Faire évoluer son HORSCH Sprinter en semoir à dents de semis direct - Julien SENEZ

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Dans cette vidéo, Julien Senez présente l’évolution de son HORSCH Sprinter, un semoir initialement non conçu pour le semis direct, mais qu’il a transformé pour répondre à cet usage. Importé de Roumanie puis entièrement remis en état, le semoir a été équipé de pointes fines de 12 mm, capables d’écarter les résidus, de limiter le flux de terre et de positionner la graine dans un sillon propre, avec de la terre fine et de l’humidité. Julien détaille l’adaptation des dents, le coût des pièces, ainsi que les résultats observés après plusieurs années de semis direct : meilleure régularité d’implantation, notamment dans les pailles et les couverts d’été, et excellente qualité de sillon, même en sols argileux. L’investissement total, réalisé à trois exploitations, s’élève à environ 40 000 €. Selon lui, ce choix est rapidement rentable grâce à la suppression de plusieurs passages de travail du sol et constitue une réponse stratégique face au changement climatique.

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Résumé
Dans cette vidéo, Julien Senez présente l’évolution de son HORSCH Sprinter, un semoir initialement non conçu pour le semis direct, mais qu’il a transformé pour répondre à cet usage. Importé de Roumanie puis entièrement remis en état, le semoir a été équipé de pointes fines de 12 mm, capables d’écarter les résidus, de limiter le flux de terre et de positionner la graine dans un sillon propre, avec de la terre fine et de l’humidité.

Julien détaille l’adaptation des dents, le coût des pièces, ainsi que les résultats observés après plusieurs années de semis direct : meilleure régularité d’implantation, notamment dans les pailles et les couverts d’été, et excellente qualité de sillon, même en sols argileux.

L’investissement total, réalisé à trois exploitations, s’élève à environ 40 000 €. Selon lui, ce choix est rapidement rentable grâce à la suppression de plusieurs passages de travail du sol et constitue une réponse stratégique face au changement climatique.

Vidéo remise en ligne avec l'aimable autorisation de Julien SENEZ

Pour plus d'informations, nous vous recommandons vivement de vous rendre sur son site web : https://www.kiwiagronomy.fr/



Présentation du HORSCH Sprinter adapté au semis direct

Julien Senez présente ici l’utilisation d’un HORSCH Sprinter modifié pour faire du semis direct à dents. Au moment de la vidéo, l’outil est utilisé pour terminer les semis de couverts.

Le semoir a été importé de Roumanie, puis entièrement remis en état. Il a ensuite été modifié avec des pointes fines afin de pouvoir travailler efficacement en semis direct.

Julien Senez explique que, à l’origine, le Sprinter n’a pas été conçu pour faire du semis direct. Pourtant, il s’avère être un outil particulièrement performant dans cet usage, notamment grâce à sa dent très robuste, capable de fournir une forte pénétration dans le sol.

L’idée a donc été de détourner l’outil de son usage initial :

  • en retirant les pointes historiques HORSCH ;
  • en les remplaçant par des pointes fines ;
  • afin de mieux passer dans les pailles ;
  • d’écarter les résidus végétaux ;
  • et de positionner la graine dans un environnement jugé très sain.

Selon lui, cela permet d’obtenir une qualité d’implantation particulièrement intéressante.

Description de la dent et de l’adaptation réalisée

Sous le semoir, Julien Senez montre en détail l’adaptation mise en place sur la dent.

La pointe utilisée est une pointe très fine, d’une largeur de 12 mm. L’ensemble se compose :

  • d’un coutre,
  • d’une pointe interchangeable,
  • et d’un tube de descente très fin qui suit au plus près la dent.

Derrière, comme il s’agit d’un semoir équipé pour la fertilisation solide, on trouve aussi un second tube de descente. Le montage comprend un Y de connexion avec des déflecteurs d’air. Julien Senez précise que ces petites rainures permettent de décompresser l’air et de limiter l’excès d’air en sortie.

