Les 4 Phases de l'Eau, la Zone d'Exclusion et l'Eau Vivante - Gérald Pollack

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Dans cette conférence, Gérald Pollack remet en cause l’idée que l’eau serait parfaitement comprise. À partir d’expériences étonnantes, il présente l’existence d’une quatrième phase de l’eau, différente de la glace, de l’eau liquide et de la vapeur : la zone d’exclusion (EZ). Cette eau, formée près des surfaces hydrophiles, exclut particules et solutés, possède une charge négative, une structure plus ordonnée et des propriétés physiques distinctes. Pollack explique que cette phase se construit grâce à l’énergie rayonnante, surtout la lumière infrarouge, qui sépare les charges et transforme l’eau en véritable « batterie ». Il relie cette découverte à de nombreux phénomènes : tension superficielle, ponts d’eau, circulation dans les capillaires, fonctionnement cellulaire et santé. Selon lui, l’eau vivante serait essentielle au vivant, et pourrait être favorisée par l’hydratation, la lumière du soleil, la chaleur, certains aliments et la mise à la terre.

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Résumé
Dans cette conférence, Gérald Pollack remet en cause l’idée que l’eau serait parfaitement comprise. À partir d’expériences étonnantes, il présente l’existence d’une quatrième phase de l’eau, différente de la glace, de l’eau liquide et de la vapeur : la zone d’exclusion (EZ). Cette eau, formée près des surfaces hydrophiles, exclut particules et solutés, possède une charge négative, une structure plus ordonnée et des propriétés physiques distinctes. Pollack explique que cette phase se construit grâce à l’énergie rayonnante, surtout la lumière infrarouge, qui sépare les charges et transforme l’eau en véritable « batterie ». Il relie cette découverte à de nombreux phénomènes : tension superficielle, ponts d’eau, circulation dans les capillaires, fonctionnement cellulaire et santé. Selon lui, l’eau vivante serait essentielle au vivant, et pourrait être favorisée par l’hydratation, la lumière du soleil, la chaleur, certains aliments et la mise à la terre.



Introduction

Dans cette conférence, Gérald Pollack explique que, contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’eau serait parfaitement comprise, de nombreuses observations montrent qu’il reste beaucoup à découvrir. Il présente une hypothèse centrale : en plus des trois phases classiques de l’eau — glace, eau liquide et vapeur — il existerait une quatrième phase, qu’il appelle souvent zone d’exclusion (EZ, pour exclusion zone) ou eau vivante / eau structurée.

Son exposé vise à montrer :

  • que cette phase existe réellement ;
  • qu’elle possède des propriétés physiques différentes de l’eau ordinaire ;
  • qu’elle se forme au voisinage de surfaces hydrophiles ;
  • qu’elle sépare les charges électriques ;
  • qu’elle est alimentée par l’énergie rayonnante, en particulier l’infrarouge ;
  • qu’elle pourrait jouer un rôle fondamental en biologie, en santé, en filtration, en énergie et même dans certains phénomènes atmosphériques.

Pourquoi l’eau n’est pas un sujet clos

Gérald Pollack commence par contester l’idée selon laquelle on saurait déjà tout sur l’eau. Pour cela, il évoque plusieurs phénomènes apparemment simples mais difficiles à expliquer complètement.

Les nuages

Un nuage est constitué de gouttelettes d’eau. Or ces gouttelettes sont plus lourdes que l’air. La question est donc : qu’est-ce qui maintient le nuage suspendu ? Pollack présente cela comme un exemple de problème fondamental qui montre que notre compréhension de l’eau et de ses comportements collectifs reste incomplète.

Il souligne aussi une autre question : si l’eau s’élève dans l’atmosphère un peu partout, pourquoi observe-t-on parfois seulement de petits nuages localisés, plutôt qu’un nuage uniformément réparti ?

L’eau qui ne fusionne pas immédiatement avec l’eau

Il rappelle qu’en général, lorsqu’une goutte d’eau tombe sur de l’eau, on s’attend à ce qu’elle fusionne immédiatement avec la surface. Pourtant, certaines expériences montrent que de l’eau peut tomber sur de l’eau sans fusion instantanée. Pour lui, ce type de comportement est difficile à concilier avec une vision trop simplifiée de l’eau liquide.

Le pont d’eau

Pollack décrit ensuite une expérience où l’on place deux béchers d’eau côte à côte, lèvre contre lèvre, puis où l’on applique une haute tension électrique avec deux électrodes. Un pont d’eau se forme alors entre les deux récipients.

