AtelierJardinForêt : de l'idée au projet

De Triple Performance
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Dans cet épisode des Ateliers Jardin Forêt, consacré au thème « de l’idée au projet », l’intervenant montre combien les objectifs orientent concrètement la conception d’un jardin-forêt. En s’appuyant sur les travaux de Candela Vargas Poveda (2016), il présente une typologie de projets selon plusieurs finalités, dont quatre sont détaillées ici : environnementale, productive, sociale et pédagogique. Chaque objectif implique des choix spécifiques de design, de plantes, d’infrastructures et de gestion : forte densité et libre évolution pour l’environnement, organisation plus simple et fonctionnelle pour la production, espaces de rassemblement pour les projets sociaux, ou encore dispositifs lisibles et démonstratifs pour la pédagogie. L’atelier souligne aussi les forces et limites de chaque orientation : financement, gouvernance, transmission, ou manque de références technico-économiques. Conclusion : un jardin-forêt peut combiner plusieurs fonctions, mais il gagne à reposer sur un objectif principal clairement défini.

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Résumé
Dans cet épisode des Ateliers Jardin Forêt, consacré au thème « de l’idée au projet », l’intervenant montre combien les objectifs orientent concrètement la conception d’un jardin-forêt. En s’appuyant sur les travaux de Candela Vargas Poveda (2016), il présente une typologie de projets selon plusieurs finalités, dont quatre sont détaillées ici : environnementale, productive, sociale et pédagogique. Chaque objectif implique des choix spécifiques de design, de plantes, d’infrastructures et de gestion : forte densité et libre évolution pour l’environnement, organisation plus simple et fonctionnelle pour la production, espaces de rassemblement pour les projets sociaux, ou encore dispositifs lisibles et démonstratifs pour la pédagogie. L’atelier souligne aussi les forces et limites de chaque orientation : financement, gouvernance, transmission, ou manque de références technico-économiques. Conclusion : un jardin-forêt peut combiner plusieurs fonctions, mais il gagne à reposer sur un objectif principal clairement défini.

Faire un jardin forêt ça vous dit ? Vous êtes de plus en plus nombreux à en planter, en planifier, à partager ce mouvement. On fait des jardins forêt pour de nombreuses raisons, toutes aussi bonnes les unes que les autres.


C'est un mouvement qui nous vient de l'Angleterre des années 80, et il y a une première série de retours terrain sur les différents objectifs que l'on peut attendre d'un jardin forêt. Et surtout sur ce qu'un objectif implique pour ce type de système. En effet un jardin forêt à dominante pédagogique ou pour une production agricole seront différents. Par les contraintes que chaque objectif apporte au système.


Ce sont de ces tendance, ces lignes de forces impulsées par les différents objectifs d'un jardin forêt que nous parlerons.


Pour aller plus loin, formez-vous avec Maxime Leloup et Mathieu Foudral !

https://formation.verdeterreprod.fr/courses/concevoir-un-jardin-foret-agricole-de-l-idee-au-projet


Introduction

Dans cet épisode des Ateliers jardin forêt, il est question du passage de l'idée au projet, et plus précisément du lien entre les objectifs d’un jardin-forêt et sa conception sur le terrain.

L’exemple montré au début de la vidéo est celui d’un design de système hollandais à vocation agricole. On y remarque une forme très particulière de l’aménagement, avec de nombreux alignements, aussi bien dans les chemins que dans les plantations. Cette forme n’est pas due au hasard : elle résulte d’une réflexion menée à partir des objectifs attribués au système. Autrement dit, la forme du jardin-forêt est le résultat d’un processus de conception, lui-même fortement déterminé par les objectifs du projet.

L’idée centrale de cette présentation est donc la suivante : dans un projet de jardin-forêt, les objectifs occupent une place absolument cruciale. Ils orientent la conception, la mise en œuvre, les choix de plantes, l’organisation spatiale, les infrastructures, la gestion du sol, et plus largement le fonctionnement du système.

