Bertrand Rouquie, éleveur laitier autonome en protéines @Chambre d'agriculture de la Dordogne

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Bertrand Rouquie s’est installé en GAEC avec son père pour reprendre l’atelier laitier et l’activité tabacole. Après les crises laitières de 2008-2009, l’exploitation a choisi de se diversifier avec la transformation fromagère. Aujourd’hui, elle produit environ 400 000 litres de lait par an, dont 230 000 litres sont transformés et commercialisés directement à la ferme, le reste étant livré à la laiterie. L’objectif principal est l’autonomie, à la fois fourragère et protéique. Pour y parvenir, Bertrand Rouquie mise sur l’affouragement en vert, afin de mieux valoriser l’herbe, limiter les intrants et s’adapter à un parcellaire morcelé ainsi qu’à la traite robotisée. Engagé dans la démarche Bleu-Blanc-Cœur, il cherche aussi à améliorer la qualité nutritionnelle du lait. L’exploitation produit une large gamme de fromages et de produits laitiers. Grâce à une ration davantage basée sur l’herbe, Bertrand observe aussi une nette amélioration de la santé animale.

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Résumé
Bertrand Rouquie s’est installé en GAEC avec son père pour reprendre l’atelier laitier et l’activité tabacole. Après les crises laitières de 2008-2009, l’exploitation a choisi de se diversifier avec la transformation fromagère. Aujourd’hui, elle produit environ 400 000 litres de lait par an, dont 230 000 litres sont transformés et commercialisés directement à la ferme, le reste étant livré à la laiterie. L’objectif principal est l’autonomie, à la fois fourragère et protéique. Pour y parvenir, Bertrand Rouquie mise sur l’affouragement en vert, afin de mieux valoriser l’herbe, limiter les intrants et s’adapter à un parcellaire morcelé ainsi qu’à la traite robotisée. Engagé dans la démarche Bleu-Blanc-Cœur, il cherche aussi à améliorer la qualité nutritionnelle du lait. L’exploitation produit une large gamme de fromages et de produits laitiers. Grâce à une ration davantage basée sur l’herbe, Bertrand observe aussi une nette amélioration de la santé animale.

Vidéo réalisée par Romain Baudry pour la Chambre d'agriculture de la Dordogne

https://dordogne.chambre-agriculture.fr/



Installation et évolution de l’exploitation

Bertrand Rouquie s’est installé en GAEC avec son père en reprenant la suite de l’atelier laitier et de l’activité tabacole. L’exploitation a évolué de cette manière pendant une dizaine d’années, jusqu’en 2010.

À la suite des crises laitières répétées, et en particulier de celle de 2008-2009, ils ont décidé de se tourner vers la transformation fromagère. Aujourd’hui, l’exploitation produit environ 400 000 litres de lait par an. Sur ce volume, 230 000 litres sont transformés et commercialisés directement sur l’exploitation, tandis que le reste part à la laiterie.

Recherche d’autonomie sur l’exploitation

L’un des objectifs majeurs de Bertrand Rouquie a été d’atteindre l’[[autonomie fourragère]], ce qui est aujourd’hui le cas, puis l’[[autonomie protéique]]. Pour cela, il a choisi de s’appuyer sur l’affouragement en vert afin de limiter les intrants et de valoriser au maximum l’herbe produite sur l’exploitation.

Cette orientation s’inscrit aussi dans une démarche de qualité, avec l’entrée dans la labellisation Bleu-Blanc-Cœur. Cette démarche vise à améliorer la qualité du produit, la santé animale et également la santé du sol. Il s’agit d’un label reconnu par les ministères de la Santé et de l’Environnement, qui met en avant notamment une meilleure teneur en oméga 3 dans les produits.

Alimentation du troupeau et oméga 3

La ration du troupeau repose sur une base de maïs, d’ensilage, et d’enrubannage de luzerne. Cependant, les oméga 3 sont altérés par la conservation du fourrage. Il est donc nécessaire d’apporter du lin afin de relever la teneur en oméga 3 de l’alimentation et de rester en cohérence avec les exigences du label.

Dans l’objectif d’être également autonome sur cette production de lin, un essai est mené depuis deux ans pour produire directement le lin sur l’exploitation. Bertrand Rouquie explique toutefois que cela s’avère assez compliqué, car il s’agit d’une culture qui demande beaucoup de soins, encore davantage qu’une céréale, ainsi que davantage de produits phytosanitaires, ce qui va plutôt à l’encontre de son objectif actuel.

Le choix de l’affouragement en vert

Le choix de l’affouragement en vert a d’abord été fait en fonction de la structure de l’exploitation. Les parcelles sont très morcelées et souvent trop éloignées pour conduire facilement les animaux au pâturage.

À cela s’ajoute le fait que, depuis cinq ans, l’exploitation est équipée d’un robot de traite. Les animaux doivent donc rester proches du bâtiment et du robot toute la journée. Dans ce contexte, l’affouragement en vert est apparu comme la solution la plus adaptée.

Concrètement, tous les matins, Bertrand Rouquie va chercher de l’herbe fraîche avec une autochargeuse et son tracteur. Les animaux sortent tout de même : depuis le 1er mars, ils ont accès à une pâture de 5 hectares située autour du bâtiment. Néanmoins, l’essentiel de la ration en herbe est apporté sous forme d’affouragement en vert.

Résultats économiques du système

D’un point de vue économique, Bertrand Rouquie souligne qu’il n’y a « pas photo » entre les différentes périodes de rationnement. Sur les rations hivernales, le coût se situe autour de 110 à 120 euros pour 1 000 litres. En période estivale, avec le recours à l’herbe, il est plutôt de l’ordre de 70 à 80 euros pour 1 000 litres.

Vers l’autonomie protéique

Le label Bleu-Blanc-Cœur impose une alimentation exclusivement française et sans OGM. Dans cette logique, Bertrand Rouquie s’est mis, depuis cinq ans, à produire du lupin pour remplacer une partie du concentré acheté dans le commerce, en particulier le colza.

Aujourd’hui, il estime être autonome à 90 à 95 %, que ce soit pour les fourrages ou pour une grande partie des besoins de l’exploitation. En matière de concentrés, il n’achète plus qu’environ 20 tonnes de colza par an.

Effets sur la santé animale

Depuis le passage à une ration davantage basée sur l’herbe, Bertrand Rouquie a constaté une nette amélioration de la santé animale. Cette évolution lui a permis de passer à une médecine homéopathique à 100 %.

Il précise que, depuis trois ans, il n’a plus eu recours du tout à des traitements antibiotiques sur l’élevage.

Transformation laitière et gamme de produits

Sur l’exploitation, la transformation couvre aujourd’hui une gamme très large de produits à base de lait.

La production comprend :

  • des fromages classiques ;
  • des petits fromages lactiques ;
  • du fromage frais ;
  • un fromage affiné en cave, appelé « l’Atome », consommable à partir de six semaines d’affinage ;
  • des yaourts nature ;
  • des yaourts aux fruits ;
  • des yaourts à boire pour l’été ;
  • de la crème ;
  • du beurre.

Au moment de l’intervention, un nouveau fromage est également en projet : le « Bréou ».

Perspectives

Aujourd’hui, selon Bertrand Rouquie, la demande est plus difficile à satisfaire que l’offre n’est difficile à produire : autrement dit, les débouchés sont bien présents.

L’objectif est donc désormais de maintenir le système d’exploitation qui a été construit au fil des années. Il conclut en soulignant qu’il existe encore un bel avenir dans ce métier, tout en rappelant qu’il faut rester prudent.