Ce pont peut même rester stable quand on éloigne les béchers l’un de l’autre, jusqu’à une distance notable. Selon Pollack, si l’on connaissait entièrement la physique de l’eau, on devrait pouvoir expliquer facilement un tel phénomène — ce qui n’est pas le cas.

L’eau soumise à un aimant

Il évoque également une démonstration dans laquelle un récipient d’eau colorée placé devant un puissant aimant semble se séparer, en référence imagée à la mer Rouge. Là encore, il utilise cet exemple comme une invitation à reconnaître qu’il existe des comportements de l’eau qui restent surprenants.

L’influence de Gilbert Ling

Pollack explique que son intérêt pour l’eau vient en grande partie de ses lectures et de sa rencontre avec Gilbert Ling. Selon lui, Gilbert Ling a soutenu une idée essentielle : l’eau à l’intérieur des cellules n’est pas identique à l’eau ordinaire.

L’eau cellulaire serait ordonnée

D’après Gilbert Ling, les molécules d’eau dans la cellule biologique seraient alignées, ordonnées, structurées, au lieu d’être désordonnées comme on l’imagine souvent pour l’eau liquide en vrac.

Pollack explique qu’il a voulu rendre ces idées plus accessibles, notamment dans son livre publié en 2001. Il y défend l’idée que l’eau ordonnée est critique pour les processus cellulaires fondamentaux.

Au-delà de quelques couches moléculaires

Les physico-chimistes admettaient généralement que près d’une surface, l’eau pouvait éventuellement s’ordonner sur deux ou trois couches moléculaires, puis redevenir désordonnée à cause de l’agitation thermique.

Gilbert Ling, au contraire, soutenait qu’il pouvait exister des dizaines de couches ordonnées, voire davantage. Cette idée a suscité la curiosité expérimentale de Pollack et de son équipe.

La découverte de la zone d’exclusion

Le principe expérimental

Pollack explique qu’une propriété connue des structures ordonnées, comme la glace, est leur tendance à exclure les particules et les solutés. Son équipe a donc cherché une situation expérimentale où cette exclusion pourrait être observée.

Ils ont mis en place une chambre contenant un gel, puis de l’eau contenant de petites particules en suspension, appelées microsphères. En observant la zone proche du gel, ils ont remarqué une région dans laquelle les microsphères étaient exclues.

Observation de la zone vide

Cette région, vide de particules, apparaît à proximité du matériau. Pollack l’interprète comme une région où les molécules d’eau sont ordonnées.

En enregistrant le phénomène en vidéo, l’équipe a pu voir que les particules étaient progressivement repoussées sur une distance importante. De plus, cette zone restait stable pendant des heures, voire des jours.

Le nom de « zone d’exclusion »

Comme ce phénomène semblait nouveau, il fallait lui donner un nom. L’équipe a choisi zone d’exclusionEZ en anglais — car cette région exclut les particules et les solutés.

Pollack note avec humour que l’abréviation fonctionne très bien en anglais, mais moins bien en Europe, où la lettre « Z » est parfois moins naturellement utilisée.

Taille et confirmation du phénomène

Pollack indique que la taille typique de la zone d’exclusion est de l’ordre de la moitié de l’épaisseur d’un cheveu, soit environ un demi-millimètre dans certains cas.

Il montre aussi un autre exemple expérimental avec une feuille de matériau polymère, découpée à la forme souhaitée, déposée au fond d’une chambre. Après ajout d’eau et de microsphères, une zone d’exclusion se forme autour du matériau.

Un phénomène déjà observé

Pollack précise qu’en recherchant dans la littérature, ils ont découvert qu’un résultat similaire avait déjà été publié en 1970 dans le Journal of Physiology de Londres. Il reconnaît donc que le phénomène n’est pas totalement inédit, même si lui et beaucoup d’autres chercheurs l’ont ensuite confirmé et développé.

Il ajoute qu’un grand nombre d’équipes ont depuis reproduit le résultat.

Les questions fondamentales posées par Pollack

À ce stade, Pollack organise son exposé autour de plusieurs grandes questions :

  1. La zone d’exclusion est-elle un phénomène général ou limité à quelques cas particuliers ?
  2. Cette zone est-elle réellement différente de l’eau ordinaire ?
  3. Peut-elle expliquer certaines anomalies connues de l’eau ?
  4. D’où vient l’énergie nécessaire à sa formation ?
  5. Quelles applications cela a-t-il pour la biologie, la santé, la mémoire de l’eau, la filtration ou l’énergie ?

