Conversation avec Marcel BOUCHE - Des Vers de Terre et des Hommes - 1/7
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Conversation avec Marcel BOUCHE – Des Vers de Terre et des Hommes 1/7
Première partie de la conversation avec Marcel BOUCHE sur les vers de terre.
D’abord jardinier, puis chercheur et directeur de recherche, Marcel BOUCHE, spécialiste mondial des vers de terre, a consacré la majeure partie de sa vie à l’étude de ces animaux.
0:20 = Jeunesse et formation.
30:00 = Darwin, la science et les vers de terre.
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Présentation et contexte de l’entretien
Dans cet extrait de la conversation avec Marcel Bouché, il est d’abord question de sa santé, avec humour autour de la « tuyauterie » sanguine et de l’idée de « déboucher les galeries », image qui renvoie naturellement au travail des vers de terre. Marcel Bouché évoque un accident de santé qui lui a notamment interdit de reprendre l’avion, ce qui a compliqué certains déplacements internationaux.
Cette impossibilité de voyager l’empêche en particulier de se rendre en Chine, à Shanghai, chez l’un de ses anciens élèves et collègues, aujourd’hui devenu une figure importante de la recherche sur les vers de terre. Cet ancien doctorant organise un grand congrès international et travaille à la fondation du premier institut consacré à l’étude des vers de terre, c’est-à-dire à l’oligochétologie ou, plus largement, à la science des vers de terre. Il est également question d’un futur colloque international sur les vers de terre, prévu pour 2018, dont Marcel Bouché pourrait être amené à prendre la présidence, sous réserve de son état de santé.
Un ancien élève chinois devenu spécialiste reconnu
Marcel Bouché raconte l’arrivée dans son laboratoire d’un étudiant chinois, venu au départ pour un stage d’environ dix mois. Lors de leur première rencontre, croyant bien faire, il lui parle en anglais ; mais il s’aperçoit vite que cela ne facilite pas vraiment l’échange. En revanche, il constate immédiatement les qualités de travail de cet étudiant.
Mis devant un microscope et des échantillons, celui-ci se révèle excellent observateur. Il commence par produire une description de vers de terre entièrement en chinois, ce qui, dit Marcel Bouché avec humour, est littéralement « du chinois » pour lui. Mais au-delà de la langue, il voit surtout un chercheur très appliqué, rigoureux et prometteur.
Peu à peu, l’étudiant apprend le français, d’abord de manière hésitante, puis suffisamment bien pour entreprendre une thèse complète dans le laboratoire de Marcel Bouché. Cette thèse, volumineuse, de plusieurs centaines de pages, est finalement rédigée en parfait français. Marcel Bouché précise qu’il n’a eu à intervenir que pour quelques détails de forme. Il souligne d’ailleurs un trait qu’il juge curieux : son élève parlait français sans faire de fautes, mais en commettait encore quelques-unes à l’écrit, ce qu’il relie aux difficultés normales d’une langue comme le français, notamment à cause des articles, absents en chinois.
Publications et travail de systématique
Le travail de cet ancien élève a donné lieu à des publications, en particulier dans le domaine de la systématique, c’est-à-dire de la description et de la classification des espèces. Marcel Bouché explique qu’il disposait déjà, dans ses collections, de nombreux matériaux et d’espèces qu’il n’avait pas eu le temps d’étudier lui-même. Il a donc confié ce « bébé » à son élève, qui a poursuivi ce travail de description.
Ensuite, ils sont partis ensemble en collecte, en France d’abord, puis surtout en Espagne. Marcel Bouché indique qu’au cours d’un seul voyage, ils ont multiplié par trois le nombre d’espèces de vers de terre connues dans ce pays. Il précise toutefois que ce résultat tient aussi au fait qu’il y avait eu jusque-là peu de travaux systématiques de collecte en Espagne.
Il insiste sur ce qu’il considère comme un véritable savoir-faire scientifique : apprendre à collecter partout, mais surtout à savoir où il faut collecter. Cette capacité de terrain a été l’une des grandes forces de son école.