Une typologie des objectifs de jardin-forêt

La présentation s’appuie sur le travail de Candela Vargas Poveda, publié en 2016. Pour réaliser cette étude, elle a passé plusieurs mois en Angleterre, fin 2015, à visiter de nombreux sites et à rencontrer de nombreux porteurs de projet. Son objectif était d’analyser différents jardins-forêts à l’aide d’une grille de lecture portant notamment sur :

  • les dimensions sociales des systèmes ;
  • les choix de plantes ;
  • l’organisation spatiale ;
  • les infrastructures présentes ;
  • la gestion du sol ;
  • les forces et les défis des différents types de jardins-forêts.

À partir de ce travail, elle a proposé une typologie théorique des jardins-forêts, organisée comme une roue comportant six grands objectifs possibles :

  • la production ;
  • la pédagogie ;
  • le thérapeutique ;
  • l’environnemental ;
  • le social ;
  • le loisir.

Dans la réalité, un jardin-forêt n’a presque jamais un seul objectif exclusif. Il combine souvent plusieurs finalités. En revanche, lorsqu’un système fonctionne bien, on observe souvent qu’un objectif principal domine et oriente les autres.

Pour chacun de ces objectifs, Candela Vargas Poveda distingue également deux polarités :

  • une orientation vers l’intérieur du système, par exemple produire pour soi ;
  • une orientation vers l’extérieur du système, par exemple produire pour d’autres dans un cadre commercial.

La vidéo se concentre sur quatre de ces objectifs :

  • l’objectif environnemental ;
  • l’objectif productif ;
  • l’objectif social ;
  • l’objectif pédagogique.

La question de la performance

Avant d’entrer dans le détail, une question générale est soulevée : un système peut-il réellement atteindre les objectifs qu’on lui attribue ? Est-il performant ?

Le travail de Candela Vargas Poveda ne portait pas directement sur cette question de la performance. D’autres travaux existent, mais ce n’est pas le sujet de cette présentation. Ici, l’accent est mis sur la partie amont du projet : la relation entre les objectifs, le projet et la conception.

L’objectif environnemental

Pourquoi faire un jardin-forêt pour l’environnement ?

Un jardin-forêt peut être conçu avec une finalité environnementale, à la fois à l’échelle locale et à l’échelle globale.

Au niveau local, il peut contribuer :

  • au maintien de la biodiversité ;
  • à l’assainissement de l’eau et de l’air ;
  • à la régulation de la température.

Au niveau global, même s’il s’agit d’un système ponctuel, il interagit avec le système plus vaste dans lequel il s’insère. Il peut alors participer :

  • à la régulation du climat ;
  • à la régulation hydrologique du bassin versant ;
  • à d’autres fonctions écologiques à grande échelle.

Caractéristiques de conception et de gestion

Dans les jardins-forêts à vocation environnementale, plusieurs traits ressortent de manière récurrente.

D’abord, il y a généralement beaucoup moins d’interventions que dans les autres types de systèmes. La gestion est plus limitée, plus discrète.

On observe aussi une plus grande quantité de biomasse aérienne, avec davantage de grands arbres. On y trouve notamment des plantes favorables à la biodiversité, ce que les anglophones appellent des keystone species, c’est-à-dire des espèces souvent indigènes, très fortement intégrées dans les chaînes trophiques. Sont cités par exemple :

Ces plantes fournissent gîte et couvert à la biodiversité.

Un autre aspect important concerne le climat et la séquestration du carbone. Ces systèmes utilisent des plantes à forte biomasse pour fixer du carbone, à la fois dans la structure vivante des plantes, et dans les parties renouvelées chaque année, comme :

  • les racines annuelles ;
  • les feuilles ;
  • les petits rameaux.

Une partie de cette matière est ensuite consommée par le sol, et une autre partie reste stockée à moyen terme.

