Indice de Fréquence de Traitement (IFT)

De Triple Performance
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L’IFT (Indice de Fréquence de Traitement) indique la pression phytopharmaceutique sur une culture, une parcelle ou encore une exploitation. Il permet de mesurer l’intensité du recours aux produits phytopharmaceutiques sur une succession culturale.

Il est utilisé en France depuis 2007.

IFT au champ

IFT = (DA / DR) x PST avec :

  • DA : Dose Appliquée sur la surface traitée
  • DR : Dose de Référence
  • PST : Proportion de Surface Traitée

Remarques :

  • Lorsqu’un mélange de deux produits est appliqué en un seul passage, il compte pour deux traitements.
  • Chaque application est considérée comme un traitement, y compris quand un produit est utilisé en doses fractionnées.
  • S’il n’existe pas de dose de référence, l’IFT vaut 1.

Certains traitements au champ ne sont pas pris en compte :

Traitements exclus Grandes cultures Canne à sucre Arboriculture Vigne Cultures légumières Horticulture
Rodenticides x x x x x
Répulsifs, taupicides x x x x x x
Dévitalisation des souches x x x x

x signifie que le traitement n’est pas pris en compte dans le calcul de l’IFT

Doses de référence

Il existe deux types de doses de référence :

  • celles définies pour chaque produit, culture et cible pouvant être visés par le traitement. Cette dose de référence à la cible correspond à la dose homologuée.
  • celles définies pour chaque produit et culture, les doses de référence à la culture correspondent à la plus petite dose de référence à la cible définie pour le produit et la culture correspondante.

Les doses de référence à la cible permettent de calculer un IFT plus proche de la réalité.

IFT semences et bulbes avant plantation

IFTTraitement semences unitaire= DA/DR x PST x Proportion semences traitées

Pour calculer l’IFT qui concerne le traitement des semences, il faut sommer les valeurs d’IFT de chaque traitement de semences unitaire sur la culture ou l’unité spatiale considérée.

De nouveau, si la dose de référence n’est pas connue, l’IFT vaudra 1.

Traitement des plants avant plantation

  • Si l’exploitant est producteur de plants, l’IFT se détermine selon la méthode de traitement au champ.
  • S’il se fournit en plants déjà traités, l’IFT se calcule selon la méthodologie décrite pour les semences et bulbes.

Calculateur

Pour calculer précisément l’IFT il faut :

  1. Préciser le nom commercial complet de chaque produit.
  2. Attribuer la cible principale de chaque intervention.
  3. Mentionner les doses appliquées ou préciser les volumes de bouillie pulvérisés par ha.
  4. Être le plus précis possible sur les surfaces traitées.
  5. Ne pas confondre doses appliquées et doses préparées.

Limites de l’IFT

L’IFT n’est pas une mesure de risque.

Il rend compte de l’intensité d’utilisation des produits phytopharmaceutiques mais ne qualifie pas le risque qu’ils représentent pour l’utilisateur et l’environnement.

L’IFT ne rend pas compte de la toxicité des produits

Pour bien comprendre, on peut imaginer un IFT pour comparer deux traitements médicaux :

  • Le premier est basé sur du doliprane : à 4 comprimés d’1g par jour, soit la dose maximale, on a un IFT de 1.
  • Le second pour une chimio : à un cinquième de la dose maximale, on a un IFT de 0,2.

On voit bien dans cet exemple à quel point le chiffre n’est pas représentatif de l’impact du traitement. Pire, l’IFT est consolidé au niveau du système, dans le cas présent on aurait donc un IFT de 1,2 ce qui ne dit absolument rien de ce qui se passe dans ce traitement.

Les doses de référence changent d’une année à l’autre.

Les doses maximales ne sont pas constantes dans le temps - de ce fait, un IFT de 1 devient un IFT de 1.5 l’année suivante, alors que la quantité appliquée reste la même (et inversement, une baisse de la quantité appliquée peut ne pas se voir car masquée par une baisse de la dose maximale).

Les doses de références ne sont pas les mêmes d’une culture à l’autre.

Les doses de références sont liées au produit et au besoin de la culture par rapport à l’objectif du produit concerné. Deux IFT équivalents peuvent donc indiquer des réalités différentes, même quand il s’agit des mêmes produits.

Limiter l’IFT pousse les agriculteurs à baisser les doses des produits ce qui peut être contre-efficace.

Dans certains cas, il vaut mieux ne pas appliquer de produit ou l’appliquer à pleine dose que d’appliquer des demi-doses. En effet, en diminuant la dose, on risque de ne pas venir à bout du ravageur ciblé par le produit, et donc de stimuler la survie de ravageurs résistants (adventices, insectes).

Voir aussi

D’autres indicateurs permettent de mieux préciser l’impact toxicologique ou sur le sol : EIQ, STIR, etc… Au niveau macro, l’indicateur HRI1 cherche aussi à pondérer un peu mieux l’impact sur les volumes.

Sources