La difficulté de faire carrière en France sur les vers de terre
Marcel Bouché explique qu’il a eu très peu de disciples en France. Il a bien encadré des étudiants ayant réalisé de bonnes thèses, mais ceux-ci, étant français, ne trouvaient pratiquement jamais d’emploi pour continuer à travailler sur les vers de terre.
Selon lui, cela tient au fait que les sujets qu’il proposait étaient des sujets « sérieux », c’est-à-dire non à la mode. Il oppose ce travail de fond aux effets de mode scientifique, qu’il décrit sévèrement comme une manière de « faire semblant de faire de la science ». Lui revendique au contraire une science patiente, fondamentale, appuyée sur l’observation et sur la mise au jour de mécanismes réels.
La découverte du rôle des vers de terre dans le cycle de l’azote
Parmi les chercheurs qu’il cite, Marcel Bouché évoque Gérard Ferrière, qui deviendra ensuite directeur du muséum d’histoire naturelle de Dijon. Avec lui, il a travaillé sur le passage de l’azote dans les vers de terre, en développant des techniques de mesure adaptées.
Leur découverte est importante : l’azote passe par les vers de terre et revient ensuite aux plantes de manière presque directe, en quelques jours, avec un rendement proche de 100 %. Marcel Bouché compare ce résultat à l’efficacité très médiocre des engrais azotés apportés en agriculture, dont seule une fraction atteint effectivement les plantes, souvent autour de 30 % au mieux.
Il souligne que, dans un sol non perturbé, les racines suivent les galeries des vers de terre. Ceux-ci excrètent alors leur azote directement dans l’environnement immédiat des racines. Pour lui, il s’agit d’un mécanisme fondamental, longtemps ignoré, et même d’une portion entière du cycle de l’azote que les scientifiques n’avaient pas imaginée auparavant.
Cette découverte ne vient pas d’une pure spéculation de laboratoire, mais d’une attention portée au terrain et aux phénomènes concrets.
Le parcours scolaire atypique de Marcel Bouché
L’entretien revient ensuite sur le parcours du jeune Marcel Bouché. Il raconte avoir gardé toute sa vie de grandes difficultés en orthographe, au point de se présenter au certificat d’études primaires avec la conviction qu’il serait éliminé. À l’époque, une dictée avec trop de fautes pouvait en effet être rédhibitoire. Il est pourtant reçu, probablement grâce à ses bons résultats dans les autres matières.
Avec humour, il affirme que ce certificat d’études primaires est son « plus haut titre universitaire » si l’on parle de culture générale, tant son parcours ensuite s’est construit en dehors des filières scolaires classiques.
Après cela, il entre dans une école de jardiniers de la ville de Paris, l’école d’horticulture de la ville de Paris, où il suit trois années de formation. Il devient ensuite jardinier de la ville de Paris.
Une formation de jardinier comme base scientifique solide
Marcel Bouché insiste sur la qualité de cette formation. Passionné de botanique, il y obtient d’excellents résultats. C’est là qu’il découvre concrètement le sens des racines grecques et latines, et qu’il comprend l’intérêt des noms scientifiques, même lorsqu’ils paraissent difficiles ou rebutants.
Il souligne que les jardiniers manipulent et cultivent des milliers de plantes différentes, y compris des plantes tropicales et ornementales. Cette fréquentation concrète de la diversité végétale donne, selon lui, une base botanique très solide, souvent plus riche que celle de nombreux étudiants issus de l’université.
C’est précisément parce qu’il est bon en botanique qu’il est recruté à l’INRA comme aide de laboratoire… en zoologie. Il reconnaît lui-même le paradoxe, mais estime rétrospectivement que ce déplacement disciplinaire lui a rendu un immense service. Il a pu ainsi faire toute sa carrière en zoologie en conservant des bases sérieuses en botanique, ce qu’il juge très précieux.
L’entrée à l’INRA et la découverte du monde scientifique
Devenu aide de laboratoire, puis technicien, il côtoie alors les scientifiques, qu’il décrit comme des gens « bizarres », venus des grandes écoles ou de l’université, un monde totalement étranger à son milieu ouvrier d’origine.