Parmi les autres caractéristiques courantes :

  • un sol couvert en permanence ;
  • des haies en périphérie du système, pour créer une continuité avec les autres boisements du territoire ;
  • la présence fréquente de bois mort ;
  • une densité de plantation élevée, afin d’obtenir rapidement une canopée ;
  • une conduite assez sylvicole des arbres, avec relevé des couronnes pour favoriser la montée de la canopée.

La vidéo fait un parallèle avec les forêts Miyawaki, même si les densités de plantation observées dans les jardins-forêts environnementaux semblent moins extrêmes.

On retrouve également souvent une grande diversité d’habitats :

  • habitats ouverts ;
  • habitats fermés ;
  • habitats aquatiques.

Cette diversité permet de multiplier les espèces présentes, mais aussi les interfaces entre habitats, connues pour leur richesse écologique. Elle permet également, dans la mesure du possible, de représenter sur un même site différentes étapes de la succession écologique.

Enfin, il est souligné qu’il n’y a généralement pas de constructions dans ce type de système, qui est pensé avant tout pour les non-humains.

Forces et défis

Les jardins-forêts à objectif environnemental sont particulièrement attractifs pour la conservation et la restauration écologique. Les performances sur ce plan peuvent être bonnes.

En revanche, la question du financement est délicate, non seulement pour l’installation, mais aussi pour la pérennité du projet. Une fois le système installé, il faut qu’il puisse continuer d’exister suffisamment longtemps pour produire les bénéfices écologiques attendus. Cela peut conduire à lui associer un autre objectif complémentaire.

Autre difficulté : l’incompréhension du voisinage. La vidéo cite le cas d’un jardin-forêt français initialement à vocation pédagogique et de production domestique, qui a ensuite évolué vers une dynamique proche de la libre évolution, avec la plupart des productions laissées à la faune sauvage. Son apparence très sauvage a conduit un voisin à engager un procès en le considérant comme un boisement illégal ou un espace abandonné.

L’exemple de la chandelle forestière, un tronc mort laissé sur pied, est donné comme illustration d’un élément très favorable à la biodiversité, mais souvent mal compris.

L’objectif productif

Produire pour soi ou produire pour vendre

L’objectif productif recouvre deux grandes situations :

  • les jardins-forêts destinés à l’autonomie domestique ;
  • les jardins-forêts à vocation agricole ou commerciale.

Dans les systèmes domestiques, il peut s’agir de produire :

  • de l’alimentation ;
  • du bois ;
  • des fibres ;
  • des plantes médicinales ;
  • des plantes cosmétiques.

Dans les systèmes agricoles, les productions s’insèrent souvent dans des réseaux alternatifs, avec par exemple :

  • des monnaies locales ;
  • du troc ;
  • du don ;
  • des circuits de commercialisation spécifiques.

Une différence forte est signalée entre les systèmes domestiques et les systèmes agricoles.

Dans les systèmes domestiques observés, l’autonomie totale est rare. Plus souvent, on atteint autour de 70 % de l’alimentation. Cela dépend évidemment beaucoup du régime alimentaire adopté. Si l’on consomme volontiers des plantes sauvages, des noix ou même des glands, l’autonomie est plus accessible. Si l’on souhaite conserver un régime plus proche des habitudes alimentaires dominantes, cela demande davantage d’adaptation.

Design domestique et design agricole

Les jardins-forêts domestiques présentent souvent :

  • beaucoup d’espèces ;
  • une configuration spatiale complexe ;
  • une structure complexe ;
  • de nombreux petits sentiers formant une sorte de labyrinthe.

Les jardins-forêts agricoles, au contraire, sont souvent conçus de manière beaucoup plus simplifiée :

  • plantations en alignements ;
  • répétition de modules ;
  • bandes fruitières ;
  • concentration sur quelques espèces commerciales.

Le design agricole est souvent centré sur quelques productions principales, par exemple :

Il est précisé qu’un alignement n’est pas nécessairement une ligne droite stricte : il peut aussi suivre une courbe de niveau.