Cette pièce est une pièce HORSCH. On distingue alors :

  • la semence à l’avant ;
  • l’engrais à l’arrière.

L’un des avantages de ce montage est que les pièces d’usure sont simples à remplacer. On peut notamment ne changer que la pointe de la dent. Ces pointes sont décrites comme très robustes, capables de bien passer dans les cailloux, tout en provoquant très peu de déplacement de terre.

Qualité du sillon obtenue

Julien Senez insiste sur la forme du sillon créé par cette dent fine. Selon lui, cela produit un petit V, comparable à ce que l’on retrouve sur des semoirs monograines, comme les semoirs à maïs ou à betteraves.

La graine vient alors se placer au fond de ce V. Au-dessus, on retrouve un environnement avec de la terre fine, ce qui favorise une bonne implantation.

Il considère que, dans les pailles, ce système à dents est supérieur aux disques pour réussir les implantations d’été. Pour lui, la dent est dans ce contexte un outil particulièrement adapté.

Coût d’une dent étroite

Julien Senez donne ensuite le détail du coût de cette adaptation.

Le coût d’une dent étroite est d’environ 240 € par dent.

Dans cette configuration, on retrouve deux éléments essentiels :

  • le Y de connexion HORSCH, pour environ 50 € HT ;
  • l’ensemble de la dent, provenant de chez McFarlane (transcription incertaine sur le nom exact du fournisseur), pour environ 90 € HT.

Cet ensemble de dent se décompose lui-même en trois parties :

  • le support de pointe : environ 30 € ;
  • la pointe : environ 50 € ;
  • le tube de descente arrière : environ 10 €.

Julien Senez précise également que le Y avec déflecteurs d’air permet de travailler avec beaucoup d’air, avec une turbine tournant entre 3 000 et 4 000 tours/minute, tout en gardant un débit d’air régulier au niveau de la descente.

État du sol après plusieurs années de semis direct

La vidéo montre aussi la qualité de la terre après huit ans de semis direct.

Julien Senez indique qu’ils ont reçu environ 20 mm d’eau auparavant. Malgré des conditions redevenues séchantes, avec des températures autour de 25 °C, il observe que :

  • la paille est toujours présente en surface ;
  • le sol n’a pas été bouleversé ;
  • seul un léger flux de terre est visible au passage de la dent ;
  • on retrouve rapidement de la terre fine ;
  • l’humidité est toujours présente.

Il montre également les graines implantées à environ 2 à 2,5 cm de profondeur.

Le point qu’il juge remarquable est d’obtenir de la terre fine dans des terres très argileuses, avec 35 à 40 % d’argile. Pour lui, le résultat est particulièrement satisfaisant.

Exemple dans une parcelle de sarrasin

Julien Senez présente ensuite une parcelle de sarrasin implantée directement dans les chaumes avec le Sprinter.

Ce qu’il met en avant, c’est la régularité d’implantation. Aucun travail préalable n’avait été réalisé. Les résidus étaient encore présents en quantité, avec beaucoup de pailles en surface. Malgré cela, le Sprinter est passé avec une grande régularité.

Il souligne à nouveau l’importance de créer de la terre fine sur la ligne de semis, tout en conservant un dessus très propre.

Pour lui, le comportement du semoir dans ces conditions est très impressionnant et encourageant pour la suite.

Coût total du semoir

Julien Senez détaille ensuite le coût global de l’investissement.

Le Sprinter est revenu à environ 40 000 €.

Le détail donné est le suivant :

  • achat du semoir en Europe de l’Est : 24 500 € ;
  • transport : 3 000 € ;
  • soit un peu moins de 28 000 € rendu à la ferme.

