L'arbre, maillon dans la chaîne de production, par Alain Canet

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Dans cette conférence, Alain Canet présente l’arbre comme un maillon essentiel de la chaîne de production agricole et viticole. Il défend une agroforesterie fondée sur la diversité, la couverture végétale des sols et la complémentarité entre arbres, cultures et élevage. Loin d’être un simple décor, l’arbre améliore la fertilité des sols, favorise l’eau, le carbone, la biodiversité et la résilience face aux aléas climatiques. À travers de nombreux exemples, notamment en vigne, il montre que la productivité dépend moins des espèces cultivées que des pratiques mises en œuvre. L’agroécologie repose ainsi sur des sols couverts, vivants et nourris, associés à des arbres bien choisis, taillés et gérés. Alain Canet insiste aussi sur la nécessité d’observer des indicateurs concrets de résultat, et appelle à construire des paysages agricoles plus fertiles, plus vivants et porteurs d’avenir pour les jeunes générations.

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Résumé
Dans cette conférence, Alain Canet présente l’arbre comme un maillon essentiel de la chaîne de production agricole et viticole. Il défend une agroforesterie fondée sur la diversité, la couverture végétale des sols et la complémentarité entre arbres, cultures et élevage. Loin d’être un simple décor, l’arbre améliore la fertilité des sols, favorise l’eau, le carbone, la biodiversité et la résilience face aux aléas climatiques. À travers de nombreux exemples, notamment en vigne, il montre que la productivité dépend moins des espèces cultivées que des pratiques mises en œuvre. L’agroécologie repose ainsi sur des sols couverts, vivants et nourris, associés à des arbres bien choisis, taillés et gérés. Alain Canet insiste aussi sur la nécessité d’observer des indicateurs concrets de résultat, et appelle à construire des paysages agricoles plus fertiles, plus vivants et porteurs d’avenir pour les jeunes générations.

Nous vous proposons cette semaine les interventions de la journée vigne filmée en décembre dernier au Château Latour.



Introduction

Alain Canet introduit ici la question de l’agroforesterie en partant d’un constat simple : il semble nécessaire de remettre des plantes pérennes, et en particulier des arbres, dans les écosystèmes agricoles. Pour lui, au-delà de l’arbre lui-même, c’est aussi la question de la diversité qui est posée : diversité des plantes, des milieux, des pollinisateurs, des fonctionnements écologiques, des terroirs et des territoires.

Son propos vise à montrer en quoi l’arbre peut redevenir un maillon essentiel dans la chaîne de production agricole, et en particulier dans les systèmes viticoles.

L’agroforesterie est déjà partout

Alain Canet commence par rappeler que l’arbre est déjà présent dans de nombreux paysages agricoles, parfois sans qu’on en tire toutes les conséquences. Il évoque notamment le châtaignier, le noisetier, l’osier, et plus largement toutes ces présences végétales qui montrent que l’on est déjà, d’une certaine manière, dans l’arbre et dans l’agroforesterie.

Il cite ensuite le chêne-liège, qu’il qualifie de « plus précieux au monde », et prend l’exemple de systèmes agroforestiers observés au Maroc. Dans ces systèmes, l’arbre ne produit pas seulement du bois : il permet aussi la production d’herbe, l’élevage de moutons, le maintien de la biodiversité, et une très forte densité de vie. Ce type de modèle l’intéresse particulièrement, car il montre que l’agroforesterie est un modèle de productivité : en diversifiant, on produit davantage.

Selon lui, ces milieux seraient parfois proches de la désertification sans la présence des arbres. Il rappelle à ce sujet une idée forte : les arbres hydratent les milieux secs et drainent les milieux humides.

La productivité par la diversité

L’un des fils conducteurs de l’intervention est que la diversification ne s’oppose pas à la production. Au contraire, elle l’améliore. Alain Canet montre plusieurs exemples où arbres, vignes, champignons, animaux et couverts végétaux s’articulent dans un même système.

Il évoque notamment :

  • des amandiers ;
  • un jeune chêne poussant sur du bois pourri ;
  • le rôle des champignons, en écho aux interventions d’Hervé Coves ;
  • des moutons dans la vigne, en particulier dans le vignoble de Jean-François Guez.

