Usage des ferments et des EM en céréales et cultures industrielles, Baptiste Maître

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Dans cette vidéo, Baptiste Maître présente l’usage des ferments lactiques et des EM en céréales et cultures industrielles, en rappelant qu’ils ne sont qu’un outil parmi d’autres dans une démarche agronomique globale. La priorité reste la réussite des couverts végétaux, base de la régénération des sols. Il détaille deux usages principaux : le compostage de surface pour accélérer la digestion des couverts et limiter les pertes de fertilité, et l’application lors de la fissuration pour accompagner la restructuration biologique du sol. Baptiste insiste sur les conditions de réussite : biomasse suffisante, température du sol adaptée, travail en aérobie, doses cohérentes et intégration avec des plantes vivantes. Il explique aussi la fabrication et la multiplication à la ferme de ces ferments, leur faible coût une fois reproduits, ainsi que quelques usages complémentaires en pulvérisation ou sur effluents d’élevage.

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Résumé
Dans cette vidéo, Baptiste Maître présente l’usage des ferments lactiques et des EM en céréales et cultures industrielles, en rappelant qu’ils ne sont qu’un outil parmi d’autres dans une démarche agronomique globale. La priorité reste la réussite des couverts végétaux, base de la régénération des sols. Il détaille deux usages principaux : le compostage de surface pour accélérer la digestion des couverts et limiter les pertes de fertilité, et l’application lors de la fissuration pour accompagner la restructuration biologique du sol. Baptiste insiste sur les conditions de réussite : biomasse suffisante, température du sol adaptée, travail en aérobie, doses cohérentes et intégration avec des plantes vivantes. Il explique aussi la fabrication et la multiplication à la ferme de ces ferments, leur faible coût une fois reproduits, ainsi que quelques usages complémentaires en pulvérisation ou sur effluents d’élevage.

Merci à Baptiste Maître pour cet entretien. Pour en savoir plus sur Ver des Sols Vivants, c'est par ici : https://www.ver-des-sols-vivants.fr/.


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Chapitres :

00:00 Introduction

01:22 Présentation de l'intervenant

03:02 Présentation de la société Ver des Sols Vivants et ses activités

05:14 Les couverts végétaux à la base de la fertilité des sols

08:36 Les ferments lactiques pour le compostage de surface

27:23 Les ferments lactiques pour consolider un travail du sol

33:59 La fabrication des ferments lactiques

50:44 Conclusion et coût d'utilisation des ferments

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Présentation de Baptiste Maître

Dans cette vidéo, Baptiste Maître est invité par Martin sur la chaîne de Ver de Terre Production pour parler de l’usage des ferments et des EM (micro-organismes efficaces) en agriculture, en particulier en céréales et cultures industrielles.

Baptiste Maître explique son parcours. Originaire de Poitiers, il a suivi un cursus agricole classique avec un BTS en technologies végétales. Il raconte avoir ensuite eu un déclic en découvrant l’agriculture de conservation des sols, notamment grâce à un DVD de Frédéric Thomas. Cela l’a conduit à s’orienter vers l’agronomie et à rejoindre l’université Jules Verne en Picardie, où il a suivi une licence professionnelle avec Thierry Têtu sur l’agriculture de conservation des sols.

Il a travaillé sur l’impact des systèmes de culture sur les populations de vers de terre, ce qui a fortement marqué son approche. Par la suite, il a enrichi son parcours en passant par différents instituts, notamment à l’Inrae d’Orléans, où il a travaillé sur la fertilité des sols avec des pédologues, dans le cadre du réseau de mesure de la qualité des sols. Il a ensuite poursuivi en chambres d’agriculture et sur différents projets, en particulier autour de systèmes intégrant pommes de terre, betteraves et légumes industriels.

C’est dans ce contexte qu’il s’est intéressé aux micro-organismes, et en particulier aux ferments lactiques et aux EM.

Aujourd’hui, il a créé sa société, Ver des sols vivants, structurée autour de trois axes principaux :

  • la formation ;
  • l’accompagnement individuel ou de groupes d’agriculteurs ;
  • le suivi d’essais au champ.

