Lutte contre le vulpin et changement climatique
![]()
Au programme de ce webinaire, Lutte contre le vulpin et changement climatique : quelles stratégies adapter pour continuer à le maîtriser !
Webinaire animé par Marie Flament et Bastien Boquet, dans le cadre des projets Adventhurh et COPRAA.
En appui au webinaire : Arthur Quennesson et Simon Vandrisse
Lutte contre le vulpin et changement climatique : adapter les stratégies pour continuer à le maîtriser
Ce webinaire, organisé par Agrotransfert et présenté par Marie Flamand et Bastien Bocquet, fait le point sur la gestion du vulpin des champs, une adventice devenue problématique dans de nombreuses parcelles. Cette présentation s’appuie sur deux projets de recherche et développement : le projet “Adventure” (Hauts-de-France) et le projet “Copra” (échelle nationale), visant tous deux à gérer les adventices avec moins d’herbicides.
Biologie du vulpin : des fondamentaux en évolution
La germination d’une graine est le passage d’une graine inerte à une plantule, nécessitant une levée de dormance induite par un changement du milieu, souvent lié au travail du sol. La germination effective dépend ensuite de conditions de température et d’humidité (potentiel hydrique) spécifiques à chaque espèce.
Le vulpin se distingue par des exigences très peu restrictives :
- Température : Il germe avec une température du sol proche de 0°C.
- Humidité : Ses besoins en humidité sont relativement faibles par rapport à d’autres adventices automnales comme le géranium ou la gaillet gratteron.
- Persistance : La majorité des graines perdent leur capacité germinative au bout de trois ans en raison d’une enveloppe fine. Cependant, avec une production élevée (500 à 5 000 graines par plante), le stock semencier est renouvelé massivement chaque année.
Impact du changement climatique sur les périodes de levée
Le changement climatique modifie les dynamiques de levée du vulpin de deux manières principales :
- Températures plus douces : La température de base de germination est atteinte plus facilement, favorisant des levées précoces ou décalées.
- Variabilité hydrique : L’augmentation de l’évapotranspiration crée des “sécheresses agronomiques” imprévisibles.
Les travaux basés sur le modèle “Fleur” montrent que, contrairement à la courbe de référence traditionnelle (pics automnaux et printaniers marqués), le vulpin présente aujourd’hui des levées possibles toute l’année. Cette continuité affaiblit l’efficacité des leviers agronomiques classiques comme la rotation, le décalage de la date de semis ou le faux-semis, car le risque de levée persiste indépendamment de la période choisie.
Leviers de gestion agronomique : adapter les pratiques
Pour limiter l’infestation, il est nécessaire de combiner plusieurs leviers (évitement, atténuation et gestion du stock semencier) en les adaptant aux conditions de l’année :
- Faux-semis : Idéal en conditions humides pour déstocker les graines en surface avant l’implantation. En conditions sèches, le faux-semis risque de ne pas lever de dormance et d’être inefficace.
- Labour : En cas d’été et d’automne très secs, le labour peut être une solution de repli pour enfouir les graines en profondeur (au-delà de 7-8 cm) et éviter une levée massive dans la céréale, bien que cela soit moins favorable aux techniques de conservation des sols.
- Destruction des épis (Estimage) : L’estimage est une solution de rattrapage en fin de cycle. L’optimum se situe autour du 1er juin : il permet d’estimer environ 60% des épis avec une viabilité des graines inférieure à 10%. Un passage trop tardif (mi-juin) augmente le risque de viabilité des graines (30-40%).
- Ensilage : En cas d’échec de désherbage, l’ensilage précoce de la culture infestée permet d’exporter la biomasse et d’empêcher les graines de retourner au stock semencier.
- Succession de cultures de printemps : Le maintien de plusieurs cultures de printemps consécutives, couplé à un travail du sol intensif, permet de faire chuter le stock semencier de manière significative, le vulpin n’étant pas une espèce persistante à long terme.
Conclusion et outils d’aide à la décision
L’efficacité individuelle de chaque levier étant moindre face à la plasticité du vulpin, la réussite repose sur la combinaison des techniques et leur adaptation au contexte météo.
Pour aider les agriculteurs, l’outil Odera permet d’évaluer le risque adventice et d’agencer les leviers pour concevoir des systèmes de culture résilients. Le projet “Adventure” travaille également sur un nouvel outil d’appréciation du stock semencier basé sur l’historique des pratiques, afin d’anticiper les risques et de sécuriser la transition vers des pratiques plus durables.