ETRE MAITRE DE LA VENTE DE SES CÉRÉALES, Lydie et Noel Deneuville

De Triple Performance
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Dans cette séquence de la visite du Jardin de Manspach, le maraîcher explique son approche du sol vivant en montrant des zones bâchées ou non bâchées, ainsi que des courgettes cultivées sur CV bâché. Il insiste sur le rôle essentiel des plantes pour réparer naturellement les sols tassés ou compactés, notamment après le passage du tracteur, plutôt que de recourir systématiquement au travail mécanique. Certaines plantes spontanées, parfois envahissantes comme le rumex, sont ainsi vues comme des indicateurs et des outils de régénération. La vidéo aborde aussi le fonctionnement de l’AMAP du jardin : paniers hebdomadaires de différentes tailles, abonnements souples, partage de la récolte et soutien au projet agricole. Enfin, l’intervenant évoque la qualité gustative et nutritive des légumes, en lien avec les pratiques culturales, puis présente les grands principes de la biodynamie. Il précise ne pas être en biodynamie stricte, mais s’inspirer de certaines de ses pratiques.

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Résumé
Dans cette séquence de la visite du Jardin de Manspach, le maraîcher explique son approche du sol vivant en montrant des zones bâchées ou non bâchées, ainsi que des courgettes cultivées sur CV bâché. Il insiste sur le rôle essentiel des plantes pour réparer naturellement les sols tassés ou compactés, notamment après le passage du tracteur, plutôt que de recourir systématiquement au travail mécanique. Certaines plantes spontanées, parfois envahissantes comme le rumex, sont ainsi vues comme des indicateurs et des outils de régénération. La vidéo aborde aussi le fonctionnement de l’AMAP du jardin : paniers hebdomadaires de différentes tailles, abonnements souples, partage de la récolte et soutien au projet agricole. Enfin, l’intervenant évoque la qualité gustative et nutritive des légumes, en lien avec les pratiques culturales, puis présente les grands principes de la biodynamie. Il précise ne pas être en biodynamie stricte, mais s’inspirer de certaines de ses pratiques.

Lydie et Noel Deneuville nous livrent leurs retours sur leur méthode pour gagner en autonomie sur la vente de leurs céréales et oléo-protéagineux.



Gestion du sol et couverture des planches

Ici, une grande partie des planches est bâchée. Le fait de bâcher permet de couvrir le sol, mais cela produit aussi de la matière végétale qui se décompose ensuite. L’idée est que les racines restent au travail dans le sol : elles l’ouvrent, le structurent, et nourrissent toute la vie microbienne. Le sol contient plein de bactéries et d’organismes qui interviennent dans la décomposition des racines et dans la remise en état de la structure.

L’intervenant explique que, dans certaines zones, il y a eu du tassement, notamment à une époque où il travaillait davantage avec le tracteur. Les plantes présentes aujourd’hui participent à corriger cela. Pour lui, les plantes sont de véritables outils : au lieu de se demander seulement s’il faut utiliser une charrue, une herse ou tel autre outil, il faut aussi se demander quelle plante peut accomplir quelle action dans le sol.

La nature met en place spontanément des plantes qui répondent aux problèmes du terrain. Certaines espèces apparaissent précisément là où le sol est compacté ou humide. Il faut donc apprendre à lire cette végétation spontanée, tout en gardant à l’esprit qu’un jardin maraîcher doit aussi rester économiquement viable.

L’exemple du rumex et des plantes indicatrices

L’intervenant cite le rumex comme exemple de plante pouvant devenir envahissante, mais qui joue aussi un rôle de décompactage. Sa présence est interprétée comme un signe de compaction et d’humidité excessive du sol. Dans ce cas, la plante indique un problème, mais elle contribue aussi à y répondre.

Certaines zones du jardin ont ainsi été tassées par le passage du tracteur. Les plantes spontanées qui s’y développent participent à une forme de réparation. Cette approche consiste à observer les plantes non seulement comme des adventices à éliminer, mais aussi comme des indicateurs et parfois comme des auxiliaires de régénération du sol.

Les courgettes sur bâche

Le maraîcher explique avoir mis en place une série de courgettes sur bâche, en réaction à des difficultés rencontrées sur d’autres parcelles. Il avait observé que, dans certains secteurs, les courgettes avaient souffert, notamment à cause des conditions de sol et du contexte climatique. Il a donc tenté une série complètement bâchée.

Cette série a été installée plus tardivement afin de décaler la production. L’objectif est d’étaler les récoltes et de compenser une baisse éventuelle dans une autre zone du jardin. Le bâchage est ici présenté comme une réponse pratique à des contraintes observées sur le terrain.