La généralité du phénomène

Quelles surfaces produisent une zone d’exclusion ?

Pollack dit que son équipe a étudié de nombreuses surfaces. Dans le cas des gels ou hydrogels, tous ceux qui ont été testés formaient une zone d’exclusion.

Ils ont aussi étudié divers polymères, des surfaces biologiques et même des monocouches moléculaires déposées sur l’or.

La conclusion est que beaucoup de surfaces, sinon la plupart, forment des zones d’exclusion à côté d’elles.

Le rôle des surfaces hydrophiles

L’exception principale concerne les surfaces hydrophiles, c’est-à-dire les surfaces qui aiment l’eau. Une manière simple de les reconnaître est que lorsqu’on dépose une goutte d’eau dessus, l’eau s’étale.

À l’inverse, sur une surface hydrophobe comme le téflon, l’eau perle. Selon Pollack, les zones d’exclusion se forment surtout à côté des surfaces hydrophiles.

Quels solutés sont exclus ?

L’équipe a examiné de nombreux types de particules et de molécules : grosses particules, petites particules, grosses molécules, petites molécules, jusqu’à des masses moléculaires d’environ 100 daltons ou moins.

Le résultat général est que presque tout est exclu de cette zone.

La conclusion de Pollack est donc que le phénomène est général : de nombreuses surfaces hydrophiles produisent une zone d’exclusion, et de nombreux solutés en sont exclus.

En quoi cette eau est-elle différente de l’eau ordinaire ?

Pollack affirme que la zone d’exclusion n’est pas simplement de l’eau normale immobilisée, mais une forme d’eau physiquement distincte. Il énumère plusieurs indices expérimentaux allant dans ce sens.

1. Des molécules plus contraintes

Les molécules d’eau de la zone d’exclusion sont plus contraintes que celles de l’eau ordinaire. Cela a été montré notamment par des mesures de résonance magnétique nucléaire.

2. Une plus grande stabilité

L’eau de la zone d’exclusion est plus stable que l’eau en vrac, ce qui a été déduit à partir de mesures en infrarouge.

3. Une charge négative

Le point le plus surprenant, selon Pollack, est que la zone d’exclusion n’est pas électriquement neutre. Elle porte une charge négative.

Cette observation a été faite par mesure directe du potentiel électrique au moyen d’électrodes insérées dans la zone.

4. Une absorption ultraviolette à 217 nm

La zone d’exclusion absorbe la lumière à une longueur d’onde d’environ 217 nanomètres, dans l’ultraviolet. Ce n’est pas le cas de l’eau ordinaire.

5. Une viscosité plus élevée

Pollack affirme que cette eau est beaucoup plus visqueuse que l’eau en vrac, d’environ deux ordres de grandeur, avec une consistance qu’il compare au blanc d’œuf cru.

6. Un alignement moléculaire

Les molécules y sont alignées et ordonnées les unes par rapport aux autres.

7. Une structure moléculaire différente

Sa structure moléculaire serait différente de celle de l’eau liquide ordinaire, d’après diverses analyses spectroscopiques.

8. Des propriétés optiques différentes

Des chercheurs russes ont mesuré un indice de réfraction et un pouvoir de flexion plus élevés, d’environ 11 % par rapport à l’eau ordinaire.

L’ensemble de ces résultats conduit Pollack à affirmer que l’eau de la zone d’exclusion constitue bien une phase distincte.

La séparation des charges

La présence d’une charge négative dans la zone d’exclusion a surpris l’équipe. Pollack explique le raisonnement qui les a conduits à penser que les molécules d’eau se séparent en charges.

Comment obtenir une zone négative à partir d’eau ordinaire ?

Le problème est le suivant : si l’on part d’eau ordinaire, globalement neutre, comment obtient-on une grande région chargée négativement ?

La réponse proposée par Pollack est que l’eau se dissocie en composantes positives et négatives : d’un côté une zone chargée négativement, et ailleurs une accumulation de protons H+.

Mise en évidence des protons

Pour tester cette idée, son équipe a utilisé un colorant sensible au pH, comparable à un papier tournesol. Le colorant change de couleur selon la concentration en protons.

Le résultat montre que, juste au-delà de la zone d’exclusion négative, la région voisine devient fortement acide, avec une couleur correspondant à un pH d’environ 3 ou moins. Cela indique une forte concentration de charges positives.

Une véritable batterie dans l’eau

L’équipe a ensuite placé une électrode dans la zone positive et une autre dans la zone négative, puis connecté les deux par une résistance.

