François Mulet et Sébastien Roumegous, la rencontre de l’agriculture du vivant sur Caring Biosphères

De Triple Performance
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Dans cette rencontre sur Caring Biosphères, François Mulet et Sébastien Roumegous explorent le parcours atypique qui les a menés vers l'Agriculture du Vivant. À travers leurs réflexions, ils analysent le basculement entre leur formation technique initiale, marquée par l'informatique et la physique, et leur engagement pour le vivant. En s'appuyant sur les travaux de Max Planck et John von Neumann, ils interrogent la notion d'émergence des motifs informationnels et les limites de la science mécaniste. Leur constat est sans appel : le monde agricole a longtemps été prisonnier de dogmes occultant la complexité biologique des sols. Face à l'incapacité de la recherche classique à intégrer les interactions écosystémiques, comme le rôle vital des microorganismes dans la fertilité, ils ont choisi de retourner sur le terrain. Cette démarche illustre la nécessité de repenser l'agriculture non plus comme une succession d'actions mécaniques, mais comme une compréhension fine et globale du vivant, véritable nanotechnologie naturelle.

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Résumé
Dans cette rencontre sur Caring Biosphères, François Mulet et Sébastien Roumegous explorent le parcours atypique qui les a menés vers l'Agriculture du Vivant. À travers leurs réflexions, ils analysent le basculement entre leur formation technique initiale, marquée par l'informatique et la physique, et leur engagement pour le vivant. En s'appuyant sur les travaux de Max Planck et John von Neumann, ils interrogent la notion d'émergence des motifs informationnels et les limites de la science mécaniste. Leur constat est sans appel : le monde agricole a longtemps été prisonnier de dogmes occultant la complexité biologique des sols. Face à l'incapacité de la recherche classique à intégrer les interactions écosystémiques, comme le rôle vital des microorganismes dans la fertilité, ils ont choisi de retourner sur le terrain. Cette démarche illustre la nécessité de repenser l'agriculture non plus comme une succession d'actions mécaniques, mais comme une compréhension fine et globale du vivant, véritable nanotechnologie naturelle.

Dans cet extrait, François Mulet partage son parcours avec Sébastien Roumegous sur la nouvelle chaine Youtube Caring Biopsheres. Ensemble, ils explorent les liens tissés depuis plusieurs années par François entre biologie, informatique et agriculture du vivant.

🎥 Cet échange est tiré de l’interview complète diffusée sur Caring Biospheres, une chaîne dédiée aux enjeux pragmatiques de l’écologie dans le cadre de rencontres d'acteurs engagés dans la régénération des écosystèmes et l’agriculture durable animées par Sébastien Roumegous.

🌿 Abonnez-vous à Caring Biospheres : https://www.youtube.com/@CARINGBIOSPHERES 🎥 Lien vidéo complète : https://youtu.be/hM-ZmeXYzXg




Le parcours vers l’agriculture du vivant : une quête de sens

La question de la « bascule » vers l’agriculture, pour François Mulet, trouve son origine dans une dissonance cognitive vécue durant ses études. Après un parcours scolaire chaotique et un intérêt profond pour les mécanismes fondamentaux — notamment en informatique où il se passionnait pour le « bas niveau », le langage assembleur et la structure même de l’information —, il a ressenti le besoin de comprendre le vivant à travers le prisme de la physique.

Deux figures intellectuelles ont particulièrement marqué ce cheminement : Max Planck et John von Neumann. Ce dernier, en s’interrogeant sur les nanotechnologies autoréplicatrices dans les années 60, a soulevé des questions vertigineuses : si l’être humain peut manipuler la matière à l’échelle atomique pour créer des structures complexes, est-il possible de créer une « vie » artificielle ? Cette réflexion a permis à François Mulet de faire le lien avec l’informatique, où la notion de « motif informationnel » est centrale.

La redécouverte du vivant comme nanotechnologie

En prenant du recul sur ses aspirations, il a réalisé que la recherche effrénée d’une intelligence artificielle ou de nanotechnologies de synthèse occultait une évidence : nous sommes déjà le fruit d’une nanotechnologie naturelle, biologique, dont le potentiel est immense et encore largement méconnu. Le corps humain et, par extension, le monde vivant, passent leur temps à agglomérer des atomes pour créer des molécules et structurer l’information. Cette distinction est devenue pour lui la frontière claire entre l’inerte (le caillou, l’ordinateur) et le vivant.

Sa démarche philosophique s’est alors tournée vers la compréhension des écosystèmes et, naturellement, vers l’agriculture, qui est l’art de cultiver ces processus vivants.

Max Planck et la nutrition : au-delà de l’énergie

François Mulet s’est également nourri des travaux moins connus de Max Planck, qui s’interrogeait sur la nature profonde de la nourriture. Pour Planck, la nutrition ne se résume pas à un simple apport calorique ou énergétique — sinon, nous pourrions nous nourrir de pétrole. Il y a une dimension informationnelle et entropique dans ce que nous consommons. En se penchant sur des expériences de pensée absurdes (comme manger du diamant, forme de carbone à basse entropie), il a compris que le vivant ne peut assimiler que des structures d’information spécifiques, nécessaires au maintien des cycles biologiques.

Le constat d’un monde agricole marqué par le dogme

Dans sa volonté de revenir à la terre et de s’inscrire dans une démarche concrète, François Mulet a parcouru divers lieux collectifs, cherchant à faire un « état de l’art » des pratiques agricoles. Cependant, son expérience a été teintée de désillusions. Confronté à un milieu agricole souvent enfermé dans des dogmes, il a été frappé par l’incapacité de nombreux experts à poser un raisonnement logique sur le vivant.

Il relate notamment une anecdote marquante avec un chercheur d’une université renommée, qui, il y a une quinzaine d’années, balayait d’un revers de main le rôle de la biologie dans les couverts végétaux pour ne favoriser qu’une approche purement mécanique (l’effet des racines). Ce refus de considérer l’écosystème bactérien et fongique, désormais reconnu comme pilier de la fertilité, illustre la frustration qui a poussé Sébastien Roumegous et François Mulet à développer une approche plus rigoureuse et systémique de l’agriculture du vivant, basée sur l’observation des processus biologiques réels.