Paroles d'éleveurs - Épisode 3 : Élevage en zones humides en zones de sources ?

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Dans ce troisième épisode de la websérie « Paroles d'éleveurs », Arnaud Simons, éleveur sur le plateau de Millevaches, partage son expérience de l'élevage extensif en zones humides. Accompagné de Julien Jemin du Conservatoire d'espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, il explique comment son système, combinant bovins et ovins de race limousine, s'adapte à une mosaïque de milieux (tourbières, landes sèches, boisements). L’éleveur souligne que ces zones humides, gérées notamment via un groupement pastoral, sont un levier de résilience majeur face aux aléas climatiques, offrant des ressources fourragères complémentaires. Le témoignage met également en lumière les défis techniques liés au parasitisme, à l’abreuvoir et à la nécessité d'une gestion concertée du foncier. Malgré les contraintes, cette pratique démontre que l’élevage peut être une solution pertinente pour maintenir la biodiversité tout en assurant la viabilité économique des exploitations dans des territoires marqués par l'ultra-ruralité.

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Résumé
Dans ce troisième épisode de la websérie « Paroles d'éleveurs », Arnaud Simons, éleveur sur le plateau de Millevaches, partage son expérience de l'élevage extensif en zones humides. Accompagné de Julien Jemin du Conservatoire d'espaces naturels de Nouvelle-Aquitaine, il explique comment son système, combinant bovins et ovins de race limousine, s'adapte à une mosaïque de milieux (tourbières, landes sèches, boisements). L’éleveur souligne que ces zones humides, gérées notamment via un groupement pastoral, sont un levier de résilience majeur face aux aléas climatiques, offrant des ressources fourragères complémentaires. Le témoignage met également en lumière les défis techniques liés au parasitisme, à l’abreuvoir et à la nécessité d'une gestion concertée du foncier. Malgré les contraintes, cette pratique démontre que l’élevage peut être une solution pertinente pour maintenir la biodiversité tout en assurant la viabilité économique des exploitations dans des territoires marqués par l'ultra-ruralité.

C'est dans le cadre de l'animation du réseau d’acteurs zones humides du bassin de la Loire, portée par la Fédération des Conservatoire d'espaces naturels, que nous vous proposons la série de Webinaires "Paroles d'éleveurs".

Objectifs de la série :

• Découvrir des systèmes d'élevage qui mobilisent des parcelles en milieux humides ;

• Montrer les bénéfices des milieux humides pour des systèmes d'élevage extensif mais aussi la plus-value des pratiques extensives pour les milieux humides ;

• Démontrer qu’il est possible de vivre de l’élevage avec des parcelles en milieux humides ;

• Échanger sur certaines idées reçues ou a priori ;

• Partager des retours d’expériences sur des problématiques ou enjeux liés à l’élevage extensif en milieux humides.

Tout cela par l'intermédiaire de paroles d'éleveurs et d'éleveuses.


ÉPISODE N°3 : « Élevage en zones humides, viable ou pas en zones de sources (tourbières) ? » avec Arnaud Simons, éleveur en brebis limousines sur le Plateau de Millevaches, et Julien Jemin, chargé de mission au CEN Nouvelle-Aquitaine.

00:00 : Introduction

6:00 : Témoignage d’Arnaud Simons accompagné de Julien Jemin

59:00 : Questions/réponses


Vidéo financée dans le cadre du plan Loire grandeur nature par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.

Un évènement inscrit aux JMZH 2024.


Réalisation : FCEN, janvier 2024





Élevage en zones humides et en zones de sources : le témoignage d’Arnaud Simons

Cet article retrace le troisième épisode de la websérie « Paroles d’éleveurs », consacré à la viabilité de l’élevage en zones de sources et tourbières. Ce webinaire, animé par Charlotte (Fédération des Conservatoires d’espaces naturels), a permis d’échanger avec Arnaud Simons, éleveur sur le plateau de Millevaches, accompagné par Julien Jemin du Conservatoire d’espaces naturels (CEN) de Nouvelle-Aquitaine.

Présentation de l’exploitation d’Arnaud Simons

Installé depuis 1991 à Peyrelevade, près des sources de la Vienne, Arnaud Simons a vu son exploitation évoluer au fil des ans pour atteindre une centaine d’hectares. Son système, initialement conventionnel, s’est progressivement transformé vers une plus grande autonomie, notamment depuis son passage en agriculture biologique en 2013.

Son cheptel se compose de brebis et de vaches de race limousine, une race rustique particulièrement adaptée aux conditions du plateau. L’exploitation est structurée de manière à limiter les intrants, avec une production céréalière (méteil) destinée à l’engraissement des agneaux, bien que l’achat de compléments protéiques reste nécessaire.

L’usage des milieux humides et la mosaïque paysagère

L’exploitation d’Arnaud intègre une vingtaine d’hectares de zones humides (prés de fond, tourbières, bords de ruisseaux) ainsi que des landes sèches et des zones boisées. Cette diversité de milieux constitue un atout majeur pour la gestion saisonnière du troupeau :

  • Valorisation : Les zones humides permettent de sécuriser le système fourrager, notamment lors des périodes de sécheresse, en offrant des ressources complémentaires.
  • Rotation : La conduite du troupeau repose sur un roulement entre les parcelles, ce qui permet de rompre le cycle parasitaire sans recours systématique aux traitements.

Le rôle du groupement pastoral

Arnaud Simons fait partie d’un groupement pastoral (PML - Pastoralisme en Montagne Limousine) qui mutualise des surfaces de pâturage. Ce groupement permet :

  • Organisation : Une mise en commun des troupeaux (environ 450 brebis) gardés par des bergers ou bergères sur des parcelles diversifiées (terres communales, ONF, CEN).
  • Logistique : Une gestion coordonnée des déplacements du troupeau en fonction de la pousse de l’herbe, tout en assurant une présence humaine indispensable pour le bien-être animal et la surveillance.

Défis et perspectives de l’élevage en zone humide

Au cours des échanges, plusieurs enjeux ont été soulevés :

  • Gestion de l’eau : L’abreuvement est une préoccupation majeure, surtout lorsque les niveaux des cours d’eau baissent. Des aménagements (mares, abreuvoirs gravitaires) sont nécessaires pour limiter le piétinement des sols fragiles.
  • Résilience : Pour Arnaud, le maintien de races rustiques comme la limousine est crucial. Le croisement avec des races plus exigeantes s’est révélé inadapté à l’humidité de ces milieux.
  • Risque incendie : Avec le changement climatique, la biomasse sèche (molinie) en hiver représente un risque accru. Une vigilance particulière est de mise, notamment lors des travaux de débroussaillage.
  • Aspect social et économique : Bien que le métier demande une présence constante, Arnaud souligne l’importance de la résilience offerte par ces milieux. Le label bio, bien que moteur pour ses convictions, ne garantit pas toujours une valorisation économique suffisante sur le marché.

Conclusion et ressources

Le témoignage d’Arnaud Simons met en lumière la pertinence de l’élevage extensif pour la gestion durable des zones humides et la préservation de la biodiversité. La complémentarité entre l’éleveur, le groupement pastoral et le Conservatoire d’espaces naturels permet de maintenir une activité agricole viable dans des territoires de montagne fragiles.

Pour aller plus loin, les acteurs du bassin Loire-Bretagne continuent de proposer des outils d’accompagnement technique, tels que les Contrats Territoriaux Milieux Aquatiques (CTMA) et des formations dédiées à la gestion pastorale des zones humides.

Le prochain épisode de la série aura lieu le 13 février 2024, avec le témoignage de l’éleveur Nicolas Melin.