Si la séparation de charges était réelle, un courant devait circuler. Pollack dit que c’est exactement ce qu’ils ont observé : un courant initial élevé, puis décroissant vers un plateau non nul.

Il conclut qu’on obtient ainsi une sorte de batterie à eau : à côté d’une surface hydrophile, on trouve une zone d’eau EZ négative et une zone d’eau ordinaire enrichie en charges positives.

Une quatrième phase de l’eau

Pollack relie alors ses résultats à une idée ancienne, selon laquelle l’eau pourrait posséder une quatrième phase.

Référence historique

Il mentionne qu’il y a environ cent ans, le physico-chimiste Sir William Hardy avait suggéré que certains résultats anormaux ne pouvaient pas être expliqués seulement par les trois phases classiques — solide, liquide et vapeur — et qu’il fallait peut-être admettre une quatrième phase.

Selon Pollack, la phase ordonnée qu’il observe pourrait correspondre à cette phase.

Pourquoi la structure en dipôles ne suffit pas

Il revient sur une représentation classique des molécules d’eau ordonnées comme un empilement de dipôles. Cette image est séduisante, mais elle ne peut pas expliquer une charge négative nette.

Un dipôle est électriquement neutre. Même si l’on empilait des dipôles sur une grande distance, dit-il, on ne créerait pas une région globalement négative.

Une structure révisée : H3O2

Après réflexion, Pollack propose une autre structure. Dans cette structure, l’eau ordonnée se développe en couches avec un motif hexagonal, comme un réseau en nid d’abeille.

En comptant les atomes d’oxygène et d’hydrogène dans la cellule unitaire, on n’obtient pas H2O mais H3O2. Cette composition porterait une charge négative nette, puisqu’il manquerait une charge positive pour obtenir la neutralité.

Selon lui, cela rend compte de la charge négative observée dans l’EZ.

Une eau qui peut devenir solide à température ambiante

Pollack rapporte qu’un collègue italien a cherché à savoir si cette eau EZ, décrite comme un cristal liquide, pouvait devenir solide à température ambiante.

Raclage de l’eau EZ

L’expérience consiste à prendre une feuille de Nafion, à faire former de l’eau EZ à sa surface, puis à gratter cette eau EZ, encore et encore, afin d’en accumuler une quantité suffisante.

Au bout d’un certain temps, on obtient un matériau nuageux qui, après retrait de l’eau libre, donne un solide à température ambiante.

Nature du solide

D’après Pollack, ce matériau est constitué d’hydrogène et d’oxygène, comme l’a montré une spectrométrie de masse. Il indique qu’on peut le prendre avec la main, comme un fil ou un matériau très fragile.

Il insiste sur le caractère remarquable de cette observation : de l’« eau solide » à température ambiante.

Lien avec les nuages

Pollack suggère que le nuage obtenu expérimentalement ressemble visuellement à un nuage dans le ciel. Il n’en fait pas une démonstration complète, mais laisse entendre qu’il pourrait y avoir un lien conceptuel entre ces observations et certains phénomènes atmosphériques.

La mémoire de l’eau

Pollack aborde brièvement la question controversée de la mémoire de l’eau. Il ne prétend pas montrer directement des preuves définitives, mais propose un cadre possible.

Analogie avec une clé USB

Il compare l’EZ à une mémoire informatique. Dans une clé USB, l’information est stockée dans une matrice tridimensionnelle de silicium, où les unités peuvent prendre des états binaires.

Dans l’eau EZ, on aurait à la place un réseau tridimensionnel d’oxygène et d’hydrogène.

Cinq états d’oxydation possibles

Pollack souligne que l’oxygène peut exister dans cinq états d’oxydation différents : -2, -1, 0, +1 et +2. Au lieu d’un système binaire à deux états, on pourrait donc imaginer un système à plusieurs états, avec une capacité potentielle de stockage d’information beaucoup plus élevée.

Il pose alors la question : l’eau EZ pourrait-elle un jour servir de support de stockage d’information, voire remplacer le silicium dans certaines applications ?

À propos de Masaru Emoto

Pollack évoque ensuite Masaru Emoto, connu pour ses images de cristaux de glace censés refléter l’influence de la musique, des mots ou de l’intention.

Il reconnaît que très peu de scientifiques prennent ces travaux au sérieux, notamment parce que les images semblaient sélectionnées de manière non rigoureuse. Néanmoins, il estime que si l’eau EZ possède réellement une capacité de stockage d’information, alors l’idée générale selon laquelle l’eau puisse enregistrer une influence n’est peut-être pas absurde.