Choix des espèces et organisation technique

Dans les systèmes agricoles, le choix des espèces et des variétés se resserre sur des productions techniquement viables et commercialement rentables. On privilégie des cultures déjà demandées sur le marché ou relativement faciles à vendre.

La diversité plus forte et les volumes plus faibles par culture augmentent le coût de récolte. Cela implique souvent :

  • du circuit court ;
  • de la transformation ;
  • de l’auto-cueillette en zone périurbaine ;
  • davantage de marketing.

À l’intérieur des modules, on retrouve souvent un mélange entre :

  • les espèces productives ;
  • les espèces principales commercialisées ;
  • des plantes de service.

Ces plantes de service peuvent servir :

  • à produire de l’azote ;
  • à générer de la biomasse ;
  • à favoriser la biodiversité fonctionnelle ;
  • à créer de l’ombrage.

Infrastructures et gestion

Dans les systèmes agricoles, les chemins sont souvent plus larges, avec :

  • des aires de dépôt ;
  • des aires de retournement ;
  • une circulation facilitée, parfois avec un minimum de mécanisation.

L’exemple donné est celui d’un itinéraire technique simplifié sur sur 5000 m², où une personne peut sortir 5 tonnes de pommes. Une telle quantité ne peut pas être déplacée à la brouette sans s’équiper un minimum.

Ces systèmes impliquent aussi un suivi assez étroit de la fertilité du sol, avec des apports de matière organique. La vidéo montre du BRF au pied d’arbres.

Les systèmes agricoles sont souvent clôturés pour se protéger de la faune sauvage, notamment des chevreuils. On peut également y trouver :

  • des filets de protection des récoltes ;
  • des dispositifs contre certains ravageurs ;
  • en Angleterre, des pièges à écureuils gris.

Les infrastructures y sont souvent nombreuses :

  • serres de multiplication végétale ;
  • espaces de stockage ;
  • lieux de transformation ;
  • laboratoire.

Les systèmes domestiques, eux, sont fréquemment associés à un potager d’annuelles, plus classique.

Concernant les mares, Candela Vargas Poveda observe qu’elles sont plus fréquentes dans les systèmes domestiques que dans les systèmes productifs agricoles. Il est toutefois rappelé qu’en arboriculture agroécologique, les mares sont reconnues comme utiles à la biodiversité fonctionnelle. Leur faible présence actuelle relève donc davantage d’un héritage des pratiques que d’une absence d’intérêt.

Forces et défis

Les jardins-forêts à objectif productif ont une forte productivité potentielle, au moins dans le discours, et cette productivité est avérée dans certains cas.

Le grand problème est le manque de données. Très peu de sites collectent réellement des données de production, et il existe très peu de références technico-économiques sur ces systèmes. Or, comme les cycles de production sont longs, il faudra une ou plusieurs décennies pour constituer un corpus de référence suffisamment solide.

Pour les systèmes agricoles, plusieurs défis sont identifiés :

  • créer des niches commerciales ;
  • se différencier des micro-vergers ou des systèmes plus simples ;
  • faire face à des systèmes concurrents ayant des marges nettes plus élevées à l’échelle de l’ensemble du dispositif.

Cela implique un fort besoin de design et de marketing. Le terme design est ici pris dans un sens ergonomique : il faut limiter la complexité pour que le système reste gérable au quotidien. Cela peut conduire, par exemple, à regrouper les récoltes par période.

La vidéo signale qu’il sera possible de revenir plus en détail sur ces questions dans une formation consacrée au jardin-forêt agricole, préparée avec Mathieu Foudral.

L’objectif social

Faire du jardin-forêt un lieu de sociabilité

Le jardin-forêt peut aussi être conçu comme un lieu de sociabilité.

Là encore, deux niveaux sont distingués :

  • un lieu de sociabilité locale, pour les personnes qui gravitent autour du site ;
  • un lieu de sociabilité à l’échelle d’un réseau plus large de jardins-forêts.

L’idée est alors celle d’un lieu de rassemblement, un peu comme un réseau d’oasis, où des personnes peuvent venir régulièrement sans nécessairement faire partie du noyau qui entretient le lieu au quotidien.