Il mentionne également Xavier Planty, auteur d’une tribune affirmant que « l’agroécologie sauvera les vins de Bordeaux ». Alain Canet ne tranche pas directement sur cette affirmation, mais estime qu’il était juste et nécessaire de poser la question, tant les enjeux sont réels pour les sols, la vigne et la qualité des productions.

La question centrale du sol

Une grande partie de son propos revient à la question du sol. Il oppose des sols couverts, vivants et prospères à des sols nus, exposés et dégradés. Il rappelle notamment qu’un sol qui atteint 45 °C dès la fin mai offre peu de chances de développement à la vie mycorhizienne, aux champignons et à l’ensemble de la biologie liée au carbone.

Pour illustrer cela, il prend l’exemple de deux champs de maïs voisins, situés dans les mêmes conditions de climat et de sol. Pourtant, l’un présente un sol riche, noir et fertile, tandis que l’autre est en dégradation avancée. L’enjeu n’est donc pas seulement la culture en elle-même, mais la manière dont elle est conduite.

Ce qui l’intéresse, c’est de comprendre pourquoi de tels écarts se produisent, alors même que les parcelles se touchent. Il souligne aussi l’importance des travaux de recherche menés à partir des observations et expérimentations des paysans, afin que ces acquis puissent être mesurés, vérifiés et publiés.

Définition de l’agroécologie

Alain Canet propose une définition très simple de l’agroécologie. Pour lui, l’agroécologie repose sur trois grands piliers :

  • la couverture végétale des sols ;
  • l’agroforesterie ;
  • une bonne gestion du végétal, à la fois dans sa génétique, son organisation, son architecture et sa taille.

Il présente l’agroécologie comme la convergence de toutes les agricultures. Toutes ont besoin de se rapprocher de ces principes, quelles que soient leurs trajectoires ou leurs pratiques de départ.

Sol nu contre sol couvert

Il compare deux situations :

D’un côté, un sol travaillé et laissé nu, dans lequel chaque passage d’outil détruit, perturbe, relance des levées d’adventices et oblige le système à se reconstruire sans cesse. Ce modèle relève selon lui d’une agriculture de lutte permanente.

De l’autre, un sol couvert, nourri et protégé, recevant une ration importante de matière sèche. Dans ce cas, les vers de terre, les bactéries, les micro-organismes et les champignons travaillent à nourrir et structurer le sol. Dans de tels systèmes, on ne retrouve plus les mêmes plantes dites « de réparation » comme le chardon, la [[folle avoine]], le rumex ou le liseron.

Il rappelle à ce sujet que ces plantes ne sont pas de simples « mauvaises herbes », mais des plantes bio-indicatrices, qui révèlent quelque chose de très précis sur l’état du sol.

Récolter le soleil et recycler la matière fraîche

En reprenant une formule d’Hervé Coves, Alain Canet explique que l’agriculture doit devenir un art de récolter le soleil. Toute la question est alors de savoir combien de soleil on récolte, et ce qu’on en fait.

Après un coup de vent dans un bois, il observe une branche tombée au sol avec ses feuilles et ses bourgeons. Pour lui, cela résume le fonctionnement de la nature : partout où elle le peut, la terre appelle des plantes géantes et des arbres. Et les arbres, rappelle-t-il, « font tout avec rien ».

La nature recycle en permanence de la matière fraîche déposée au sol. C’est aussi, selon lui, le geste fondamental de l’agriculteur et du vigneron : poser de la matière fraîche sur le sol.

Définition large de l’agroforesterie

Dans sa définition large, l’agroforesterie regroupe tous les arbres champêtres qui participent à une production agricole, qu’elle soit végétale ou animale.

Cela inclut :

  • les haies ;
  • les alignements ;
  • les bosquets ;
  • les lisières ;
  • les mares ;
  • le bois mort ;
  • les jeunes arbres ;
  • les ronces ;
  • le lierre ;
  • et l’ensemble de la végétation associée.