Il intervient notamment sur :

Il précise également avoir été formé :

  • par Olivier Husson sur l’approche par le potentiel d’oxydo-réduction ;
  • par Stéphane Botte sur les macérations ;
  • par deux formateurs allemands, Naser Ditmar et Fredrich Venz, sur l’agriculture régénérative et l’usage des micro-organismes, des thés de compost et des ferments lactiques.

Le point de départ : les couverts végétaux

Baptiste Maître insiste sur un point fondamental : les ferments lactiques ne sont qu’un outil dans une boîte à outils plus large. La base, selon lui, reste le couvert végétal.

Il rappelle que les meilleures réussites observées viennent d’abord de la qualité d’implantation des couverts, et notamment de leur date de semis. Il souligne que, dans son expérience, les meilleurs résultats sont obtenus lorsque le couvert est semé immédiatement derrière la récolte, « au cul de la machine ». Cette rapidité d’intervention permet de profiter au maximum de l’humidité et de la dynamique de fin d’été.

Il cite différents exemples observés au champ :

  • des couverts très réussis semés juste après récolte ;
  • des pesées de biomasse montrant des productions élevées ;
  • l’effet de la localisation de soufre élémentaire sur certaines légumineuses, avec un gain important de matière sèche ;
  • des couverts opportunistes entre pomme de terre et blé, comme une moutarde produisant 7,5 t de matière sèche en six semaines.

Il explique aussi que les mélanges de couverts ont évolué avec l’expérience. Au départ, les mélanges étaient très complexes, avec 10 à 12 espèces. Mais les comptages ont montré que certaines espèces étaient peu ou pas implantées correctement avec les matériels disponibles. Avec les agriculteurs, ils ont donc simplifié les mélanges, en se concentrant sur des espèces réellement maîtrisées, pour viser des densités de l’ordre de 250 plantes par mètre carré.

L’idée centrale est que les ferments n’ont d’intérêt que si l’on dispose d’une biomasse suffisante pour les nourrir. Sans couvert réussi, leur effet reste limité.

Une démarche agronomique globale avant les ferments

Martin et Baptiste Maître insistent tous les deux sur le fait qu’il ne faut pas considérer les ferments lactiques comme un simple intrant à pulvériser. Ce sont des organismes vivants. Si on les applique dans un système qui ne leur offre ni nourriture ni conditions favorables, ils ne peuvent pas exprimer leur potentiel.

Baptiste Maître reprend ici la logique transmise dans la formation allemande qu’il a suivie. Selon cette approche, il existe une hiérarchie d’étapes à respecter dans la régénération des sols :

  1. remettre en état les équilibres chimiques du sol ;
  2. intervenir sur la fertilité physique, si nécessaire, par de la fissuration ;
  3. accompagner cette fissuration par une consolidation biologique, notamment via les plantes ;
  4. couvrir le sol et mettre en œuvre un compostage de surface ;
  5. accompagner ensuite les cultures avec des applications foliaires : thés de compost, extraits fermentés, nutrition.

Il insiste particulièrement sur deux idées :

  • un couvert végétal ne remplace pas à lui seul un marteau-piqueur ;
  • lorsqu’un sol est compacté ou présente un problème physique important, il ne faut pas s’interdire une intervention mécanique, à condition qu’elle soit accompagnée biologiquement.

Dans cette logique, les ferments lactiques servent à accompagner et orienter les processus biologiques, mais ils ne remplacent ni la stratégie agronomique ni la cohérence globale du système.

Ce que sont les ferments et les EM

Baptiste Maître présente les ferments comme des préparations microbiologiques composées principalement de bactéries.

Il distingue trois grands groupes de bactéries :

  • les bactéries régénératives ou fermentaires, qu’il qualifie aussi d’anabolisantes ;
  • les bactéries neutres ou opportunistes ;
  • les bactéries dégénératives, orientées vers la putréfaction.

