COLZA ASSOCIE - En bio, les facteurs de la réussite Témoignage dans le 17 @CA17TV

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Dans ce témoignage en Charente-Maritime (17), un agriculteur bio présente les clés de réussite du colza associé, conduit sans insecticides. En vente directe, ce colza sert à produire de l’huile, d’où l’intérêt de sécuriser la culture. La réussite repose d’abord sur le choix de parcelles propres et sur de bons précédents culturaux : chanvre, millet puis pois, qui nettoient la parcelle et favorisent un semis précoce. Le semis est réalisé dès le 10 août, avec féverole, lentille et colza en association. La féverole et la lentille couvrent rapidement le sol, limitent les altises et leurs pontes, puis la féverole gèle en hiver, restituant de l’azote au colza. Malgré l’impossibilité de désherber mécaniquement à cause des pluies, le salissement reste modéré. Au final, en bio, le colza associé est possible si l’on soigne la parcelle, la date de semis et la gestion de l’association végétale.

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Résumé
Dans ce témoignage en Charente-Maritime (17), un agriculteur bio présente les clés de réussite du colza associé, conduit sans insecticides. En vente directe, ce colza sert à produire de l’huile, d’où l’intérêt de sécuriser la culture. La réussite repose d’abord sur le choix de parcelles propres et sur de bons précédents culturaux : chanvre, millet puis pois, qui nettoient la parcelle et favorisent un semis précoce. Le semis est réalisé dès le 10 août, avec féverole, lentille et colza en association. La féverole et la lentille couvrent rapidement le sol, limitent les altises et leurs pontes, puis la féverole gèle en hiver, restituant de l’azote au colza. Malgré l’impossibilité de désherber mécaniquement à cause des pluies, le salissement reste modéré. Au final, en bio, le colza associé est possible si l’on soigne la parcelle, la date de semis et la gestion de l’association végétale.

Vidéo réalisée par la chambre d'agriculture de Charente-Maritime, merci à eux pour l'aimable autorisation de remise en ligne



Contexte et objectifs

Sur l’exploitation, du colza associé est cultivé parce qu’en vente directe il y a un besoin d’huile produite avec ce colza. Le choix du colza associé permet de ne pas utiliser d’insecticides, en particulier depuis le passage en agriculture biologique en 2016.

L’objectif est donc double :

  • produire du colza pour l’huile ;
  • sécuriser la culture en bio grâce à l’association avec d’autres plantes.

Choix de la parcelle et précédents culturaux

Dans cette parcelle, plusieurs précédents se sont succédé sur trois ans :

Le chanvre et le millet, qui sont des cultures de printemps, ont permis de nettoyer les parcelles, notamment au niveau des graminées.

Le pois présente aussi plusieurs intérêts :

  • il se récolte très tôt ;
  • il permet de préparer la parcelle suffisamment tôt pour réaliser un semis précoce du colza ;
  • il met à disposition de l’azote pour le début de la végétation du colza.

Préparation de la parcelle

Pour préparer la parcelle au semis, les interventions ont été les suivantes :

  • un déchaumage au disque ;
  • puis un passage de grosses dents pour finaliser la préparation avant semis.

Semis du colza associé

Le semis a été réalisé autour du 10 août.

L’implantation s’est faite en plusieurs étapes :

  • la féverole a d’abord été semée avec un semoir rapide Väderstad ;
  • la dose de semis de féverole était de 105 kg/ha ;
  • la profondeur de semis était de 3 à 4 cm ;
  • il s’agissait de semences fermières.

Ensuite, la lentille a été semée à la volée :

  • à la dose de 20 kg/ha ;
  • également en semences fermières.

Enfin, le colza a été semé :

  • à la dose de 4 kg/ha ;
  • en semences fermières également ;
  • avec le semoir rapide Väderstad.

Ce passage a permis au moment du semis du colza de recouvrir la lentille semée à la volée.

Conditions de levée et désherbage

Le semis a été positionné juste avant des pluies, ce qui a permis une très bonne levée.

En revanche, il y a aussi eu un cumul d’eau important. À cause de ces conditions, il n’a pas été possible de réaliser un désherbage mécanique, les conditions n’étant pas favorables à une intervention.

La culture est donc restée un peu sale, avec notamment quelques chénopodes, mais aucune intervention mécanique n’a pu être faite après cette période de pluviométrie.

Rôle des plantes associées à l’automne

À l’automne, il a été observé :

  • un développement très important de la féverole ;
  • une lentille bien au-dessus du colza.

Cette couverture végétale a permis de maîtriser le développement des altises et les pontes.

Par la suite, la féverole a gelé, ce qui a conduit à sa destruction. Cette destruction peut contribuer à un apport d’azote au profit du colza.

Fertilisation de printemps

Au début du printemps, une fertilisation azotée a été réalisée :

  • à base d’Azufertil ;
  • à la dose de 80 unités par hectare.

L’intérêt de cet engrais est qu’il apporte aussi du soufre, élément important pour la culture du colza.

Il est précisé qu’il s’agit d’un apport unique.

État de la parcelle

Au moment de l’observation, la féverole qui a gelé au mois de décembre était auparavant plutôt bien développée.

En regardant le sol, on peut voir un peu de pâturin, mais globalement le salissement de la parcelle reste très modéré.

Facteurs de réussite du colza associé en bio

Selon ce témoignage, cultiver du colza en bio est possible, à condition de respecter plusieurs priorités.

Les principaux facteurs de réussite mis en avant sont :

  • bien choisir ses parcelles, pour qu’elles soient les plus propres possible ;
  • privilégier une date de semis précoce, à partir du 5 août ;
  • surveiller les conditions météo afin d’être prêt à semer au bon moment.

Intérêt du colza associé

Cultiver du colza associé suppose d’abord de s’habituer à voir plusieurs plantes dans le champ. Ici, les espèces associées au colza sont la féverole et la lentille.

Cette association présente plusieurs avantages :

  • elle limite le recours aux insecticides ;
  • elle peut permettre, selon les années, de récolter plusieurs graines.

Il est ainsi déjà arrivé :

  • de récolter la lentille après avoir fauché le colza ;
  • de récolter aussi la féverole.

Cela suppose bien sûr de trier le mélange de graines avant de pouvoir les utiliser pour autre chose.