Analyse de sève : les derniers résultats terrains, J. David

De Triple Performance
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Dans cette présentation, Julien David, responsable du service agronomique de la coopérative EMC2, partage les enseignements tirés de quatre années d'expérimentation sur l'analyse de sève. Menée sur des sols variés et hétérogènes (essentiellement argilo-calcaires), cette démarche permet de diagnostiquer précisément l'état nutritionnel des cultures, au-delà des simples analyses de sol. Julien David souligne des résultats surprenants, notamment des carences fréquentes en bore, potassium et fer sur les céréales, contrastant avec des teneurs en phosphore souvent satisfaisantes dans le sol. Ces analyses servent désormais d'outil de pilotage pour ajuster les stratégies de fertilisation et évaluer l'efficacité des apports. Au-delà du diagnostic, ces travaux ouvrent de nouvelles pistes de recherche : optimiser l'utilisation de l'azote grâce à un meilleur équilibre minéral et réduire les indices de fréquence de traitement (IFT). Cette approche offre aux agriculteurs un levier concret pour améliorer l'efficience agronomique et économique de leurs systèmes de culture.

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Résumé
Dans cette présentation, Julien David, responsable du service agronomique de la coopérative EMC2, partage les enseignements tirés de quatre années d'expérimentation sur l'analyse de sève. Menée sur des sols variés et hétérogènes (essentiellement argilo-calcaires), cette démarche permet de diagnostiquer précisément l'état nutritionnel des cultures, au-delà des simples analyses de sol. Julien David souligne des résultats surprenants, notamment des carences fréquentes en bore, potassium et fer sur les céréales, contrastant avec des teneurs en phosphore souvent satisfaisantes dans le sol. Ces analyses servent désormais d'outil de pilotage pour ajuster les stratégies de fertilisation et évaluer l'efficacité des apports. Au-delà du diagnostic, ces travaux ouvrent de nouvelles pistes de recherche : optimiser l'utilisation de l'azote grâce à un meilleur équilibre minéral et réduire les indices de fréquence de traitement (IFT). Cette approche offre aux agriculteurs un levier concret pour améliorer l'efficience agronomique et économique de leurs systèmes de culture.

Pour en savoir plus sur le Comifer : https://comifer.asso.fr/evenements/#rencontres-cg


Pour voir tout les Actes de la JT 2024 : https://comifer.asso.fr/actes-des-journees-thematiques-2024/


1er février 2024 : Journée Thématique du Comifer organisée au FIAP Jean Monnet (Paris 14è) sur le thème « Quelles pratiques de fertilisation pour accompagner la diversité des systèmes de culture ? »


Autour d’un programme construit en 3 parties :

  • État des lieux sur la diversité des pratiques de fertilisation
  • Premiers enseignements pour la gestion de la fertilisation tirés de dispositifs expérimentaux mobilisant des leviers agroécologiques
  • Nouvelles mesures, méthodes et indicateurs pour raisonner la fertilisation face à la diversité des systèmes de culture


Cette JT présente et analyse la capacité des méthodes actuelles de raisonnement de la fertilisation à couvrir la diversité des systèmes de culture existant et propose, sur la base de résultats d'essais, des évolutions de méthodes et d'outils afin de répondre aux besoins de la profession.



Introduction et contexte pédoclimatique

Julien David, agronome au sein de la coopérative EMC2, travaille à la création de références techniques locales pour la fertilisation des cultures. Depuis quatre ans, la coopérative expérimente l’analyse de sève pour mieux comprendre la physiologie des plantes.

Le territoire d’action de la coopérative (Meuse, Haute-Marne, nord de la Meurthe-et-Moselle et nord-ouest de la Moselle) présente un climat à influence continentale et une grande hétérogénéité de sols : des sols argilo-calcaires (Barrois), des sols fortement argileux (Woëvre, Bassigny) et, dans une moindre mesure, des sols limoneux.

L’intégration de l’analyse de sève au sein d’EMC2

L’intérêt pour l’analyse de sève est né lors des rencontres du Comifer en 2019. L’objectif était de combler un manque dans le conseil agronomique : alors que les diagnostics de sol et les essais de fertilisation sont courants, il manquait un outil permettant de vérifier en temps réel si la plante est correctement alimentée en éléments minéraux.

Dès 2020, une première phase de test a été lancée sur blé, orge d’hiver et orge de printemps. Depuis 2021, l’usage s’est déployé plus largement auprès des agriculteurs testeurs.

Principaux résultats et enseignements terrains

Sur plus de 1 300 analyses réalisées entre 2020 et 2023, plusieurs constats marquants ont émergé :

  • Le bore : Contre toute attente, 98 % des échantillons présentent un flux trop faible. Des essais confirment qu’un apport de bore sur orge de printemps et blé tendre permet un gain de rendement moyen significatif de 4,5 %.
  • Le potassium : Surprise importante, 65 % des analyses de sève indiquent un flux trop faible en potassium, alors que les analyses de sol montrent des teneurs plutôt confortables (moyenne de 348 ppm, pour une norme de 261 ppm).
  • Le fer : 92 % des analyses révèlent une carence, confirmant les premiers résultats de 2020.
  • Le phosphore : La situation est globalement satisfaisante (79 % des situations), ce qui est encourageant sur les sols argilo-calcaires de la région.
  • Autres éléments : Le magnésium suit une tendance proche du potassium (flux faible malgré des réserves au sol), tandis que le cuivre pose problème dans environ une parcelle sur deux.

Hypothèses sur le décalage sol/sève

Ce décalage entre les réserves du sol et les flux dans la sève soulève plusieurs questions :

  1. Antagonismes entre éléments minéraux.
  2. Influence des capacités d’échange cationique (CEC) élevées des sols.
  3. Positionnement des normes de référence.
  4. Typologie des argiles impactant la biodisponibilité des éléments.

Utilisations concrètes de l’outil

Pour le service agronomique, l’analyse de sève est devenue un levier stratégique :

  • Optimisation des pratiques : Les essais montrent que l’apport de PK est plus efficace lorsqu’il est fractionné et que les éléments sont appliqués séparément.
  • Évaluation des produits : L’outil permet de mesurer l’impact réel des biostimulants ou amendements sur l’assimilation des nutriments.
  • Ciblage des parcelles : Elle permet de mieux identifier les parcelles nécessitant une intervention spécifique, évitant les approches “à l’aveugle” souvent inefficaces.
  • Nouvelles thématiques : La coopérative travaille sur l’utilisation des minéraux comme catalyseurs pour optimiser l’efficience de l’azote et réduire potentiellement les IFT, en partant du principe qu’une plante mieux nourrie tolère davantage les pressions parasitaires.

Conclusion pour les adhérents

Pour les agriculteurs, l’analyse de sève est un outil d’action rapide (résultats en 4 à 5 jours) permettant des corrections immédiates, mais aussi un outil de réflexion à long terme. Elle permet de réévaluer les pratiques de fertilisation au regard des besoins réels de la plante, optimisant ainsi le principal poste de charge opérationnelle de l’exploitation tout en améliorant l’efficience économique et agronomique globale.