Selon lui, la majorité de la population microbienne est constituée de bactéries neutres. L’enjeu est donc de faire basculer cette majorité dans une direction régénérative plutôt que dégénérative. Pour cela, il faut une quantité suffisante de micro-organismes apportés : il ne suffit pas d’en mettre quelques litres. Il faut atteindre une masse critique, liée à ce qu’il appelle le quorum sensing, pour influencer le milieu.

L’objectif recherché avec les ferments est d’orienter l’évolution de la matière organique vers l’humification plutôt que vers la putréfaction.

Il précise que ces micro-organismes ne sont pas artificiels au sens où ils seraient complètement étrangers au milieu : ce sont des organismes déjà présents dans l’environnement, que l’on concentre et multiplie.

Les deux grands usages observés au champ

Baptiste Maître explique avoir observé principalement deux grands usages des ferments lactiques :

  • la digestion des couverts, dans le cadre d’un compostage de surface ;
  • l’accompagnement du travail du sol, en particulier lors de fissurations.

Ces deux usages répondent à des objectifs différents, mais reposent sur la même logique : accompagner biologiquement une intervention agronomique.

Le compostage de surface des couverts

Principe

Le compostage de surface consiste à :

  • détruire un couvert végétal ;
  • libérer sa sève ;
  • apporter des ferments lactiques ;
  • incorporer superficiellement l’ensemble dans le sol en conditions aérées.

Le but est de valoriser l’énergie contenue dans la biomasse du couvert, de réduire les pertes d’éléments fertiles et d’orienter la transformation de la matière organique.

Baptiste Maître explique que, selon l’approche qu’il a apprise, les couverts contiennent beaucoup d’énergie et de sève, mais que la flore naturelle du sol n’est pas toujours capable de les digérer suffisamment vite ni de la bonne manière. Les ferments servent alors à aider cette digestion.

Conditions de réussite

Il insiste sur plusieurs conditions indispensables :

  • il faut un couvert bien développé, au moins 40 à 50 cm de hauteur ;
  • il faut une biomasse suffisante ;
  • il faut un sol assez chaud : minimum 6 °C, mais plutôt 8 à 10 °C pour une bonne efficacité ;
  • il faut travailler dans des conditions aussi aérées que possible.

L’un des messages forts est que l’on ne met pas de ferments sur un couvert raté ou insignifiant. Sans masse végétale, l’effet recherché n’est pas atteint.

Dose utilisée

La dose généralement utilisée est de l’ordre de 100 litres de ferments par hectare. Baptiste Maître insiste sur le fait que cette dose n’est pas choisie au hasard : elle vise à garantir une présence suffisante de micro-organismes pour influencer réellement le milieu.

Matériel utilisé

Dans les exemples présentés, la technique repose sur plusieurs éléments :

  • un broyeur pour éclater le couvert et libérer la sève ;
  • une rampe de pulvérisation pour appliquer les ferments ;
  • un outil d’incorporation superficielle, souvent un rotavator, travaillant autour de 3 cm ;
  • parfois un compile utilisé à l’automne, dans une logique plus grossière.

Le broyage est important car il accélère l’accès à la sève. Baptiste Maître explique qu’un rouleau pourrait aussi être utilisé, mais qu’il libère moins de sève, ce qui rallonge la durée du compostage.

Importance de l’aérobie

Un point essentiel de la méthode est de travailler en conditions aérées. Baptiste Maître insiste beaucoup là-dessus.

Même si les ferments sont multipliés en anaérobie, ils sont utilisés ici pour orienter un processus en aérobie. Il faut donc éviter :

  • le tassement ;
  • le rappuyage ;
  • les outils qui lissent ;
  • les rouleaux qui ferment trop le milieu.

Il montre notamment des situations de lissage liées à de mauvais réglages de l’outil. Les premiers essais servent aussi à vérifier que l’on ne fabrique pas de semelle ou de surfaces lissées.

Délai avant semis

Un point très important est qu’on ne sème pas immédiatement après le compostage de surface.

Baptiste Maître explique qu’il existe, au cours du processus de digestion, une phase temporairement antigerminative, notamment entre le 2e et le 5e jour, liée à des transformations de l’azote. Il faut donc attendre environ 10 à 15 jours après le compostage avant de semer.

