Explorer de nouvelles voies pour maitriser les adventices : le projet Adventurh, Marie Flament

De Triple Performance
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Face à la perte d'efficacité croissante des herbicides chimiques, le projet Adventurh, porté par Marie Flament et ses partenaires, propose une nouvelle stratégie de gestion des adventices. Ce travail de cinq ans souligne que la chimie seule ne suffit plus pour répondre aux enjeux agronomiques et de préservation de la qualité de l'eau. Le projet s'articule autour de deux axes majeurs : approfondir les connaissances sur la biologie des flores adventices (notamment les espèces résistantes, récurrentes et émergentes) et optimiser les leviers agronomiques à l'échelle du système de culture. En combinant ces leviers, les agriculteurs peuvent réduire durablement leur dépendance aux herbicides. Le projet propose des outils innovants, tel que « Odessa » pour l'estimation du stock semencier, et un centre de ressources en ligne visant à accompagner les agriculteurs et conseillers dans cette transition. Une approche personnalisée, adaptée à chaque situation parcellaire, s'avère indispensable pour une maîtrise durable de l'enherbement.

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Résumé
Face à la perte d'efficacité croissante des herbicides chimiques, le projet Adventurh, porté par Marie Flament et ses partenaires, propose une nouvelle stratégie de gestion des adventices. Ce travail de cinq ans souligne que la chimie seule ne suffit plus pour répondre aux enjeux agronomiques et de préservation de la qualité de l'eau. Le projet s'articule autour de deux axes majeurs : approfondir les connaissances sur la biologie des flores adventices (notamment les espèces résistantes, récurrentes et émergentes) et optimiser les leviers agronomiques à l'échelle du système de culture. En combinant ces leviers, les agriculteurs peuvent réduire durablement leur dépendance aux herbicides. Le projet propose des outils innovants, tel que « Odessa » pour l'estimation du stock semencier, et un centre de ressources en ligne visant à accompagner les agriculteurs et conseillers dans cette transition. Une approche personnalisée, adaptée à chaque situation parcellaire, s'avère indispensable pour une maîtrise durable de l'enherbement.

En septembre 2024, l'association AgroTransfert organise une journée de retour sur le projet Adventurh sur l'exploration de nouvelles voies pour maitriser les adventices.

La maîtrise des adventices est un élément clé de la performance d’un système de culture. Cette maîtrise est confrontée à des évolutions : résistances aux herbicides, objectifs de réduction d’utilisation des produits phytosanitaires (plan Ecophyto 2+), enjeux de qualité de l’eau et retrait de molécules qui obligent à revoir les pratiques de désherbage. Face à ces bouleversements, de nouveaux besoins apparaissent et les attentes des agriculteurs évoluent.


Un diagnostic régional conduit en 2019 a permis de préciser les problèmes de gestion des adventices rencontrés en Hauts-de-France et de recenser les besoins des acteurs agricoles en relation avec une approche plus agronomique de la gestion des adventices. Trois catégories d’adventices ont émergé du diagnostic : les adventices résistantes (vulpin, ray-grass…), les adventices récurrentes (chénopode, mercuriale…) et les adventices à préoccupations grandissantes (morelle noire, datura…). Les besoins mis en avant par les agriculteurs et acteurs agricoles concernent l’évolution du conseil autour de cette thématique, le renforcement des connaissances sur la biologie des adventices et la montée en compétence sur les leviers de gestion agronomique et mécanique. Un projet partenarial de R&D, porté par Agro-Transfert RT, est conduit de 2020 à 2024 pour apporter des réponses à ces besoins.


Par ici pour en savoir plus sur Agrotransfert : https://www.agro-transfert-rt.org

Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet CONSERWA, pour valoriser les résultats du projet Adventurh mené par AgroTransfert-RT, avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/

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Chapitrage :

00:00 Zapping d'introduction

01:04 Enjeu de la gestion des adventices

07:10 Enjeu de la qualité de l'eau

08:01 Le projet Adventurh (2020-2024)

14:50 Conclusion et questions

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Introduction au projet Adventurh

Le projet Adventurh, piloté par Marie Flament chez Agrotransfert ressources et territoires, a été initié en 2020 pour répondre à deux constats majeurs rencontrés par les agriculteurs : les difficultés grandissantes de gestion de la flore adventice et les enjeux liés à la qualité de l’eau.

Les constats de départ

Le diagnostic régional, basé sur 178 enquêtes en ligne et 26 entretiens semi-directifs, a mis en lumière trois catégories d’adventices problématiques :

  1. Les adventices résistantes : Notamment les graminées automnales (vulpin, ray-grass), qui posent des problèmes croissants de résistance aux herbicides.
  2. Les adventices récurrentes : Celles qui sont toujours présentes (ex: coquelicot, mercuriale, chardon) et qui nécessitent une vigilance constante.
  3. Les adventices émergentes : À l’image du datura stramoine, dont la présence augmente et qui inquiète notamment en raison de sa toxicité.

Le constat est clair : la dépendance à la chimie montre ses limites. Les agriculteurs constatent une perte d’efficacité de certains herbicides. Parallèlement, le bassin Artois-Picardie et la Seine-Normandie affichent des taux de déclassement des masses d’eau liés, en partie, aux résidus de pesticides.

L’approche agronomique comme solution

L’enquête a montré que les agriculteurs qui mobilisaient déjà des leviers agronomiques en complément des herbicides rencontraient moins de difficultés et voyaient les problèmes d’enherbement apparaître moins rapidement. L’objectif du projet Adventurh est donc d’aider les agriculteurs à résoudre durablement ces problèmes en favorisant une gestion à l’échelle du système de culture, réduisant ainsi la dépendance aux produits phytosanitaires.

Objectifs et outils du projet

Le projet s’est articulé autour de deux axes principaux :

  1. Connaissance et optimisation : Étude des paramètres de germination des adventices les plus problématiques et expérimentation au champ des leviers agronomiques. Ces connaissances sont centralisées dans un futur centre de ressources en ligne.
  2. Méthodes et outils d’accompagnement : Mise en place d’un accompagnement pluriannuel et création d’un outil d’estimation du stock semencier appelé Odessa.

Le centre de ressources et l’outil Odessa

Le centre de ressources permet de consulter les fiches de biologie des adventices et d’identifier, pour chaque espèce, les leviers agronomiques (comme le labour ou les décalages de date de semis) les plus adaptés.

L’outil Odessa, quant à lui, permet d’estimer le stock semencier d’une parcelle. Actuellement en phase de test, il nécessite la saisie de données par l’agriculteur pour obtenir un diagnostic précis. L’ambition à terme est de rendre cet outil accessible de manière autonome ou intégrée à d’autres solutions numériques.

Conclusion

Il n’existe pas de solution miracle « clé en main ». Chaque situation parcellaire et chaque système agricole nécessite une adaptation spécifique. Le rôle des agriculteurs, techniciens et conseillers est crucial pour combiner et optimiser ces leviers agronomiques. Le projet Adventurh souligne que la gestion du potentiel d’infestation par le sol est désormais incontournable pour maintenir la performance des exploitations tout en réduisant leur empreinte environnementale.