétative du lavandin. La minéralisation du couvert broyé sera plus rapide, ce qui permettra une disponibilité accrue en minéraux au début de la reprise végétative.
Si le couvert est laissé longtemps, il protègera plus longtemps le sol de l’érosion et produira davantage de biomasse, ce qui se traduira par une plus grande restitution de matière organique.
Résultats d'essais
Les données enregistrées entre 2023 et 2026 sont issues des travaux du projet CASDAR COUVIVER, qui vise au développement des couverts végétaux hivernaux en lavanderaie. Il est piloté par le CRIEPPAM et ses partenaires Agribi04, les Chambres d’agriculture des Alpes de Haute-Provence, de la Drôme et du Vaucluse, le GIEE Essen’Sol et le Parc naturel régional du Verdon, avec le soutien financier du CIHEF et du ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire. Les données de 2020 à 2023 ont quant à elles été récoltées dans le cadre des travaux du GIEE.
Approvisionnement en semences
L’achat des semences est l’un des postes principaux de dépenses dans l’implantation de couverts végétaux hivernaux. Les semences utilisées dans les essais menés par le GIEE Essen’Sol sont pour la plupart fournies par le Fonds de dotation pour la Sauvegarde du Patrimoine de la Lavande en Provence (SPLP). Un projet de création de mélanges de semences pour couvert végétaux, lancé en 2020 par le Fonds SPLP, vise en effet à fournir aux lavandiculteurs des semences adaptées pour couverts végétaux hivernaux en lavanderaie. Un mélange est donc élaboré chaque année, des tarifs avantageux de 20 € HT/sac (au lieu de 70€) à partir du 2ᵉ sac (1er sac offert) et un accompagnement technique (CRIEPPAM, Chambres d’Agriculture, Agribio04 et Parc naturel régional du Verdon) sont proposés pour optimiser les semis et la gestion des couverts.
Les autres mélanges testés sont issus de semences fermières ou achetées séparément auprès de semenciers.
Optimisation de la date de destruction du couvert
L’expérimentation réalisée dans le cadre du projet COUVIVER vise à mesurer l’impact des dates de destruction sur :
· La concurrence directe avec le lavandin
· Le développement de la culture et le rendement
· Les effets sur le sol, notamment la restitution de matière organique et d’azote.
Trois dates de destruction ont été retenues pour les essais :
· Destruction précoce : début février
· Destruction classique : courant mars
· Destruction tardive : mi-avril La composition du couvert utilisé pour cet essai est le mélange du Fonds SPLP :


Rendement du lavandin en fonction de la date de destruction du couvert

Lors des campagnes 2024 et 2025, le CRIEPPAM a mené des analyses de rendement du lavandin en fonction des différentes dates de destruction des couverts implantés sur deux parcelles d’essais (couverte avec le mélange SPLP).
D’après les résultats de l’essai portant sur 2 parcelles et 2 années,
- Le fait de détruire le couvert précocement (début février) entraîne une nette augmentation du rendement du lavandin par rapport au témoin sol nu, de 16% en moyenne.
- Avec une date de destruction classique, le rendement augmente aussi en comparaison d’un sol non couvert (témoin sol nu), de 5% en moyenne.
- En détruisant tardivement le rendement va par contre chuter par rapport à un témoin sol nu (-6%).
Selon les objectifs recherchés, la date de destruction peut donc être adaptée sans risque majeur d’impacter le rendement du lavandin.

Biomasses produites par les couverts
Pour évaluer la restitution de la biomasse des couverts, des prélèvements ont été effectués en trois points distincts (quadrats) par modalité. Les échantillons ont ensuite été placés dans une étuve afin d’obtenir leur poids en matière sèche. Chaque espèce présente dans les prélèvements a été séparée et pesée individuellement.
Les résultats de la biomasse restituée présentés par la suite sont calculés pour des parcelles dont la surface des inter-rangs couverts, donc 1/3 de la surface des parcelles. Les résultats à l’hectare peuvent donc être multipliés par trois si on souhaite comparer la biomasse à celle d’un couvert semé « à plein ».
Biomasse restituée en fonction de la date de destruction

Ce graphique présente les moyennes des restitutions de biomasse en tonnes/ha pour les deux parcelles d’essai en fonction des dates de destruction précoce (début février), classique (mars) et tardive (avril), en 2024, 2025 et 2026. NB : selon les années toutes les estimations de biomasses n’ont pas pu être prélevées à temps pour les trois dates de destruction.
On constate que plus la date de destruction est tardive, plus il y a de biomasse produite par le couvert (augmentation d’un facteur 2 entre une destruction classique et tardive en 2024 et 2025), sauf en 2026 : dans ce cas la diminution de biomasse entre les destructions précoces et tardives s’explique par un broyage de gestion entre les deux prélèvements, qui s’explique par une biomasse plus développée en fin d’hiver qu’à la même période les années précédentes.
Éléments restitués au sol et au lavandin en fonction de la date de destruction