Pendant ce temps :

  • le compostage se termine ;
  • la structure du sol évolue ;
  • le lit de semences se prépare.

Une fois cette phase passée, il n’y a plus de problème à rouler ou à semer.

Observations réalisées

Des comparaisons ont été faites avec et sans ferments. Baptiste Maître rapporte qu’en buttes de pomme de terre, les parcelles avec ferments ne présentaient plus que de la paille résiduelle, alors que dans les témoins sans ferments il restait encore des débris verts. Cela montre, selon lui, une digestion plus avancée de la biomasse.

Dans des systèmes de pomme de terre de consommation, cela a un intérêt pour :

  • la qualité de peau ;
  • la propreté de la butte ;
  • la limitation de la matière organique en décomposition au voisinage des tubercules.

Intérêt en systèmes pomme de terre

L’un des bénéfices pratiques observés est la possibilité de retarder la destruction des couverts. Là où ils étaient auparavant détruits tôt, parfois avec glyphosate, le compostage de surface a permis de conserver les couverts plus longtemps et de les détruire seulement 10 à 15 jours avant plantation.

Cela permet :

  • de prolonger la couverture du sol ;
  • d’augmenter fortement la biomasse produite ;
  • d’atteindre parfois 10 à 12 t de matière sèche.

Dans certains cas, ces techniques ont aussi permis de se passer de glyphosate avant pomme de terre, en basculant vers une destruction totalement mécanique.

L’usage des ferments lors de la fissuration

Objectif

Le second grand usage décrit par Baptiste Maître est l’application de ferments lors du travail du sol, en particulier à la fissuration.

L’objectif est d’accompagner le travail mécanique, de stimuler la structuration biologique du sol et de limiter l’oxydation provoquée par le passage des outils.

Il précise qu’on peut imaginer cette logique sur :

  • des fissurateurs ;
  • des déchaumeurs ;
  • des strip-till ;
  • voire des charrues dans certains cas.

Principe technique

Sur les exemples montrés, une descente est installée derrière la dent, environ 10 cm au-dessus de la pointe, afin d’injecter les ferments dans la zone travaillée.

Le passage associe alors :

  • une fissuration mécanique ;
  • une injection de ferments ;
  • un semis de couvert ou de culture dans la foulée.

Dans ce cas, contrairement au compostage de surface, il faut :

  • emprisonner de l’air dans le sol ;
  • mais refermer la surface pour éviter l’évaporation.

C’est pourquoi on rappuie ici la ligne de passage ou on utilise un rouleau derrière la dent.

Dose et vitesse

Là encore, la dose est de l’ordre de 100 litres par hectare.

Baptiste Maître signale que cette dose limite souvent la vitesse de travail. En pratique, ils restent autour de 8 km/h maximum, ce qui permet aussi d’éviter un bouleversement excessif des horizons.

Forme des dents

Il évoque également l’importance de la forme de la dent de fissuration. L’objectif est de fissurer sans trop mélanger les horizons. Dans les situations observées, il estime qu’il aurait parfois été possible d’améliorer encore la pointe pour obtenir davantage de fissuration horizontale.

Observations de terrain

Des essais avec et sans ferments ont été réalisés. Les observations rapportées montrent :

  • une amélioration déjà nette avec la seule fissuration par rapport au témoin non fissuré ;
  • un effet supplémentaire lorsque la fissuration est accompagnée de ferments.

Les différences observées portent notamment sur :

  • l’exploration racinaire ;
  • la densité du chevelu racinaire ;
  • la structure plus grumeleuse du sol ;
  • une meilleure descente des racines.

Ces effets ont été observés notamment sur :

  • du maïs ;
  • des pois de conserve ;
  • des systèmes derrière pomme de terre.

Baptiste Maître reste prudent sur la durabilité pluriannuelle de cet effet, faute d’avoir pu suivre les mêmes bandes suffisamment longtemps. Mais il estime que, si l’on entretient ensuite la structure avec des plantes vivantes, l’intérêt est réel.

