Réduction du stock de graines d'adventices par faux-semis : retours d'essais, M Flament, H Georges

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Dans cet atelier consacré au faux-semis, Hervé Georges et Marie Flament présentent des essais menés notamment chez M. Dumont sur la réduction du stock de graines d’adventices, en particulier vulpin et ray-grass. Le faux-semis vise à stimuler la levée des graines superficielles avant implantation du blé, à condition de réunir trois points clés : intervenir au bon moment, détruire 100 % des levées, puis semer sans retravailler profondément le sol. Les essais montrent que le rappui par un vrai rouleau améliore nettement les levées, tout comme des outils capables de brasser davantage la terre. Parmi les modalités testées, le vibroculteur à grande vitesse suivi d’un roulage ressort comme un bon compromis entre efficacité agronomique, coût et débit de chantier. Les intervenants soulignent aussi l’importance des conditions humides et la variabilité entre années, liée notamment à la dormance des graines.

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Résumé
Dans cet atelier consacré au faux-semis, Hervé Georges et Marie Flament présentent des essais menés notamment chez M. Dumont sur la réduction du stock de graines d’adventices, en particulier vulpin et ray-grass. Le faux-semis vise à stimuler la levée des graines superficielles avant implantation du blé, à condition de réunir trois points clés : intervenir au bon moment, détruire 100 % des levées, puis semer sans retravailler profondément le sol. Les essais montrent que le rappui par un vrai rouleau améliore nettement les levées, tout comme des outils capables de brasser davantage la terre. Parmi les modalités testées, le vibroculteur à grande vitesse suivi d’un roulage ressort comme un bon compromis entre efficacité agronomique, coût et débit de chantier. Les intervenants soulignent aussi l’importance des conditions humides et la variabilité entre années, liée notamment à la dormance des graines.

Lors de la réunion "Réduction du stock de graines d’adventices par faux-semis", animée par M. Flament et H. Georges, des agriculteurs ont exploré les techniques de faux-semis comme méthode efficace pour lever et détruire les graines d'adventices avant la culture. Les discussions ont porté sur la nécessité d'utiliser différents outils de travail du sol, notamment le déchaumeur à disques indépendants et la herse rotative, avec une attention particulière sur le double passage comme meilleure pratique. Des données évaluant l'efficacité de ces techniques ont montré que la combinaison du vibroculteur à grande vitesse avec un rouleau offre un bon rapport coût/efficacité dans la réduction des adventices. Les observations sur le terrain ont mis en avant l'importance du rappui des parcelles et des variabilités interannuelles dans l'efficacité des méthodes. Les participants ont également reçu des conseils pratiques sur l'optimisation des créneaux de travail pour maximiser les résultats.


En septembre 2024, l'association AgroTransfert organise une journée de retour sur le projet Adventurh sur l'exploration de nouvelles voies pour maitriser les adventices.

Ici, Marie Flament d'AgroTransfert-RT et Hervé Georges de la Chambre d’agriculture de la Somme reviennent sur des essais de faux semis dans l'objectif de réduire le stock semencier adventice dans l'horizon superficiel avant le semis d'une culture. Il a été comparé l'action du déchaumeur à disques indépendants (DDI), du vibroculteur et de la herse rotative, ces 3 modalités pouvant être suivies d'un roulage ou non. Les couts et temps de travail ont également été comparés.


Par ici pour en savoir plus sur Agrotransfert : https://www.agro-transfert-rt.org

Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet CONSERWA, avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/


Notes

🌱 Présentation des faux-semis et objectifs (00:02 - 04:00)

  • Présentation par Hervé Georges de la Chambre d'Agriculture de la Somme
  • Le faux-semis vise à faire lever le maximum de graines d'adventices avant la culture
  • Trois points clés: faire germer au meilleur moment, détruire efficacement (100%), et bien ressemer
  • On cherche à faire lever les graines de surface qui poseront problème lors du semis
  • Importance de la destruction chimique car le mécanique seul est insuffisant

🔄 Techniques et modalités des faux-semis (04:00 - 09:32)

  • Un faux-semis efficace nécessite de brasser énergiquement la terre
  • Comparaison de différents outils: déchaumeur à disques indépendants (DDI), herse rotative, vibroculteur
  • Le double passage (DDI + herse rotative) s'est révélé être la meilleure modalité
  • L'importance du rappui: comparaison des mêmes outils avec et sans rouleau
  • La meilleure modalité: vibroculteur à grande vitesse avec roulage
  • Les vitesses optimales: rapide pour le DDI (12-16 km/h), lente pour le rouleau (5 km/h)