Le semoir n’était pas en parfait état. Il s’agissait d’un modèle de 2012 ayant déjà beaucoup travaillé. Une remise en état importante a donc été réalisée, pour un budget d’environ 7 000 €. Cette remise en état a porté sur :

  • les trains de pneus ;
  • les roulements ;
  • des bâtis vrillés qui ont été redressés ;
  • les tuyaux de descente, remplacés par des tuyaux transparents ;
  • et, plus généralement, une remise à niveau quasi complète du semoir.

Après cette remise en état, le coût atteignait environ 33 000 €.

À cela se sont ajoutés environ 6 000 € de pointes fines, soit environ 140 € x 24 dents.

D’autres postes se sont ajoutés, notamment la mise du semoir en Isobus afin de simplifier son utilisation avec différents tracteurs.

Organisation de l’investissement

L’investissement a été réalisé par trois associés, représentant au total environ 750 hectares.

Chaque été, le groupe a entre 350 et 450 hectares à implanter.

Julien Senez reconnaît qu’il s’agit d’un investissement conséquent, mais il explique que la surface travaillée permet d’absorber cet achat. Il considère même que c’est l’outil qui présente le plus fort retour sur investissement sur leurs fermes.

Retour sur investissement estimé

Le retour sur investissement a été estimé à deux ans.

Le raisonnement présenté est le suivant : auparavant, sur environ 400 hectares, il fallait réaliser du travail du sol, avec un à un passage et demi. Le coût de ce travail du sol est estimé à environ 50 €/ha.

Le calcul donné est donc :

  • 400 ha x 50 €/ha = 20 000 € de charges.

Avec l’implantation directe dans les chaumes grâce au semoir à dents, ces coûts de travail du sol sont supprimés.

Ainsi :

  • 40 000 € d’investissement / 20 000 € d’économies annuelles = 2 ans de retour sur investissement.

Intérêt stratégique face au changement climatique

Au-delà de l’aspect économique, Julien Senez insiste sur le caractère stratégique de cet investissement dans le contexte du changement climatique.

Il décrit deux phénomènes principaux.

Des couverts d’été plus difficiles à implanter

Le premier phénomène est la difficulté croissante à implanter les couverts en été, en raison d’un manque d’humidité résiduelle à la surface du sol.

Le fait de semer dans un matelas de paille permet de :

  • mieux conserver l’humidité ;
  • et de limiter le dessèchement du sol.

Une dégradation plus lente des pailles

Le second phénomène est que les pailles se dégradent moins bien. À l’automne, lors des semis sous couvert, il reste donc souvent des résidus insuffisamment décomposés.

Si ces résidus ne sont pas bien gérés, plusieurs difficultés apparaissent :

  • augmentation des problèmes de ravageurs ou de limaces ;
  • paille embarquée dans le sillon ;
  • implantation moins régulière des cultures d’automne.

Julien Senez cite ici notamment :

  • les blés ;
  • les escourgeons ;
  • les pois ;
  • les féveroles.

Dans des automnes secs, avec peu de dégradation des résidus, le semoir à dents permet selon lui :

  • de recréer un peu de terre fine ;
  • d’ouvrir un sillon bien dégagé ;
  • d’écarter les résidus de culture sur quelques centimètres ;
  • de localiser la fertilisation ;
  • et d’obtenir de très bonnes implantations des cultures d’automne.

Conclusion

Pour Julien Senez, ce semoir à dents ouvre de nouvelles possibilités pour faire face aux difficultés actuelles de semis. L’intérêt du HORSCH Sprinter ainsi modifié repose sur plusieurs points :

  • une dent robuste avec une forte capacité de pénétration ;
  • une adaptation en pointes fines adaptée au semis direct ;
  • une bonne gestion des résidus ;
  • la création de terre fine dans le sillon ;
  • une implantation régulière, y compris dans des conditions difficiles ;
  • et une réponse concrète aux contraintes liées au changement climatique.

En résumé, cette adaptation du HORSCH Sprinter en semoir à dents de semis direct est présentée comme un levier à la fois agronomique, technique et économique.