Portrait de ferme : GAEC de la Brive

De Triple Performance
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UNE TRANSITION RADICALE VERS LA MONOTRAITE

Situé à 600 mètres d’altitude dans le sud du département de l’Ain, le GAEC de la Brive est géré par un couple installé depuis janvier 2023. Sur cette exploitation de 90 hectares, le choix de la monotraite n’a pas été une simple adaptation technique, mais une véritable philosophie de vie adoptée dès le 20 février 2023.

Romain et Noélie sont passés brutalement d’un système classique à une seule traite par jour. Un soir, ils ont simplement décidé de ne plus traire. Ce choix leur a permis de privilégier la santé du troupeau, le pâturage et leur propre qualité de vie.

Si le changement de rythme de traite fut immédiat, la transition alimentaire s’est faite progressivement : les éleveurs ont supprimé les tourteaux et les aliments du commerce (VL), puis ont totalement arrêté l’ensilage au profit d’un système 100% herbe (pâturage, foin et enrubannage).


CONDUITE DE LA TRAITE

La traite est réalisée dans une salle de traite en épis avec 2x4 postes équipés de décrochage automatique, permettant un travail fluide et peu contraignant. Dans la continuité de leur logique de simplification, les éleveurs ont choisi d'effectuer l’unique traite quotidienne à 6h du matin. Cette organisation leur permet de libérer l’ensemble de la journée pour les autres travaux de l’exploitation, tout en conservant un rythme de travail régulier.

Au total, la traite dure environ une heure pour l’ensemble du troupeau. Comme ils se relaient, chacun ne réalise que quelques traites par semaine, ce qui représente entre 3 et 4 heures de travail hebdomadaire par personne au niveau de la traite. Ce fonctionnement allégé correspond pleinement à leur manière de travailler aujourd’hui, où le gain de temps et la souplesse d’organisation occupent une place centrale.


RÉSULTATS LAITIERS ET COMMERCIALISATION

Le troupeau de 35 vaches laitières composé principalement de race Montbéliardes et de quelques Jersiaises, ainsi que des croisements Jersiaise X Prim’Holstein et Jersiaise X Montbéliarde, produit en moyenne 3500 litres de lait par vache et par an (en 2022, 7200 litres de lait par vache et par an étaient produits avec le cédant pour un troupeau de 30 vaches.)

  • Qualité du lait : Le passage à la traite unique a provoqué une montée initiale des cellules, mais la situation s’est stabilisée et améliorée dès le printemps suivant. Aujourd’hui, en termes de composition, le lait produit affiche une Matière Protéique de 35,4g/L et une Matière Grasse de 46,4g/L, avec un taux de cellules moyen de 240 000/mL, contre 33,3 g/L de Matière Protéique, 39,1 g/L de Matière Grasse et 180 000 cellules/mL en 2021 avec le cédant.
  • Santé de la mamelle : Le GAEC n’a observé que 2 à 3 mammites par hiver. Le fait que les vaches ne rentrent en aire paillée que la nuit (avec des sphincters fermés car la traite a eu lieu le matin) limite les infections.
  • Circuit de commercialisation : L’intégralité du lait est vendue à Biolait sous le label BIO, avec un prix de base d’environ 450€ les 1000 litres pour la campagne 2025.


GESTION DE LA SAU ET DU PÂTURAGE

L'exploitation s’étend sur une SAU de 90 hectares, tous situés sur la commune.

  • Répartition de la surface : 3 hectares de céréales (triticale) pour l’autoconsommation, 15 hectares de prairies temporaires et 72 hectares de prairies permanentes.
  • Sols et composition des prairies : Les sols sont majoritairement caillouteux. Autour du bâtiment des vaches laitières, ils sont plutôt limono-argileux à limono-sableux. Les prairies de fauche sont composées d’un mélange de graminées (dactyle, fétuque, ray-grass anglais) et de légumineuses (luzerne, trèfles). Les prairies pâturées sont plus simples, dominées par le ray-grass anglais et le trèfle.
  • Production des prairies : Les prairies temporaires produisent entre 4 et 11 tonnes de matière sèche par hectare, alors que les prairies permanentes sont plutôt entre 2 et 8 tonnes.
  • Pâturage : Les vaches sont dehors toute l’année, soit 365 jours. Le pâturage représente environ 75 % de la ration annuelle. Cette gestion du pâturage est appliquée à tous les lots d’animaux présents sur la ferme, ce qui en fait un élément central du système.
  • Organisation du pâturage : Les éleveurs pratiquent le pâturage au fil avec une surface d’environ 1 are par vache et par jour. Les animaux doivent parcourir entre 1,5 et 1,7 km pour rejoindre les parcelles les plus éloignées.
  • Accès à l’eau : Un réseau d’eau enterré alimente une grande partie des pâtures. Sur les 40 hectares pâturés, 32 hectares sont équipés de bacs. Pour les parcelles les plus éloignées, l’eau est apportée à l’aide de tonneaux.


REPRODUCTION ET SANTÉ DU TROUPEAU

La monotraite a un impact direct sur la morphologie et la fertilité des animaux :

  • Etat corporel : Les vaches sont plus grasses car elles sont moins sollicitées par la production laitière.
  • Fertilité : Elle est jugée meilleure depuis le passage en monotraite.
  • Gestion des vêlages : Le GAEC pratique deux groupements de vêlage, un au printemps et un autre en automne. Cela permet de mieux s’adapter à l’herbe disponible. Le but étant que les vaches aient le plus de besoins au moment où l’herbe pousse le plus, donc au printemps et un peu à l’automne.
  • Technique : L’insémination artificielle est utilisée pour les vaches, tandis que la monte naturelle est privilégiée pour les génisses, car il est difficile de détecter leurs chaleurs en plein air intégrale.


