COLZA ASSOCIE Avec la féverole, une organisation facile et des résultats probants @CA17TV

De Triple Performance
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Dans cette vidéo, Gianny Bonnouvrier explique pourquoi il a généralisé le colza associé à la féverole sur son exploitation. Face aux échecs répétés des insecticides d’automne contre les altises, il a testé cette technique avant de l’adopter sur 100 % de ses surfaces. La féverole joue un rôle de couvert protecteur et répulsif, particulièrement utile lors des implantations difficiles, comme en 2019. Facile à produire à la ferme, peu coûteuse et simple à épandre, elle apporte aussi de la biomasse et une restitution d’azote estimée jusqu’à 40 unités. Gianny détaille son itinéraire technique : épandage avant semis, destruction chimique en hiver faute de gel suffisant en climat océanique, puis binage au printemps. Résultat : une organisation jugée simple, des parcelles propres, moins d’insecticides, et des performances convaincantes.

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Résumé
Dans cette vidéo, Gianny Bonnouvrier explique pourquoi il a généralisé le colza associé à la féverole sur son exploitation. Face aux échecs répétés des insecticides d’automne contre les altises, il a testé cette technique avant de l’adopter sur 100 % de ses surfaces. La féverole joue un rôle de couvert protecteur et répulsif, particulièrement utile lors des implantations difficiles, comme en 2019. Facile à produire à la ferme, peu coûteuse et simple à épandre, elle apporte aussi de la biomasse et une restitution d’azote estimée jusqu’à 40 unités. Gianny détaille son itinéraire technique : épandage avant semis, destruction chimique en hiver faute de gel suffisant en climat océanique, puis binage au printemps. Résultat : une organisation jugée simple, des parcelles propres, moins d’insecticides, et des performances convaincantes.

Vidéo réalisée par la Chambre d'agriculture de la Charente-Maritime, merci à eux pour l'aimable autorisation de remise en ligne

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Pourquoi j’ai choisi le colza associé

J’ai choisi de pratiquer la culture du colza associé suite à de nombreux échecs d’insecticides à l’automne, avec comme problématique principale les altises. On en était rendu à faire deux, trois, parfois quatre insecticides contre les altises, avec des problèmes de résistance, des infestations importantes et des populations de plus en plus nombreuses. Au bout d’un moment, avant les semis, il a fallu trouver d’autres solutions.

J’ai entendu parler des colzas associés, j’ai essayé, puis j’ai adopté. Maintenant, 100 % de mes sont en colza associé, avec de la uniquement. Les premières années, c’était en phase de test, sur plusieurs parcelles ou sur des moitiés de parcelles. Depuis deux ou trois ans, l’intégralité de mes colzas sont conduits de cette façon.

L’intérêt de la féverole

J’ai choisi la féverole parce que c’est une plante facile à installer et que c’est aussi quelque chose de répulsif vis-à-vis des insectes. Cet effet répulsif, on l’a vu grâce à des essais réalisés dans les parcelles, avec une moitié de parcelle avec féverole et l’autre moitié sans féverole. Là, on s’est rendu compte que l’effet répulsif sur les altises, qui sont le principal problème à l’automne, était indéniable.

Les premières années, je faisais encore un ou deux insecticides dans mes parcelles de colza associé à la féverole. Depuis cette année, il y a zéro insecticide dans mes colzas. On est aussi dans une année à pression relativement faible par rapport aux insectes, mais malgré tout le résultat est là.

J’ai aussi choisi la féverole parce que je peux l’autoproduire à la ferme. C’est donc une solution simple et économique.

Le rôle protecteur observé en 2019

L’année dernière, j’estime avoir sauvé ma culture de colza grâce à la féverole. On a eu un automne 2019 avec une implantation du colza difficile : très peu de pluie, environ 10 mm au semis, puis ensuite un automne très sec, avec des températures élevées. Je pensais bien que mon colza était perdu.

Mais les féveroles étaient là. Elles ont protégé mes petits colzas pendant toute la période d’octobre. Ensuite, en novembre, avec des pluies incessantes jusqu’en décembre-janvier, mon colza s’est refait et a continué à pousser. J’ai eu de très beaux colzas grâce à ces féveroles, qui ont eu un effet de couvert et un effet protecteur sur les petits colzas.

Le développement de la féverole selon les années

Cette année, les féveroles se sont vraiment développées parce qu’on a eu un mois d’août humide, avec des orages très localisés. On se rend compte que la féverole a bien profité de ces orages. On a eu des plantes très développées jusqu’à cette époque.

Les autres années, je pense que la féverole est beaucoup moins développée, avec peut-être 20 cm de moins. Mais tous les ans, généralement, on arrive à des féveroles qui sont au-dessus des genoux. Cette année, c’est quand même le top.

Une solution simple à mettre en place

Je pense que la féverole est facile à faire. Les pois, c’est un peu trop maladif, ça tombe vite, et dans les années ou les automnes humides, on arrive vite à avoir de la maladie. Les lentilles couvrent, mais ensuite ça ne monte pas assez. La féverole, au contraire, est simple, rustique, et permet d’obtenir une biomasse assez importante.

Elle donne aussi une bonne restitution d’azote en sortie d’hiver. La féverole pousse même pendant les périodes froides.

