La planification forestière en pratique: Comparaison des cantons VS et GR, part 1 (J.-C. Clivaz)

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Dans cette première partie consacrée à la planification forestière, Jean-Christophe Clivaz, chef de la section forêt au service forêt et paysage du canton du Valais, présente les enjeux et outils de gestion forestière valaisans. Avec 110 000 hectares de forêt, dont plus de 90 % sont classés en forêt de protection, le canton privilégie une approche pragmatique et décentralisée. Jean-Christophe Clivaz détaille l’évolution des outils de gestion, du système « Vis-Alpes » (utilisé pour la forêt de protection) aux avancées technologiques telles que le recours au LiDAR pour inventorier la ressource bois. Il souligne que le défi majeur du planificateur moderne réside dans la gestion de « l’imprévu » — qu’il s’agisse du changement climatique, du dépérissement des peuplements ou de l’évolution des attentes sociétales. Malgré ces incertitudes, le canton mise sur la consolidation des données et la mise à disposition d'outils conviviaux pour accompagner les propriétaires et les triages forestiers vers une gestion adaptative.

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Résumé
Dans cette première partie consacrée à la planification forestière, Jean-Christophe Clivaz, chef de la section forêt au service forêt et paysage du canton du Valais, présente les enjeux et outils de gestion forestière valaisans. Avec 110 000 hectares de forêt, dont plus de 90 % sont classés en forêt de protection, le canton privilégie une approche pragmatique et décentralisée. Jean-Christophe Clivaz détaille l’évolution des outils de gestion, du système « Vis-Alpes » (utilisé pour la forêt de protection) aux avancées technologiques telles que le recours au LiDAR pour inventorier la ressource bois. Il souligne que le défi majeur du planificateur moderne réside dans la gestion de « l’imprévu » — qu’il s’agisse du changement climatique, du dépérissement des peuplements ou de l’évolution des attentes sociétales. Malgré ces incertitudes, le canton mise sur la consolidation des données et la mise à disposition d'outils conviviaux pour accompagner les propriétaires et les triages forestiers vers une gestion adaptative.

Interview de Jean-Christophe Clivaz (VS) dans le cadre du cours Fowala 313.1 "PLANIFICATION FORESTIÈRE AUJOURD’HUI ET DEMAIN : COURS DE BASE"





Présentation et contexte forestier en Valais

Jean-Christophe Clivaz est chef de la section Forêt au Service des forêts et du paysage du canton du Valais. Il est en charge de l’ensemble des domaines touchant à la forêt valaisanne.

Le canton compte environ 110 000 hectares de forêts, dont plus de 90 % sont classées comme forêt de protection. La quasi-totalité de ces surfaces est constituée de forêts publiques, gérées et entretenues par 35 triages forestiers. En 2017, une fusion administrative a eu lieu entre les sections “Conservation” (planification) et “Gestion des forêts” afin d’unifier la gouvernance forestière cantonale.

Enjeux et objectifs de la planification forestière

Les enjeux principaux pour le canton se résument en trois points :

  • Acquisition de données : Collecte des données de base, notamment sur la ressource bois.
  • Développement d’outils sectoriels : Amélioration des inventaires, en particulier la carte des fonctions forestières.
  • Intégration interdisciplinaire : Intégrer dans la planification non seulement la protection, mais aussi la biodiversité, la protection contre les incendies et d’autres domaines sectoriels.

Le but ultime est de gérer ce que Jean-Christophe Clivaz qualifie de « cygnes noirs », c’est-à-dire apprendre à gérer l’imprévu qui devient progressivement la règle.

Évolution de la planification forestière depuis 40 ans

La planification a connu plusieurs étapes marquantes :

  • 1997 : Établissement d’une carte des fonctions et des stations pour tout le canton.
  • Années 2000 : Mise en place d’un système de gestion pour les défrichements nommé « Admindéfriche ».
  • 2008-2015 : Introduction du système « Nisrhône » pour la gestion des forêts de protection, suivi en 2015 par le système « Vis-val » (formellement « Système WALIS »), beaucoup mieux accueilli par la pratique.
  • 2016 : Utilisation de relevés Lidar (de 2004 et 2005) pour définir avec précision la ressource bois sur l’ensemble du canton (hauteur du peuplement, volume sur pied, nombre de tiges), une avancée majeure pour un canton sans grande tradition d’inventaires de terrain.

Outils et instruments en vigueur

Le canton s’appuie sur plusieurs outils numériques :

  • Admindéfriche : Plateforme interne dédiée à la gestion des autorisations de défrichement.
  • Vis-val (WALIS) : Solution en ligne permettant aux gardes forestiers et aux différents acteurs de travailler sur la planification et la réalisation des travaux en forêt de protection.
  • SITVal : Outil permettant de gérer les interactions avec l’aménagement du territoire et d’autres secteurs.

Concernant les propriétaires forestiers, le canton privilégie une grande liberté. Il n’existe pas d’obligation de plan de gestion d’entreprise, car l’activité des triages est déjà fortement centrée sur les besoins de la forêt de protection, couverts par l’outil Vis-val.

Forces, faiblesses et perspectives

La principale force du système actuel est la convivialité de l’outil Vis-val. Sa faiblesse réside dans sa spécialisation trop exclusive sur la forêt de protection. À l’avenir, le canton souhaite intégrer davantage d’aspects comme la biodiversité, la gestion des risques incendies et des outils de controlling/analyse d’efficacité.

Les chantiers en cours incluent la mise à jour des données de la ressource bois (horizon 2023) et la révision de la carte des stations forestières via le projet « Onaselfi » de la Confédération.

Tendances futures : vers une gestion de l’imprévu

À l’avenir, le canton mise sur :

  • La consolidation des données de base au-delà du simple bois.
  • Le développement d’applications métiers en libre accès pour un public plus large.
  • Le renforcement des compétences au sein des bureaux d’ingénieurs forestiers privés, qui doivent redevenir des partenaires clés de la planification.

Pour Jean-Christophe Clivaz, le défi majeur reste le changement climatique et son impact sur le dépérissement des peuplements (comme le pin). La planification devient un exercice dynamique où la réalité du terrain et les attentes sociétales multiples (comme le VTT électrique) obligent à une priorisation constante. Le métier de planificateur est aujourd’hui plus passionnant que jamais, car il consiste à accumuler le maximum d’informations pour réagir avec agilité aux événements imprévus qui “tombent sur la tête” du gestionnaire.