Fabrication des ferments

Une multiplication à la ferme

Un point central de l’intervention est que les ferments peuvent être multipliés à la ferme. Cela permet de réduire fortement les coûts.

Baptiste Maître dit utiliser principalement la souche Fisher, avec laquelle il a le plus travaillé.

Le kit de départ contient de quoi fabriquer les 1 000 premiers litres :

  • les ferments de base ;
  • de la mélasse ;
  • du sel ;
  • des algues ;
  • et d’autres compléments selon la recette.

À partir de ces 1 000 litres, il est ensuite possible de faire une deuxième génération de ferments.

Recette de base

La recette de base donnée dans la vidéo est la suivante, pour un IBC de 1 000 litres :

  • 30 litres de souche ;
  • 30 litres de mélasse ;
  • 3 kg de sel non traité.

Dans le cas du kit Fisher, d’autres éléments peuvent être ajoutés, comme des algues, afin d’étoffer les sources de nourriture et la diversité biologique.

Baptiste Maître précise qu’après une première fabrication à partir du kit, on peut refaire une génération supplémentaire à partir des ferments produits, mais qu’il ne va pas au-delà d’une seule régénération, faute de références solides sur les éventuelles dérives microbiologiques.

Étapes de fabrication

Les étapes décrites sont les suivantes :

  1. remplir l’IBC avec environ 150 litres d’eau ;
  2. ajouter les différents ingrédients ;
  3. mélanger avec une perceuse équipée d’un agitateur ;
  4. compléter avec de l’eau ;
  5. fermer l’IBC ;
  6. percer un petit trou dans le couvercle pour laisser s’échapper le CO₂ ;
  7. placer l’IBC dans une pièce à température stable.

Le dégazage peut se faire simplement par un petit trou, ou via un système de tuyau plongeant dans un verre d’eau pour faire office de barboteur et éviter les retours d’oxygène.

Eau, température et matériel

Qualité de l’eau

La qualité de l’eau est importante. Baptiste Maître déconseille l’eau chlorée du réseau si elle est utilisée directement. Si l’on n’a pas d’autre solution, il recommande de la laisser reposer bouchon ouvert afin que le chlore s’évapore.

Température

Il explique qu’au départ il insistait beaucoup sur le chauffage, mais qu’avec l’expérience il retient surtout l’importance d’une température stable. On peut travailler à température ambiante si la pièce est bien isolée, même si la fermentation sera plus lente.

Quand le chauffage est utilisé, on vise souvent autour de 30 °C dans la pièce de fermentation.

Plusieurs solutions sont mentionnées :

  • IBC chauffants ;
  • thermoplongeurs ;
  • pièce isolée avec radiateur ;
  • récupération de chaleur sur un méthaniseur.

Propreté des IBC

Les IBC doivent être propres et ne pas avoir contenu de produits chimiques. Les cuves issues de l’alimentaire sont préférées.

Ajout de plantes

Baptiste Maître explique qu’il est possible d’enrichir la recette en ajoutant des plantes pour diversifier les micro-organismes.

Les plantes utilisées peuvent être, par exemple :

Il précise qu’il vaut mieux utiliser les parties aériennes, idéalement à floraison, car elles sont alors particulièrement diversifiées en micro-organismes.

En revanche, il déconseille les graminées, qui peuvent contenir des composés perturbant la fermentation.

Les plantes sont placées dans des sacs introduits dans l’IBC au moment de la fermentation.

Suivi et conservation

Le critère principal de fin de fermentation est le pH. L’objectif est d’atteindre un pH inférieur à 3,8. Dans l’exemple montré, un pH de 3,4 est mesuré, ce qui indique que la fermentation est terminée.

Une fois la fermentation finie :

  • on rebouche le trou d’évacuation avec de l’adhésif ;
  • on stocke les IBC à l’abri du gel ;
  • on les protège de la lumière.

La conservation peut aller de 1 à 2 ans, sous réserve de vérifier à l’usage le pH et l’odeur.