Peu à peu naît en lui le désir d’accéder lui aussi à ce niveau d’études. Il demande à suivre les cours des Arts et Métiers à Paris, tout en continuant à travailler à Versailles. Mais cette demande lui est refusée. Il attribue ce refus à un chef de service qu’il décrit ironiquement comme « très progressiste », mais qui trouvait anormal qu’un simple aide de laboratoire ou technicien cherche à compléter sa formation.
Marcel Bouché tire alors une leçon durable de cette expérience : ne plus rien demander. Il décide de prendre des cours par correspondance et de se former seul, de nuit, pendant des années, en parallèle de son travail.
L’interruption par la guerre d’Algérie
Cette ascension par l’étude autodidacte est interrompue par son départ en Algérie. Il y part comme volontaire et se retrouve dans une compagnie particulièrement exposée, comme éclaireur de pointe. Il mentionne cet épisode avec retenue : il a eu la chance de s’en sortir, avec quelques décorations, mais sans souhaiter pour autant faire carrière dans l’armée.
Après cette longue interruption, il reprend ses études par correspondance. Il évoque la difficulté de revenir au travail intellectuel après l’expérience militaire, mais aussi sa détermination à continuer.
L’entrée à la faculté sans baccalauréat
Entre-temps, une possibilité nouvelle s’ouvre : celle d’entrer en faculté sans baccalauréat, par le biais d’un examen spécial d’entrée en faculté des sciences. Marcel Bouché s’y présente. Cet examen comporte un oral, ce qui lui convient mieux qu’une épreuve écrite, compte tenu de ses difficultés en orthographe.
Il est reçu, ce qui lui permet d’entrer en faculté des sciences et de suivre ensuite un cursus complet de biologie. Trois ans plus tard, il obtient une licence, qui correspondrait aujourd’hui à peu près à une maîtrise d’enseignement, puis il la complète pour atteindre le niveau permettant de préparer une thèse.
Il rappelle qu’à cette époque, celle des Trente Glorieuses, un étudiant travailleur avait encore des perspectives. Lui-même, très préoccupé par ses débouchés, se retrouve avec plusieurs offres à la fin de ses études : deux à l’université, à Paris et à Orsay, et une à l’INRA.
Le concours d’entrée à l’INRA
Il passe le concours d’entrée à l’INRA dans des conditions particulières. Selon lui, les postes semblaient en pratique destinés à des ingénieurs agronomes issus de la grande école parisienne. Mais le jury comporte aussi des universitaires, qui apprécient sa prestation orale. Il est finalement reçu.
Il y voit à la fois une réussite personnelle et une forme de franchissement de barrière sociale : lui, l’autodidacte, l’ancien aide de laboratoire, accède enfin au statut de scientifique.
L’attribution du sujet sur les vers de terre
Une fois recruté comme assistant, il retourne en zoologie, où il avait déjà travaillé comme technicien. On lui attribue alors un sujet dont personne ne veut : les vers de terre.
Il explique que ce sujet avait déjà été proposé auparavant à d’autres chercheurs, qui s’étaient empressés de passer à autre chose. Dans le contexte de la zoologie appliquée de l’époque, on s’intéresse surtout aux ravageurs : insectes nuisibles, rongeurs, organismes causant des dégâts. À côté de cela, le ver de terre paraît sans intérêt immédiat : il ne détruit pas les cultures, il ne menace pas la production, il n’entre pas dans les catégories habituelles de la lutte agricole.
Marcel Bouché accepte néanmoins le sujet. D’abord parce qu’à l’INRA, on dispose d’une certaine liberté, et qu’il est toujours possible de changer ensuite ; ensuite parce qu’il commence à lire ce qui existe sur les vers de terre et découvre rapidement qu’il s’agit, en réalité, d’un domaine immense.
La découverte de l’importance quantitative des vers de terre
En consultant la littérature, il comprend que les vers de terre constituent probablement, à l’époque, la première masse animale de France. Il parle d’une masse gigantesque, représentant une part dominante de la biomasse animale totale dans certains milieux, notamment les prairies, alors encore largement présentes.
