Jonathan Rousset, éleveur de bovin viande en semis direct @Chambre d'agriculture de la Dordogne

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À 28 ans, Jonathan Rousset est installé avec ses parents sur une exploitation de 110 ha en Dordogne, orientée vers le veau sous la mère avec 38 vaches sans renouvellement. Après l’arrêt des vaches laitières, il a fait évoluer son système face aux sécheresses, aux dégâts de sangliers et à l’érosion des sols. Passé du labour au non-labour, il s’oriente désormais vers le semis direct, avec une attention forte portée à la vie du sol et aux couverts végétaux. L’exploitation comprend 30 ha de céréales de vente, 60 ha de prairies, de la luzerne et des céréales autoconsommées. Jonathan développe aussi les méteils pour nourrir le troupeau et gagner en autonomie alimentaire. Côté résultats, il souligne la baisse des charges mécaniques, la réduction du gasoil et une meilleure souplesse de travail. Son objectif est clair : étendre progressivement le semis direct à l’ensemble des cultures.

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Résumé
À 28 ans, Jonathan Rousset est installé avec ses parents sur une exploitation de 110 ha en Dordogne, orientée vers le veau sous la mère avec 38 vaches sans renouvellement. Après l’arrêt des vaches laitières, il a fait évoluer son système face aux sécheresses, aux dégâts de sangliers et à l’érosion des sols. Passé du labour au non-labour, il s’oriente désormais vers le semis direct, avec une attention forte portée à la vie du sol et aux couverts végétaux. L’exploitation comprend 30 ha de céréales de vente, 60 ha de prairies, de la luzerne et des céréales autoconsommées. Jonathan développe aussi les méteils pour nourrir le troupeau et gagner en autonomie alimentaire. Côté résultats, il souligne la baisse des charges mécaniques, la réduction du gasoil et une meilleure souplesse de travail. Son objectif est clair : étendre progressivement le semis direct à l’ensemble des cultures.

Vidéo réalisée par la chambre d'agriculture de Dordogne, merci à eux pour l'aimable autorisation de remise en ligne :https://www.youtube.com/user/ChambAgriDordogne



Présentation de l’exploitation

Bonjour, je m'appelle Jonathan Rousset. J’ai 28 ans et je suis installé en société avec mes parents.

Nous faisons du veau sous la mère. J’ai 38 vaches et je ne garde aucun renouvellement. Je fais tout en Limousines.

L’exploitation fait environ 110 hectares, répartis de la manière suivante :

  • 30 hectares de céréales de vente ;
  • 60 hectares de prairies pour du fourrage ;
  • une quinzaine d’hectares d’ensilage et de luzerne ;
  • et ensuite 7 à 8 hectares de céréales en autoconsommation.

Passage des vaches laitières au veau sous la mère

J’ai arrêté les vaches laitières pour partir en veau sous la mère, parce que l’exploitation était trop petite. Nous avions environ 200 000 litres de quota et il y avait trop d’investissements à faire pour pouvoir vivre du lait.

Le choix du veau sous la mère s’explique par le fait qu’avec peu de vaches, on arrive quand même à dégager du revenu.

Évolution du système de culture

Au niveau des cultures, nous étions sur des systèmes uniquement maïs ensilage. Cela a marché pendant deux ou trois ans, puis nous avons eu de moins en moins de rendement, à cause des sécheresses et aussi de beaucoup de dégâts de sangliers.

J’ai donc arrêté le maïs, quatre ans après m’être installé.

Au départ, nous étions sur un système classique : labour, semis, herse rotative. Petit à petit, je me suis intéressé à la vie du sol. J’avais commencé à regarder des vidéos de Claude Bourguignon. Je trouvais cela intéressant, et cela m’a fait réfléchir sur la vie du sol et sur ce qu’il fallait changer.

Ce qui me posait aussi beaucoup de problèmes, c’étaient les phénomènes d’érosion. Nous avons beaucoup de terres qui battent, et avec les orages, on se retrouvait avec des fossés de 50 cm, voire plus.

Après le labour, nous sommes donc passés au travail au cultivateur, c’est-à-dire au non-labour mais en travail profond. Cela a marché pendant deux ans, puis les rendements ont eu tendance à baisser, avec aussi du salissement. Ensuite, même en labourant, les rendements baissaient aussi.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à vraiment m’intéresser à la vie du sol, puis au semis direct.