Il rappelle toutefois qu’Emoto était plutôt un spiritualiste qu’un scientifique.

La zone d’exclusion peut-elle expliquer certaines anomalies de l’eau ?

Pollack soutient que la présence d’eau EZ ou d’eau cristalline liquide peut rendre intelligibles plusieurs phénomènes souvent jugés étranges.

La surface de l’eau

Il reprend l’exemple bien connu d’un trombone ou d’une épingle que l’on peut faire flotter à la surface de l’eau si on le dépose délicatement, alors qu’il coule immédiatement si on le place sous la surface.

La réponse habituelle est la tension superficielle. Pollack ne rejette pas cette idée, mais il propose une interprétation plus structurelle : selon lui, la surface de l’eau serait recouverte d’une couche EZ relativement épaisse, ce qui contribuerait à sa résistance mécanique.

Mise en évidence d’une EZ à l’interface air-eau

Pour tester cela, son équipe a construit une chambre faite de deux plaques de verre scellées sur les bords, puis remplie d’eau et de microsphères.

Au bout d’environ 15 minutes, une zone claire, sans microsphères, apparaît près de la surface air-eau. Cette zone est stable et ressemble à l’EZ observée au voisinage des matériaux hydrophiles.

Des microélectrodes y révèlent aussi un potentiel négatif.

Une surface plus proche d’un gel que d’un liquide

Pollack décrit ensuite une expérience où l’on touche mécaniquement la surface avec une tige de verre. L’épaisseur de la couche varie très peu : elle se comporte comme un gel épais ou un matériau élastique, et non comme de l’eau liquide ordinaire.

Il en conclut que la tension superficielle élevée pourrait être due à cette couche structurée.

Le « lézard de Jésus-Christ »

Pollack mentionne le lézard basilic, capable de courir sur l’eau. Il pense que la présence d’une couche EZ relativement résistante à la surface pourrait contribuer à expliquer cet exploit.

Le pont d’eau revisité

Comme les cristaux peuvent être très rigides, Pollack pense aussi que le pont d’eau observé entre deux béchers pourrait s’expliquer par la présence d’eau EZ structurée dans le pont, qui lui donnerait sa cohésion et sa tenue.

D’où vient l’énergie qui forme l’eau EZ ?

C’est l’un des points majeurs de la conférence.

Une découverte accidentelle au laboratoire

Pollack raconte qu’un jeune étudiant de premier cycle travaillait près d’une lampe de paillasse à col de cygne. Il a pris la lampe et l’a orientée vers le dispositif expérimental contenant une zone d’exclusion.

On a alors observé que, dans la région éclairée, la zone d’exclusion grandissait. Quand la lampe était retirée, la zone revenait à sa taille initiale.

Cela a conduit l’équipe à comprendre que la lumière fournissait l’énergie nécessaire à la construction de l’EZ.

L’infrarouge est le plus efficace

L’équipe a ensuite testé différentes longueurs d’onde, de l’ultraviolet au visible et à l’infrarouge. Le résultat le plus fort a été obtenu avec la lumière infrarouge.

Pollack souligne alors que l’infrarouge est omniprésent dans notre environnement : il est émis par les objets, par les corps, par les sièges, les murs, les personnes.

Une énergie ambiante et permanente

Puisque l’infrarouge est partout, l’eau EZ peut se former spontanément et en permanence dès qu’il y a de l’eau au contact d’une surface hydrophile.

Si l’on ajoute davantage d’infrarouge, l’EZ grandit. Si l’on retire cet apport supplémentaire, elle revient à son état antérieur.

Une batterie rechargée par la lumière

La séparation de charges observée dans l’eau implique qu’il y a stockage d’énergie. Pollack affirme que cette batterie à eau est rechargée par la lumière, surtout infrarouge.

L’eau peut-elle produire un travail mécanique ?

Pollack veut montrer que l’énergie absorbée ne sert pas seulement à structurer l’eau, mais peut aussi être convertie en travail.

L’écoulement spontané dans un tube hydrophile

Une autre découverte accidentelle a joué un rôle important. Un étudiant travaillant sur un tube de Nafion a observé que l’eau continuait à circuler dans le tube sans interruption.

Pourquoi ce résultat est étonnant

En mécanique des fluides classique, pour faire circuler un fluide dans un tube, il faut en général une différence de pression. C’est le cœur qui assure ce rôle dans la circulation sanguine.

