Cultiver la vigne autrement : enherbement et arbres spontanés en Alsace, Jean-Marc Dreyer
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Jean-Marc Dreyer est viticulteur en Alsace depuis 20 ans. Il a arrêté le travail du sol et intègre l'arbre dans son vignoble sous différentes formes : plantation de cormier en inter-rang mais aussi arbres spontanés qu'il laisse pousser dans ses vignes depuis plus de 10 ans !
Date de tournage : septembre 2024
Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du projet AF4EU, avec le soutien de l'Union Européenne. Par ici pour en savoir plus : https://af4eu.eu/
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Chapitrage :
00:00 Introduction
01:03 Contexte et installation
01:39 Gestion globale de la vigne
02:59 Auto-fertilité des sols et non travail du sol
05:00 Pédoclimat
06:35 Agroforesterie
09:36 Concurrence de la vigne avec les arbres et rendement
13:13 Pratiques, label et goût du vin
14:22 Plantation de cormier dans la vigne
15:35 Historique de mécanisation
17:41 Parcelles avec des arbres spontanés de 10 ans
21:30 Mot de la fin
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Cultiver la vigne autrement : enherbement et arbres spontanés en Alsace, Jean-Marc Dreyer
Jean-Marc Dreyer, viticulteur à Rosheim en Alsace, exploite un domaine de 7 hectares en agriculture biologique et biodynamique. Installé depuis 2004, il a progressivement fait évoluer ses pratiques pour simplifier son système de culture, tant en vigne qu’en vinification, en cherchant à favoriser l’autofertilité et la biodiversité.
Une gestion simplifiée de l’enherbement
L’un des changements majeurs opérés ces dernières années concerne la conduite de la vigne. En adoptant un système où toutes les arcures sont posées à plat sur le deuxième fil (à plus d’un mètre du sol), Jean-Marc Dreyer peut laisser l’herbe pousser librement sans qu’elle ne gêne le développement de la plante ou les travaux viticoles. Cela fait désormais 4 à 5 ans qu’il ne passe plus le tracteur pour l’entretien du sol, à l’exception de quelques passages pour la récolte. Cette approche permet de maintenir une flore diversifiée au sein de la parcelle, favorisant un écosystème équilibré.
La place des arbres spontanés
Sur son exploitation, le viticulteur laisse pousser tout ce qui s’installe naturellement : ronces, arbres et arbustes. Pour lui, la ronce joue un rôle de “nounou”, protégeant les jeunes plants et favorisant leur croissance. Concernant les arbres spontanés (frêne, érable, robinier, noisetier), le principe est de ne pas les couper systématiquement.
Toutefois, face à la croissance de certains arbres qui pourraient devenir trop envahissants ou contraignants pour la production, Jean-Marc Dreyer s’oriente vers la technique du trogne. Cette pratique permet de transformer l’arbre spontané en arbre de production, limitant son développement tout en conservant ses bénéfices pour la biodiversité, le sol et l’habitat de la faune auxiliaire. Le bois issu de cette taille peut alors être déchiqueté sur place pour nourrir la terre, s’inscrivant dans une démarche d’autofertilité.
Équilibre entre biodiversité et rendement
La question du rendement est centrale pour la pérennité de l’exploitation. Jean-Marc Dreyer souligne que l’objectif n’est pas de transformer sa vigne en forêt, mais de trouver un équilibre viable. Il cherche à maintenir un rendement d’environ 30 à 40 hectolitres par hectare. L’enjeu est d’observer et d’adapter ses pratiques en fonction de chaque parcelle :
- Concurrence hydrique : Dans un contexte de changements climatiques et de manque d’eau, l’arbre peut être perçu comme une concurrence. Cependant, il contribue aussi à conserver l’humidité et à protéger le sol.
- Le choix du vivant : Pour le viticulteur, le bon sens prime sur les méthodes standardisées. Le choix de limiter les interventions chimiques (soufre et cuivre) est guidé par la volonté de préserver le vivant, car il estime que la vitalité de la parcelle se retrouve inévitablement dans la qualité du vin.
Une vision pour l’avenir
L’approche de Jean-Marc Dreyer est basée sur l’observation patiente. Plutôt que de vouloir tout contrôler par la mécanisation, il privilégie une approche minimaliste : “enlever ce qui ne va pas” avant de vouloir forcer des changements. En plantant des essences comme le Cormier en quinconce ou en acceptant la colonisation naturelle, il souhaite laisser aux générations futures des parcelles qui conservent une capacité d’évolution et un choix agronomique plus large.
“L’idée, c’est de préserver le côté vivant, de ne rien amener du tout et de voir comment le sol se gère lui-même”, conclut-il, soulignant que cette démarche nécessite une anticipation sur le long terme, loin de la course permanente à la productivité et à la mécanisation intensive.