L’idée de l’agroforesterie est, selon lui, celle de la dilution et de la dispersion. Il ne s’agit pas seulement d’avoir quelques arbres isolés ou quelques bois périphériques, mais de faire circuler l’arbre dans le territoire.

Il prend l’exemple de parcelles érodées pour rappeler qu’un bois de coteau ou une forêt alluviale, s’ils sont éloignés, ne suffisent pas à protéger une parcelle au milieu. Selon lui, les dispositifs dits « anti-érosion » ne règlent pas le problème de fond : s’il y a érosion, c’est que la terre est déjà partie, et elle ne reviendra pas.

L’arbre comme maillon de la chaîne de production

Le cœur de l’intervention consiste à réaffirmer que l’arbre peut être un maillon central des chaînes de production.

Pour cela, il propose d’examiner le rôle de l’arbre au regard de plusieurs grandes thématiques :

  • l’eau ;
  • le sol ;
  • le climat ;
  • la biodiversité ;
  • le carbone ;
  • le paysage ;
  • la productivité.

L’arbre peut être implanté en bordure, en ceinture face aux vents dominants, ou en alignement au cœur des parcelles. La question n’est pas d’abord de savoir s’il faut retirer un rang de vigne ou élargir un interrang, mais de comprendre en quoi l’arbre peut devenir utile dans le fonctionnement global du système.

Le pilotage de l’arbre et de la vigne

Alain Canet insiste sur un point essentiel : un système agroforestier fonctionne lorsque l’on met le bon arbre au bon endroit, avec les bonnes personnes, dans les bonnes conditions, mais surtout lorsque les arbres sont taillés et gérés.

Pour lui, la réussite des systèmes agroforestiers à travers le monde tient largement à cela. Les arbres doivent être conduits, pilotés, taillés. Cela permet à la fois :

  • de maîtriser la concurrence ;
  • d’organiser les systèmes racinaires et aériens ;
  • de produire de la biomasse ;
  • de maintenir un haut niveau de biodiversité.

Cette matière ligneuse, notamment la lignine, est précieuse pour être réinjectée au sol.

Les grandes formes d’arbres en agroforesterie

Il distingue plusieurs grandes formes premières en agroforesterie :

  • l’arbre fruitier ;
  • l’arbre têtard ;
  • le têtard bas, que l’on peut tailler et laisser sur le rang, voire recéper ;
  • le bois d’œuvre, avec des essences comme l’alisier terminal, le cormier, le noyer ou le merisier.

Le point commun de toutes ces formes est qu’elles sont taillées et gérées.

Il établit aussi un parallèle avec la vigne elle-même : au fond, le cep de vigne est déjà une forme de petit têtard, une mini-trogne. Cette remarque lui permet de rappeler une définition importante de la vigne : c’est une liane qui a coévolué avec les arbres. Elle n’a pas coévolué avec le fil de fer, mais bien avec les frênes, érables, noisetiers, sureaux et autres végétaux des milieux où elle est née.

Tout se joue dans les premiers centimètres du sol

En observant le sol de près, Alain Canet souligne que l’essentiel se joue dans les trois à cinq premiers centimètres. C’est là que se déroulent les processus de recyclage, de transformation et de structuration.

Lorsqu’on gratouille ou qu’on travaille trop le sol, on détruit la maison de la vie du sol. Les organismes passent alors leur temps à reconstruire au lieu de recycler et de nourrir.

À l’inverse, dans un système agronomique et agroécologique vivant, les galeries de vers de terre, les champignons et l’activité biologique contribuent à créer une réserve utile en eau. Cela est particulièrement important dans des sols qui peuvent être saturés en eau à certains moments, puis très secs quelques semaines plus tard.

Les racines, les champignons et la vie du sol

Il précise que la racine, en elle-même, n’est qu’une petite part du système d’exploration. Même une racine bien développée ne suffit pas si elle n’est pas connectée à la vie du sol.

Ce qui compte, c’est sa connexion avec :

  • les champignons ;
  • les micro-organismes ;
  • les réseaux biologiques du sol ;
  • les processus de circulation de l’eau et des nutriments.