Les données des dates de destruction « avant gel » sont issues des prélèvements réalisés en novembre ou décembre, les autres données sont recueillies juste avant la date de destruction indiquée.
- Afin d’estimer le potentiel maximal de restitution des couverts, les calculs ont été réalisés avec la méthode MERCI en retenant, pour chaque espèce, la valeur de biomasse la plus élevée observée entre le prélèvement avant gel et celui effectué au printemps. Cette méthode permet de prendre en compte les différences de comportement des espèces face aux conditions hivernales.
- Par exemple : lorsqu’une espèce automnale gèle et ne reprend pas son développement après l’hiver, c’est la valeur de la biomasse produite à l’automne qui est conservée. À l’inverse, lorsqu’une espèce printanière produit surtout sa biomasse au printemps, c’est la valeur de biomasse produite à cette période qui est retenue. Avec cette méthode on peut donc estimer plus fidèlement la biomasse totale produite et le potentiel de restitution associé, sans négliger la biomasse des espèces gélives.
Ces résultats mettent bien en valeur l’intérêt de la présence de couverts pour atténuer le lessivage de l’azote puisque 20 à 30 kg d’azote sont piégés à l’hectare. Cet azote, et l’azote fixé par les Fabacées, est potentiellement disponible après destruction du couvert pour compléter la nutrition de la culture principale, le lavandin.
Optimisation du choix des espèces
Plusieurs mélanges d’espèces ont été semés dans ces essais, afin de de distinguer les mélanges les plus adaptés aux conditions pédoclimatiques et aux objectifs agronomiques.
Tableaux des mélanges utilisés dans les essais par année :
| Campagnes culturales | Nom du mélange / familles | Crucifères | Poacées | Légumineuses | Autres | Biomasse sèche (Tonne/ ha) | Date de prélèvement |
| 2021-2022 | SPLP 2021 | Moutarde brune | Seigle fourrager | Ers Féverole Vesce printemps Vesce hiver Pois fourrager | Tournesol | 0,41 | Novembre |
| 1,48 | Mai | ||||||
| Maison (Vincent) | Radis chinois Moutarde d’Abyssinie | Triticale Avoine | Pois et vesce de printemps Féverole | Tournesol | 0,34 | Novembre | |
| 2022-2023 | Maison (Envalenc) | Radis | Avoine | Pois Trèfle | 2,27 | Novembre | |
| SPLP 2022 | Moutarde Radis | Seigle fourrager | Pois fourrager Ers Vesce | 0,22 | Novembre | ||
| 2023-2024 | SPLP 2023 | Moutarde Radis | Pois fourrager Ers Vesce | 0,66 | Novembre-Décembre | ||
| 0,89 | Mars-Avril | ||||||
| Agromax | Radis | Seigle | Vesce d'hiver Vesce velue | 0,24 | Mars-Avril | ||
| Vincent-Denis | Moutarde Radis | Seigle | Pois Vesce | Phacélie | 0,39 | Avril | |
| IUT 3 et 5 | Moutarde Radis | Vesce Ers | Phacélie | 0 | |||
| Tutti Frutti | Moutarde | Blé | Féverole Ers Lentille Fenugrec | Coriandre | 0,39 | Avril | |
| 2024-2025 | SPLP 2024 | Moutarde blanche Radis | Avoine | Pois fourrager Vesce | 1,1 | Novembre | |
| 0,26 | Février | ||||||
| 0,56 | Mars | ||||||
| 0,88 | Avril | ||||||
| CRIEPPAM | Moutarde Colza | Vesce Pois Gesse | 0,67 | Novembre | |||
| 0,32 | Mars | ||||||
| Vincent-Denis | Moutarde Radis | Avoine | Vesce pourpre Vesce commune Ers Pois | 0,33 | Mars | ||
| moutarde d'Abyssinie | moutarde d'Abyssinie | 0,34 | Mars | ||||
| 2025-2026 | SPLP 2025 | Moutarde blanche Radis | Avoine | Pois fourrager Vesce Lentille | 0,84 | Novembre | |
| 0,8 | Février | ||||||
| 0,26 | Mars | ||||||
| Fermier Envalenc | Radis Moutarde | Ers | 1,25 | Novembre | |||
| 1,1 | Janvier | ||||||
| Fermier Fabres | Avoine | Ers Vesce | 0,21 | Novembre | |||
| 0,4 | Février | ||||||
| Diversifié | Radis Moutarde | Ers Gesse Pois | Tournesol | 0,92 | Novembre | ||
| 0,9 | Janvier | ||||||
| Légumineuses | Moutarde | Ers Gesse Vesce | 0,42 | Novembre | |||
| 0,4 | Février |
Biomasse restituée en fonction des espèces



En 2026, le mélange Fermier Envalenc (radis, moutarde, ers) a produit plus de biomasse en janvier que le mélange fermier Fabres (avoine, ers, vesce) en février malgré que ce dernier ait eu un mois de développement supplémentaire, les Brassicacées (radis, moutarde) produisant davantage de biomasse que l’avoine et la vesce.
De manière générale, on observe une tendance à une plus forte production de biomasse sur les couverts diversifiés (« mélange diversifié », « mélange fermier », « mélange SPLP ») dont l’une des espèces est la moutarde blanche, espèce qui produit beaucoup de biomasse à l’automne.

