Visite Jean Becker (Terre Activ', Ingwiller - 67) - Réchauffement du sol travaillé/non travaillé (7/8)
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Visite de ferme organisée par le groupe DEPHY Maraîchage Alsace de l'OPABA (Thématique fertilité des sols)
Vidéo : Fabrice Meyer
Réchauffement du sol travaillé et non travaillé
Jean Becker explique qu’on disait souvent qu’il fallait attendre fin avril ou début mai, selon les années, pour pouvoir planter quelque chose qui pousse bien, parce que le sol doit être suffisamment chaud, avec un minimum d’environ 12 à 15 °C. Sous nos climats, on n’atteint pas toujours facilement ces températures en début de saison.
L’intérêt du travail du sol à cette période, au début de saison, était donc surtout de réchauffer le sol : évacuer l’humidité, aérer, permettre au sol de se réchauffer plus vite. À partir du mois de mai, en revanche, il estime qu’on peut se passer du travail du sol pour planter, parce que le sol est alors passé à une température suffisante.
Pour lui, il y a donc une date charnière, située autour de fin avril-début mai selon les années. Après cette période, l’objectif est vraiment de travailler le sol au minimum, parce qu’à partir de là, notamment sur un sol sableux, le travail du sol va surtout accentuer le dessèchement.
Il précise qu’ensuite les cultures ne vont plus forcément peiner parce qu’il ne fait pas assez chaud, mais au contraire parce qu’il n’y a plus assez d’humidité dans le sol. Et cette année-là, selon lui, c’est particulièrement flagrant.
Comparaison entre une zone travaillée et une zone non travaillée
Jean Becker répond ensuite à une question sur l’existence, chez lui, de cultures plantées après occultation et de cultures implantées après travail du sol. Il montre que c’est bien le cas sur deux zones voisines.
Sur la planche où se trouvent des choux-fleurs et des choux chinois, le sol a été travaillé. Il explique qu’il y avait auparavant une autre culture primeur, en fin d’hiver-début de printemps, ce qui a conduit à retravailler le sol avant de replanter derrière. La plantation a été faite dans des conditions très sèches.
Malgré l’arrosage, les cultures ont toujours eu du mal à démarrer. Elles ont « patiné », et il indique qu’il n’y aura pas de récolte de choux chinois ni de choux-fleurs.
À côté, sur une autre partie, le sol n’a pas été travaillé. Il a été recouvert avec des toiles tissées, retirées au moment de la plantation. Cette occultation avait été mise en place environ huit semaines avant plantation. Après retrait de la toile, le sol n’a pas été retravaillé.
Dans cette zone, ont été plantés notamment du [[chou-rave]] rouge, mais surtout du rutabaga. Plus à l’avant, il y a aussi des chicorées frisées et des chicorées rouges.
Effets observés sur les cultures
Jean Becker constate une nette différence entre les deux modalités.
Dans la partie travaillée, où ont été implantés les choux-fleurs et les choux chinois, le terrain était très sec. Les cultures n’ont pas réussi à bien s’installer, malgré les arrosages, et la récolte est perdue.
Dans la partie non travaillée après occultation, les cultures sont bien présentes. Il explique qu’après avoir retiré la toile tissée, les mottes n’ont pas été enterrées mais simplement posées au sol, juste assez pour qu’elles tiennent en place. Malgré cela, les cultures se sont maintenues et il y aura de la récolte.
Les chicorées ne seront pas énormes, précise-t-il, car il n’y a pas eu d’amendement ni d’apport d’engrais. Mais elles n’ont pas souffert du chaud, elles ne montent pas à graines, elles sont bien là, et une récolte est possible.
Effets sur le désherbage
Jean Becker souligne aussi une différence importante sur le plan du désherbage.
Dans la zone travaillée, le sol a été envahi par des adventices comme l’amarante et le chénopode. Cela a demandé un travail considérable, pour finalement aboutir à une récolte nulle.
Dans la zone occultée et non travaillée, il y a bien eu un peu de chénopode dans les rutabagas, mais sans réelle concurrence pour la culture. Avec l’arrosage régulier, le sol est resté humide et les plantes ont continué à pousser.
Ce que montre l’exemple en été
Pour Jean Becker, cet exemple apporte une réponse claire aux conditions très sèches de l’été, notamment pour les cultures qu’il faut implanter en juillet-août, en plein « cagnard ».
Selon lui, dans ces conditions, la modalité avec travail du sol ne fonctionne pas : même en arrosant, le sol est trop chaud, le climat est trop chaud, et l’implantation se fait dans la difficulté.
À l’inverse, dans la partie occultée et non travaillée, même si l’atmosphère était très chaude, le sol est resté frais. C’est, selon lui, ce qui a fait la différence.
Semis directs après occultation
Après les rutabagas, Jean Becker montre aussi une zone en semis direct, avec des radis roses et des navets destinés à être récoltés en bottes.
Il indique que Vincent a récolté cet après-midi-là les premiers radis.