Cette idée le frappe : un groupe animal quantitativement majeur, présent partout, essentiel dans le sol, et pourtant presque ignoré de la recherche agronomique. Pour un chercheur, dit-il, c’est une chance exceptionnelle que de travailler sur un sujet aussi important et aussi peu exploré.
Le contexte de la « révolution fourragère »
Marcel Bouché replace cette prise de conscience dans le contexte agricole de l’époque. Lorsqu’il était encore aide de laboratoire, il a été témoin des opérations menées par l’INRA dans le cadre de ce qu’on appelait la « révolution fourragère ». Il s’agissait d’augmenter massivement la production des prairies en les labourant, en réensemençant avec des variétés sélectionnées, en apportant des engrais et en utilisant des pesticides comme le DDT contre certains insectes du sol.
À l’époque, il croit à ce discours du progrès. Il accompagne des démonstrations de terrain et voit des prairies temporairement spectaculaires. Mais il se souvient aussi d’un paysan voisin, observant la scène avec distance, et faisant remarquer que, pour faire la même chose, il faudrait acheter un tracteur, du matériel, s’endetter, et que de toute manière les vaches ne pourraient pas entrer dans la prairie, tant le sol n’aurait plus de portance.
Marcel Bouché souligne combien cette remarque l’a marqué. Le paysan, sans le langage scientifique, avait perçu un point essentiel : un sol ne se résume pas à une production d’herbe ; il doit aussi porter les animaux, résister, fonctionner comme milieu vivant. Cette notion de portance du sol, dit-il, les scientifiques de l’époque la prenaient mal en compte.
La lecture de Darwin et la révélation scientifique
Quand il commence à travailler sérieusement sur les vers de terre, Marcel Bouché se tourne vers les travaux anglais. Il rappelle que les principales recherches sur le sujet ont été faites en Grande-Bretagne, notamment par Charles Darwin.
Il tient à préciser que Darwin n’est pas seulement l’auteur de la théorie de l’évolution telle qu’on la retient ordinairement. Dans ce cadre de l’entretien, ce qui l’intéresse surtout, c’est le Darwin observateur, celui qui a compris que de petites causes, accumulées dans le temps, peuvent produire de grands effets.
Darwin avait observé dans son propre jardin l’activité des vers de terre et mesuré les quantités considérables de turricules, c’est-à-dire de déjections, qu’ils déposaient en surface. Il en avait conclu que les vers de terre jouent un rôle essentiel dans la formation de la terre végétale. Marcel Bouché rappelle d’ailleurs que le grand livre de Darwin sur ce sujet paraît à la fin de sa vie, après une première communication ancienne et un très long silence.
Pour Marcel Bouché, la lecture de Darwin a valeur de révélation : elle montre que les vers de terre ne sont pas un sujet marginal, mais un sujet fondamental.
Une mission en Angleterre pour apprendre auprès des meilleurs
Convaincu de l’importance du sujet, il obtient l’autorisation de partir en mission en Angleterre, ce qui n’était pas banal à l’époque. Il y va avec un anglais très rudimentaire, appris de façon autodidacte. Il raconte avoir longtemps voyagé avec un manuel Assimil dans une poche et un dictionnaire dans l’autre, progressant à force de terrain et de nécessité.
En Angleterre, il est accueilli par trois chercheurs travaillant sur les vers de terre. Là encore, il découvre que les Britanniques, à partir de Darwin et des besoins liés à la compréhension des sols, ont commencé à prendre au sérieux le rôle des vers de terre, non seulement comme objets de classification, mais comme acteurs majeurs du fonctionnement des écosystèmes.
Cette mission confirme son intuition : il a trouvé un sujet magnifique, presque vierge, et porteur d’une véritable révolution scientifique.
Le programme biologique international
Au cours de ce séjour en Angleterre, Marcel Bouché entend également parler du programme biologique international, lancé en 1963. Ce programme vise à comparer les écosystèmes à l’échelle internationale, c’est-à-dire à étudier conjointement les organismes vivants et les composantes non vivantes des milieux : plantes, animaux, micro-organismes, sols, eau, climat, minéraux, etc.
Il explique qu’à l’époque, cette démarche est très nouvelle. Les chercheurs sont surtout des spécialistes pointus de leur domaine respectif, et ils ont du mal à travailler ensemble. Le programme biologique international cherche justement à dépasser ces cloisonnements.