📊 Efficacité et aspects économiques (09:32 - 14:33)

  • Utilisation de l'outil Odessa pour évaluer l'efficacité du déstockage
  • Même pourcentage d'efficacité sur des parcelles à stocks semenciers différents
  • DDI seul: 10% d'efficacité vs DDI + herse rotative: environ 20%
  • Variabilité interannuelle importante: 10% d'efficacité en 2022 vs 4% en 2023 avec le même outil
  • Analyse économique: le vibroculteur + rouleau offre un bon rapport coût/adventice levée
  • Coût par adventice levée similaire entre DDI non roulé et vibroculteur + rouleau

🔬 Observations sur le terrain et conclusions (14:33 - 17:12)

  • Démonstration sur parcelle avec différentes modalités: herse rotative, chisel, déchaumeur à disques
  • Comparaison visuelle des zones roulées vs non roulées
  • Présence de repousses de blé servant d'indicateurs comme des graminées
  • Conseil pratique: mieux vaut optimiser un créneau disponible que d'attendre plusieurs créneaux
  • Les tapis de repousses les plus denses sont observés sur herse rotative roulée et chisel roulé






Présentation de l’atelier faux-semis

Hervé Georges, de la Chambre d’agriculture de la Somme, se présente comme conseiller de plaine sur Abbeville. Il intervient ici parce qu’il a participé aux travaux sur les faux-semis, notamment sur la plateforme conduite à Bouchon chez M. Dumont.

L’atelier porte sur le faux-semis, présenté comme une technique ancienne, mais que les intervenants souhaitent remettre au goût du jour dans le contexte actuel de gestion des adventices.

Le principe rappelé est le suivant : l’objectif du faux-semis est de faire lever le maximum de graines d’adventices avant le semis de la culture. Dans l’intervention, les adventices principalement visées sont les graminées, en particulier les vulpins et les ray-grass.

Hervé Georges insiste sur trois points clés, ainsi que sur certaines pratiques à éviter :

  • faire germer au meilleur moment ;
  • bien détruire les levées obtenues ;
  • bien ressemer ensuite, c’est-à-dire semer la culture sans rebrasser profondément le sol.

Faire germer au bon moment

Le premier point est de faire germer les adventices au moment où elles sont naturellement en période de levée. Dans le cas présenté ici, il s’agit surtout des vulpins et des ray-grass, et les intervenants indiquent que l’on est alors en plein dans cette période.

Hervé Georges précise qu’on ne cherche pas à faire lever toutes les graines présentes dans le profil du sol. L’objectif est surtout de faire lever les graines présentes en surface, c’est-à-dire celles qui risquent d’être les plus gênantes lors du semis du blé derrière.

Il rappelle également qu’un faux-semis efficace doit réellement « bouger la terre » : il faut un travail du sol qui brasse suffisamment pour stimuler les levées. Cette action mécanique est associée à l’idée de scarifier les graines, afin de favoriser la levée de dormance.

Marie Flament complète ce point en rappelant que, dans les essais, les faux-semis ont été réalisés en conditions humides :

  • après la pluie ;
  • lorsque le sol était ressuyé ;
  • au moment où les conditions permettaient d’espérer des levées supplémentaires.

Elle précise qu’en conditions sèches, on peut faire germer les adventices déjà prêtes à lever, mais on lève beaucoup moins les dormances. Autrement dit, on perd une partie de l’intérêt du faux-semis si les conditions d’humidité ne sont pas favorables.

On ne cherche pas à vider tout le stock semencier

Hervé Georges souligne un point important : l’objectif n’est pas de faire lever toutes les graines d’adventices du profil. Le faux-semis vise d’abord les graines superficielles, celles qui seront les premières à lever et à concurrencer la culture semée ensuite.

Les essais ont montré qu’on peut faire lever, selon les situations, 200, 300, 400 vulpins par mètre carré, voire davantage. C’est déjà significatif. Toute adventice levée puis détruite avant semis ne reviendra pas dans la culture, à condition que la destruction soit réussie.

Bien détruire : une exigence de 100 %

Le second point jugé incontournable est la destruction des levées. Pour Hervé Georges, il faut viser 100 % d’efficacité. Il considère que c’est indispensable.

Il rappelle que si une parcelle compte 2 000 à 3 000 vulpins par mètre carré, même seulement 1 % d’échappement représente encore plusieurs dizaines de pieds par mètre carré capables de se développer ensuite dans le blé ou dans l’escourgeon.

Une fois les adventices déjà levées au moment du semis du blé, leur destruction devient beaucoup plus compliquée. C’est pourquoi le faux-semis n’a de sens que si la destruction des levées est réellement maîtrisée.