Dans ses observations, la racine ne représente qu’environ 3 % de ce champ d’exploration. Le reste relève de la vie associée. Si le sol est nourri, protégé et couvert, cette vie s’installe durablement, et l’on voit apparaître ce qu’il appelle un humus forestier.

Regarder le passé sans nostalgie

Pour penser l’agroforesterie, Alain Canet propose de regarder ce qui s’est passé dans le temps, sans faire ni le procès ni le fantasme du passé. Il s’agit simplement de comprendre pourquoi la vigne poussait autrefois sur de grands arbres, comment elle se développait, et ce que cela peut nous apprendre aujourd’hui.

Cette réflexion conduit à reconsidérer la palette végétale. On passe alors d’une culture unique, voire d’une monoculture, à des systèmes où sept, huit ou dix plantes peuvent cohabiter dans ou autour de la vigne.

Diversité végétale et biodiversité

Cette diversité végétale rejoint la question plus large de la biodiversité. Alain Canet insiste sur le fait que beaucoup de démarches affichent de bonnes intentions, mais n’approchent pas encore suffisamment l’agronomie écosystémique qui devrait pourtant servir de fondation.

Il cite Gérard Ducerf, selon qui un sol a normalement besoin de sept à huit plantes. Cela fait écho à ses propres observations sur les couverts végétaux, les haies et les associations végétales.

Il reprend aussi une autre formule forte de Gérard Ducerf : les inondations sont les prémices de la désertification. Cette phrase lui paraît inquiétante, mais importante pour penser les évolutions en cours.

Vers de terre, pollinisateurs et indicateurs

Le regard porté sur la biodiversité ne se limite pas à des principes abstraits. Alain Canet évoque des indicateurs très concrets :

Il rapporte notamment que lorsque les abeilles passent sur la vigne en fleur, on observe parfois des raisins un peu plus gros et plus réguliers, même si la vigne n’a pas besoin d’être pollinisée au sens classique. Pour lui, c’est surtout un bon indicateur de qualité écologique du milieu.

Le bois raméal fragmenté et l’érable champêtre

Parmi les produits issus des arbres taillés, il insiste sur l’importance du bois raméal fragmenté, c’est-à-dire du bois jeune, frais, réincorporé au sol. Selon lui, on ne peut rien donner de mieux à un sol que du bois, d’autant plus que l’arbre a coévolué avec la vigne.

Il cite l’érable champêtre comme une plante particulièrement intéressante :

  • elle développe des symbioses, des connexions et des coopérations remarquables ;
  • elle est assez plastique ;
  • elle pousse dans la plupart des sols.

Il mentionne aussi l’érable de Montpellier, qui remplit des fonctions comparables dans des conditions plus difficiles, notamment dans le Sud-Est.

Quand un arbre commence à faire trop de concurrence, il peut être transformé en arbre têtard : on le gère et on le taille.

Nourrir le sol avant de nourrir la plante

Une idée clé du propos est qu’il faut nourrir le sol avant de nourrir la plante. Cela conduit à ne plus confondre fertilisation et fertilité.

On peut avoir besoin de fertilisation, mais la première question à régler est celle de la fertilité. Or l’arbre agroforestier, par son système racinaire, ses champignons mycorhiziens, ses branches, ses rameaux, son feuillage et sa taille, produit du sol. La première chose que fait un arbre, dit Alain Canet, c’est de créer du sol.

Il rappelle aussi que lorsque l’on va chercher de la [[matière organique]] ailleurs, cela peut coûter cher, consommer de l’énergie et appauvrir les lieux d’où on l’extrait. D’où l’intérêt de produire sa propre fertilité sur place, avec les arbres comme alliés.

Des indicateurs de résultats plutôt que des moyens

Alain Canet défend l’usage d’indicateurs de résultats, plutôt que de simples obligations de moyens. Il estime que les moyens sont connus, mais qu’ils ne suffisent plus à faire progresser les systèmes.

Parmi les indicateurs de résultats à suivre, il cite notamment :

  • les indices de perturbation du sol ;
  • la quantité de biomasse ;
  • le nombre de jours de couverture ;
  • la nature des plantes utilisées ;
  • les bilans humiques ;
  • et, à terme, les bilans carbone.