Découverte des couverts végétaux et du semis direct

Je suis alors rentré dans tout ce qui était couverts végétaux. Cela m’intéressait déjà avant, mais cela m’a permis de mieux développer cette approche et de comprendre le rôle des différentes espèces.

Cela fait deux ans que j’ai mis en place des couverts Biomax. Cette année, c’était la première fois que nous faisions des céréales en semis direct. J’en ai fait environ la moitié des surfaces, et j’en suis plutôt satisfait.

Méteils et autonomie alimentaire

Sur la partie alimentation des vaches, j’avais essayé des méteils l’an dernier :

Cela a donné de bons résultats.

Cette année, je suis parti sur des méteils séparés, on va dire. J’ai fait :

  • avoine-pois d’un côté, où je peux quand même désherber malgré tout ;
  • et après un mélange féverole-protéagineux.

Ensuite, je remélange tout cela au moment de fabriquer mon aliment pour les vaches.

Sur l’aspect économique, le méteil m’a quand même permis d’acheter moins d’aliments. Je fais aujourd’hui complètement sans ensilage d’herbe avec une ration classique, et mon méteil faisait 16,9 % de protéines. Cela s’est très bien passé au niveau de la reproduction, les vaches n’ont pas eu de souci.

Commercialisation des veaux

Sur la production de veaux sous la mère, j’ai choisi ce système parce qu’avec peu de vaches, on arrive à faire du revenu.

Je commercialise mes veaux en foire. Cette année, je fais 1 750 euros de moyenne par veau. Cela fait à peu près trois ans que je tiens cette moyenne.

Achat d’une moissonneuse et souplesse de récolte

Il y a deux ans, j’ai fait le choix d’acheter une moissonneuse. Cela me permet de récolter quand j’en ai envie, de la façon dont j’ai envie. Cela me permet aussi de faire des petites cultures.

Organisation du pâturage et essais fourragers

Nous avons quelques prairies permanentes autour, donc je les fais pâturer.

Je sème de l’avoine avec du trèfle. Je fais pâturer les premières coupes, et c’était très bon pour les vaches.

Derrière l’avoine, j’ai essayé du sorgho Piper classique, du sorgho fourrager. Le sorgho avait très bien poussé : quand je mettais les vaches dedans, on ne les voyait plus. Mais j’ai remarqué que les vaches ne s’y plaisaient pas tant que ça.

Pour sécuriser, cette année j’ai ressemé des prairies temporaires pour faire du pâturage :

  • au printemps ;
  • et en début d’été.

Place de la luzerne dans le système

J’ai aussi semé de la luzerne. Les premières coupes de luzerne, je les ensile avec de l’avoine, pour ramener de la protéine mais aussi de l’énergie dans mon ensilage, afin de le rééquilibrer.

Dans le cas du veau de lait, un excès de protéines n’est pas bon, parce qu’ensuite, sur la couleur des veaux, cela peut poser problème. J’essaie donc de rediluer cette protéine avec de l’avoine. Je trouve d’ailleurs que l’avoine en ensilage est un très bon produit.

Cette luzerne sera aussi utile sur l’exploitation parce qu’elle pourra permettre, l’été, s’il n’y a vraiment plus rien, de faire pâturer les animaux. Même si la luzerne n’est pas l’idéal en pâture, pour l’été cela peut permettre de sécuriser.

Projet pour l’atelier bovin

Sur la partie vaches, je n’ai pas l’intention d’augmenter l’effectif ni de créer un autre atelier. Après, on verra à l’avenir : le veau de lait, on ne sait pas comment cela évoluera, et il faudra peut-être s’adapter.

Objectif : développer le semis direct

Sur la partie céréales, je souhaite développer le semis direct au maximum et arrêter le travail du sol.

Je ne m’interdis pas de le refaire ponctuellement, parce que, ne serait-ce que pour renouveler certaines pâtures, on est obligé de travailler un peu. Mais sur les céréales, je veux tout passer en semis direct.

Peut-être même que l’année prochaine, si le temps le permet, on pourra tout faire en semis direct, à condition de pouvoir semer dans de bonnes conditions.

Intérêt économique du semis direct

Le semis direct a aussi été un déclic par rapport à tout ce qui est charges mécaniques.

Nos tracteurs faisaient énormément d’heures, et au niveau du gasoil aussi, on en passait beaucoup. C’était devenu très compliqué quand on labourait.

Le semis direct a permis de réduire fortement :

  • les heures de tracteur ;
  • la consommation de gasoil.

La méthode me paraît donc très intéressante, et il va falloir continuer à la développer.