En France, la mise en œuvre passe difficilement, notamment pour des raisons institutionnelles. Marcel Bouché raconte que les structures savantes françaises, en particulier les académies, ont capté une partie de ces programmes sans forcément les faire vraiment descendre vers les chercheurs de terrain. Lui-même, informé en Angleterre, décide de se présenter dans les réunions préparatoires françaises en donnant à penser qu’il est déjà dans le coup ; ce « bluff » lui permet finalement d’obtenir un budget pour travailler.
Le choix d’une prairie permanente comme site d’étude
Grâce à ces moyens, il peut lancer un programme de recherche fondamental sur le rôle des vers de terre. Il choisit pour cela un milieu compatible avec l’agronomie mais non détruit par les pratiques agricoles intensives : une prairie permanente.
Il travaille ainsi dans une prairie ancienne, défrichée au Moyen Âge par des moines cisterciens, et restée pratiquement sans retournement pendant des siècles. Ce milieu est géré selon un régime traditionnel équilibré : une année de pâture par les vaches, une année de fauche pour produire du foin. Marcel Bouché considère cet écosystème comme un exemple remarquable de sol fonctionnant encore correctement, avec ses vers de terre pleinement en activité.
Pour lui, c’est dans un tel milieu, non « bousillé », qu’on peut vraiment comprendre ce que font les vers de terre.
Les premiers résultats et la découverte d’espèces distinctes
Dans cette prairie, Marcel Bouché observe rapidement qu’il existe au moins deux espèces distinctes de vers de terre là où les classifications officielles françaises n’en reconnaissaient qu’une seule. Ce constat marque le début d’un travail beaucoup plus vaste de révision systématique et d’observation écologique.
On voit déjà se dessiner ici ce qui fera la force de sa démarche : partir du terrain, observer de près, refuser les simplifications héritées, et reconstruire à la fois la diversité des espèces et leur rôle dans le fonctionnement du sol.
Une science contre les évidences paresseuses
Tout au long de cet entretien, Marcel Bouché oppose deux attitudes scientifiques. D’un côté, une science d’apparence, soumise aux modes, aux hiérarchies sociales, aux routines institutionnelles. De l’autre, une science lente, empirique, exigeante, fondée sur l’observation des mécanismes réels.
Le ver de terre devient ainsi, dans son récit, bien plus qu’un objet d’étude : il est le révélateur d’un aveuglement général de l’agronomie et de la biologie vis-à-vis du sol vivant. En s’intéressant à lui, Marcel Bouché a non seulement ouvert un champ de recherche, mais aussi remis en cause une vision simplifiée de la fertilité, de l’azote, des prairies et du progrès agricole.
Points marquants de cet extrait
- Les problèmes de santé de Marcel Bouché limitent ses déplacements internationaux.
- Un de ses anciens élèves chinois est devenu une figure importante de la recherche mondiale sur les vers de terre.
- Marcel Bouché insiste sur la qualité de cet élève, capable d’écrire ensuite une thèse complète en français.
- Il regrette le manque de débouchés en France pour les chercheurs travaillant sérieusement sur les vers de terre.
- Avec Gérard Ferrière, il met en évidence un rôle direct des vers de terre dans le transfert de l’azote aux plantes.
- Son parcours personnel est profondément atypique : certificat d’études, école de jardiniers, autodidaxie, entrée tardive à l’université.
- Il raconte les barrières sociales rencontrées au sein même du monde scientifique.
- Le sujet des vers de terre lui est donné parce que personne n’en veut.
- Il découvre pourtant qu’il s’agit d’un sujet central pour comprendre la masse animale des sols et leur fonctionnement.
- La lecture de Darwin joue un rôle décisif dans sa prise de conscience.
- Son séjour en Angleterre et le programme biologique international lui donnent les moyens de lancer ses propres recherches.
- Le choix d’une prairie permanente ancienne lui permet d’étudier les vers de terre dans un système peu perturbé.
- Ses premières observations révèlent déjà que la diversité réelle des espèces est sous-estimée par les classifications existantes.