Des pistes pour une destruction des couverts sans labour ni chimie

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Cette vidéo explore différentes solutions techniques pour détruire les couverts végétaux sans recours au labour ni aux herbicides chimiques. Plusieurs outils innovants sont présentés et testés, notamment le désherbeur électrique XPower, le cultivateur à rotor Quivogne, le Dina-Drive de la société Bonfanti et la gamme Trefle. Chaque machine présente des spécificités : l'électro-désherbage mise sur l'effet systémique jusqu'aux racines, tandis que les outils mécaniques comme le scalpeur ou le rouleau « crimper » (hacheur) privilégient le déracinement, le hachage des parties foliaires ou la création d'un mulch protecteur. L'expérimentation montre qu'il n'existe pas d'outil universel parfait ; l'efficacité dépend de la biomasse, des conditions pédoclimatiques et des réglages. Le choix dépendra finalement des objectifs de l'agriculteur, de la polyvalence souhaitée pour son exploitation et de ses contraintes économiques. Une analyse rigoureuse des débits de chantier et des capacités de destruction est essentielle pour réussir la transition vers ces pratiques agroécologiques.

auto_awesome
Résumé
Cette vidéo explore différentes solutions techniques pour détruire les couverts végétaux sans recours au labour ni aux herbicides chimiques. Plusieurs outils innovants sont présentés et testés, notamment le désherbeur électrique XPower, le cultivateur à rotor Quivogne, le Dina-Drive de la société Bonfanti et la gamme Trefle. Chaque machine présente des spécificités : l'électro-désherbage mise sur l'effet systémique jusqu'aux racines, tandis que les outils mécaniques comme le scalpeur ou le rouleau « crimper » (hacheur) privilégient le déracinement, le hachage des parties foliaires ou la création d'un mulch protecteur. L'expérimentation montre qu'il n'existe pas d'outil universel parfait ; l'efficacité dépend de la biomasse, des conditions pédoclimatiques et des réglages. Le choix dépendra finalement des objectifs de l'agriculteur, de la polyvalence souhaitée pour son exploitation et de ses contraintes économiques. Une analyse rigoureuse des débits de chantier et des capacités de destruction est essentielle pour réussir la transition vers ces pratiques agroécologiques.

Présentation des résultats d'essais sur "semer des couverts à la volée dans le précédent".


Intervenants : Romain Crignon (AGT-RT), Gaëtan Leborgne (CA 02)


Vidéo produite dans le cadre du projet "Multifonctionnalité des couverts d'interculture" piloté par Agro-Transfert Ressources et Territoires avec le soutien financier de l'Union Européenne (Feder) et du Conseil régional des Hauts-de-France.


Tournage réalisé à Saint-Pierre-Aigle (02) sur la plateforme d'essais "couverts d'interculture, apprendre à cultiver les services" par Pascal Bourson



Des pistes pour une destruction des couverts sans labour ni chimie

La gestion des couverts végétaux et des adventices sans recours au labour ni aux herbicides est un défi majeur pour l’agriculture durable. Cette présentation explore trois technologies innovantes testées pour leur efficacité, leur débit de chantier et leur impact sur la vie du sol.

Le désherbeur électrique XPower XP 300

Le XPower XP 300 (3 mètres de largeur) repose sur une technologie de traitement électrique.

  • Fonctionnement : La prise de force du tracteur alimente une génératrice produisant du courant triphasé (230V), converti ensuite par des transformateurs en courant continu haute tension (6 000 à 7 000 volts, 0,5 ampère). Ce courant est appliqué via des électrodes qui “frottent” la plante, assurant un effet systémique jusqu’aux racines.
  • Technique : L’outil possède deux rangées d’applicateurs positifs et une rangée arrière d’électrodes négatives pour fermer le circuit.
  • Performance : Le débit de chantier varie de 1 à 5 km/h selon la densité et le type de couvert. Les conditions optimales sont une plante humide sur un sol sec.
  • Avantages : Aucune perturbation du sol, préservation de la structure et de la vie biologique (validée par des tests Arvalis/INRAE).
  • Limites : L’effet visuel est différé (7 à 14 jours) et l’efficacité peut être réduite par “effet parapluie” lorsqu’une biomasse importante empêche le contact direct avec les strates inférieures.

L’outil de scalpage Kivi-Pekka

D’origine finlandaise, cet outil est conçu pour la gestion des vivaces (chardon, rumex, chiendent) et la destruction des couverts en conditions difficiles.

  • Fonctionnement : Il combine des socles scalpeurs (travail à plat sous le pivot des plantes) et un rotor arrière entraîné par la prise de force. Ce rotor projette la terre et les racines en l’air, séparant la terre de la matière végétale pour favoriser un séchage rapide.
  • Réglages : La vitesse de travail se situe entre 6 et 12 km/h. Pour la destruction des couverts, une vitesse de 6-7 km/h est recommandée pour optimiser l’arrachage.
  • Polyvalence : La profondeur de travail est contrôlée par des roues de jauge. L’outil s’adapte à différents types de socles selon les besoins (très plats pour le scalpage ou plus larges pour le brassage).
  • Points de vigilance : Limité dans les sols très caillouteux. Un couvert trop couché peut également limiter l’efficacité des socles, nécessitant un réglage précis de la vitesse.

Le rouleau DynaDrive et le système Treffler

La société Bonfort propose le DynaDrive, un outil “auto-animé” : le premier rotor entraîne le second via une chaîne duplex, augmentant ainsi la vitesse de travail et l’intensité du déracinement.

Parallèlement, la marque Treffler propose une approche combinée avec deux outils :

  1. Le rouleau Hacher (frontal) : Destiné à détruire la partie foliaire sans toucher au sol, favorisant un paillage (mulch) efficace.
  2. Le scalpeur (arrière) : Équipé de dents de nivellement et de trois rangées de dents de scalpage (22 cm), il assure une destruction complète du système racinaire.
  • Avantages de la combinaison : L’association du rouleau et du scalpeur permet d’obtenir un résultat excellent, même sur des couverts denses, tout en évitant les risques de repousse grâce au scalpage profond.
  • Bilan : Le passage du rouleau seul peut être suffisant en présence de biomasse importante, mais la combinaison avec le scalpeur reste la solution la plus robuste pour une destruction totale.

Conclusion et points clés pour le choix du matériel

Le choix d’un outil de destruction dépend de multiples facteurs :

  • Niveau de biomasse : Le rouleau Hacher est idéal pour les fortes biomasses, tandis que le scalpeur est indispensable pour les vivaces ou une destruction définitive.
  • Coût de chantier : Il est déterminé par le coût d’achat du matériel, sa largeur de travail, sa vitesse d’avancement et sa polyvalence (utilisation possible pour le travail du sol superficiel).
  • Pratiques culturales : L’adaptation au parc matériel et aux objectifs de l’exploitant (semis direct vs simplifié, gestion printanière ou automnale) est déterminante.

Il n’existe pas d’outil “parfait” universel. Chaque exploitation doit arbitrer entre l’efficacité mécanique, le coût opérationnel et le respect de la structure du sol selon son contexte pédoclimatique spécifique.