Ici, selon Pollack, il n’y a pas de gradient de pression suffisant pour expliquer l’écoulement.

Description du montage

On prend un tube de Nafion, on le remplit d’eau ou d’acide, puis on l’immerge dans de l’eau contenant des microsphères. À l’observation microscopique, on voit un écoulement continu des particules dans le tube, qui peut durer jusqu’à un jour et demi.

Ce n’est donc pas un phénomène fugace.

Ce n’est pas propre au Nafion

Pour répondre à l’objection selon laquelle ce comportement serait particulier au Nafion, l’équipe a fabriqué d’autres tubes hydrophiles, y compris dans des gels, et a observé le même type d’écoulement.

Ils ont testé des dizaines de gels différents, avec le même constat.

La lumière augmente la vitesse du flux

Puisqu’ils pensaient que la lumière était la source d’énergie, quelqu’un a proposé d’augmenter l’éclairage. Le résultat : la vitesse d’écoulement a pu être multipliée par cinq.

Pollack conclut qu’il s’agit d’un flux entraîné par la lumière.

L’eau comme transducteur d’énergie

Son interprétation est la suivante : l’eau absorbe l’énergie rayonnante de l’environnement, en particulier l’infrarouge, et la convertit en énergie mécanique.

Il compare cela à la plante qui absorbe la lumière et la transforme en énergie chimique. Dans la photosynthèse, dit-il, la première étape implique justement la dissociation de l’eau en charges positives et négatives, ce qui rappelle le mécanisme qu’il observe.

Il propose alors une relation schématique du type :

énergie + H2O → séparation de charges / travail

L’idée importante est que chaque fois qu’il y a de l’eau, il peut y avoir de l’énergie exploitable.

Rôle possible dans la circulation sanguine

Pollack applique ensuite ce modèle à la physiologie.

Le problème des capillaires

Il explique qu’un capillaire peut être plus étroit que le diamètre d’un globule rouge. Pour que le globule rouge passe, il doit être comprimé.

D’après les calculs qui lui ont été présentés à Moscou, l’énergie nécessaire pour comprimer et faire passer les globules rouges dans tous les capillaires serait énorme. Si le cœur devait tout fournir à lui seul, la pression requise serait gigantesque, de l’ordre de un million de fois la pression habituelle.

Il doit donc exister, selon Pollack, une autre source d’énergie.

L’hypothèse : l’infrarouge aide le flux capillaire

Puisque les capillaires sont des structures hydrophiles remplies d’eau, Pollack se demande si le même mécanisme que dans les tubes de laboratoire ne pourrait pas aider à faire circuler le sang.

L’expérience israélienne sur la souris

Il rapporte une étude israélienne dans laquelle des chercheurs ont mesuré le flux sanguin capillaire chez la souris, puis ont pinçé l’aorte. Le cœur s’arrêtait, la souris mourait, mais le flux capillaire continuait malgré tout, à une vitesse moindre, pendant plusieurs minutes, voire plus d’une heure.

Pour Pollack, c’est un indice qu’une partie de la circulation ne dépend pas uniquement de la pompe cardiaque.

Ses expériences sur l’embryon de poussin

Son équipe a mené des expériences sur des embryons de poulet de trois jours. Ils ont arrêté le cœur avec du chlorure de potassium, puis observé le débit.

Le flux diminuait, mais ne tombait pas à zéro.

Ensuite, ils ont appliqué de l’infrarouge. Le débit augmentait alors d’environ un facteur trois. Quand l’infrarouge était retiré, il revenait à la valeur de contrôle.

Pollack en conclut que l’énergie rayonnante contribue probablement à la circulation, notamment dans les capillaires.

Conséquence physiologique

Selon lui, le corps pourrait récupérer la chaleur produite par le métabolisme — qui est en grande partie de l’infrarouge — pour aider à entraîner la circulation sanguine.

Rôle possible à l’intérieur de la cellule

Pollack étend ensuite son raisonnement au fonctionnement cellulaire.

Une cellule encombrée de macromolécules hydrophiles

À l’intérieur d’une cellule, il y a de nombreuses grosses molécules, dont une grande partie de la surface est hydrophile. Chacune pourrait donc être entourée d’une zone d’exclusion.

Comme la cellule est très encombrée, ces zones EZ pourraient occuper une grande part du volume intracellulaire.

Origine possible de la charge négative cellulaire

On sait que les cellules sont globalement chargées négativement. L’explication dominante fait intervenir les pompes membranaires et les canaux ioniques.