IMPACTS ÉCONOMIQUES

L’analyse économique du GAEC montre un modèle avec très peu d’intrants, particulièrement efficace. En compensant la baisse de production laitière par une réduction importante des charges opérationnelles et une optimisation du temps de travail, l’exploitation dégage une rentabilité solide.

Synthèse de la performance économique de l'exercice 2024
Indicateurs Valeurs (en €) Oservations
Produits d'exploitation 156 049€ Soutenus par les aides BIO et les ventes d’animaux
Charges d'exploitation 112 369€ Inclut 36 000€ de rémunération pour les associés
Excédent Brut d'Exploitation (EBE) 65 061€ 41,7% du produit total
Résultat de l'éxercice 42 850€ Bénéfice net après rémunération et amortissements


Un système diversifié :

Malgré une production laitière modérée (3 500 L/VL/an), le produit total reste élevé grâce à la valorisation du système bio et de la viande.

  • Ventes de lait : 47 490€ (via Biolait, avec un prix de base à 450€/1 000L en 2025)
  • Ventes d’animaux : 18 880€, incluant la réforme des vaches et la vente de veaux. Les éleveurs ont observé que les vaches de réforme représentent un état d’engraissement légèrement supérieur qu’en bitraite, car elles sont moins sollicitées pour la production laitière et d’autant plus en fin de carrière.
  • Subventions : 76 127€, soit 48,8% du produit total. Les aides jouent un rôle sécurisant, crucial dans ce système extensif.


Analyse des charges :

Le passage à la monotraite et au 100% herbe a permis de réduire les coûts de manière importante.

  • Alimentation du bétail : Les charges alimentaires sont aujourd’hui extrêmement faibles, avec seulement 1498€ par an. Ce résultat s’explique par l’arrêt total des concentrés (tourteaux et aliments du commerce) ainsi que de l’ensilage. Le système repose désormais presque entièrement sur l’herbe produite sur les 90 hectares de SAU, ce qui rend l’exploitation largement autonome. A titre de comparaison, ces mêmes charges s’élevaient à environ 35000€ par an avec le cédant, illustrant l’ampleur du changement engagé.
  • Frais d’élevage : Les frais vétérinaires et produits de reproduction sont limités à environ 2 066€ par an, confirmant la meilleure santé globale du troupeau en monotraite.
  • Energie et carburants : 3 313€ (carburants stockés, achetés et conservés sur l’exploitation) + 1 697€ (carburants non stockés, consommés directement sans stockage) par an, reflétant la faible mécanisation nécessaire pour un système 100% pâturage.
  • Structure : Les amortissements s’élèvent à 22 586€, ce qui représente un niveau d'investissement maîtrisé.


Efficacité du travail et rentabilité humaine :

  • Rémunération : L’exploitation génère 36 000€ de prélèvements privés (rémunération des associés) tout en dégageant un bénéfice supplémentaire de 42 850€.
  • Productivité horaire : Avec seulement 30h de travail par semaine par UTH, le revenu généré par heure travaillée est largement supérieur à la moyenne des systèmes en double traite.
  • Charges sociales : 6 661€ pour les deux exploitants.


Points clés de l’analyse :

  • Résilience : Le système est peu exposé à la charge des prix des matières premières (engrais, aliments) car il n’en achète presque plus.
  • Marge de manœuvre : La baisse de production laitière brute est ‘’compensée’’ par la réduction massive des charges et une qualité de vie incomparable.


OBJECTIFS ET ÉVOLUTIONS À VENIR

Le GAEC de la Brive souhaite encore simplifier son système :

  • Vêlage 100% au printemps : À long terme, l’objectif est de ne plus traire du tout durant l’hiver.
  • Valorisation maximum des prairies : Possibilité d’envisager un passage au 100% herbe, en supprimant totalement la production de céréales.
  • Infrastructures : Construction d’un hangar pour stocker les 250 à 300 bottes de foin nécessaires, afin d’éviter le stockage extérieur sous bâche.
  • Remplaçabilité : L’objectif ultime reste de rendre la ferme la plus simple possible pour faciliter les remplacements et maximiser la liberté des éleveurs.

En conclusion, le GAEC de la Brive montre que la monotraite, intégrée à un système bio 100% herbe, permet de compenser la baisse de production par une forte réduction des charges. Ce modèle assure une bonne rentabilité, une meilleure santé du troupeau et une qualité de vie nettement améliorée pour les éleveurs. En conclusion, le GAEC de la Brive montre que la monotraite, intégrée à un système bio 100% herbe, permet de compenser la baisse de production par une forte réduction des charges. Ce modèle assure une bonne rentabilité, une meilleure santé du troupeau et une qualité de vie nettement améliorée pour les éleveurs.En conclusion, le GAEC de la Brive montre que la monotraite, intégrée à un système bio 100% herbe, permet de compenser la baisse de production par une forte réduction des charges. Ce modèle assure une bonne rentabilité, une meilleure santé du troupeau et une qualité de vie nettement améliorée pour les éleveurs. En conclusion, le GAEC de la Brive montre que la monotraite, intégrée à un système bio 100% herbe, permet de compenser la baisse de production par une forte réduction des charges. Ce modèle assure une bonne rentabilité, une meilleure santé du troupeau et une qualité de vie nettement améliorée pour les éleveurs.