Un système conçu pour créer de l’appartenance

Ce qui caractérise les jardins-forêts à objectif social, c’est qu’ils sont conçus pour que les membres du projet développent un sentiment d’appartenance.

Cela passe par une interaction forte entre le collectif et le jardin-forêt :

  • les membres agissent dans le jardin ;
  • le jardin les fait évoluer ;
  • une expérience commune se construit autour de lui.

Le choix des plantes s’oriente alors vers des espèces qui rassemblent :

  • des plantes auxquelles les membres peuvent s’identifier ;
  • des plantes qu’ils connaissent ;
  • des plantes qu’ils comprennent ;
  • des plantes qu’ils peuvent échanger.

Cette logique favorise aussi les espèces faciles à multiplier, afin que les membres puissent les rapporter chez eux ou les diffuser dans d’autres jardins-forêts.

Chantiers collectifs et organisation de l’espace

Les chantiers collectifs sont une dimension importante de ces systèmes. Ils permettent de réaliser des opérations demandant beaucoup de main-d’œuvre, tout en créant des moments de convivialité. Il peut s’agir de :

  • terrassement ;
  • plantation ;
  • récolte.

Certaines espèces se prêtent particulièrement bien à la récolte collective, par exemple :

  • le poivre du Sichuan ;
  • Elaeagnus umbellata ;
  • l’argousier (Hippophae).

On retrouve aussi fréquemment :

  • des haies pour marquer la séparation entre l’espace collectif et l’extérieur ;
  • des espaces ouverts de grande taille pour rassembler tout le groupe ;
  • des abris ;
  • des chemins larges pour circuler en groupe ;
  • des limites très nettes entre les zones cultivées et les chemins, afin d’éviter le piétinement.

La vidéo évoque aussi deux formes de relation entre ordre et chaos dans ces jardins-forêts :

  • soit un design global structuré, avec un chaos local lié à l’autonomie des petits groupes ;
  • soit des designs locaux bien structurés, mais un chaos global faute d’harmonisation d’ensemble.

Forces et défis

La principale force de ces systèmes est leur capacité de mise en réseau avec d’autres projets.

Mais la communication y est à la fois une force et un défi. Comme ces projets rassemblent beaucoup de personnes, avec des opinions différentes, des conflits peuvent émerger. La gouvernance devient alors un point crucial.

Il faut donc une communication efficace, ainsi que des objectifs clairement définis et acceptés par le groupe. Sans cela, la diversité des points de vue peut devenir un facteur de blocage au lieu d’être une richesse.

L’objectif pédagogique

Un lieu pour apprendre, enseigner et chercher

Le jardin-forêt peut être conçu comme un outil pédagogique.

Là encore, plusieurs niveaux existent :

  • apprendre pour soi, en expérimentant et en progressant avec son propre jardin-forêt ;
  • enseigner aux autres, en utilisant le jardin-forêt comme support de stage ;
  • produire des connaissances pour le secteur, dans une logique de recherche et développement.

Le jardin-forêt devient alors un lieu où l’on approfondit la compréhension de ces systèmes.

Le choix des plantes et le design pédagogique

Dans les jardins-forêts pédagogiques, le choix des plantes se porte souvent sur :

  • des plantes qui racontent des histoires ;
  • des plantes aux propriétés intéressantes ;
  • des espèces ou variétés servant de support pédagogique.

Au niveau du design, Candela Vargas Poveda observe souvent des dispositifs :

  • identifiables ;
  • explicites ;
  • simplifiés.

Dans la dimension pédagogique destinée à des stagiaires ou à des visiteurs, il s’agit de concevoir un système user friendly, c’est-à-dire facile à comprendre. Un jardin-forêt extrêmement complexe a moins de valeur pédagogique pour des débutants.

Dans la dimension recherche, on cherche plutôt un design experiment friendly, c’est-à-dire favorable à l’expérimentation :

  • répétitions ;
  • modalités comparables ;
  • présence éventuelle de témoins ;
  • dispositifs observables et suivables.