Pollack ne nie pas cette théorie, mais propose qu’une part importante de cette charge négative puisse provenir de l’eau EZ intracellulaire elle-même.

Une énergie potentielle pour le travail cellulaire

Les charges négatives se repoussent. Cette situation représente donc une énergie potentielle.

Pollack suggère que cette énergie pourrait contribuer à des fonctions cellulaires comme le repliement et le dépliement des protéines, nécessaires à l’activité musculaire, nerveuse ou sécrétoire.

Repliement protéique et eau EZ

Quand une protéine se replie, l’eau EZ qui l’entoure peut disparaître localement, puis se reconstituer lorsqu’elle se déplie. Si la cellule manque d’eau EZ, la protéine se retrouve dans un état non naturel et ne peut plus accomplir correctement sa fonction.

La pathologie pourrait donc résulter, au moins en partie, d’un défaut d’eau EZ.

Une chaîne causale proposée

Pollack résume cette logique ainsi :

  • la lumière construit l’EZ ;
  • l’EZ crée de la charge négative ;
  • cette charge stocke une énergie potentielle ;
  • cette énergie aide à accomplir le travail de la cellule.

Autrement dit, la lumière serait une des sources du travail cellulaire.

Conséquences pour la santé

Pollack considère que cette idée a des conséquences directes pour la santé : si la bonne fonction cellulaire dépend d’une eau EZ suffisante, alors tout ce qui favorise la formation d’EZ peut être bénéfique.

1. Boire de l’eau

Le premier conseil est simple : boire de l’eau. C’est la matière première nécessaire pour former l’eau EZ dans le corps.

2. Boire du jus vert

Pollack insiste sur les jus verts. Selon lui, lorsqu’on extrait le jus de légumes crus, on récupère l’eau contenue à l’intérieur des cellules végétales.

Cette eau intracellulaire végétale serait déjà en grande partie de l’eau EZ. Boire ce jus permettrait donc d’apporter directement de l’eau structurée.

Il reconnaît que le goût n’est pas toujours agréable, et plaisante sur le fait qu’on peut y ajouter des fraises ou autre chose pour l’améliorer.

3. Certaines substances favorisent l’EZ

Pollack mentionne plusieurs substances réputées bonnes pour la santé depuis longtemps :

  • le curcuma ou la curcumine ;
  • l’eau de coco ;
  • l’huile de coco ;
  • le ghee.

Son équipe a testé plusieurs de ces substances et constaté qu’elles augmentaient toutes la formation d’eau EZ. Il pense que cela pourrait expliquer au moins une partie de leurs effets bénéfiques.

4. La lumière du soleil

Le soleil est une source d’énergie rayonnante. Pollack suggère que l’effet bénéfique du soleil n’est pas seulement psychologique : la lumière absorbée pourrait augmenter l’eau EZ dans le corps.

5. Le sauna

Dans un sauna, la chaleur fournit beaucoup d’infrarouge. Pollack propose que cela restaure l’eau EZ dans les cellules déficientes.

Cela pourrait expliquer pourquoi certaines personnes voient diminuer des maux de tête ou des douleurs musculaires après un sauna.

6. La mise à la terre

Enfin, il parle de la mise à la terre (grounding). Dans le passé, dit-il, les humains étaient plus souvent en contact direct avec le sol. Aujourd’hui, les chaussures et les sols isolent.

Pollack affirme que la Terre est chargée négativement, s’appuyant notamment sur les conférences de Richard Feynman. Se relier à la Terre permettrait donc à une charge négative d’entrer dans le corps et de renforcer la charge de l’eau EZ.

Il y voit une raison possible des effets bénéfiques souvent attribués à la mise à la terre.

Applications pratiques

Produire de l’électricité à partir d’eau et de lumière

Puisqu’il existe une séparation de charges entre l’eau EZ négative et la zone positive voisine, Pollack affirme qu’il est possible d’exploiter cette différence comme une batterie.

Il montre de petites chambres contenant de l’eau, reliées à des électrodes et à une diode électroluminescente (LED). Selon lui, l’eau et la lumière suffisent à allumer la LED.

Purifier l’eau contaminée

Pollack présente ensuite une application de filtration sans filtre matériel classique.

Principe

Dans un tube de Nafion, les particules, bactéries ou contaminants sont repoussés vers le centre par les zones d’exclusion formées près des parois.

Il devient alors possible de concevoir un dispositif dans lequel l’eau propre issue des zones d’exclusion est récupérée séparément, tandis que les contaminants sont concentrés ailleurs.