Dose de semis et coût

Je sème à peu près entre 80 et 100 kg de féverole à l’hectare. Le semis se fait à la volée, donc il y a un peu de perte, mais c’est une grosse graine facile à épandre avec un épandeur d’engrais. L’épandage est régulier, la graine est résistante et elle tolère de nombreux herbicides. Elle tolère aussi bien la sécheresse.

Par rapport au coût, j’ai calculé que cela me revient à moins de 15 euros par hectare quand la féverole est autoproduite.

La conduite de l’implantation

Habituellement, je sème les colzas après blé tendre. On retire la paille, puis il y a un déchaumage. Ensuite, on enchaîne avec un épandage d’engrais phosphaté.

Cette année, j’ai utilisé du MAP, un monoammonium phosphate. C’est un engrais de fond qui permet de booster un peu le colza au démarrage. C’est un petit plus pour donner de la vigueur au colza au départ.

On se retrouve alors mi-août, vers le 10 août. À ce moment-là, j’épands ma féverole avec l’épandeur d’engrais. Le dernier passage de travail du sol va enfouir à la fois mon engrais et ma féverole.

Au 15 août, ma féverole est sous terre, mon terrain est prêt à semer, et ensuite je déclenche mon semis en fonction de la pluviométrie annoncée. La plage de semis optimale pour le colza est, chez moi, du 20 août au 15 septembre.

Le semis du colza

Le colza est semé au monograine. Certaines années, les féveroles sont déjà levées lorsque j’interviens pour semer, et d’autres années tout lève en même temps, comme cette année.

Cette année, le semis a été fait de bonne heure, le 20 août, et la féverole a levé en même temps que le colza. L’idéal, c’est quand même quand la féverole lève avant le colza : on est alors sûr d’avoir une protection au moment où les insectes arrivent.

La destruction de la féverole

La féverole, ensuite, il faut la détruire. Nous sommes dans un [[climat océanique]], donc nous n’avons pas assez de froid ni de gel pour détruire naturellement la féverole. J’interviens donc avec un produit à base d’hormones.

C’est un peu la seule contrainte que l’on peut citer : on est obligé d’intervenir pour détruire chimiquement la féverole. On ne peut pas compter sur le froid. Même quand on observe un peu de maladie ou quelques froids plus rudes, au pied des féveroles on retrouve encore des talles, et je pense que la féverole repartirait toujours. Elle pourrait alors nuire fortement à la récolte, avec des impuretés et de l’humidité dans le colza récolté.

J’essaie de détruire la féverole le plus tardivement possible pour profiter au maximum de l’effet légumineuse.

La restitution d’azote

Je pense que ma légumineuse va réussir à fournir, ou restituer, 20, 30 voire 40 unités d’azote. Cet azote est pris en compte dans mon raisonnement de fertilisation.

Les premières années, je restais sur ma dose totale d’azote habituelle. Depuis, je suis à une dose totale diminuée de 40 unités d’azote. Sur un colza comme ici, je pense que sans les féveroles, j’aurais dû apporter environ 180 unités d’azote. Là, je vais me limiter à 140 unités d’azote sur cette parcelle. J’estime donc que mes légumineuses peuvent apporter environ 40 unités à mon colza.

Observation des féveroles dans la parcelle

Là, on peut observer les nodosités, qui sont bien développées sur la plante. On se retrouve avec une, deux, trois, quatre, cinq talles, et il y en a encore d’autres qui viennent au cœur.

Sur des plantes comme ça, on pourrait faire des pesées. Je crois qu’on était près de 1,7 kg de féverole au mètre carré. Cela va représenter pas mal d’unités d’azote restituées au sol.

Date de destruction et dégradation

J’interviens vers Noël, fin décembre, pour que, au moins en février-mars, la plante de féverole soit complètement dégradée. On retrouve alors des tiges noires, et la restitution au sol se fait pendant cette période.

Le binage du colza

Une fois mes féveroles complètement détruites, au mois de mars, je pratique toujours le binage de mes colzas. J’essaie toujours de trouver un créneau, quand les colzas sont bien en face et bien poussants, pour intervenir avec la bineuse.

Cela permet de nettoyer sous le rang, et c’est aussi un effet booster sur les colzas, en incorporant mes déchets de féverole au milieu de l’inter-rang. Je sème mes colzas à 60 cm, et j’ai des parcelles relativement propres. Ça marche bien, ça nettoie bien les parcelles.

Objectif de rendement

L’ de rendement se situe ici autour de 35 quintaux. On est sur une parcelle séchante, avec une réserve utile de 80 mm, donc 35 quintaux, ce serait déjà pas mal.

Le regard des autres agriculteurs

C’est vrai que mes voisins agriculteurs s’intéressent aussi un peu à cette démarche. Les principales questions qu’ils me posent concernent surtout l’implantation.

Moi, je redis qu’il ne faut pas se casser la tête : on utilise l’épandeur d’engrais, c’est simple. Ensuite, l’inconvénient, c’est qu’il ne faut pas retravailler le sol. Mais avec un semis monograine, aujourd’hui, c’est pratique. Je peux dire que cela fonctionne sur plus de 80 % des surfaces.

Le principal frein serait peut-être du côté des herbicides, mais la féverole tolère bien les herbicides de post-semis. Donc non, c’est une technique facile à faire, et que tout le monde peut pratiquer chez soi.