Il rappelle que toutes les agricultures seront progressivement confrontées à des indicateurs liés au carbone.

La « belle vigne » comme système complet

Avec les jeunes vignerons du vivant, Alain Canet a travaillé sur ce qu’il appelle la « belle vigne ». Il s’agit de repartir de la base : le microbe, le champignon, la vie du sol, les réseaux, les nutriments, le recyclage et la circulation des éléments, notamment de l’eau et du carbone.

L’objectif est ensuite de remonter :

  • à la grappe, que l’on veut belle, saine, productive, féconde et résistante ;
  • au mètre carré de sol, correctement nourri, actif et vivant ;
  • à la parcelle, organisée et pensée dans son ensemble ;
  • au terroir, où circulent la fertilité, la biodiversité, la biomasse et les équilibres écologiques ;
  • jusqu’à la bouteille, qui doit porter partage, espoir, santé, authenticité et image positive.

Il souligne aussi que l’on s’est souvent trop occupé des bordures ou des périphéries, alors que chaque mètre carré de vigne compte.

Restaurer les arbres et produire de la biodiversité

À l’échelle de la parcelle, Alain Canet évoque plusieurs pistes :

  • replacer des arbres là où ils sont utiles ;
  • choisir les plantes adaptées ;
  • travailler avec la régénération naturelle ;
  • restaurer de vieux arbres têtards.

Ces vieux arbres constituent pour lui une « carte mémoire » de fertilité, qu’il faut préserver et réactiver.

Il insiste aussi sur un point fondamental : la biodiversité ne se protège pas seulement, elle se produit. Et elle se produit avec des plantes.

Paysage, emploi et désir de rester au pays

Dans sa conclusion, Alain Canet élargit encore la réflexion. Pour lui, une vigne couverte et agroforestière ne produit pas seulement du raisin. Elle produit aussi :

  • de l’emploi ;
  • de l’optimisme ;
  • de la volonté de rester au pays ;
  • du paysage ;
  • de l’eau ;
  • du sol ;
  • de la biodiversité ;
  • du climat plus stable ;
  • et, finalement, du bon vin.

Il souligne que ces systèmes permettent aussi de stocker du carbone, ce qui en fait un acte important à l’égard de la planète.

Il va jusqu’à dire, sur un ton volontairement provocateur, qu’en buvant des canons issus de tels systèmes, on produit de la biodiversité, de l’eau, du sol, des paysages, du bien-être et de la bonne humeur.

Des formes multiples, sans recette unique

Pour finir, Alain Canet rappelle que l’agroforesterie, comme les couverts végétaux, n’obéit pas à une recette unique. Chacun doit construire son projet selon sa situation, ses besoins, son espace et ses objectifs.

Il existe des principes, mais pas de modèle figé :

  • arbres taillés sur le rang ;
  • rangs arrachés quand cela se justifie ;
  • formes en arbres têtards ;
  • tailles à trois, cinq, huit ou onze ans selon l’encombrement, la lumière et la dynamique du système.

Ces dispositifs sont évolutifs. On peut planter beaucoup d’arbres parce qu’on a beaucoup de besoins, puis en enlever une partie vingt ans plus tard. On peut aussi ne pas planter si cela n’est pas nécessaire.

L’essentiel est de raisonner le système dans le temps, de manière vivante et dynamique.

Conclusion

L’intervention d’Alain Canet présente l’agroforesterie non comme un décor ou un supplément d’âme, mais comme une base agronomique majeure pour l’avenir des systèmes agricoles et viticoles.

L’arbre y apparaît comme un maillon de production à part entière :

  • il produit de la biomasse ;
  • il nourrit et protège le sol ;
  • il améliore la fertilité ;
  • il soutient la biodiversité ;
  • il aide à gérer l’eau et le climat ;
  • il participe au paysage ;
  • et il contribue à la qualité, à la résilience et à la productivité des vignobles.

Sa thèse est claire : on ne peut pas penser l’agroécologie sans couverture végétale et sans arbres, en symbiose et en synergie. C’est à cette condition que pourront se construire des agricultures vivantes, fertiles, productives et capables de faire face aux chocs climatiques à venir.