Dispositif à cylindres concentriques

Il décrit un système avec deux cylindres concentriques : l’un récupère la fraction contaminée concentrée, l’autre l’eau issue des zones d’exclusion.

Il affirme avoir obtenu une séparation de l’ordre de 200 pour 1 en un seul passage.

Une entreprise a été créée pour essayer de développer cette technologie.

Dessalement de l’eau de mer

Pollack pense qu’en appliquant ce même principe, il pourrait être possible de séparer le sel de l’eau et de produire de l’eau potable à partir de l’eau de mer, essentiellement grâce à l’énergie du soleil.

La quatrième phase comme phase intermédiaire entre eau et glace

En conclusion scientifique, Pollack insiste sur l’idée suivante : l’EZ ne serait pas seulement une curiosité, mais une phase à part entière.

Il affirme qu’on ne passerait pas directement de l’eau liquide à la glace ; il faudrait d’abord passer par cette phase EZ. De même, en fondant, la glace passerait par l’EZ avant de redevenir eau ordinaire.

Il suggère que cela pourrait aider à comprendre pourquoi certaines personnes considèrent l’eau de fonte glaciaire comme particulièrement bénéfique.

Implications générales

Pour Pollack, les implications sont vastes.

En chimie

Si ses idées sont correctes, toute réaction chimique en solution aqueuse pourrait dépendre non seulement des molécules réactives, mais aussi de la lumière et de la séparation des charges dans l’eau.

Cela n’apparaît pas dans les manuels classiques, mais pourrait conduire à revoir de nombreuses interprétations.

En météorologie

Il revient enfin aux nuages. Puisqu’ils portent des charges, Pollack pense que la météorologie pourrait gagner en précision en tenant davantage compte de la charge électrique des nuages, et pas seulement de la température et de la pression.

En biologie et santé

La biologie, la circulation, le fonctionnement des cellules et l’état de santé dépendraient tous, au moins en partie, de cette eau EZ.

Questions du public

Sens de l’écoulement dans les tubes

À la question de savoir pourquoi l’eau s’écoule dans une direction plutôt que dans l’autre dans les tubes hydrophiles, Pollack répond qu’il ne le sait pas complètement.

Il dit qu’avec un tube conique, le flux sort toujours par la petite extrémité. Avec certains autres montages, il peut partir dans l’autre sens. Il pense qu’une certaine asymétrie est nécessaire : si tout est parfaitement symétrique, il ne devrait pas y avoir de flux net.

Une asymétrie d’éclairage pourrait suffire à fixer le sens de l’écoulement.

Rôle de la gravité

À propos de la gravité, Pollack indique que son équipe a testé toutes sortes d’orientations et que la formation de la zone d’exclusion ne semble pas dépendre fortement de l’orientation. Il ne nie pas que la gravité puisse avoir un effet, mais dit que ce n’est apparemment pas un facteur majeur dans les expériences présentées.

Influence possible de la Lune et des cycles cosmiques

Une personne du public suggère que la Lune pourrait influencer la taille des zones d’exclusion. Pollack répond que c’est une bonne question.

Il dit avoir observé que, dans un montage identique, la taille de l’EZ varie d’un jour à l’autre, et qu’une étudiante lui a signalé des EZ plus grandes en fin d’après-midi qu’au matin.

Il mentionne aussi les travaux de Piccardi, qui avait observé des périodicités de 24 heures, 28 jours et un an dans des réactions physiques, et en avait conclu à une influence cosmique. Pollack dit qu’il aimerait examiner si l’EZ présente elle aussi une périodicité de 28 jours.

Conclusion

Le message central de Gérald Pollack est que l’eau ne se limite pas à trois phases. Il existerait une quatrième phase, formée près des surfaces hydrophiles, capable d’exclure les solutés, de porter une charge négative, de séparer les charges, d’absorber l’énergie rayonnante et de la convertir en travail.

Cette eau EZ, qu’il associe à l’idée d’eau vivante ou d’eau structurée, pourrait selon lui :

  • aider à expliquer plusieurs anomalies physiques de l’eau ;
  • participer à la circulation sanguine ;
  • soutenir le fonctionnement cellulaire ;
  • jouer un rôle majeur dans la santé ;
  • ouvrir des pistes en énergie, filtration, dessalement et stockage de l’information.

Il conclut en rappelant que ce qu’il a présenté n’est qu’une petite partie des phénomènes qu’il pense pouvoir expliquer par cette approche de l’eau.