Dans l’état actuel des choses, Hervé Georges indique que, d’après les observations de terrain, la destruction purement mécanique reste insuffisante pour garantir ce niveau d’efficacité. Il en conclut que cela signifie, dans la pratique, une destruction chimique.

Détruire au dernier moment

Hervé Georges insiste aussi sur le bon positionnement de la destruction dans le temps. Pour lui, il faut détruire au dernier moment.

Si le faux-semis est détruit trop tôt, il est probable que d’autres adventices lèvent encore avant l’arrivée du semis de la culture. On perd alors une partie du bénéfice recherché. L’idée est donc de laisser le plus possible les levées s’exprimer, puis de les détruire juste avant le semis.

Le jour du semis : ne pas redéfoncer le sol

Le troisième point clé concerne le semis de la culture. Hervé Georges rappelle qu’un faux-semis se fait en surface, avec des outils qui cherchent justement à travailler de plus en plus superficiellement.

Il insiste donc sur une incohérence à éviter absolument : réaliser un faux-semis de qualité, puis retravailler profondément le sol le jour du semis. Il cite plusieurs erreurs possibles :

  • remettre un coup de chisel la veille ou le jour même ;
  • passer une herse rotative réglée trop profondément ;
  • retravailler un horizon plus profond que celui concerné par le faux-semis.

Il rapporte un essai conduit deux ans auparavant où, après faux-semis, deux modalités avaient été comparées :

  • une herse rotative réglée à environ 18 cm ;
  • un semis direct.

Le résultat présenté est très net : la herse rotative profonde a conduit à « une pelouse », alors que le semis direct a permis de maintenir l’effet du faux-semis.

Pour lui, le semis direct serait l’idéal dans ce contexte, même s’il reconnaît qu’il n’existe pas de semoirs de semis direct dans toutes les exploitations. À défaut, il recommande de contrôler très fortement l’action de la herse rotative le jour du semis, de manière à ne retravailler que 3 à 5 cm maximum, soit le même horizon que celui travaillé lors du dernier faux-semis.

Essais 2022 : comparaison des outils

Les essais avaient pour objectif de comparer différentes techniques pour stimuler les levées d’adventices et améliorer l’efficacité des faux-semis.

Marie Flament explique qu’en 2022, il était prévu de comparer une herse rotative à un déchaumeur à disques indépendants (DDI). Mais, à l’arrivée sur la parcelle, il y avait trop de paille. Les intervenants ont estimé qu’un passage direct de herse rotative ne fonctionnerait pas correctement. Ils ont donc réalisé un passage de DDI avant la herse rotative.

De ce fait, la comparaison n’a plus opposé strictement « herse rotative » et « DDI », mais plutôt :

  • un passage unique ;
  • deux passages successifs le même jour.

Malgré cette limite, l’essai a apporté des enseignements.

Double passage, herse à paille et intensité du brassage

Dans la comparaison présentée, la meilleure modalité a été le double passage. Hervé Georges indique que le DDI accompagné d’une herse à paille était moins bon, et que la herse à paille seule pouvait être considérée comme insuffisamment agressive.

Cela lui permet de rappeler un principe important : pour qu’un faux-semis soit efficace, il faut remuer la terre de manière énergique. Il faut que « ça brasse ». La herse à paille est jugée peu violente en comparaison d’un DDI ou d’une herse rotative, et donc moins apte à lever des dormances.

L’importance du rappui et du contact sol-graine

Un autre point essentiel mis en avant est le contact sol-graine, notamment pour les graines de vulpin. Pour assurer une bonne levée, il faut un bon rappui.

Dans les essais, quatre outils ont été comparés, puis les mêmes outils ont été testés avec un roulage supplémentaire.

Marie Flament précise qu’il s’agit d’un « vrai rouleau ». Hervé Georges distingue en effet les rouleaux montés sur les outils, qui servent surtout au contrôle de profondeur, des rouleaux capables d’assurer un rappui efficace sur toute la largeur. Selon lui, les rouleaux spécifiques de type Cambridge sont les plus aptes à bien rappuyer le sol.

Il note aussi une difficulté pratique :

  • les DDI sont efficaces à vitesse élevée, autour de 12 à 16 km/h ;
  • un rouleau, pour être vraiment efficace, devrait avancer lentement, idéalement autour de 5 km/h.

En résumé, l’outil de faux-semis doit aller vite pour bien brasser, tandis que le rouleau doit aller lentement pour bien rappuyer. Cette opposition de vitesses explique que le roulage mérite d’être raisonné à part.

