SEMIS DIRECT ET ÉLEVAGE DE BREBIS - Chambre d'agriculture de la Dordogne
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Vidéo réalisée par la chambre d'agriculture de Dordogne, merci à eux pour l'aimable autorisation de remise en ligne :https://www.youtube.com/user/ChambAgriDordogne
Présentation de l’exploitation
Adrien Rixe est agriculteur sur l’exploitation du GAEC des Saints, avec trois associés : Patrick Aussel et Sabine Monaco, qui a rejoint l’exploitation récemment.
Il s’agit d’une exploitation de polyculture-élevage située sur la commune de Marcillac-Saint-Quentin, au nord de Sarlat, en Dordogne.
L’exploitation comprend :
- 800 brebis
- deux races de brebis : des Romane et des brebis de race Lacaune
- 8 hectares de noyers en bio
- une surface totale d’environ 125 hectares
- dont 25 hectares de cultures
- le reste en prairies naturelles et prairies temporaires
- ainsi que 8 hectares de luzerne
L’exploitation est en certification HVE niveau 3 depuis maintenant trois ans.
Les sols sont décrits comme des sols assez légers et assez superficiels.
Le passage au sans labour
Le travail sans labour a commencé en 2009. C’est Patrick Aussel qui a démarré cette démarche.
Au départ, ce changement répondait à une contrainte administrative'. Le secteur étant passé en zone vulnérable, l’exploitation avait l’obligation d’implanter des couverts végétaux entre deux cultures.
À partir de là, les associés ont cherché à en tirer des bénéfices. Ils se sont rendu compte que ces couverts végétaux pouvaient devenir une ressource fourragère pour les animaux.
Cette évolution repose aussi sur une prise de conscience concernant le sol. Selon Adrien Rixe, le labour dégradait le fonctionnement du sol :
- perte de fertilité
- dégradation de la structure
- besoin croissant d’intrants
- besoin de davantage d’eau pour obtenir les mêmes résultats qu’auparavant
Le cheminement technique a été le suivant :
- arrêt du labour en 2009
- passage en techniques culturales simplifiées
- puis évolution vers le semis direct
Les associés ont également suivi des formations pour accompagner cette transition.
Le matériel et le travail en groupe
Cette année, l’exploitation a fait l’acquisition d’un semoir, avec les membres du GIEE. Ce travail collectif a accompagné la progression vers le semis direct.
Adrien Rixe explique que le groupe lui a permis d’aller plus loin, notamment sur les questions d’économie et de réduction des coûts.
L’objectif d’autonomie alimentaire et protéique
L’un des objectifs majeurs de l’exploitation est de gagner en autonomie alimentaire.
L’exploitation était déjà autonome en :
- fourrages
- énergie
Autrement dit, elle produisait suffisamment de foin et de céréales sur place.
En revanche, elle restait dépendante pour la protéine. Il fallait acheter des tourteaux de :
- soja
- colza
Ces achats servaient à l’alimentation des animaux, notamment pour :
- l’engraissement des agneaux
- la préparation des brebis à la lactation
- la période de lactation
Le travail engagé dans le groupe a donc porté sur les thèmes de l’autonomie protéique et de l’autonomie alimentaire.
La place de la luzerne
Un changement important sur l’exploitation a été l’implantation de luzerne.
Cette luzerne est distribuée aux brebis :
- en préparation à la lactation
- en lactation
Elle est également récoltée en vert.
Pour Adrien Rixe, c’est un levier important pour renforcer l’autonomie alimentaire de l’élevage.
L’intérêt des surfaces de parcours et des vergers
L’exploitation bénéficie aussi de surfaces extérieures qui participent à cette autonomie. Il s’agit de surfaces que les associés ne tardent pas à mobiliser pour le pâturage, en particulier des vergers appartenant à des producteurs locaux.
Ces producteurs demandent à l’exploitation d’entretenir leurs vergers. Pour le GAEC, ces surfaces représentent une ressource très importante.
Elles permettent de sortir une partie des animaux de l’exploitation pendant une partie de l’année. Aujourd’hui, sur environ six mois de l’année, il est possible de déplacer plus de 400 animaux sur ces surfaces.
L’intérêt est aussi économique : l’alimentation issue de ces parcours ne coûte pratiquement rien, en dehors du travail nécessaire pour installer les clôtures.
La valorisation des produits
Les produits de l’exploitation sont valorisés autant que possible en vente directe ou en circuits de proximité.
Cela concerne :
- les agneaux
- les noix
Les noix biologiques sont commercialisées notamment auprès de :
- grandes surfaces
- boulangeries
- magasins de producteurs
- différents magasins locaux
Une bonne partie des agneaux est également commercialisée, notamment par l’intermédiaire d’un prestataire et de particuliers.
Toutes les démarches engagées sur l’exploitation servent aussi à mieux communiquer de façon positive sur :
- les produits
- la manière de travailler
- les pratiques mises en place
Le pâturage tournant dynamique
Parmi les autres solutions mises en place pour diminuer les charges alimentaires, l’exploitation a adopté le pâturage tournant dynamique.
Le principe est de faire pâturer les animaux :
- avec un fort chargement instantané
- sur une petite surface
- pendant un temps très court
Les animaux restent sur la même parcelle pendant deux à trois jours maximum, puis ils sont déplacés rapidement.
Ils ne reviennent sur la parcelle qu’après un temps de repos suffisant, de l’ordre de 20 à 24 jours.
Cet outil permet notamment de faire de grosses économies au printemps, toujours avec l’objectif de réduire les coûts, en particulier sur le plan protéique.
Le semis direct dans les couverts
Adrien Rixe indique que c’est la première année où l’exploitation sème véritablement en direct dans les couverts. Cet axe est encore en développement.
L’idée centrale reste de toujours chercher à améliorer la fertilité du sol.
Le semis direct n’est donc pas seulement présenté comme une technique culturale, mais comme une démarche globale de préservation et d’amélioration du fonctionnement du sol.
Une démarche de transmission
En conclusion, Adrien Rixe souligne que cette transition répond aussi à un besoin et à un devoir de transmission.
Pour lui, tout ce qui a été mis en place aujourd’hui doit pouvoir être transmis aux générations à venir, à celles qui devront s’installer demain.
Il exprime aussi une motivation personnelle : ayant des enfants, il souhaite leur laisser :
- un environnement
- un outil de travail
- et, pourquoi pas, la possibilité de s’installer à leur tour.