Ecimage et ensilage de céréale immature : solutions de dernier recours ? S Vandrisse, M Preudhomme

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Dans cette vidéo, Simon Vandrisse et Matthieu Preudhomme explorent deux leviers agronomiques pour gérer les parcelles fortement infestées par les adventices (vulpin, ray-grass) : l'ensilage de céréale immature et l'écimage. L'ensilage, considéré comme une solution de dernier recours, consiste à récolter la culture avant maturité pour exporter la biomasse et les graines, limitant ainsi le stock semencier de 40 % à 70 %. Si cette technique permet de sauver la valeur économique de la parcelle, elle soulève des questions sur l'innocuité des digestats. En complément, l'écimage offre une approche moins invasive permettant de faucher les adventices dépassant la culture pour empêcher le retour des graines au sol, avec une efficacité variable selon la date et la hauteur de coupe. Bien que prometteuse, cette méthode nécessite une intervention précise en conditions sèches. Ces pratiques, bien que techniques, constituent des outils préventifs indispensables pour préserver le potentiel de rendement des cultures futures.

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Résumé
Dans cette vidéo, Simon Vandrisse et Matthieu Preudhomme explorent deux leviers agronomiques pour gérer les parcelles fortement infestées par les adventices (vulpin, ray-grass) : l'ensilage de céréale immature et l'écimage. L'ensilage, considéré comme une solution de dernier recours, consiste à récolter la culture avant maturité pour exporter la biomasse et les graines, limitant ainsi le stock semencier de 40 % à 70 %. Si cette technique permet de sauver la valeur économique de la parcelle, elle soulève des questions sur l'innocuité des digestats. En complément, l'écimage offre une approche moins invasive permettant de faucher les adventices dépassant la culture pour empêcher le retour des graines au sol, avec une efficacité variable selon la date et la hauteur de coupe. Bien que prometteuse, cette méthode nécessite une intervention précise en conditions sèches. Ces pratiques, bien que techniques, constituent des outils préventifs indispensables pour préserver le potentiel de rendement des cultures futures.

En septembre 2024, l'association Agro-Transfert organise une journée de retour sur le projet Adventurh sur l'exploration de nouvelles voies pour maitriser les adventices.

Ici, Simon Vandrisse d'Agro-Transfert et Matthieu Preudhomme de la chambre d'agriculture de la Somme nous présentent les résultats d'essais menés pour réduire le stock semencier de parcelles par ensilage de céréale immature ou par écimage. Frédéric Toulet de l'entreprise de travaux agricole CABC Moreuil témoigne ensuite des retours terrains qu'il a pu observer ces dernières années sur des travaux d'écimage.

Par ici pour en savoir plus sur Agro-Transfert : https://www.agro-transfert-rt.org

Cette vidéo a été créée dans le cadre du projet CONSERWA, pour valoriser les résultats du projet Adventurh mené par Agro-Transfert, avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/



Ecimage et ensilage de céréale immature : solutions de dernier recours ?

Dans cet article, Simon Vandrisse et Matthieu Preudhomme abordent deux leviers techniques pour gérer les parcelles fortement infestées par les adventices (vulpin, ray-grass, chénopode) : l’ensilage de céréales immatures et l’écimage. Ces méthodes sont présentées comme des solutions de dernier recours pour éviter le retour des graines au stock semencier lorsque la culture est compromise.

L’ensilage de céréales immatures

L’objectif de l’ensilage précoce est d’exporter la biomasse totale (culture et adventices) avant que les graines ne soient viables, afin de nettoyer la parcelle.

Expérimentation dans la Somme

Sur une parcelle argilo-calcaire fortement infestée (pertes estimées à 30 quintaux/ha sur un potentiel de 80), trois modalités ont été comparées :

  1. Référence : Conduite classique avec moisson.
  2. Ensilage 1 an : Exportation du blé en mai, puis semis d’orge d’hiver la deuxième année.
  3. Double ensilage : Exportation du blé la première année et de l’orge la deuxième année vers la méthanisation.

Résultats techniques et économiques

  • Stock semencier : L’ensilage permet une réduction significative du stock grainier. Une année d’ensilage réduit le stock de 40 %, et deux années consécutives permettent d’atteindre une réduction de près de 70 % du stock viable.
  • Économie : Bien que l’ensilage représente une perte financière immédiate par rapport à une récolte classique (environ 600 €/ha la première année), cette perte est atténuée par une meilleure valorisation en deuxième année (réduction de la perte à 200 €/ha).
  • Limites : L’innocuité des digestats reste une question centrale : le processus de méthanisation ne garantit pas la stérilisation complète des graines, ce qui présente un risque de dissémination des adventices sur d’autres parcelles.

L’écimage : une technique moins agressive

L’écimage consiste à faucher les adventices qui dépassent la culture pour les exporter sans détruire la céréale.

Fonctionnement et efficacité

  • Dispositif : Les passages se font idéalement début juin, lorsque les épis des graminées dominent la culture.
  • Hauteur de coupe : Différents réglages (H1 à H4) permettent de cibler la strate des adventices. La pratique courante permet d’éliminer 30 à 50 % des graines. Un passage plus agressif (“à ras”) peut monter jusqu’à 60-70 % d’efficacité, tout en limitant la viabilité des graines restantes à moins de 10 %.
  • Spécificités : Pour le chénopode, les résultats sont contrastés. Un stress de coupe peut parfois induire une réaction de survie chez certaines dicotylédones, les poussant à produire davantage de graines si l’intervention n’est pas faite au stade optimal.

Retours d’expérience terrain (Frédéric Toulet)

L’utilisation d’écimeuses spécialisées est devenue une activité de service à part entière pour répondre à la baisse des solutions phytosanitaires.

  • Polyvalence : Ces machines interviennent du 10 mai au 15 septembre sur diverses cultures (céréales, pois, haricots, betteraves, pommes de terre).
  • Contraintes techniques : Les interventions exigent des conditions sèches. La gestion des fourrières reste délicate, et la présence d’ombellifères peut poser des problèmes de bourrage dans les machines.
  • Bénéfices : Au-delà de l’aspect sanitaire, l’écimage offre un bénéfice agronomique indirect : en supprimant la concurrence des graminées, on gagne en luminosité, ce qui peut se traduire par un gain de rendement de 10 à 15 quintaux par hectare.
  • Organisation : La logistique est le principal défi. Les interventions sont souvent déclenchées à la demande, sur de petites surfaces ou des coins de parcelles sales, ce qui génère un temps important passé sur les routes.

En conclusion, si l’ensilage et l’écimage sont efficaces pour assainir des parcelles, ils doivent être intégrés dans une stratégie préventive globale plutôt que d’être uniquement perçus comme des interventions “pompier” en fin de cycle.