Hervé Georges insiste sur le fait qu’à vitesse trop élevée, le rouleau ne fait quasiment plus rien. Selon lui, cela se voit très bien sur le terrain.

Résultats sur les outils et le roulage

Les comparaisons montrent plusieurs tendances.

Herse rotative

Entre herse rotative non roulée et herse rotative roulée, l’écart n’est pas jugé énorme. Hervé Georges suppose que, sur une herse rotative, le rouleau ou packer déjà présent apporte sans doute une partie du rappui.

Vibroculteur

Deux vitesses de vibroculteur ont été testées. Lorsque la vitesse augmente, le brassage de terre est plus fort, le contact sol-graine est amélioré et les levées de dormance sont plus importantes.

La meilleure modalité observée dans cet essai est le vibroculteur à grande vitesse avec roulage.

Hervé Georges souligne que cette solution lui paraît particulièrement intéressante sur le terrain, car le vibroculteur :

  • est présent dans de nombreuses fermes ;
  • coûte relativement peu cher ;
  • existe souvent en grandes largeurs ;
  • permet donc des débits de chantier élevés.

Il donne l’exemple de l’exploitation où le vibroculteur fait 12 mètres, alors que la herse rotative ne fait que 4 mètres. Les capacités de chantier ne sont donc pas comparables.

Déchaumeur à disques indépendants

Le DDI bénéficie lui aussi du roulage : lorsqu’un rouleau est ajouté, les levées de vulpins et de ray-grass sont améliorées.

Hervé Georges précise que les écarts ne sont pas toujours gigantesques, mais l’objectif reste de faire lever le plus possible d’adventices avant le semis de la culture.

Hypothèses agronomiques proposées

Marie Flament résume les hypothèses agronomiques derrière ces résultats :

  • le brassage du sol, soit par outil animé, soit par vitesse de travail élevée, permet de scarifier davantage de graines ;
  • cette scarification favorise la levée de dormance ;
  • les interventions réalisées en conditions humides augmentent encore la capacité à faire lever les adventices.

Elle rappelle que si un faux-semis est réalisé en conditions sèches, seules les adventices déjà prêtes à germer lèveront, alors que celles encore dormantes resteront dans le stock semencier.

Évaluation de l’efficacité de déstockage

Marie Flament présente ensuite un travail sur l’efficacité de déstockage du stock semencier.

Pour cela, l’équipe a remobilisé l’outil OdERA-Syst, présenté auparavant dans la journée. Cet outil permet, à partir des observations de salissement réalisées les années précédentes par l’agriculteur, d’estimer une classe de stock semencier.

Pour les besoins de l’exercice, une valeur moyenne a été attribuée à chaque classe afin d’obtenir un pourcentage d’efficacité chiffré.

Deux situations sont comparées :

  • à Vrontelez (nom de lieu mal restitué dans la transcription), le stock semencier est considéré comme moyen ;
  • à Bouchon, le stock semencier est considéré comme fort ou très fort.

L’un des points jugés intéressants est que, malgré des stocks semenciers différents et donc des densités de levée différentes, le pourcentage d’efficacité obtenu avec une même modalité est à peu près du même ordre. En d’autres termes, pour une technique donnée, la part du stock levée peut rester comparable même si le niveau de départ n’est pas le même.

Exemple d’efficacité selon les modalités

Marie Flament donne ensuite un exemple concret :

  • avec un DDI seul, l’efficacité de déstockage est de l’ordre de 10 % ;
  • avec un DDI suivi d’une herse rotative, cette efficacité est quasiment doublée.

Cela illustre bien l’intérêt d’optimiser la modalité lorsqu’on cherche à maximiser les levées.

Variabilité interannuelle

Un autre résultat marquant concerne la comparaison de la même parcelle de Bouchon sur deux années successives, 2022 et 2023, avec la même modalité : DDI roulé.

Les résultats annoncés sont :

  • 10 % d’efficacité de déstockage en 2022 ;
  • 4 % en 2023.

Le stock semencier étant toujours présent, l’écart ne s’explique pas par un manque de graines. L’hypothèse avancée est celle d’une variabilité interannuelle liée à la dormance primaire, c’est-à-dire la dormance acquise par les graines lors de leur maturation sur la plante mère.

Les intervenants pensent qu’en 2023, cette dormance primaire était plus forte. Les faux-semis ont donc eu plus de mal à lever les dormances cette année-là qu’en 2022.

Cela montre que l’efficacité du faux-semis dépend aussi fortement de l’année.