Autres sources possibles de micro-organismes

Même s’il a principalement travaillé avec la souche Fisher, Baptiste Maître précise qu’il existe différentes sources de micro-organismes :

  • les EM ;
  • les EMA, plus adaptés selon lui aux effluents d’élevage ;
  • d’autres préparations ;
  • voire, dans certains cas, du jus de choucroute.

Il note toutefois que le jus de choucroute présente probablement une diversité microbienne plus limitée et qu’il convient d’être prudent sur son emploi.

Usage en végétation

Les ferments lactiques peuvent aussi être utilisés en végétation, en complément de bouillies de pulvérisation.

Baptiste Maître évoque surtout un intérêt sur les solanacées, notamment la pomme de terre, pour :

  • améliorer l’assimilation des oligo-éléments ;
  • compléter les bouillies ;
  • éventuellement contribuer à certains effets sur la qualité.

Il indique aussi avoir vu un intérêt en localisation dans les buttes de pomme de terre, avec une amélioration de la clarté de peau sur le marché du frais.

Usage sur fumiers, lisiers et digestats

La vidéo aborde également l’usage possible des EM sur les effluents d’élevage.

Dans ce cas, Baptiste Maître précise qu’il utilise plutôt des EMA que la souche Fisher.

Le principe reste similaire :

  • multiplication ;
  • inoculation dans les lisiers, fumiers ou digestats ;
  • recherche d’une meilleure homogénéisation et d’une meilleure évolution du produit.

Dans un retour d’expérience cité, un agriculteur injectait un IBC dans la fosse à lisier lorsqu’elle était remplie à un tiers. Il observait ensuite :

  • un lisier plus liquide ;
  • un produit plus homogène ;
  • moins de reprises en masse ;
  • une remise en route plus facile des pompes de brassage.

Coût

Sur la question économique, Baptiste Maître donne un ordre de grandeur :

  • le kit Fisher coûte environ 450 € pour produire 1 000 litres ;
  • utilisé tel quel à 100 l/ha, cela revient à environ 45 €/ha ;
  • en remultipliant, on réduit fortement le coût ;
  • dans ce cas, le coût tombe à environ 1,30 €/ha.

L’intérêt économique dépend donc fortement de la capacité à multiplier soi-même les ferments.

Ce qu’il faut retenir

Le message principal de Baptiste Maître est que les ferments lactiques et les EM peuvent être des outils intéressants, mais seulement s’ils sont intégrés dans une stratégie agronomique cohérente.

Les points clés à retenir sont les suivants :

  • la base reste la réussite des couverts végétaux ;
  • les ferments ne remplacent pas le raisonnement agronomique ;
  • ils peuvent être utiles pour digérer les couverts par compostage de surface ;
  • ils peuvent accompagner efficacement une fissuration ;
  • ils demandent des conditions précises de mise en œuvre ;
  • ils sont peu coûteux si la multiplication est faite à la ferme ;
  • ils peuvent aussi être utilisés en végétation ou sur effluents d’élevage ;
  • ce sont des organismes vivants, qu’il faut considérer comme tels.

En fin d’entretien, Baptiste Maître précise qu’il n’est pas vendeur d’EM et n’a pas d’intérêt commercial dans les sociétés citées. Il se présente comme indépendant, cherchant avant tout à tester, observer et transmettre des solutions utiles aux agriculteurs.

Conclusion

Cette intervention montre que l’usage des ferments lactiques et des EM en céréales et cultures industrielles s’inscrit dans une logique de transition agroécologique fondée sur la biologie des sols. Les résultats présentés restent essentiellement issus d’observations et d’essais de terrain, mais ils montrent des effets jugés suffisamment nets par Baptiste Maître pour justifier un intérêt croissant pour ces pratiques.

L’approche défendue ici n’est pas celle d’un produit miracle, mais celle d’un levier complémentaire, à mobiliser dans des systèmes où :

  • les couverts sont réussis ;
  • la structure du sol est suivie ;
  • les interventions mécaniques sont raisonnées ;
  • la dynamique biologique est nourrie et accompagnée.