Paroles d'éleveurs - Épisode 4 : Élevage en zones humides, viable ou pas en landes humides ?

De Triple Performance
Aller à :navigation, rechercher

Dans ce quatrième épisode de la série « Paroles d’éleveurs », Charlotte Lemoing, chargée de mission zones humides, reçoit Julien Jemin (Conservateur d'espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine) et l’éleveur Nicolas Melin. Ensemble, ils explorent la viabilité de l’élevage extensif sur des landes et prairies humides en Creuse. Nicolas Melin partage son expérience d’installation en 2013 et la conduite de son troupeau de brebis limousines. Il témoigne de l’importance du lien humain et de la coconstruction des projets avec les partenaires locaux pour concilier production agricole et préservation de la biodiversité. À travers des exemples concrets, notamment sur la Réserve naturelle nationale de l'étang des Landes, l’éleveur démontre comment une gestion adaptée des milieux — incluant le pâturage tournant et la valorisation des ligneux — permet d’assurer le bien-être animal, d’optimiser l’autonomie fourragère et de maintenir des paysages remarquables, tout en brisant certains a priori sur le parasitisme en zones humides.

auto_awesome
Résumé
Dans ce quatrième épisode de la série « Paroles d’éleveurs », Charlotte Lemoing, chargée de mission zones humides, reçoit Julien Jemin (Conservateur d'espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine) et l’éleveur Nicolas Melin. Ensemble, ils explorent la viabilité de l’élevage extensif sur des landes et prairies humides en Creuse. Nicolas Melin partage son expérience d’installation en 2013 et la conduite de son troupeau de brebis limousines. Il témoigne de l’importance du lien humain et de la coconstruction des projets avec les partenaires locaux pour concilier production agricole et préservation de la biodiversité. À travers des exemples concrets, notamment sur la Réserve naturelle nationale de l'étang des Landes, l’éleveur démontre comment une gestion adaptée des milieux — incluant le pâturage tournant et la valorisation des ligneux — permet d’assurer le bien-être animal, d’optimiser l’autonomie fourragère et de maintenir des paysages remarquables, tout en brisant certains a priori sur le parasitisme en zones humides.

C'est dans le cadre de l'animation du réseau d’acteurs zones humides du bassin de la Loire, portée par la Fédération des Conservatoire d'espaces naturels, que nous vous proposons la série de Webinaires "Paroles d'éleveurs".


Objectifs de la série :

• Découvrir des systèmes d'élevage qui mobilisent des parcelles en milieux humides ;

• Montrer les bénéfices des milieux humides pour des systèmes d'élevage extensif mais aussi la plus-value des pratiques extensives pour les milieux humides ;

• Démontrer qu’il est possible de vivre de l’élevage avec des parcelles en milieux humides ;

• Échanger sur certaines idées reçues ou a priori ;

• Partager des retours d’expériences sur des problématiques ou enjeux liés à l’élevage extensif en milieux humides.Tout cela par l'intermédiaire de paroles d'éleveurs et d'éleveuses.


ÉPISODE N°4 : « Élevage en zones humides, viable ou pas en landes et prairies humides ? » avec Nicolas Melin, éleveur de brebis Limousines sur Clugnat (23), et Julien Jemin, chargé de mission au CEN Nouvelle-Aquitaine.


00:00 : Introduction

5:15 : Témoignage de Nicolas Melin accompagné de Julien Jemin

01:08:30 : Questions/réponses


Vidéo financée dans le cadre du plan Loire grandeur nature par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.Un évènement inscrit aux JMZH 2024.


Réalisation : FCEN, février 2024





Introduction au webinaire

Ce quatrième épisode de la série « Paroles d’éleveurs », intitulé « Élevage en zones humides, viable ou pas en landes humides ? », s’inscrit dans le cadre de l’animation du réseau d’acteurs « Zones humides » du bassin de la Loire. Organisé en partenariat avec le Conservatoire d’espaces naturels (CEN) Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre du Plan Loire grandeur nature et avec le soutien de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, cet échange s’inscrit également dans la Journée mondiale des zones humides 2024.

L’objectif de cette série est de découvrir des systèmes d’élevage qui valorisent les milieux humides, de mettre en avant les bénéfices et limites de ces systèmes extensifs, de démontrer la viabilité de l’élevage sur ces parcelles et d’échanger librement sur les a priori liés à ces pratiques.

Présentation de l’exploitation

Nicolas Melin, éleveur installé depuis 2013 à Clunia (Creuse), gère un troupeau de brebis de race rustique limousine. Son exploitation est située sur une zone de faille, caractérisée par un sous-sol granitique et des terrains secs, mais intégrant également des zones plus humides (prairies de fond, tourbières).

L’éleveur gère environ 120 hectares de surface agricole utile (SAU), dont 30 % sont des zones humides. Son système est fondé sur une mosaïque de milieux : - Les parcelles de Clunia. - Une vingtaine d’hectares au sein de la Réserve naturelle nationale de l’étang des Landes (mis à disposition par le Conseil départemental). - Un partenariat avec un groupement pastoral en Corrèze pour l’estive. - Un partenariat avec le CEN Nouvelle-Aquitaine sur les gorges et la vallée de la Creuse.

Gestion du troupeau et viabilité

Le système de Nicolas Melin est hybride : - Troupeau en plein air intégral : une partie du troupeau agnelle en avril, avec un pâturage tournant. Les agneaux sont élevés sous la mère jusqu’au sevrage mi-août, puis finis en bergerie avec des céréales produites sur l’exploitation et des compléments azotés achetés. - Troupeau en itinérance : une autre partie est mise en pâture sur les estives (réserve ou vallée de la Creuse), avec des agnelages à l’automne en bergerie.

L’éleveur souligne l’importance de la rusticité des brebis pour s’adapter aux conditions du milieu. Bien qu’il achète des concentrés alimentaires (environ 40 € par agneau), il cherche à accroître son [[autonomie protéique]] et à limiter le travail du sol.

Le rôle des zones humides et la biodiversité

Le témoignage met en avant une vision globale de l’agriculture : production alimentaire, entretien des paysages, stockage du carbone et préservation de la qualité de l’eau. Les zones humides, souvent perçues comme difficiles, sont ici considérées comme une solution et une ressource.

Gestion parasitaire et technique

Nicolas Melin précise que le parasitisme en zone humide est souvent moins problématique qu’imaginé, sous réserve d’un chargement adapté et d’une bonne gestion du pâturage. Il évite les traitements systématiques pour limiter les résistances. Il privilégie également le pâturage tournant avec des chargements instantanés forts pour limiter le temps de séjour sur les parcelles.

Gestion du bois et des haies

L’éleveur intègre les ligneux (saules, frênes) dans son système : il les trogne haut pour protéger la ripisylve tout en fournissant un fourrage complémentaire à ses brebis. Les copeaux issus de l’entretien sont utilisés en litière pour boucler le cycle de fertilité.

Conclusion

Pour Nicolas Melin, la viabilité de l’élevage en zone humide repose sur la coconstruction des projets avec les partenaires (CEN, Conseil départemental) et sur une approche graduelle basée sur l’observation. Bien que la rentabilité soit un défi constant en phase d’installation, la valorisation de ces milieux naturels représente une opportunité durable pour l’avenir de l’élevage.