Ce graphique montre la biomasse sèche produite par le mélange SPLP en fonction des années (voir composition des mélanges SPLP dans le tableau plus haut), sur toutes les parcelles d’essai (variables selon les années). Les résultats mettent en évidence la variabilité de la production de biomasse selon les années, mais aussi selon la période (fin d’hiver ou printemps). Cette variabilité est liée aux conditions pédoclimatiques (fertilité de la parcelle, pluviométrie, températures, etc.), à la date de semis ainsi qu’à la composition du mélange (qui évolue un peu chaque année, cf tableau). Il peut aussi y avoir eu un broyage à la sortie de l’hiver pour ralentir le couvert et qu’il soit plus facile de le détruire, ce qui limite ensuite la biomasse printanière.
Eléments restitués au sol et au lavandin en fonction des espèces

Les mélanges « diversifié », « fermier », « SPLP » et « maison » restituent une quantité plus importante des éléments captés lors de leur développement, notamment la potasse, par rapport aux autres mélanges. Ces mélanges correspondent à des associations diversifiées, composées de nombreuses familles y compris des légumineuses.
En revanche, les mélanges qui restituent moins d’éléments sont des mélanges peu diversifiés, composés soit d’une seule espèce, soit de plusieurs espèces mais avec l’absence d’une famille végétale.
Impact des couverts hivernaux sur la fertilité du sol : retour d'analyses
Des prélèvements de terre ont été analysées en laboratoire sur 7 parcelles de lavandin ayant eu entre 2 et 5 années de couverts entre 2021 et 2026.
Moyenne des taux de matière organique sur les 7 parcelles de l’essai, en 2021 (avant mise en place de couverts) et 2026 (après 2 à 5 années de couverts hivernaux)
| Date de prélèvement | 2021 | 2026 |
| Modalité | Témoin | Couvert |
| MO totale (% de sol) | 2,24 | 2,53 |
| MO liée (% de sol) | 1,88 | 1,98 |
| MO libre (% de sol) | 0,36 | 0,54 |
Après 5 ans d’essais, la teneur en matière organique totale a augmenté de 0,29 % en moyenne, ce qui souligne l’impact favorable des couverts végétaux sur la fertilité du sol grâce à l’accumulation de matière organique. En effet, en l’absence de couverts et d’apports de matière organiques (composts, etc.) le taux de matière organique des parcelles de lavandin a habituellement tendance à s’éroder. Les taux de matière organique mesurés restent dans la moyenne des sols du plateau.
La MO liée a légèrement augmenté, ce qui indique une meilleure stabilisation de la matière organique dans le sol qui va influer sur la texture du sol et sur le long terme restituer des nutriments à la culture. La MO libre a augmenté de manière plus marquée : cette fraction, plus accessible aux micro-organismes, peut contribuer à une disponibilité accrue des nutriments pour les plantes.
Ces résultats confirment l’intérêt que les couverts végétaux jouent dans l’enrichissement du sol en matière organique, même sur une période relativement courte (2 à 5 ans). Cette pratique pourrait donc être intégrée dans les stratégies de gestion durable des parcelles de lavandin pour préserver et améliorer la qualité des sols à long terme.
Comparaison des effets de 2 ans et 5 ans de couverts végétaux sur le taux de MO du sol
On observe que la parcelle qui a connu cinq hivers avec des couverts a eu une augmentation du taux de MO plus tranchée sur les trois autres parcelles, ce qui souligne l’intérêt de mettre en place cette pratique sur le long terme, car, en plus de restituer de la matière organique, ils permettent également de protéger le sol, d’améliorer sa structure, de favoriser la biodiversité et de limiter le développement des adventices, etc.

Cas concret : effet de l’implantation de couverts et d’apports de matières organiques compostées sur une parcelle expérimentale


Le taux de MO a augmenté entre 2021 et 2026 sur les deux modalités (couverts et compost). En revanche, pour la modalité témoin (sans apport), le taux de MO a diminué. D’après ces analyses il semble que les pratiques d’apport de couvert et de compost améliorent la qualité du sol après seulement quelques années (5 ans), ce qui est plutôt rapide !
Conclusions
Les couverts on des impacts bénéfiques sur la protection et la fertilité du sol, et sur la biodiversité. Avec un bon accompagnement (itinéraires techniques, aide financière, groupement de matériels etc.) ils deviennent peu contraignants à implanter et gérer, et n’impactent pas la rentabilité économique de la culture à court terme, et permettent à long terme de préserver le capital sol de l’exploitation agricole.

La responsabilité du Ministère en charge de l'agriculture ne saurait être engagée.