Maraîchage : booster la fertilité des sols et éviter les échecs, Xavier Dubreucq
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This video was made as part of the NBSoil project co-funded by the European Union.
La réalisation de cette vidéo a été faite dans le cadre du projet NBSoil financé par l'union Européenne
Cette page a été rédigée dans le cadre du projet NBSOIL avec le soutien financier de l'Union Européenne, avec la participation du Centre National d'Agroécologie, de Ver de Terre Production et de Neayi
Introduction
En maraîchage, réduire le travail du sol et implanter des couverts végétaux dans des rotations courtes constitue un véritable défi technique. Xavier Dubreucq, agronome spécialisé dans la conservation des sols, accompagne les maraîchers de tous profils — du très petit au très gros, en bio comme en conventionnel — pour booster la fertilité et limiter les échecs de culture grâce à une approche basée sur des mesures pragmatiques et de terrain.
Les piliers de la fertilité : physique, chimique et biologique
Une bonne fertilité se résume simplement : c’est un milieu qui permet aux plantes de bien pousser. Les agronomes la décomposent en trois niveaux interdépendants :
- La fertilité physique : C’est le prérequis majeur, le premier étage de la fusée. Un sol doit être meuble et posséder une bonne porosité pour permettre aux racines de se développer. Le test à la fourche bêche (observation de la structure, des mottes et de la facilité de pénétration) est un diagnostic indispensable. Si le sol est compacté, le travail du sol devient nécessaire, même dans une logique de réduction.
- La fertilité chimique : Elle concerne l’équilibre des éléments minéraux, le pH et la concentration en nutriments. Une analyse de sol est cruciale à l’installation. Si des corrections sont nécessaires, il ne faut pas hésiter à effectuer un travail de sol agressif pour mélanger les amendements sur toute la profondeur de la terre arable.
- La fertilité biologique : Elle vient en renfort des deux autres. La vie du sol (micro-organismes, vers de terre) améliore la structure (physique) et fournit des éléments nutritifs (chimique). Pour qu’elle soit active, il faut limiter le bouleversement du sol et nourrir cette biologie avec de la [[matière organique]].
Gestion de la matière organique et faim d’azote
La matière organique doit être choisie en fonction de ses propriétés :
- Les produits énergétiques (broyats de bois, paille, fumier de cheval) : Ils nourrissent fortement la vie du sol mais peuvent provoquer une “faim d’azote” lors de leur dégradation. Cet azote est alors prélevé dans le milieu au détriment de la culture. Il faut compenser ce risque par une fertilisation azotée adaptée.
- Les produits de stockage (composts) : Ils sont déjà dégradés et améliorent la structure sans créer de concurrence azotée.
Un bon indicateur pour le taux de matière organique souhaitable est de diviser le taux d’argile par 4 (pour un sol contenant au moins 10 % d’argile).
Causes majeures d’échecs en culture
Le technicien identifie plusieurs erreurs récurrentes :
- Mauvais planning : Vouloir planter trop tôt expose les cultures au gel et à l’humidité, compromettant la reprise et le rendement.
- Mauvais choix variétal : L’usage de variétés anciennes inadaptées à la pression parasitaire actuelle est une cause fréquente d’échec économique.
- Enherbement : Le maraîchage est une activité salissante. Une politique de “zéro herbe” par des binages réguliers est souvent la clé de la réussite.
- Fertilisation inadaptée : Notamment le sous-dosage dû à une mauvaise compréhension des besoins à l’hectare (incluant les passages) ou la méconnaissance des besoins spécifiques des cultures.
Outils de pilotage et méthodes de terrain
- Le Nitra-check : Un outil indispensable (200-300 €) permettant de mesurer rapidement le reliquat azoté du sol (0-30 cm). Une valeur inférieure à 50 unités d’azote nitrique indique souvent un besoin d’apport complémentaire.
- Les paillages : Ils agissent sur la thermicité (le plastique transparent est le plus chauffant) et permettent de forcer la précocité.
- L’irrigation : L’usage de tensiomètres ou de sondes capacitives aide à piloter l’arrosage. La consommation en eau d’une culture (ETP) est un indicateur précieux pour savoir si l’on est dans les clous.
Vers une réduction du travail du sol
Xavier Dubreucq encourage des méthodes plus douces comme le “strip-till” ou le passage d’outils rotatifs à faible profondeur pour détruire les couverts tout en nivelant le sol. L’utilisation du sorgo comme couvert végétal dans le Sud-Est est citée pour son exceptionnelle production de biomasse et son pouvoir décompactant.
En conclusion, la réussite repose sur la maîtrise des fondamentaux : diagnostic physique, gestion précise de l’azote, choix variétal rigoureux et irrigation maîtrisée. L’accès aux ressources techniques des stations régionales et du CTIFL est vivement recommandé pour éviter les erreurs coûteuses.