AGROECOLOGIE AU BENIN - Partie 2

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Dans cette deuxième partie consacrée à l'agroécologie au Bénin, Antoine Troji, agronome intervenant sur le projet SAVABE, présente les résultats d'essais menés en milieu paysan pour lutter contre les nématodes à galles dans la culture du piment. Ce projet multi-acteurs, financé par l'Union européenne et l'ambassade des Pays-Bas, a permis de tester des innovations endogènes et scientifiques, telles que l'utilisation de la Crotalaria, du basilic africain ou de micro-organismes autochtones. L'étude met en lumière des résultats encourageants pour la santé des sols, bien que l'adoption par les producteurs nécessite une adaptation constante aux contraintes économiques et techniques locales. La discussion aborde également l'importance cruciale de la transition agroécologique, soutenue par Edgar Deguénon qui détaille le rôle du Système Participatif de Garantie (SPG) pour certifier et valoriser les produits biologiques sur les marchés locaux, garantissant ainsi une meilleure rentabilité aux agriculteurs engagés dans cette démarche durable.

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Résumé
Dans cette deuxième partie consacrée à l'agroécologie au Bénin, Antoine Troji, agronome intervenant sur le projet SAVABE, présente les résultats d'essais menés en milieu paysan pour lutter contre les nématodes à galles dans la culture du piment. Ce projet multi-acteurs, financé par l'Union européenne et l'ambassade des Pays-Bas, a permis de tester des innovations endogènes et scientifiques, telles que l'utilisation de la Crotalaria, du basilic africain ou de micro-organismes autochtones. L'étude met en lumière des résultats encourageants pour la santé des sols, bien que l'adoption par les producteurs nécessite une adaptation constante aux contraintes économiques et techniques locales. La discussion aborde également l'importance cruciale de la transition agroécologique, soutenue par Edgar Deguénon qui détaille le rôle du Système Participatif de Garantie (SPG) pour certifier et valoriser les produits biologiques sur les marchés locaux, garantissant ainsi une meilleure rentabilité aux agriculteurs engagés dans cette démarche durable.

Cette vidéo a été réalisée par le Centre National d'agroécologie (CNA) https://centre-national-agroecologie.fr/ dans le cadre du projet URBANE https://urbane-project.eu/, financé par l'union européenne.


Les opinions exprimées sont uniquement celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de l’Union européenne ni de l’Agence exécutive pour la recherche (REA)


This video was made as part of the URBANEproject co-funded by the European Union. Website: https://urbane-project.eu/


The opinions expressed are those of the authors only and do not necessarily reflect the views of the European Union or the European Research Executive Agency (REA)





Agroécologie au Bénin - Partie 2

Dans le cadre du projet Savage, financé par l’Union européenne et l’ambassade des Pays-Bas, des travaux ont été menés pour accompagner la transition agroécologique au Bénin, au Burkina Faso et au Mali. Antoine, agronome intervenant sur ce projet, détaille les enjeux et les résultats obtenus, notamment en ce qui concerne la gestion des bioagresseurs dans le maraîchage.

Diagnostic et défis du maraîchage

Le diagnostic réalisé auprès de 1200 producteurs a mis en évidence des contraintes majeures :

  • Fertilité des sols : une baisse de la fertilité limitant le potentiel de rendement.
  • Pression parasitaire : une forte présence de nématodes à galles, de flétrissement bactérien, de jassides et d’acariens rouges (tétranyques).
  • Usage des pesticides : une utilisation souvent abusive ou non raisonnée de produits non homologués (ex: nématicides hautement toxiques).

Expérimentations en milieu paysan

Le projet a testé des innovations agroécologiques co-construites avec les producteurs, alliant savoirs endogènes et apports de la recherche :

  1. Crotalaire (Crotalaria) : Légumineuse à activité nématicide reconnue. Son efficacité est réelle mais limitée dans le temps (environ 70 jours après incorporation) et elle peut présenter des défis d’intégration dans les systèmes à cycle court.
  2. Basilic africain (Ocimum gratissimum) : Plante marchande aux propriétés répulsives.
  3. Micro-organismes autochtones bénéfiques (MAB) : Issus de fermentation de litière de forêt, ils renforcent la santé du sol et la résilience des plantes.
  4. Jus de fruits fermentés : Innovation endogène utilisée comme biostimulant pour la croissance et la tolérance à la salinité.

Résultats et leçons apprises

L’efficacité des méthodes agroécologiques dépend d’une combinaison de facteurs. Les essais ont montré que :

  • La substitution simple des pesticides par une seule pratique ne suffit pas. L’approche doit être holistique (combinaison de fertilité organique et de gestion biologique).
  • L’intégration de la crotalaire demande une gestion fine des écartements et du calendrier pour éviter la compétition avec les cultures principales.
  • Les producteurs notent une amélioration de la qualité des récoltes, permettant de meilleurs prix de vente, malgré des rendements parfois encore variables.
  • La sécurité foncière demeure un frein majeur à l’investissement dans la fertilité des sols à long terme.

Certification et labellisation : le rôle du SPG

Edgar, expert en certification, a présenté le Système Participatif de Garantie (SPG), un outil de certification biologique ancré localement et adapté aux réalités des petits producteurs béninois.

  • Avantages : Moins coûteux que les certifications tierces, il renforce la confiance entre producteurs et consommateurs.
  • Expansion : Le Bénin compte aujourd’hui une quarantaine d’initiatives SPG, incluant 2300 producteurs et touchant diverses filières (maréchage, riz, soja, miel, etc.).
  • Impact : La certification permet aux producteurs d’obtenir une plus-value significative (ex: +30% sur le prix du riz, +50% sur le soja bio) et de mieux structurer les circuits de proximité.

Conclusion et perspectives

La transition agroécologique ne signifie pas un abandon immédiat de tout intrant, mais une progression étape par étape. Les intervenants insistent sur :

  • La formation continue en langue locale sur la reconnaissance des auxiliaires de culture.
  • La mutualisation de la fabrication des bio-intrants pour réduire les coûts de production.
  • La nécessité de fiches techniques claires et de portraits de fermes « championnes » pour inspirer les autres agriculteurs et faciliter l’adoption de ces pratiques rentables et durables.