Triple Performance

Maîtriser les consommations de carburant en viticulture

De Wiki Triple Performance
Icone categorie Pratiques.png Pratique agro-écologique
Tracteur enjambeur au labour en Côte-d'Or

Dans le cadre de la démarche Développement Durable de la filière des Vins de Bourgogne, une étude a été réalisée de 2013 à 2015 afin de mieux connaître les consommations en carburant des opérations viticoles. Cette connaissance est un préalable indispensable à la mise en œuvre de stratégies économes. Les données ont été recueillies à partir de deux sources : des enquêtes et des relevés à partir d’enregistreurs de consommation.

Travail de la vigne.jpg
  • Vignes en Bourgogne : 11% de la consommation énergétique agricole pour 1,2 % de la Surface Utile Agricole soit 17 529 Tonnes Equivalents Pétrole
  • Consommation moyenne de carburant : 265 l / ha
  • Poste carburant : 3 000 € / an pour 20 ha. Il est directement lié à l’évolution du prix du pétrole : 55 % de hausse du prix du pétrole en 2013 soit + 1 500 € / an.


Qu'est-ce qui consomme le plus de carburant ?

Ce sont les déplacements sur route : 70 l / 100 km.

Un aspect important à ne pas oublier !


EN CAUSE :

  • Morcellement du parcellaire
  • Organisation du travail, des chantiers
  • Autonomie des matériels (pulvérisateurs…)


SOLUTION :

Travailler sur l’organisation des chantiers pour rationaliser les déplacements.

Par exemple : limiter les distances parcourues entre les parcelles.

Par hectare ?

  • EFFEUILLAGE : 37 l / ha
  • TRAVAIL DU SOL : 23 l / ha
Consommation de carburant pour différentes opérations.png


EN CAUSE :

  • Vitesses d’avancement réduites mais indispensable à la qualité de l’intervention
  • Largeurs de travail limitées (raisons techniques ou économiques)


SOLUTION :

Mieux valoriser la puissance de traction disponible (127 ch / m pour l’effeuillage et 130 ch / m pour le travail du sol) pour obtenir des taux de charge du moteur (= consommation réelle / consommation théorique à puissance maximale) plus rentables (en général faibles, 29 % pour l’effeuillage et 28 % pour le travail du sol).

Par exemple : associer des outils (rognage + tonte ou rognage + inter-ceps).

Par campagne ?

  • PULVERISATION : 83 l / ha
  • TRAVAIL DU SOL : 57 l / ha
Consommations moyennes de carburant de différentes opérations pour une campagne.png


EN CAUSE :

  • Caractère énergivore du travail du sol
  • Nombre de passages élevé (10 en moyenne) et période de pulvérisation longue


SOLUTION :

Choisir le matériel adapté.

Par exemple :

  • Préférer un appareil à jets portés à la pulvérisation pneumatique : moins de consommation et de très bonnes performances techniques.
  • Ne pas oublier que les outils animés d’entretien des sols sont davantage consommateurs.


En bref

Pour mieux maîtriser ses consommations en carburant, agir en priorité sur les 4 postes :

  • Déplacements
  • Effeuillage
  • Travail du sol
  • Pulvérisation


Perspectives et travaux en cours

Rognage, désherbage mécanique, effeuillage sont des travaux dont la consommation en carburant est maintenant bien identifiée. Le travail se poursuit pour les autres opérations viticoles, notamment pour les vendanges et l’utilisation de tarière qui viendront compléter le panel.

Sur la base des références acquises, quelques pistes de réflexion pour la maîtrise des consommations en carburant se dessinent.

Il est donc conseillé :

  • d’adapter le choix de l’enjambeur à l’opération réalisée,
  • de prendre en compte la consommation engendrée par un outil lors de son achat (outils animés davantage consommateurs),
  • d’essayer de combiner les passages (exemple : rognage + tonte) et d’organiser différemment les chantiers (limiter les distances parcourues entre les parcelles),
  • d’augmenter la vitesse et la largeur de travail si cela est possible, mais jamais au détriment de la qualité du travail.

Sources

  • Projet « Elaboration de références sur les consommations de carburant en viticulture » associant les Chambres départementales d’Agriculture, la Fédération des CUMA de Bourgogne, le Vinipôle Sud Bourgogne et le BIVB.


Annexes