Chardon : biologie et leviers de lutte en réduisant les herbicides, Jeanne Delsaut (AgroTransfert)

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Dans cette vidéo, Jeanne Delsaut (AgroTransfert) présente les spécificités biologiques du chardon, une vivace persistante se propageant majoritairement par ses racines, capables de s'étendre horizontalement et de repousser à partir de fragments d'à peine 1 cm. La clé de la lutte réside dans l'épuisement de ses réserves racinaires en intervenant au « point de compensation », période où l'énergie de la plante est à son plus bas niveau. Pour réduire l'usage des herbicides tout en maîtrisant l'infestation, Jeanne Delsaut souligne l'importance de la prophylaxie et de l'utilisation de nouvelles technologies, comme le guidage par drone pour localiser les foyers et cibler les traitements. En agriculture biologique, le scalpage mécanique avec des outils à dents larges et l'insertion de cultures concurrentielles, comme la luzerne, s'avèrent des leviers essentiels. En combinant ces méthodes agronomiques et une gestion réfléchie à l'échelle de la rotation, il est possible de diminuer significativement la pression des chardons.

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Résumé
Dans cette vidéo, Jeanne Delsaut (AgroTransfert) présente les spécificités biologiques du chardon, une vivace persistante se propageant majoritairement par ses racines, capables de s'étendre horizontalement et de repousser à partir de fragments d'à peine 1 cm. La clé de la lutte réside dans l'épuisement de ses réserves racinaires en intervenant au « point de compensation », période où l'énergie de la plante est à son plus bas niveau. Pour réduire l'usage des herbicides tout en maîtrisant l'infestation, Jeanne Delsaut souligne l'importance de la prophylaxie et de l'utilisation de nouvelles technologies, comme le guidage par drone pour localiser les foyers et cibler les traitements. En agriculture biologique, le scalpage mécanique avec des outils à dents larges et l'insertion de cultures concurrentielles, comme la luzerne, s'avèrent des leviers essentiels. En combinant ces méthodes agronomiques et une gestion réfléchie à l'échelle de la rotation, il est possible de diminuer significativement la pression des chardons.

En septembre 2024, l'association AgroTransfert-RT organise une journée de retour sur le projet Adventurh sur l'exploration de nouvelles voies pour maitriser les adventices. Ici, Jeanne Delsaut nous aide à comprendre le chardon en nous présentant sa biologie, puis nous explique les leviers testés pour le maitriser tout en réduisant l'utilisation des herbicides.

Par ici pour en savoir plus sur Agrotransfert : https://www.agro-transfert-rt.org

Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet CONSERWA, pour valoriser les résultats du projet Adventurh mené par AgroTransfert-RT, avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/



Biologie et cycle de développement du chardon

Le chardon des champs est une plante vivace qui se multiplie par ses racines et, dans une moindre mesure, par ses graines. Contrairement aux idées reçues, les graines ne jouent qu’un rôle mineur dans l’infestation des parcelles (environ 3 à 5 %). La dissémination se fait majoritairement par le système racinaire, qui peut s’étendre horizontalement jusqu’à 2 mètres par an et descendre jusqu’à 6 mètres de profondeur.

Le chardon stocke ses réserves énergétiques dans ses racines. Son cycle de développement se décompose comme suit : - Émergence et rosette : La plante puise dans ses racines pour sortir et développer ses premières feuilles. - Point de compensation : Lorsqu’il atteint environ 6 à 8 feuilles, le chardon dispose de suffisamment de surface foliaire pour réaliser la photosynthèse. Il arrête de puiser dans ses racines pour recommencer à y stocker de l’énergie. - Stade bourgeon floral : C’est la phase la plus énergivore. La plante mobilise massivement ses réserves pour produire des fleurs. C’est à ce moment précis que le stock racinaire est au plus bas. - Floraison et dormance : Après la floraison, le chardon recommence à stocker de l’énergie en prévision de l’hiver et de la dormance.

Stratégies de lutte et leviers de réduction des herbicides

Prophylaxie et mesures préventives

La lutte commence par des mesures préventives pour limiter l’introduction et la propagation :

  • Surveillance : Inspecter les semences, les fumiers et les bordures de parcelles.
  • Gestion des bordures : Empêcher le chardon de monter à graine et travailler les bordures pour éviter qu’il ne colonise le centre de la parcelle.
  • Hygiène du matériel : Nettoyer les outils (scalpeurs, etc.) avant de passer d’une parcelle à une autre pour éviter le transport de fragments de racines, capables de repousser à partir de 1 cm.

Lutte chimique raisonnée

L’utilisation d’herbicides (systémiques, hormones, glyphosate) vise à détruire la partie aérienne et à limiter les réserves racinaires. Cependant, Jeanne Delsaut souligne l’intérêt de la lutte localisée via les nouvelles technologies :

  • Guidage par drone et intelligence artificielle : Cette technologie permet de cartographier précisément les foyers de chardons.
  • Modulation de pulvérisation : Plutôt que de traiter toute la parcelle, on cible uniquement les zones identifiées. Cela permet une réduction significative des IFT (de l’ordre de 1,4 par hectare) et une économie de produits phytosanitaires (50 à 90 %).
  • Répétitivité : La clé du succès n’est pas une application unique, mais une lutte répétée sur plusieurs années pour épuiser le stock de rhizomes.

Lutte mécanique (sans herbicide)

Dans les systèmes bio ou en réduction d’intrants, le travail mécanique est privilégié :

  • Outils de scalpage : Utilisation d’outils à dents droites équipés d’ailettes avec un recouvrement d’au moins 30 %.
  • Conditions d’intervention : Il est impératif d’intervenir par temps chaud et sec pour favoriser le dessèchement des racines et éviter la repousse des fragments.
  • Fréquence : Au moins trois passages sont recommandés pour épuiser la plante efficacement.

Leviers agronomiques à l’échelle de la rotation

La gestion du chardon doit s’intégrer dans la rotation culturale :

  • Cultures printanières : Elles offrent des fenêtres d’intervention idéales pour effectuer les passages de scalpage avant l’implantation.
  • Plantes concurrentielles : L’implantation de cultures couvrantes, comme la luzerne, est très efficace. Avec son enracinement profond (jusqu’à 8 mètres), elle entre en concurrence directe avec le chardon pour l’eau et les éléments nutritifs. Trois ans de luzerne permettent souvent de nettoyer durablement une parcelle infestée.