L’AMAP et l’organisation des paniers

À proximité se trouve l’endroit où sont préparés les paniers. Le soir même, à 17 h 30, les adhérents doivent venir chercher leurs paniers dans le cadre de l’AMAP.

L’AMAP est présentée comme une « association pour le maintien d’une agriculture paysanne ». Il s’agit de paniers hebdomadaires constitués à partir du partage de la récolte entre les adhérents de l’association. Les paniers sont composés uniquement avec les produits du jardin.

Ce fonctionnement a pour objectif de soutenir le projet global du jardin, et notamment ici le développement d’une agriculture sans travail du sol, avec une réflexion sur les effets de ces pratiques.

Tailles des paniers et souplesse du système

Le jardin fournit environ 55 à 60 paniers. Quatre tailles de paniers sont proposées, correspondant à différentes compositions familiales :

  • 5 euros
  • 10 euros
  • 15 euros
  • 20 euros

Le panier à 10 euros correspond en moyenne à deux personnes sur l’année. Les autres formats sont adaptés à des foyers plus petits ou plus grands.

Le système reste relativement souple : si des adhérents partent en vacances, ils peuvent faire récupérer leur panier par quelqu’un d’autre. Exceptionnellement, un panier peut parfois être décalé, dans certaines limites. Cette souplesse fait partie du projet.

En plus des engagements à l’année, il existe aussi des abonnements trimestriels. Dans ce cas, le tarif est un peu plus élevé, car l’engagement est moins fort et le contenu varie selon les saisons. En hiver, les paniers sont moins garnis. Sur une année complète, l’équilibre se fait plus facilement : certaines années ou certaines périodes sont plus productives que d’autres, selon la météo et les aléas du métier.

Qualité des légumes et valeur nutritive

L’intervenant insiste sur le fait que l’AMAP ne garantit pas toujours l’abondance, car il faut accepter les variations de production. En revanche, l’objectif est de proposer des légumes de qualité.

Le travail mené au jardin cherche justement à aller plus loin sur cette question, notamment du point de vue des valeurs nutritionnelles. Il évoque l’idée de faire des relevés et des mesures, car on teste encore rarement de manière précise la qualité nutritive des légumes produits.

Le goût est mentionné comme un indicateur possible. L’intervenant observe une différence sensible entre ses légumes et d’autres légumes, y compris en agriculture biologique. Il cite par exemple les carottes, les navets ou les tomates, dont le goût lui paraît nettement différent.

Cependant, il reste prudent : même si le goût est probablement lié à la valeur nutritive, on ne peut pas l’affirmer sans mesures précises. D’où l’intérêt de comparer, par exemple, deux carottes bio produites dans des contextes différents, pour comprendre ce qui joue : le type de sol, le travail du sol ou non, le mode de fertilisation, les conditions de culture, ou encore le fait qu’une plante se défende davantage dans un certain environnement.

Comparer les pratiques agricoles

Cette réflexion conduit à comparer différentes façons de produire. L’intervenant mentionne plusieurs facteurs susceptibles d’influencer la qualité des légumes :

  • le travail du sol intensif ou non ;
  • le non-travail du sol ;
  • les pratiques de fertilisation ;
  • l’environnement global de culture ;
  • l’approche biodynamique.

L’idée n’est pas seulement d’opposer des systèmes, mais de mieux comprendre ce qui produit tel ou tel résultat, tant sur le goût que sur la qualité nutritionnelle.

Éléments sur la biodynamie

L’intervenant évoque ensuite la biodynamie. Il la présente comme une approche globale de la ferme. Dans cette vision, la ferme est considérée comme un organisme, avec ses différents organes et ses équilibres internes.

La biodynamie valorise particulièrement les systèmes de polyculture-élevage, dans lesquels végétal et animal sont pensés ensemble, dans une logique de cycles et de recyclage. On cherche à faire circuler la fertilité à l’intérieur de la ferme.

À cela s’ajoutent des préparations dites homéopathiques, utilisées pour la régulation des maladies, des nuisibles, et pour soutenir la fertilité du sol.

Enfin, la biodynamie prend aussi en compte des influences cosmiques, par exemple les phases de la lune ou les constellations, qui orienteraient certains moments plus favorables pour semer ou planter, selon le type de culture.

L’intervenant précise que cette dimension peut paraître déroutante, mais qu’elle s’inscrit dans une inspiration plus large, avec un aspect spirituel assumé.

Une pratique inspirée sans être strictement biodynamique

Pour terminer, l’intervenant précise qu’il n’est pas lui-même en biodynamie sur ce jardin. En revanche, il dit pratiquer certaines méthodes inspirées de cette approche. Il y a donc, dans son travail, une ouverture à plusieurs influences, sans adhésion totale à un cadre unique.