Couvert permanent de trèfle et pommes de terre en ACS, R et N Hallegouet - Journée Séguy 2024

De Triple Performance
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Dans cette vidéo de la Journée Séguy 2024, Nicolas et Roland Hallegouet, agriculteurs en Bretagne, présentent leur système innovant en Agriculture de Conservation des Sols (ACS). Pionniers dans l'arrêt du labour depuis 2002, ils intègrent désormais des couverts permanents de trèfle blanc dans leurs rotations, y compris pour la production de pommes de terre. Cette stratégie permet de maintenir une activité biologique constante et de protéger le sol des agressions climatiques tout au long de l'année. Les frères Hallegouet soulignent l'importance capitale d'un équilibre chimique initial du sol, notamment via le magnésium et le calcium, pour favoriser la réussite biologique. Grâce à cette approche et à une gestion rigoureuse de la prophylaxie et des couverts spontanés, ils réussissent à réduire leur dépendance aux produits phytosanitaires. Ce témoignage illustre une vision de l'exploitation comme une entreprise dont le sol est le cœur vivant, garantissant résilience et autonomie productive.

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Résumé
Dans cette vidéo de la Journée Séguy 2024, Nicolas et Roland Hallegouet, agriculteurs en Bretagne, présentent leur système innovant en Agriculture de Conservation des Sols (ACS). Pionniers dans l'arrêt du labour depuis 2002, ils intègrent désormais des couverts permanents de trèfle blanc dans leurs rotations, y compris pour la production de pommes de terre. Cette stratégie permet de maintenir une activité biologique constante et de protéger le sol des agressions climatiques tout au long de l'année. Les frères Hallegouet soulignent l'importance capitale d'un équilibre chimique initial du sol, notamment via le magnésium et le calcium, pour favoriser la réussite biologique. Grâce à cette approche et à une gestion rigoureuse de la prophylaxie et des couverts spontanés, ils réussissent à réduire leur dépendance aux produits phytosanitaires. Ce témoignage illustre une vision de l'exploitation comme une entreprise dont le sol est le cœur vivant, garantissant résilience et autonomie productive.

En septembre 2024, pendant la journée technique Lucien Séguy, Roland et Nicolas Hallegouet, agriculteurs dans le Finistère en Bretagne, nous on présenté leur système agricole. Ils nous explique comment ils ont réussi à mettre en place l'agriculture de conservation sur leur ferme tout en conservant leur production de pommes de terre. Depuis plusieurs années, ils mettent en place un couvert de trèfle blanc sous leur blé.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site : https://larobedeschamps.fr


Cette vidéo a été créée dans le cadre des projets Sol Couvert et CONSERWA, avec le financement de l’Union Européenne, de la confédération suisse et du Royaume-Uni. Par ici pour plus d'info : https://conserwa.eu/



Introduction et contexte de l’exploitation

Nicolas et Roland Hallegouet, agriculteurs en Bretagne à la tête de l’EARL La Robe des champs (Gipava, près de Brest), ont partagé leur expérience lors de la journée Séguy 2024. Exploitants d’une structure de 33 hectares, ils se définissent avant tout comme une “entreprise agricole” où le sol est le cœur du système de production. Leur production diversifiée comprend des pommes de terre (primeur et conservation), des échalotes, des oignons, de l’avoine noire et du blé, vendus en circuit court auprès de restaurateurs et magasins fermiers, ou en vente directe à un voisin éleveur porcin.

L’arrêt du labour sur la ferme remonte à 2002, suivi d’une transition totale vers l’agriculture de conservation des sols (ACS) en 2009. Ils utilisent un semoir en semis direct (Cun SD 3000) et limitent le travail du sol à un outil canadien de 3 mètres, proscrivant tout outil rotatif pour préserver la structure verticale du sol.

La stratégie des couverts permanents et rotations

Le déclic pour les couverts permanents a eu lieu en 2019. Pour intégrer la pomme de terre dans un système ACS, les frères Hallegouet ont mis en place des rotations basées sur la monoculture de blé sur 2 ou 3 ans, avec un trèfle blanc semé en première année. Cette méthode assure une continuité microbiologique et permet de maintenir une activité biologique tout au long de l’année, contrairement aux couverts intermédiaires classiques qui laissent le sol nu entre deux cultures.

Rotation courte (pommes de terre primeur)

Sur les parcelles de primeur, la rotation est très courte (pomme de terre / blé). Malgré cette fréquence, ils maintiennent des taux de [[matière organique]] autour de 6 % grâce à deux facteurs clés :

  1. La restitution systématique des pailles.
  2. L’utilisation de couverts spontanés : après la récolte de la primeur en avril/mai, ils laissent la nature s’exprimer (renouée persicaire, graminées estivales, chénopodes). Ces couverts atteignent 1,80 m, protègent le sol, restructurent le profil et favorisent le drainage, essentiel pour les plantations précoces en hiver (décembre-février).

Rotation longue (pommes de terre de conservation)

Pour les pommes de terre de conservation, la gestion est différente. Après l’arrachage en septembre, ils sèment de l’avoine d’hiver à forte densité (160-180 kg/ha). L’avoine, par son système racinaire puissant, prépare idéalement le sol pour les plantations printalières. Le billonnage et le tamisage sont effectués, mais la tamiseuse est considérée comme un outil de récolte et non de travail du sol.

Rôle du trèfle et gestion des adventices

Le trèfle blanc nain est semé soit simultanément avec le blé, soit par sursemis en hiver. Avec une densité de 8 kg/ha, le trèfle forme un couvert permanent qui contrôle environ 90 % des adventices. Cette technique empêche les vivaces (chardon, rumex, liseron) de se réinstaller en occupant l’espace. Les frères Hallegouet soulignent que le trèfle agit comme un “parasol” contre les fortes chaleurs et un “parapluie” contre le tassement dû aux gouttes de pluie.

Agronomie : chimie et biologie

Les frères Hallegouet insistent sur un point fondamental : la biologie ne peut fonctionner sans un équilibre chimique préalable. Sous les conseils de Francis Bucille, ils ont rééquilibré les bases du sol (calcium, magnésium, potasse).

  • Fertilisation : Ils n’apportent plus de phosphore ni de potassium depuis 20 ans sur les rotations courtes, le couvert spontané recyclant ces éléments du sol profond. Seul l’azote (urée) est apporté pour la culture de vente.
  • Santé du sol : Ils soulignent que la dégradation de la matière organique consomme du calcium. Un mauvais équilibre chimique augmente l’acidité et favorise les pathogènes comme le rhizoctone ou les taupins. Le maintien d’un couvert vivant toute l’année permet de tamponner les chocs climatiques et de nourrir le microbiote (bactéries, champignons, vers de terre), dont la biomasse peut atteindre 10 tonnes par hectare.

Conclusion

Pour les frères Hallegouet, la réussite en ACS repose sur une vision globale : le sol est le lien symbiotique entre le végétal et l’animal. En apprenant à gérer la puissance du végétal (la racine travaillant le sol mieux que n’importe quel outil), ils parviennent à réduire les intrants tout en conservant une excellente productivité et une résilience face aux aléas climatiques. La prophylaxie par la gestion des repousses et la diversité biologique restent, selon eux, les clés pour s’affranchir des contraintes sanitaires sans recours systématique aux produits phytosanitaires.