Couverts en interculture courte, pourquoi, comment @Chambre d’agriculture Pays de la Loire
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Vidéo réalisée par la chambre d'agriculture des Pays de la Loire, merci à eux pour l'aimable autorisation de remise en ligne
Présentation de l’exploitation
Michel Dubourg présente une exploitation conduite en EARL avec son épouse et leur fils. La structure de l’exploitation est orientée vers l’élevage de porcs sur paille, avec également des cultures, afin d’atteindre une autonomie alimentaire pour l’élevage.
L’exploitation pratique le semis direct depuis plus de vingt ans. Michel précise qu’après toutes ces années, ils continuent encore à apprendre. Depuis une dizaine d’années, un couvert végétal est implanté entre une culture et une orge.
Pourquoi être venu au semis direct
Le passage au semis direct s’est fait pour plusieurs raisons.
Dans un premier temps, il s’agissait d’un gain de temps dans les cultures, car l’élevage demandait déjà beaucoup de travail.
Dans un second temps, l’exploitation s’est aperçue que cette pratique permettait de préserver les micro-organismes présents en surface du sol. C’est aussi pour cette raison que les couverts ont été introduits : pour nourrir toute cette vie du sol.
Les objectifs du couvert en interculture courte
Michel Dubourg donne trois raisons principales à l’implantation d’un couvert :
- pouvoir nourrir les micro-organismes présents à la surface du sol ;
- absorber un éventuel surplus de nitrates laissé par la culture précédente ;
- dans le cadre du semis direct, fournir une ressource alimentaire aux limaces, afin de préserver la culture de céréales.
Le couvert est donc vu comme un levier au service de la vie du sol, mais aussi comme un élément de régulation dans le système de culture.
Le couvert implanté sur l’exploitation
Le couvert implanté est de la moutarde brune. Le semis est réalisé avec un Delimbe, à une dose de 3 kg/ha, puis un passage de Quivogne est effectué pour recouvrir suffisamment la graine.
Le choix de la moutarde brune est lié à la culture de blé qui suit, afin de limiter le piétin-échaudage sur cette culture principale.
L’importance d’une implantation précoce
Pour Michel Dubourg, l’essentiel est d’implanter le couvert le plus tôt possible après la récolte.
Dans une région d’élevage, la paille est récupérée rapidement. Dès que cette paille est enlevée, le couvert est semé. Cette réactivité est présentée comme un point clé de la réussite.
Les effets observés sur le sol
Les couverts implantés sur l’exploitation ont permis :
- de restructurer le sol ;
- de mettre en avant la vie microbienne ;
- de conserver cette vie du sol grâce au semis direct.
Après plusieurs années de pratique, Michel constate une amélioration de la structure du sol et de la vie du sol. Il observe également une meilleure portance lors des passages sur les parcelles.
Effets sur le système de culture
L’exploitation a aussi allongé les rotations, ce qui permet de réduire les doses d’intrants.
Sur les rendements, Michel indique qu’ils ne battent pas de records. En revanche, il constate une meilleure régularité depuis une dizaine d’années. Le bénéfice principal mis en avant est donc la stabilité plutôt que la recherche de pics de rendement.
Points de vigilance
Michel insiste sur plusieurs précautions à prendre :
- ne pas intervenir sur les parcelles tant que le sol n’est pas suffisamment ressuyé ;
- éviter, à la récolte, les passages répétés des outils et des plateaux sur la parcelle.
Ces points sont présentés comme essentiels pour ne pas dégrader les bénéfices apportés par le semis direct et les couverts.
Perspectives et essai prévu en 2020-2021
Pour la campagne 2020-2021, l’exploitation prévoit un essai de semis de trèfle nain dans la céréale, au mois de mars-avril.
L’objectif est que le trèfle puisse se développer au moment de la récolte de la céréale. Cette expérimentation s’inscrit dans la continuité de la démarche engagée autour du semis direct, des couverts et de l’amélioration de la vie du sol.