Cela suppose des assemblages de plantes bien identifiables, ainsi que des espaces ouverts permettant d’enseigner. La vidéo montre l’exemple d’un jardin-forêt pédagogique installé sur le toit d’une université, avec du mobilier extérieur pour s’asseoir, échanger et travailler.

Forces et défis

Les jardins-forêts pédagogiques sont d’excellents supports d’incubation et d’apprentissage. Aujourd’hui, il existe beaucoup de contenus sur les jardins-forêts :

  • livres ;
  • PDF ;
  • podcasts ;
  • vidéos ;
  • .

Mais le fait de voir un système sur le terrain, de discuter avec les personnes qui l’ont mis en place, de comprendre leurs objectifs et leurs difficultés, constitue un support d’apprentissage incomparable.

En revanche, un défi majeur concerne la transmission entre équipes. Candela Vargas Poveda a observé de manière récurrente une difficulté à renouveler le cœur moteur des équipes autour de ces jardins-forêts. Lorsqu’une transmission a lieu, il y a souvent une forte perte d’information entre l’ancienne et la nouvelle équipe.

Cela rend nécessaire une véritable période de transmission organisée.

La vidéo évoque à ce sujet le cas de Robert Hart, dont le jardin-forêt anglais, commencé en 1979, est souvent présenté comme le premier jardin-forêt revendiqué. La transmission de sa gestion s’est mal passée, à la fois pour des raisons foncières et parce que le système était trop complexe pour être transmis correctement dans le temps disponible.

Un autre défi majeur concerne le suivi des systèmes. Ne serait-ce que faire une liste fiable des plantes présentes et un plan précis de leur localisation représente déjà un travail considérable. Si l’on veut en plus mesurer :

  • les récoltes ;
  • les temps de travail ;
  • les interventions ;
  • d’autres indicateurs techniques,

cela demande beaucoup de temps, de ressources et d’organisation.

La vidéo cite l’exemple de Graham Bell, qui, avec sa femme, a mesuré pendant plus de quinze ans les récoltes alimentaires issues de son jardin-forêt. Un tel niveau de suivi reste exceptionnel.

Conclusion

La conclusion insiste sur un point central : un jardin-forêt peut poursuivre plusieurs objectifs à la fois, et la typologie présentée ne doit pas être prise comme une série de cases rigides. Ce sont des archétypes, des pôles, des lignes de force. Dans la réalité, chaque projet combine plusieurs objectifs, mais les hiérarchise.

Dans un accompagnement de projet, si aucun objectif n’est clairement priorisé, cela revient souvent à dire qu’aucun objectif n’est réellement identifié. Or c’est problématique, car les objectifs orientent très fortement :

  • la conception ;
  • la mise en œuvre ;
  • les itinéraires techniques ;
  • la gestion du système.

Bien définir les objectifs est donc une étape absolument cruciale.

Ces objectifs peuvent évoluer avec le temps. L’exemple évoqué dans la vidéo est celui d’un couple de personnes dont le jardin-forêt, d’abord alimentaire et pédagogique, a progressivement évolué vers un système à forte dominante environnementale. Cette évolution est présentée comme faisant partie de la vie du projet.

En définitive, les objectifs fonctionnent comme une boussole. Ils donnent l’orientation générale du système. Et, selon la formule de conclusion de la vidéo : un système qui fonctionne bien est d’abord un système avec des objectifs bien définis.

Remerciements et clôture

L’intervenant remercie :

  • Vers de Terre Production pour avoir permis ce nouvel épisode des Ateliers jardin forêt ;
  • Pablo pour la technique.

La vidéo se termine sur une invitation aux questions, puis sur une clôture conviviale, le public semblant déjà « en week-end ». Un prochain épisode est annoncé, sans date précise, mais avec l’idée qu’il arrivera plus rapidement que l’intervalle entre le troisième et le quatrième épisode.