Performances technico-économiques

L’équipe a également comparé les performances socio-économiques de plusieurs modalités. Trois références ont été retenues :

  • le DDI non roulé, considéré comme la modalité de référence, proche de la pratique classique de l’agriculteur ;
  • la herse rotative plus rouleau, choisie comme modalité potentiellement très efficace mais supposée coûteuse ;
  • le vibroculteur plus rouleau, considéré comme une modalité prometteuse à la fois en levées obtenues et en débit de chantier.

Coût de mécanisation

Sans surprise, les coûts de mécanisation se classent dans l’ordre attendu :

  • le DDI non roulé est le moins cher ;
  • le vibroculteur plus rouleau vient ensuite ;
  • la herse rotative plus rouleau est la plus coûteuse.

Coût ramené aux adventices levées

Le point jugé le plus intéressant est le coût de mécanisation rapporté au nombre d’adventices levées.

Sous cet angle, le vibroculteur plus rouleau obtient un résultat équivalent à la modalité de référence DDI non roulé. Cela signifie que, si l’objectif est de maximiser les levées d’adventices, le vibroculteur plus rouleau permet d’en lever davantage sans coûter plus cher par adventice levée.

Temps de travail

En revanche, le temps de travail du vibroculteur plus rouleau est un peu supérieur. Les intervenants soulignent donc qu’il y a un léger surcroît de temps à prévoir.

Une conclusion pratique : mieux valoriser un bon créneau

Marie Flament rapporte une remarque fréquemment formulée par les agriculteurs : on leur conseille de répéter les faux-semis, mais encore faut-il disposer des bons créneaux météorologiques, ce qui n’est pas toujours facile.

À partir des résultats obtenus, elle propose une conclusion pratique : plutôt que d’espérer réussir plusieurs passages à différents moments, il peut être plus pertinent de profiter pleinement d’un bon créneau lorsqu’il se présente, en soignant l’intervention et en y consacrant un peu plus de temps, afin de maximiser les levées à ce moment-là.

L’idée est donc de privilégier la qualité et l’efficacité de l’intervention au bon moment, plutôt que de compter sur l’hypothèse incertaine d’un second créneau favorable deux ou trois semaines plus tard.

Observation des modalités sur la parcelle

Les intervenants invitent ensuite le public à aller observer les modalités sur la parcelle.

Les outils présents sont :

  • au fond, la herse rotative ;
  • un chisel utilisé comme équivalent du vibroculteur ;
  • le déchaumeur à disques indépendants.

Chaque outil est présenté en version roulée et non roulée. Marie Flament insiste sur le fait que la différence est visible à l’œil nu sur le terrain.

Des comptages ont été réalisés deux jours auparavant. La parcelle étant plutôt propre en graminées, les résultats portent surtout sur les repousses de blé, considérées ici comme un bon indicateur visuel équivalent à celui des graminées dans une parcelle plus sale.

Des schémas de densité sont affichés sur les panneaux, mais il est aussi possible de voir visuellement les différences entre modalités :

  • les zones roulées montrent davantage de levées ;
  • les zones non roulées sont nettement moins fournies.

Marie Flament souligne qu’on distingue visuellement de véritables tapis de repousses de blé sur certaines modalités roulées.

Retour d’observation chez M. Dumont

En fin d’échange, Hervé Georges précise que, cette année, chez M. Dumont, seules certaines modalités ont été mises en œuvre, notamment le vibro et la herse rotative.

Il juge que la herse rotative derrière deux passages de DDI paraît bien fonctionner. Il exprime aussi une réserve sur le vibroculteur : si le dernier passage est fait avec cet outil, il craint davantage qu’une erreur de reprise du sol soit commise ensuite. Avec la herse rotative, il estime au contraire maîtriser davantage le résultat final, d’autant plus qu’on travaille à une vitesse comparable.

Marie Flament précise qu’un scalpeur avait d’abord été utilisé pour gérer les chardons, puis que l’exploitation en a profité pour déchaumer toute la parcelle avec cet outil. Dans ce contexte, ce qui a été considéré comme l’équivalent du vibro correspond en réalité au chisel travaillé superficiellement.

Sur le terrain, elle indique que l’ordre des résultats visibles correspond bien à ce qui avait été observé dans les essais :

  • herse rotative roulée parmi les meilleures modalités ;
  • chisel roulé également performant ;
  • modalités non roulées moins intéressantes ;
  • DDI roulé un peu meilleur que non roulé, mais restant en retrait des meilleures modalités.

Elle conclut que l’on retrouve bien, visuellement, le même classement que dans les résultats expérimentaux.