Paroles d'éleveurs - Épisode 2 : "Élevage en zones humides, viable ou pas en marais ?
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C'est dans le cadre de l'animation du réseau d’acteurs zones humides du bassin de la Loire, portée par la Fédération des Conservatoire d'espaces naturels, que nous vous proposons la série de Webinaires "Paroles d'éleveurs".
Objectifs de la série :
• Découvrir des systèmes d'élevage qui mobilisent des parcelles en milieux humides ;
• Montrer les bénéfices des milieux humides pour des systèmes d'élevage extensif mais aussi la plus-value des pratiques extensives pour les milieux humides ;
• Démontrer qu’il est possible de vivre de l’élevage avec des parcelles en milieux humides ;
• Echanger sur certaines idées reçues ou a priori ;
• Partager des retours d’expériences sur des problématiques ou enjeux liés à l’élevage extensif en milieux humides.
Tout cela par l'intermédiaire de paroles d'éleveurs et d'éleveuses.
ÉPISODE N°2 : « Élevage en zones humides, viable ou pas en marais ? » avec Frédéric Signoret, éleveur-paysan de nature GAEC La Barge, et Elise Guiheneuf, chargée de mission au Conservatoire des Races Animales en Pays de la Loire (CRAPAL).
00:00 : Introduction
07:00 : Témoignage-Intervention d’Élise Guiheneuf (CRAPAL)
13:20 : Témoignage-Intervention de Frédéric Signoret (GAEC La Barge)
40:10 : Question/réponses
Vidéo financée dans le cadre du plan Loire grandeur nature par l'agence de l'eau Loire-Bretagne.
Réalisation : FCEN, décembre 2023
Paroles d’éleveurs - Épisode 2 : “Élevage en zones humides, viable ou pas en marais ?”
Ce second épisode de la série “Paroles d’éleveurs”, organisé par la Fédération des Conservatoires d’espaces naturels dans le cadre du Plan Loire grandeur nature, a été consacré à la viabilité de l’élevage en zones humides, et plus particulièrement en milieu de marais. Charlotte Leming, chargée de mission zones humides à la Fédération, a accueilli Élise Guiheneuf, animatrice au Crapal (Conservatoire des races animales en Pays de la Loire), et Frédéric Signoret, éleveur de vaches maraîchines en Vendée.
Le Crapal : sauvegarde du patrimoine génétique et professionnel
Élise Guiheneuf a présenté le Crapal, association créée en 1998, qui regroupe des éleveurs de races locales menacées. Ces races, délaissées après la Seconde Guerre mondiale au profit de races plus productives, possèdent pourtant des atouts majeurs : rusticité, adaptation aux milieux humides et mixité (lait/viande).
Les missions du Crapal incluent : - La représentation des associations d’éleveurs auprès des instances régionales. - L’accompagnement des associations dans la sauvegarde et la professionnalisation des élevages (formations, animation, microfilières). - La communication et la valorisation des races locales pour encourager de nouvelles installations.
Retour d’expérience : l’exploitation de Frédéric Signoret
Frédéric Signoret, installé dans le Marais breton, au sein du Gaec “La Barge”, témoigne d’un système d’élevage atypique. Ancien naturaliste, il a souhaité démontrer que l’élevage extensif peut être un levier puissant pour la biodiversité tout en garantissant un revenu viable.
Stratégies de gestion et biodiversité
Le système du Gaec repose sur : - L’arrêt du drainage : Le maintien de l’eau sur les prairies inondables est le levier principal pour restaurer l’habitat d’espèces comme la Barge à queue noire, le Chevalier gambette ou le Busard cendré. - La réduction de la mécanisation : Le pâturage tardif et manuel est privilégié au détriment des fauches mécanisées massives, souvent défavorables à la reproduction des espèces fragiles. - Le chargement moyen faible : Avec environ 0,4 à 0,6 UGB/ha, l’exploitation respecte l’équilibre naturel du milieu sans recours aux intrants.
Viabilité économique et circuits courts
Le modèle de Frédéric repose sur une valorisation en circuit court (vente directe, boucheries locales, cantines) et sur une filière collective construite avec la LPO et les Biocop. Cette structuration permet de garantir une juste rémunération malgré les contraintes de conformité des races locales.
Défis de l’installation et perspectives
La discussion a mis en lumière les obstacles à l’installation des jeunes agriculteurs : - Accès au foncier : Frédéric souligne l’intérêt de la finance citoyenne (via “Paysans de nature”) pour accélérer l’achat de terres, tout en reconnaissant les complexités liées aux délais administratifs et aux seuils de chiffre d’affaires imposés pour les aides (DJIA). - Techniques de pâturage : La maîtrise du parasitisme et l’équilibre de la ration (herbes sèches riches en carbone versus végétation riche en azote soluble) demandent une réelle expertise pastorale et une présence quotidienne, s’éloignant des pratiques conventionnelles. - Changement climatique : Bien que la montée des eaux et la salinisation soient des sujets d’inquiétude pour l’avenir, le marais reste un espace de productivité primaire naturelle exceptionnel pour les systèmes sobres en intrants.
Conclusion
L’élevage en zone humide, loin d’être condamné, apparaît comme une opportunité pour l’agriculture de demain. Le réseau “Paysans de nature” et les Conservatoires d’espaces naturels continuent de proposer des accompagnements techniques pour encourager ces pratiques vertueuses.
Le prochain épisode de la série aura lieu le mardi 30 janvier 2024 avec Arnaud Simon, éleveur en brebis limousines sur le plateau de Millevaches. Les dates des prochaines sessions de formation sont disponibles sur le site du Centre de ressources Loire nature.