Comment semer des couverts avant la moisson ?
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Présentation des résultats d'essais sur l'optimisation de l'implantation du couvert.
Intervenants : Antoine Galland (Agro-Transfert RT) Romain Ioos (Alpha-Semences)
Vidéo produite dans le cadre du projet "Multifonctionnalité des couverts d'interculture" piloté par Agro-Transfert Ressources et Territoires avec le soutien financier de l'Union Européenne (Feder) et du Conseil régional des Hauts-de-France.
Tournage réalisé à Saint-Pierre-Aigle (02) sur la plateforme d'essais "couverts d'interculture, apprendre à cultiver les services" par Pascal Bourson
Comment semer des couverts avant la moisson ?
Le semis de couverts avant la récolte de la céréale précédente est une pratique particulièrement intéressante. Elle permet un gain de temps significatif grâce à des débits de chantier élevés et constitue un levier efficace pour réduire la charge de travail post-moisson en décalant certaines interventions. Cette méthode participe également à la réduction des charges de mécanisation liées à l’implantation des couverts. Enfin, ces semis précoces améliorent la productivité des couverts en augmentant la durée de végétation, profitant ainsi d’une période de jours longs et de sommes de températures élevées.
Règles de décision et réussite du semis
La faisabilité technique peut être un frein, c’est pourquoi il est essentiel de respecter certaines règles de décision, validées par trois années d’expérimentation dans le cadre du projet « Multifonctionnalité des couverts d’intercultures » :
- Proscrire les parcelles présentant une forte présence de [[dicotylédones vivaces]] au moment de la récolte.
- Assurer une bonne répartition des pailles et menues pailles lors de la moisson.
- Choisir des espèces et variétés adaptées : privilégier des variétés tardives (notamment pour les radis).
- Respecter le calendrier : semer moins de trois semaines avant la récolte.
- La patience est de mise : le couvert ne démarre réellement qu’après la première pluie significative suivant la récolte.
La problématique de la largeur d’épandage
Il est primordial de pouvoir projeter les semences sur la largeur souhaitée. Avec un épandeur centrifuge classique et des graines nues, il est impossible de dépasser une largeur de 28 mètres pour la plupart des semences de couverts (hormis les grosses graines). Des essais ont été menés pour comparer des méthodes permettant de dépasser cette largeur.
Méthode 1 : L’enrobage (ou « pellets »)
Cette technique consiste à coller les graines entre elles pour les alourdir. La confection des « pellets » se déroule en trois étapes :
- Dans une bétonnière au ralenti, mélanger les grosses graines (ex: vesces) avec un liant, comme de la mélasse (dose = Quantité de semences x 0,16).
- Une fois le mélange homogène, incorporer les petites graines (ex: phacélie, trèfle).
- Ajouter l’argile ou la farine pour enrober le tout (dose = Quantité de semences x 0,33), puis laisser sécher une journée sur une bâche ou une dalle en béton.
- Coût : Environ 25 centimes par kg de semences.
- Résultat : Les propriétés physiques des pellets sont proches de celles des engrais, permettant une répartition sur 24 à 40 mètres. Les essais montrent une production de 2,7 t/ha de matière sèche (MS) contre 1,8 t/ha pour le témoin, grâce à une meilleure homogénéité de la biomasse sur toute la largeur.
Méthode 2 : Matériel spécifique
Trois catégories de matériels existent :
- Distributeurs sous la barre de coupe : Permettent de tout faire en un seul passage, mais nécessitent une organisation rigoureuse et une gestion précise des pailles.
- Semoirs spécifiques avec rampes : À l’image des outils développés par Alpha Semences ou le modèle « Maxi Couvre », ces semoirs utilisent une trémie centrale et des rampes de soufflerie pour couvrir 24 à 40 mètres. Ils permettent des débits de chantier très rapides (6 à 35 ha/h) et peuvent parfois servir pour le semis sous couvert au printemps.
- Montage sur pulvérisateur : Il est possible de monter de petits semoirs centrifuges sur les rampes de pulvérisateurs pour limiter les coûts.
Conclusion
Le semis avant moisson est une technique viable qui permet d’atteindre des niveaux de biomasse élevés. La qualité du travail est cependant intimement liée à l’utilisation de semoirs spécifiques ou à la technique de « pellets » de graines, seules méthodes garantissant une répartition homogène sur de grandes largeurs et évitant ainsi le semis en bandes.