SEMIS NATURE : semer à la volée sans travail du sol, Noël Deneuville - Journée Séguy 2024

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Dans cette intervention lors de la Journée Séguy 2024, Noël Deneuville partage son expérience du « semis nature », une technique qu’il distingue du semis à la volée conventionnel. Pour lui, la clé de la réussite repose sur un sol vivant, capable de s'auto-structurer grâce aux vers de terre, et sur l'importance de maintenir des couverts végétaux denses, fertilisés tôt en sortie d'hiver pour maximiser leur biomasse. Noël Deneuville souligne l’intérêt de diversifier les rotations et d'associer des plantes de service (féverole, avoine, chicorée) pour gérer les adventices et les ravageurs comme les limaces ou les sangliers. Il prône également une réduction des interventions mécaniques lourdes et du travail du sol, privilégiant l’utilisation de semoirs à disques ou à dents adaptés, tout en explorant des alternatives au glyphosate pour la destruction des couverts. Son approche globale favorise la résilience des cultures et l'amélioration durable de la fertilité biologique du sol.

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Résumé
Dans cette intervention lors de la Journée Séguy 2024, Noël Deneuville partage son expérience du « semis nature », une technique qu’il distingue du semis à la volée conventionnel. Pour lui, la clé de la réussite repose sur un sol vivant, capable de s'auto-structurer grâce aux vers de terre, et sur l'importance de maintenir des couverts végétaux denses, fertilisés tôt en sortie d'hiver pour maximiser leur biomasse. Noël Deneuville souligne l’intérêt de diversifier les rotations et d'associer des plantes de service (féverole, avoine, chicorée) pour gérer les adventices et les ravageurs comme les limaces ou les sangliers. Il prône également une réduction des interventions mécaniques lourdes et du travail du sol, privilégiant l’utilisation de semoirs à disques ou à dents adaptés, tout en explorant des alternatives au glyphosate pour la destruction des couverts. Son approche globale favorise la résilience des cultures et l'amélioration durable de la fertilité biologique du sol.

A l'occasion de la journée technique Lucien Séguy en septembre 2024, on se rend sur la ferme de Noël Deneuville qui pratique le semis direct depuis 30 ans. Il nous explique comment il fait du semis nature, c'est-à-dire à la volée sans travail du sol, et les résultats qu'il obtient.


Cette vidéo a été créée dans le cadre des projets CONSERWA avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/

et dans le cadre du projet SOL Couvert financé par l'OFB / ECOPHYTO II+



Le concept du semis nature

Plus le couvert est important, plus la culture qui suit sera réussie. Noël Deneuville souligne avoir obtenu des résultats incroyables avec le « semis nature », à condition toutefois de travailler sur un sol vivant. Il est essentiel de ne pas confondre cette méthode avec le semis à la volée classique, qui n’est qu’un épandage de graines suivi d’un travail du sol. Dans le semis nature, on se contente de poser les graines sur le sol sans le perturber. Même un semoir direct est parfois jugé trop lourd avec des pressions au sol excessives, que l’agriculteur qualifie de « folie ».

Stratégies de semis et gestion du matériel

Sur son exploitation en semis direct (SCV) depuis 10-12 ans, Noël Deneuville utilise deux types de matériel selon les conditions : - Semoir à dents : privilégié en présence de paille pour un meilleur comportement des levées. - Semoir à disques : utilisé pour les céréales et les cultures de printemps. Il s’agit d’un monograine de 12 rangs à 50 cm d’écartement, un matériel robuste capable de passer dans des couverts très développés (jusqu’à 3 mètres de haut).

Pour les petites graines, l’agriculteur a développé une troisième formule : le « semis nature » avec un épandeur modifié. Initialement confronté à des problèmes de répartition avec des épandeurs centrifuges, il a recours à un godet malaxeur qui permet de mélanger de grands volumes de semences et d’engrais en vrac, évitant ainsi l’utilisation de Big Bags et gagnant en rapidité.

Lutte contre les ravageurs et fertilisation

La gestion des ravageurs est intégrée à la stratégie de semis : - Sangliers : L’utilisation de granulés de lisier de porc émet une odeur répulsive. Couplé à du soufre élémentaire, cela permet de protéger les parcelles au moment critique des semis. - Limaces : Plutôt que des antilimaces classiques (toxiques), il utilise des graines de colza en mélange. Les limaces préfèrent consommer les jeunes pousses de colza plutôt que le maïs. Ce mélange est une forme de « caviar » pour les limaces, qui épargnent ainsi la culture principale. - Fertilisation : Il apporte de l’azote liquide (n39) et des engrais organiques très tôt sur les couverts pour maximiser la biomasse avant le semis de la culture suivante.

L’aspect souterrain du couvert

Au-delà de la biomasse aérienne, l’aspect racinaire est primordial. Noël Deneuville insiste sur l’importance de laisser le couvert se développer le plus longtemps possible, y compris après le semis, pour forcer les racines à explorer le sol en profondeur. Cela améliore la structure du sol, la capacité de rétention d’eau et permet aux racines du maïs d’atteindre des profondeurs spectaculaires (jusqu’à 2,50 m).

Retours d’expérience sur les essais de désherbage

L’agriculteur cherche activement des alternatives au glyphosate pour la destruction des couverts : - Acide phosphorique : Produit bio dilué à 10 % qui donne des résultats encourageants et peu coûteux. - Acide pélargonique : Efficace mais jugé trop onéreux pour une utilisation à grande échelle. - Urine : Des essais avec de l’urine de récupération montrent un potentiel, mais nécessitent encore des ajustements techniques. - Friction mécanique : Utiliser des barres de batteur pour « décaper » la cuticule des plantes avant une pulvérisation d’engrais liquide est une piste prometteuse pour affaiblir les adventices sans chimie lourde.

Gestion de la [[matière organique]]

Noël Deneuville refuse la course au stockage de carbone « sous terre », considérant que le sol cherche avant tout à nourrir la végétation en surface via le mulch. Il privilégie des apports de matière organique peu coûteux comme la sciure de bois ou les déchets de scierie (enrichis en oligo-éléments). Il utilise également ses haies pour fabriquer son propre BRF (Bois Raméal Fragmenté) via une cisaille hydraulique et un broyeur forestier, évitant ainsi des coûts énergétiques inutiles. Il rappelle que la nature travaille à son propre rythme et n’a pas besoin d’un broyage ultra-fin pour décomposer la matière.